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 La grouillante populace de la Cour des Miracles


Dim 15 Avr - 18:20

La Cour des Miracles




Il y a cette autre cour, la cour de l'ombre, de la misère, l'exact opposé de celle qui vit et s’épanouit à la lumière. Elle, elle prend possession de Paris une fois que la nuit est venue et l'abandonne à peine lorsque l'aube revient.


1.Les lieux

Depuis le Moyen-Âge on décompte une douzaine de Cour des Miracles réparties un peu partout dans la capitale. une était dans le quartier Saint-Denis, cour Sainte-Catherine, une autre rue du Bac, une autre encore près du marché Saint Honoré. Cour Jussienne, cour du Roi François, cour Brisset, elles sont toutes construites sur le même système hiérarchique que nous évoquerons plus bas. La plus célèbre de toute, qui n'avait pas besoin qu'on dise où elle se trouvait quand on disait cour des miracles, était celle rue Neuve-Saint-Sauveur, près de la porte de Montmartre et est tenue d'une main de fer par le Grand Coësre.
D'après un chroniqueur c'était un des quartiers "les plus mal bâtis, les plus sales et les plus reculés de la ville". Vaste cour du XIIIe siècle, Sans charme, puante, boueuse, entourée de maisons branlantes et vétustes, cernée par des ruelles qui ne semblaient pas vraiment en être, derrière le couvent des Filles-Dieu. L'indépendance de ces cours est farouchement défendue. En 1630 on voulu y percer une rue, les ouvriers furent molestés et pratiquement lapidés, ils abandonnèrent le chantier dont on ne parla plus.


2. La hiérarchie

"Nul oeil profane ne peut pénétrer dans un tel endroit. En revanche, le mendiant est certain d'y trouver une retraite à l'abri de toute maréchaussée. L'anarchie n'y règne pas pour autant : une justice et des châtiments sévissent également pour ceux qui ne respectent pas les coutumes de cette étrange société."
Entre eux, les truands de la cour des Miracle parle un langage vulgaire et quasiment codé appelé l'argot, mais aussi un dialecte bien a eux appelé "le narquois" et que les profanes ne peuvent comprendre.
Comme toute Cour qui se respecte (un tant soit peu), la Cour des miracles possède sa petite hiérarchie et société. Bien sûr ce n'est pas le sang ici qui prime et on paye son respect de son argent, mais aussi de sa personne et de son âme. C'est l'élection d'un plus doué ou plus effrayant que les autres et qui se fait le plus souvent parmi et par ses pairs. Il est alors indispensable de connaître quelle sorte de gens compose cette micro-société.

Les faux-malades et les mendiants sont les plus nombreux, les plus misérables, les plus sales, bref... Ce sont les plus faibles mais souvent les plus rusés et possédant des talents de comédiens impressionnants.
- Les Courtauds de Boutange : sorte de demi-mendiants, ils n'ont le droit de mendier que pendant l'hiver. Ce sont généralement des aspirants, n'ayant pas encore fait leurs preuves dans la Cour des Miracles.
- Les Francs-mitoux et les malingreux : ils sont passés maîtres dans l'art de contrefaire les malades. Leurs tromperies sont tellement réalistes qu'ils parviennent à duper les véritables médecins.
- Les Coquillards : ce sont de faux pèlerins, devant leur nom à leur accoutrement. Ils sont en effet recouverts de coquilles, symboles notamment du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Ils demandent l'aumône afin de pouvoir continuer leur soi-disant voyage.

Viennent ensuite les voleurs et les escrocs et qui se trouvent le plus souvent au stade supérieur du crime. Un peu plus riches que les mendiants et les faux malades, le monde de la nuit est le leur et ils sont responsables de la si mauvaise réputation des nuits parisiennes.
- Les Mercandiers : souvent grands et costauds, ils arpentent les rues deux par deux, vêtus d'un bon pourpoint et de mauvaises chausses, et crient qu'ils sont de bons marchands ruinés par les guerres, le feu, la contagion, ou quelque catastrophe que ce soit, selon les circonstances. Ils gagnent la confiance des crédules, et entrent dans certains foyers ou magasins, dérobent l'argent, dupent et escroquent les véritables marchands.
- Les Millards : munis d'une grande besace, ils vadrouillent aux alentours des étals et des marchés, et volent de la nourriture en quantités souvent impressionnantes. Ce sont ainsi les principaux pourvoyeurs de repas de toute la société souterraine.
- Les Rifodés : accompagnés de femmes et enfants, ils portent un certificat attestant que le feu du ciel a détruit leur maison et tout ce qu'elle contenait. Est-il utile de préciser que ce certificat est faux ?
- Les Polissons : fonctionnant un peu comme les Narquois, souvent jeunes, les Polissons vont quatre par quatre et demandent des aumônes plutôt menaçantes.

Mais tout ce petit monde possède une hiérarchie relativement bien ficelée et  le chaos n'est apparent que pour l'inculte.

On trouve tout d'abord les chefs de bande, ceux qui dirigent des groupes plus ou moins grands. Ils sont nombreux et le respect et la crainte établit une hiérarchie supplémentaire entre eux.
En haut de cette hiérarchie se trouve les archi-suppôts, soumis et obéissant directement au Grand Coësre, maître de toute la Cour des miracles.

3. Archi-suppôts et Cagous

Ce sont généralement les plus vieux et donc les plus talentueux (quand on voit l'espérance de vie du coin) qui sont ainsi investis d'une autorité sur tous les autres Truands. Ce sont eux qui dirigent les Cours des miracles de province et qui font respecter la loi et la coutume de celles-ci. Outre cette position de force, puisque étant sous les ordres directs du Grand Coësre, les cagous sont aussi ceux qui forment les novices et la jeunesse du quartier en général, enseignant l'art de la tromperie, du vol, du déguisement selon leurs spécialités. Ces sortes de gouverneurs sont aussi rusés que dangereux, mais se trouvent sous l'autorité d'un filou encore plus fourbe et malicieux qu'ils ne le sont généralement. Attention on peut être Archi-suppôt et cagou, mais il n'est pas impossible d'être seulement cagou et donc de n'être qu'un simple professeur.

4. Le Grand Coësre ou roi Thunes

C'est une véritable légende urbaine, et les parisiens sont toujours partagés entre la peur du mythe et la peur de l'homme, dont on prétend qu'il se présente sur une charrette tirée par des chiens et que sa cruauté est sans pareille, qu'il mange des enfants. Mais à la cour des miracles on sait, le roi Thunes il existe bien et c'est lui qui est chargé de régner sur tout ce petit monde. Lorsqu'on juge que l'ancien roi ne remplit plus son office et la bourse de ses sujets, on en cherche un autre plus ou moins discrètement, on tue le roi en place et on élit le nouveau, et on lui verse ses redevances comme on le faisait avant en évitant de se le mettre à dos. La bande du Grand Coësre se compose du noyau dur des fidèles des premiers jours mais aussi de ceux qui s'y sont ajoutés ensuite et qui en fait la plus importante et la plus dangereuse de toute le cour des miracles. Outre cela, tous lui paye une redevance contre laquelle il donne sa protection.

Les descriptions des différentes "professions" ne sont qu'un vulgaire copier coller de ce site, béni soit-il.
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