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 Retrouvailles entre Mortemart ft Athénaïs & Gabrielle


Dim 6 Avr - 23:12

Ah la mer, les embruns ! Voguer parmi les flots ! C’était un véritable plaisir. Cependant passer de longues semaines loin de toute femme c’était, par contre, proche du calvaire.  Et puis les mondanités de la cour avaient un charme certain. Dommage que les Dames et la cour ne se promènent pas sur les flots, marier tous ces plaisirs ensemble serait un véritable Paradis sur Terre. Mais non !  Quoiqu’il en soit, depuis deux ans, après avoir fait ses classes, il dirigeait le Rubis, un magnifique vaisseau de deuxième ligne aux soixante-quatre canons. Conçu hors de France car les chantiers français débutaient dans ce genre de construction, il secondait a merveille le Saint Philipe aux soixante-dix huit canons qui dirigeait la flotte du Roi. Et Louis-Victor de Mortemart prenait plaisir à commander ce fier navire qui dépassait les mille tonneaux et représentait les désirs de Colbert de doter la France d’une véritable Marine de Guerre digne de la Grandeur du Pays. Et il y avait un autre intérêt  a cette flotte de guerre : repousser pirates, pilleurs et esclavagistes loin de la France. Mais chaque guerrier doit se reposer de temps a autres, et d’autant plus les marins qui passent le temps loin des Terres et ont besoin de la revoir. Et les escales, si elles permettent de profiter de divers plaisirs et péchés de chaire, que ce soit celle d’une femme ou d’une perdrix, n’offrent que rarement l’occasion d’obtenir des plaisirs de qualité supérieur : ceux qui ravissent l’esprit et le cœur : l’amour d’une famille, l’amitié des proches amis, les traits d’esprits, les œuvres culturelles, car on ne peut emporter qu’un petit nombre de livres sur un navire, et bien entendu le plaisir de la conquête : il est bien plus agréable de séduire une femme que de la payer et lorsqu’on se retrouve dans un pays dont on ne parle pas la langue et ou l’interlocutrice ne comprends pas le français, le second est hélas fort compliqué.

Mais voilà que le Rubis entrait en rade de Toulon. Et voilà qu’il fallait faire ses au revoir  a ce valeureux équipage, puis embarquer  pour un voyage a travers la France.  Oh un tel voyage ne se fit pas sur une monture, il ne faut pas rêver, mais avec tout le confort moderne dont de la compagnie… Une mère et sa fille qui toutes deux succombèrent au charme  du Capitaine de Vaisseau et ses récits qui se retrouva bien embêté à devoir faire un choix entre les deux, si bien qu’il préféra n’en faire aucun et garder leurs noms dans un coin de sa tête puisque Paris était leur destination a tous trois : la liberté parisienne lui permettrait peut-être de conclure séparément avec les deux, et la première Française a avoir l’honneur de ses charmes suite a son retour fut une fille d’aubergiste. Bravos Vivonne voilà une belle entrée en matière : trois femmes séduites et déjà tu profites de l’une d’elle. Même pas rencontré son épouse qu’il fallait déjà qu’il commette une nouvelle infidélité : ces longs mois en mer ne l’avaient guère changé. Mais, avant d’arriver a Paris, il abandonna les deux voyageuses et changea d’itinéraire, petit détour, très faible, qui le conduisit à son épouse. Oh des retrouvailles chaleureuses eurent lieux. Mais avec ses cinq enfants. Son épouse lui fit un accueil relativement glacial et rapidement il prit la route de Paris pour rejoindre ses sœurs à la Cour. Naturellement un courrier les avait prévenu. Vêtu de ses plus beaux atours, il les rejoignit dans les appartements d’Athénaïs au château, celle-ci étant Dame de Compagnie de la Reine. Et sitôt ses sœurs saluées il irait à son roi. Mais les sœurs d’abord ! Arrivé discrète au château, direction les appartements ou la domesticité l’y accueillit. Il sourit devant le bon goût de sa sœur qui, malgré un époux dépensier, parvenait toujours à conserver une décoration élégante et de standing. Il sortit alors les deux paquets pour ses sœurs, et entra dans les appartements ou Gabrielle et Athénaïs prenaient le thé en attendant son arrivé.

« Mes chères sœurs ! »

Dit-il alors, posant les paquets sur un guéridon puis allant étreindre ses sœurs et embrasser leurs joues.  

« Quel plaisir que de vous retrouver ! »

Il sourit et fit un pas en arrière, les regardant toutes deux. Il respirait la joie de vivre de les voir toutes deux réunies.  Il était chez lui, ça faisait vraiment du bien d’être entouré des siens.

« Vous vous êtes encore embellie depuis la dernière fois, comment faites vous ? »

Demanda-t-il souriant.

« Avant que j’oublie, je vous ai ramené des présents d’Italie. Nous y avons poursuivis quelques pirates et nous fumes accueillis en héros pour cela. J’ai pu y acheter des cadeaux pour vous. »

Et il tendit les deux paquets a ses sœurs, chacun de la couleur préférée de la dite sœur.
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Mar 8 Avr - 14:50


Quelle n’avait pas été la joie d’Athénaïs en recevant cette missive annonçant le retour de son frère, le duc de Vivonne. Une absence qui lui avait parue interminable. Enfin, il revenait, enfin ils se retrouveraient. Telle une hirondelle, il arrivait avec le printemps et les beaux jours, n’était-ce pas merveilleux ? Aussitôt la lettre, la marquise se précipita chez sa sœur ainée Gabrielle pour lui annoncer la bonne nouvelle. Mais bien entendu, elle avait reçu un courrier similaire lui annonçant la même chose. C’est donc toutes deux heureuses qu’elles convinrent d’un thé à prendre chez la cadette pour attendre le frère prodigue.

C’est donc sirotant une tasse de thé bien chaud, vêtue d’une toilette couleur saphir que la jeune marquise discutait joyeusement avec son aînée, profitant de la chaleur des rayons du soleil qui pénétraient dans son salon au travers de la grande fenêtre qui leur faisait face. Athénaïs ne put s’empêcher de jeter machinalement un œil en direction de celle-ci. Pourquoi ? Elle n’en savait rien. Elle ne pouvait voir la cour extérieure d’où elle était, et donc en aucun cas elle n’aurait pu constater l’arrivée de Victor. Mais ce réflexe avait une sorte de don rassurant. A force, il finirait par arriver.

Alors que Gabrielle et sa jeune sœur étaient en plein débat sur la dernière pièce de Molière, la domestique annonça l’arrivée de Vivonne. Ni une ni deux, les deux sœurs à l’unisson posèrent leurs tasses de thé et se levèrent d’un bond, se dirigeant vers la porte que franchit à peine une seconde plus tard le beau Louis-Victor. Il déposa ses présents sur une console et alla prendre dans ses bras ses sœurs qui l’accueillirent chaleureusement. Qu’il était bon de le retrouver, et en pleine santé ! Athénaïs profita de cette étreinte chaleureuse, fermant ses yeux bleus, sentant le doux parfum de son frère qui, assurément avait fait un effort de toilette en revenant de son long voyage. On était délicats, dans la famille. A son habitude, Vivonne lança un aimable compliment à ces deux jeunes femmes qui, comme toute femme, en étaient friandes.
Relâchant doucement son étreinte, Athénaïs sourit.


-Allons Vivonne, vous êtes un éternel flatteur. Je dirais que c’est la joie de vous revoir qui nous égaie le teint. N’est-il pas, Gabrielle ? demanda-t-elle à l’attention de sa sœur.

Et en grand frère modèle qu’il était, il leur avait rapporté des présents, empaquetés dans leurs couleurs favorites. Celle d’Athénaïs était le bleu, aussi se saisit-elle du paquet bleu, telle une enfant, heureuse de découvrir son cadeau de Noel.

-Vous êtes si généreux. Notre plus beau présent cependant est le bonheur de pouvoir vous revoir. Allons, asseyez-vous et contez-nous un peu vos voyages. Lisette ! Apportez-donc une tasse de thé à monsieur le duc notre frère ! ajouta-t-elle en direction de la petite servante qui venait de leur annoncer l’arrivée imminente de Vivonne.

Après avoir donné son paquet à Gabrielle, Athénaïs invita du regard sa sœur et son frère à prendre place dans l’un des fauteuils disposés autour de la petite table basse .  Une fois tous installés, la marquise regarda son frère, attendant qu’il leur raconte tout ce qu’il avait faut, vu, entendu… et elle s’affaira en même temps à déballer son présent, curieuse de voir ce que Vivonne avait pu rapporter d’Italie, cette contrée où elle n’avait jamais mis les pieds.
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Dim 13 Juil - 23:02

Un sourire immense ornait les lèvres rosées de Madame de Thianges. Et c'est le regard illuminé par une joie toute juste contenue -, qu'elle prit le temps de détailler avec minutie les traits, la stature de son frère Louis-Victor. Depuis combien de temps, de jours, de mois elle et sa sœur Françoise-Athénaïs ne l'avaient-elles pas revu ? Elle ne savait plus tant cela lui semblait lointain. Était-il en bonne santé ? Avait-il était blessé ? Gabrielle se doutait que son enjôleur de frère ne vivait pas toujours que d'homériques aventures à bord des navires arborant le drapeau de sa majesté...

Elle se retint cependant de le faire se tourner sur lui même, telle une toupie. Certes, cela lui aurait permis de mieux évaluer son état , et ainsi déceler d'éventuelles blessures mais Madame de Thianges avait vite découvert que ce genre d'attitude faisait doucement maugréer Louis-Victor, lequel ne supportait guère plus d'être traiter comme un enfant. Elle se réserverait donc le plaisir de le faire enrager plus tard, le temps était à présent aux retrouvailles. Avec un attendrissement renouvelé, elle observait sa sœur et son frère - ces deux inséparables - se tomber allègrement dans les bras. Puis, voyant que Françoise-Athénaïs ne paraissait pas vouloir se déloger bien vite des bras du revenant, elle s'ajouta - impatiente - à leur étreinte. Le flamboyant Capitaine de vaisseaux se trouvait désormais coincé entre ses deux sœurs, comme cela avait toujours été. Quel portrait devaient-ils faire à eux trois !  Il ne manquait plus que leur douce Marie-Madeleine.

A l'entente du compliment prononcé par leur frère, Madame de Thianges laissa s'échapper un léger rire : une chose était sûre, Louis-Victor n'avait pas perdu son talent inné pour déclamer les cajoleries les plus promptes à faire s'attendrir ses sœurs.

- Je ne peux qu'être de votre avis Athénaïs, cela fait si longtemps que nous espérons votre retour auprès de nous... Et je crois savoir que nous ne sommes pas les seules, certaines dames de la Cour n'avaient plus que votre nom à la bouche lors de nos conversations. Un sourire plaisantin naquit sur les lèvres de Gabrielle. Imaginez donc quel effet vous vous apprêtez à provoquer sur la plupart des sujets féminins de sa majesté ! Les yeux bruns emplis d'espièglerie, elle se tourna soudainement vers sa cadette. Peut-être aurions-nous dû, nous réapprovisionner en flacons de sel avant votre arrivée...

Une image absurde – mais si drôle pourtant – s'était brièvement logée dans l'esprit de l'aînée des Mortemart : celle d'une horde de courtisans défaillants aux pieds du Duc de Vivonne. L'hilarité de la marquise de Thianges menaçait à tout instant d'éclater en un rire bruyant. Elle eut beau tenter de l'étouffer, de conjurer au plus vite l'image burlesque... Les regards complices, et non-dupes que se lançait la fratrie finirent par les entraîner en une série d'esclaffements joyeux.

Comme leurs rires s'éteignaient, leur frère s'empressa de combler les bras de Françoise-Athénaïs de présents. L'un bleu profond, l'autre rouge carmin. Une subtile et minutieuse attention remarqua silencieusement Gabrielle, alors que leur sœur lui présentait le paquet pourpre dont elle se saisit aussitôt. La marquise de Montespan - en parfaite hôtesse -, les invita à s'installer dans son petit salon, pressant Louis-Victor pour qu'il leur narre rapidement ses plus récentes aventures.

Madame de Thianges devait s'avouer fort impatiente de les entendre également, mais qui ne le serait pas après ce curieux prélude offert en même temps que leurs présents : L'Italie... Des pirates ? Accueillis en héros ! En quelques mots seulement, leur frère avait réussi à éveiller sa curiosité. Elle secoua sans brusquerie le cadeau posé sur ses genoux, espérant ainsi deviner ce qu'il pouvait contenir sans toutefois l'ouvrir. Puis voyant qu'elle n'arriverait à rien, elle se résolu finalement à dépaqueter son présent.

- Ne nous faites pas languir plus longuement, mon frère.  Renchérit doucement Gabrielle, découvrant progressivement ce qui se cachait entre les plis carminés. Alors... L'Italie ?




Dernière édition par Gabrielle de Thianges le Mar 16 Juin - 13:50, édité 2 fois
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Lun 14 Juil - 0:38

Ah qu’il était bon d’être à la maison ! Cela faisait de nombreux mois qu’il n’avait été aussi heureux et nul moment ne serait plus heureux que ses retrouvailles avec ses deux sœurs. Bon certes il n’était pas chez lui mais chez sa sœur mais il était à Paris avec ses sœurs et se considérait donc à la maison. Naturellement, Athénaïs jouait les modestes en l’accusant d’éternel flatteur, et Gabrielle approuvait aussitôt tout en rajoutant une pique sur sa vie volage. Amusé il sourit et fit une confession à ses sœurs :

« Je dois vous avouer mes sœurs que ce ne sont pas les dames de la Cour qui m’auront le plus manqué, mais la plus talentueuse des comédiennes. »

Mais avant que plus de questions ne soient posées, bien qu’il savait que ses sœurs reviendraient sur ce sujet, il leur mit un paquet à chacune. Faisant une bonne taille, chaque paquet avait la couleur de son contenu qui était aussi celle que sa sœur préférait, bleu profond pour Athénaïs et rouge carmin pour Gabrielle. Alors qu’elles ouvraient leurs paquets, Athénaïs l’invita à s’asseoir et fit venir le thé. Et alors que le thé était servi, elles le pressèrent de raconter ses voyages pendant qu’elles ouvraient le paquet, libérant de magnifiques robes italiennes de la couleur du paquet dont la découpe était élégante et le tissu magnifique. Et pour les accompagner, chaque robe avait une belle paire de souliers assortis. Vivonne, lui, s’amusait à faire monter l’impatience de ses sœurs en savourant lentement son thé.

« L’Italie ? Et bien nous avons poursuivis un navire de pirates qui allait effectuer un raid sur Nice jusqu’à Gènes. Les Génois ont cru que les pirates allaient effectuer un raid sur leur ville, et ils nous ont donc accueillis en héros lorsque nous avons débarqué, auréolé de cette victoire. C’est une des multiples attaques que nous avons repoussée, au service de la Couronne et de l’Intérêt Général, rappelant la gloire de notre Roi et de la France auprès des Italiens. Il y a eu quelques belles batailles, et quelques victoires faciles. Mais somme tout, rien que du très classique, non ? »

Il prit un air innocent, laissant ses sœurs digérer l’information, contempler leur cadeau, et préparer des questions si elles le désiraient, que ce soit sur l’Italie, sur la confession, ou sur n’importe quel sujet.
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Jeu 24 Juil - 8:59


Gabrielle avait toujours un trait d'humour qui ne manquait pas de faire mouche, et la marquise de Montespan eut bien du mal à faire taire son rire. Mais il le fallait pour pouvoir écouter le récit des aventures de Vivonne, qui promettait d'être des plus intéressants.

Confortablement installée dans une bergère moelleuse, Athénaïs dépaquetait tranquillement son cadeau, impatiente comme une enfant d'ne découvrir les contenu. Ses iris bleutés allaient de son frère, dont le récit attisait de plus en plus sa curiosité, à son paquet qui peu à peu laissait découvrir une véritable merveille. La tenue qu'il renfermait était faite d'une étoffe si belle, si luxueuse, que la marquise en revenait à peine. Vivonne avait dû y mettre une somme considérable. Furtivement, elle jeta un oeil à Gabrielle qui avait elle aussi reçu un présent du même acabit, ce qui la rassura. La marquise ne tarda pas à découvrir qu'une paire de chaussures assorties à la toilette était également dans le paquet.

-Oh Vivonne, vous êtes fou! Tout ceci est réellement magnifique, et tous les remerciements du monde n'y suffiraient pas. Mais quand bien même, merci! lança-t-elle, toute joyeuse.

Alors que son frère contait sa dernière aventure italien, les doigts délicats d'Athénaïs parcouraient l'étoffe si douce, tout en regardant Vivonne qui se plaisait à racontait ses exploits. Et il était vrai, tout ceci paraissait bien impressionnant. Qu'il était courageux de poursuivre des pirates! On reconnaissait bien là le trait de caractère familial!

-C'est impressionnant! Ce n'est certes pas classique, bien au contraire! Vous êtes véritablement un héros!

Elle qui n'avait jamais vu en vrai un navire ou encore la mer, la jeune marquise s'imagina alors la scène de poursuite entre le bateau sur lequel était Vivonne et celui des pirates qui menaçaient d'attaquer la ville. C'était digne d'un roman d'aventure, c'était exaltant.

-Il ne fait nul doute que pour vous, les victoires furent faciles, mais pour le commun des mortels, il y a fort à parier qu'elle ne le furent point.

Et c'était sans doute vrai. Vivonne le rusé, Vivonne le bagarreur sans peur, tel un héros de roman, comment pouvait-il en être autrement? Face à un tel adversaire, l'ennemi n'avait qu'à bien se tenir. L'intelligence dont il faisait preuve lui permettait sans doute de donner des ordres judicieux, et ce n'était pas donné à tout le monde.
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Lun 15 Juin - 23:06

Une magnifique toilette de couleur amarante et agrémentée de dessins floraux brochés d'argent, se déplia sous les yeux de la marquise de Thianges.  Elle était brodée - par endroit - de minuscules grenats, représentant le pistil des roses ainsi joliment rehaussées. Mais ce n'était pas tout ! Sous les voiles et les dentelles, une paire de petits souliers en satin incarnat trônait au centre du paquet défait.

Gabrielle – éblouie par le faste de tels présents -, en demeura muette un instant. Leur frère s'était surpassé cette fois-ci... Embrasant du regard l'ensemble de leurs somptueux cadeaux, elle espéra seulement que Louis-Victor n'approchait pas la ruine de par leur seule faute. Elle caressait encore - avec révérence - l'étoffe soyeuse de sa nouvelle robe préférée, lorsque Françoise-Athénaïs interrompit ses songes pour s'exprimer sur la folie généreuse de Vivonne.

- Oui, vous avez perdu l'esprit mon frère ! Renchérit Gabrielle avec un sourire sincère. Elles sont tout bonnement splendides, Merci... Le moins que l'on puisse dire, c'est que vous savez notre faible pour les belles choses.

La marquise se saisit de sa tasse de thé, avant de s’enfoncer un peu plus profondément dans son confortable siège. Elle écoutait attentivement le périple de Louis-Victor, ponctué par les interventions enthousiastes de leur jeune sœur. Gabrielle partageait l'engouement de Françoise-Athénaïs pour le récit vivant de Vivonne : comme elle aurait aimé à son tour goûter le dépaysement d'une autre contrée, parcourir à grande vitesse les océans, croiser le fer avec quelques mécréants... Fictivement parlant, bien sûr. Madame de Thianges savait la réalité bien plus dangereuse, mais rien ni personne ne lui défendait d'en rêver.

Nul doute que Louis-Victor – en plus d'être un bretteur de choix -, avait l'âme courageuse et toute la morgue nécessaire à ce genre d'aventures. Peu se serait ainsi frotter - sans l'ombre d'une hésitation - à des ennemis tels que les pirates. C'est pourquoi toute la fierté qu'elle avait pour son frère transparut dans sa voix, lorsque Gabrielle déclara :

- Vous avez su représenter les intérêts du Roi avec brio, une fois de plus.

La marquise se trouvait désormais comme bercée par les intonations de sa fratrie, tout cela était familier et apportait le réconfort. Elle se réjouit silencieusement - une fois de plus -, d'avoir son frère et sa sœur auprès d'elle. Louis-Victor avait l'air plus épanoui encore qu'à l'accoutumé... Son regard brillant - parfois même distrait -, fit tiquer Madame de Thianges et elle se souvint brusquement de ses précédentes paroles.

- Assez parlé de batailles, s'empressa d'amener joyeusement Gabrielle. Il me semble mon frère que vous avez mentionné un peu plus tôt, votre intérêt pour une talentueuse comédienne... Vous semblez si rayonnant depuis votre retour ici, serait-elle la responsable de cet éclat ?

Qui pouvait-elle bien être. Athénaïs en savait-elle plus qu'elle à ce propos ? La curiosité naturelle de Madame de Thianges était de nouveau attisée, et ne demandait qu'à être satisfaite.
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Jeu 18 Juin - 15:34

Vivonne se sentait bien. Il était avec deux de ses sœurs bien aimées et elles étaient ravies de ses cadeaux. Qu’espérer de mieux ? Mais naturellement, elles s’inquiétaient des sommes dépensées, alors que Vivonne savait, lui, à quel point il était onéreux de rester a la Cours et, profitant des économies d’habillement dues aux campagnes militaires dans ses propres tenues, décidait qu’au mieux de mettre la somme de côté, il était préférable de faire plaisir a ses Sœurs bien aimées, entre autre, avec de beaux cadeaux a leur hauteur.

« Je suis ravi que mes présents vous plaisent, mes chères sœurs. Votre joie me comble et j’espère vous voir porter mes cadeaux avant que notre Roi m’envoie dans une nouvelle mission. »

Déclara le Duc, avec le sourire. Ses sœurs lui parlèrent ensuite de ses prouesses martiales, l'enthousiasme de la plus jeune faisant sourire le Duc.

"Voyons Athénaïs, la Victoire n'est jamais facile. Quel mérite y aurait-il a une victoire facile?"

Dit-il doucement, lorsqu'elle s'émerveilla des victoires de son frère. C'était grisant de voir ses deux sœurs, deux des femmes qu'il aimait le plus au Monde, suivre son récit avec autant d'intérêt.

"Et vous avez raison Gabrielle, j'ai servi au mieux les intérêts du Roi et au vu de vos réactions, c'était avec brio."

Gabrielle cependant mentionna le fait que, par inadvertance, il avait mentionné une femme en précisant son occupation, comédienne. Le duc fit une petite grimace, pure comédie et, prenant un air théâtrale, déclara:

"Oh que cela me coûte de devoir révéler un précieux secret face a l'inquisition de mes sœurs!"

Il rit alors puis sourit:

"Je pense qu'il y a bien meilleur comédien, non?"

Le Duc chercha alors comment se confier:

"Oh je ne préfère pas révéler son nom, il est fort connu non seulement a Paris mais aussi au-delà. Sachez cependant que c'est une comédienne, la plus talentueuse a mes yeux, et que les critiques doivent très certainement partager mon opinion."
Vivonne croisa les bras, signifiant ainsi qu'il n'était pas enclin a en dire plus. Il aimait se faire désirer parfois.

"Mais parlez moi donc de tout ce qui se passa ici en mon absence!"

Demanda-t-il alors, se demandant quels potins de Cours allaient révéler ses sœurs et si certaines conquêtes passées ou relativement présentes y seraient impliquées.
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Mer 16 Sep - 11:36


Vivonne était sans conteste le même gamin qu’à ses 12 ans : avide de batailles, mais tout l’intérêt résidait dans l’art du combat, et non celui pur et simple de la victoire. Cette réflexion fit sourire sa jeune sœur, qui acquiesça tout en le regardant.

-Vous avez raison, comme souvent. Et à voir la lueur dans vos yeux lorsque vous en parlez, vous avez dû éprouver un certain plaisir à être là-bas… Pendant que nous nous faisions du souci, ajouta-t-elle avec une pointe de taquinerie.

Puis Gabrielle amorça le sujet d’une certaine comédienne. Vivonne était un coureur de jupons avéré, et fort heureusement, ses sœurs ne connaissaient pas l’identité de chacune de ses conquêtes, cela aurait été bien compliqué à retenir tant il y en avait. Mais il semblait que cette fois, la sœur ainée soit au fait de quelque chose, ce qui piqua la curiosité de la cadette qui la regarda avec grand intérêt, écoutant alors attentivement le dialogue. Il parlait d’une comédienne fort talentueuse, et Athénaïs repensa soudain à sa rencontre avec Madeleine Béjart. Se pouvait-il que…
Louis-Victor tenta d’esquiver le sujet, soit par taquinerie envers ses sœurs, soit par pudeur. Quoi que la dernière option semblait bien loin des mœurs du duc. Athénaïs sourit avec un regard pétillant.

-Allons, mon frère, point de timidité avec nous !

Elle lança un regard complice à Gabrielle, qui certainement achèverait de le cuisiner.
Concernant les derniers événements, elle ne savait que dire. La cour était ce qu’elle était, et chaque jour se ressemblait.

-Je ne sais trop que dire pour satisfaire votre curiosité. Et vous savez que ce qui se passe chez la reine, reste chez la reine…

Bien entendu, elle n’en pensait pas un mot ! Elle était la première à aller raconter à sa sœur ou ses amis les petites anecdotes amusantes qui pouvaient avoir trait à sa majesté l’espagnole, et d’en rajouter parfois une couche pour amuser l’auditoire. Mais si le frère voulait jouer les mystérieux et faire insister les sœurs, alors les sœurs feraient de même ! A malin, malin et demi. Les Mortemart étaient joueurs.
Quelle allait être la réaction de Vivonne ? Allait-il enfin révéler l’identité de sa très chère comédienne, ou allait-il encore falloir lutter pour avoir des bribes d’informations ? La curiosité était un vilain défaut, à ce qu’il paraissait, mais dans cette noble famille, elle faisait presque partie du quotidien. Comment donc alimenter d’intéressantes conversations sur la vie des autres sans être curieux de nature ? Comment pouvoir converser de tout sans avoir eu la volonté de tout connaitre ?
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