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 Sur le chemin du retour. (P.V.Achille)


Sam 12 Avr - 14:56

Ah l’amour, c’est un sentiment absolument magnifique. Il nous rend joyeux, il nous fait voir la vie complètement différemment. Ninon adorait ce sentiment. Elle se sentait légère et elle ne pouvait s’empêcher d’avoir le sourire aux lèvres. Notre Dame de lettre venait de passer quelques jours merveilleux avec son amant qui n’était autre que le Marquis de Villarceaux. Elle aimait vraiment cet homme. Pourtant, Ninon s’était toujours interdit de ressentir de profonds sentiments pour un homme. Elle aimait coucher avec les hommes et eux aimaient aussi coucher avec elle. Ça n’allait jamais plus loin que ça. Mais pas cette fois…. Ninon était vraiment tombée amoureuse de lui, et ce dernier le lui rendait bien. Ils adoraient passer du temps ensemble et ne se gênaient pas de passer du temps ensemble dès que l’occasion se présentait. Chose que personne ne savait, un fils était né de cette relation. Le Marquis de Villarceaux tenait lui aussi énormément à Ninon, et lorsque cette dernière lui annonça sa grossesse, il n’hésita pas à lui dire qu’il reconnaitrait l’enfant. Et contre toutes attentes, il tint parole. Ninon et lui vivait donc le parfait amour.
Mais comme tout le monde le sait, chaque bonne chose à toujours une fin. Et c’est avec un petit pincement au cœur que Ninon demanda à la suivante de boucler ses malles. Elle était en train de se faire coiffer lorsque l’on gratta à sa porte.

-Oui ? Entrez.

Ninon leva le regard et regarda dans le miroir la porte s’ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle vit entrer son amant. Elle se leva en oubliant complètement que la suivante la coiffait et alla vers lui. Elle prit la main que ce dernier lui tendait.

-Oh mon ami, je suis heureuse de vous voir. Comme vous pouvez le constater, je suis sur le départ.

Elle baissa les yeux. Elle savait qu’elle allait le revoir assez vite mais elle ne savait pas encore quand. Le Marquis avait quant à lui des choses à traiter et il serait donc souvent en déplacement. Mais il lui avait promis de lui écrire aussi souvent qu’il le pourrait. Le Marquis l’attira contre lui et demanda à son personnel de quitter la pièce. Il remit une mèche de cheveux de Ninon derrière son oreille et il lui embrassa la tempe. Ninon sourit et mit ses bras autour de son cou. Il l’embrassa et elle le lui rendit.

-Vous me manquez déjà ma chère. Je n’aime pas non plus être loin de vous, mais j’ai à faire et ma femme va revenir de sa cure de Suisse. Mais rassurez-vous, nous ne serons pas séparé longtemps je vous le promets.

Après un dernier baisé, il quitta la pièce. Ninon rappela la suivante qui reprit ce qu’elle avait commencé. Une fois coiffée, Ninon mit sa petite cape et descendit dans la cour. Les valets étaient en train de terminer de ranger les malles de Ninon dans le carrosse. Elle arriva devant le carrosse et se retourna en direction de la fenêtre du bureau de son amant. Ce dernier était derrière et l’observait en souriant. Ninon lui lança un baisé et il répondit. Elle monta dans le carrosse et ordonna au cochet de se mettre en route ce qu’il fit sans attendre. Ninon se plongea un peu dans sa lecture, elle savait que le voyage allait être long.

Elle posa son livre et regarda le paysage défilé. Il faisait un temps magnifique, il y avait un ciel bleu sans un nuage avec des oiseaux qui jouaient à se courser dans le ciel. Ninon sourit en voyant ce joli spectacle et finit par s’endormir. Il fallait bien avouer que lorsqu’elle rendrait visite à son amant, elle ne dormait pas beaucoup bien au contraire. Ils profitaient de se retrouver et passaient des nuits plus que torrides. Elle s’endormit avec le sourire aux lèvres tout en repensant à son merveilleux séjour.

Le cochet finit par s’endormir aussi quelques secondes. Il faut dire que la veille du départ de Ninon, il avait fait la fête avec les autres membres du personnel car l’un deux allaient devenir papa. Par conséquent, il ne vit pas l’énorme pierre qui se trouvait sur la trajectoire du carrosse. La roue toucha la pierre et le carrosse se mit dangereusement à tanguer mais termina sa course sur le bas-côté et tapa dans un tronc d’arbre qui était couché. Le choc fut violent et les chevaux s’emballèrent, ils partirent au grand galop avec une partie de l’attache du carrosse. Le cochet se fit éjecter de son fauteuil et finit par tomber au sol où par chance, il ne se fit pas trop mal. Il avait eu de la chance. Il avait juste atrocement mal au bras. Mais au lieu de regarder si Ninon allait bien, il partit en courant droit devant lui. Il ne voulait pas que le Marquis de Villarceaux apprenne cet accident car il savait qu’il était fautif.

Ninon se réveilla peu de temps après que le cochet se soit enfui. Elle posa sa main sur son front et remarqua qu’elle était en train de saigner. Elle remarqua qu’elle pouvait bouger et sortit du carrosse. Elle regarda autour d’elle. A sa grande surprise, le cochet n’était plus là et les chevaux non plus. Elle se dit qu’il avait dû partir chercher de l’aide. Elle remonta donc sur la route et regarda autour d’elle. Il n’y avait personne. Elle fit donc quelques pas et alla s’assoir sur un tronc d’arbre. Le temps passa. Les minutes se changèrent en heures et toujours aucune nouvelle du cochet…

-Je vous jure que si vous ne revenez pas je vous retrouverais et vous allez entendre parler de moi !!!!

Il n’était pas là mais ça la soulageait de le dire à voix haute. Mais il y avait un souci maintenant de taille, Ninon ne savait pas où elle se trouvait ni comment elle allait faire pour rejoindre Paris…
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Sam 3 Mai - 14:16

❝ ninon & achille ❞

Les froides journées de mars assimilées aux austères couleurs du deuil disparurent pour laisser place aux douces journées et fleuries d'avril avant d'arriver aux floralies des premiers jours de mai. L'hiver ne fut plus, emportant avec lui les sillons de glace et de gel, et le printemps fit son grand retour en ce beau mois d'avril 1666. Le soleil était à son zénith quand un cheval et son cavalier sortirent d'une étroite bande de terre pour rejoindre la grande route qui les mènerait à Saint-Germain. L'heure n'était pas à la détente mais de rentrer. En effet, le cavalier fut attendu le soir même au château royal et c'est pourquoi il partait tôt, au milieu d'une belle journée. Il n'était pas question pour lui d'être une nouvelle fois en retard, la ponctualité étant de rigueur chez les mousquetaires et les soldats en général. La dernière fois, il avait réussi à déjouer l'attention de ses supérieurs en prétextant qu'il était arrivé parfaitement à l'heure. La chance ne serait certainement pas du même côté ce soir. Le cavalier – ou mousquetaire – priait pour qu'il arrivait à l'heure, ce qu'il croyait fermement car il avait tout fait pour partir en avance.

Au ciel, l'Apollon céleste darda ses rayons brûlants sur la nuque du cavalier filant à toute vitesse à travers bois. Penché sur son cheval, le mousquetaire sentit le vent lui fouetter les joues et la douce chaleur du soleil qui s'attardait sur sa nuque. Il n'était plus vêtu chaudement et sa cape virevoltait au gré du vent et de la vitesse de son étalon. La crinière grise qu'il arborait fièrement tapotait sur son encolure à chacun de ses galops. Le cheval courait à une allure folle, guidé par son maître. Celui-ci se concentrait sur la route dégagée et espérait ne rencontrer aucun obstacle. Les sabots de sa monture claquaient sourdement sur le long chemin de terre et finirent par suivre un rythme soutenu. Des deux côtés de la route, des hauts arbres défilaient et cachaient quelque peu le soleil qui commençait légèrement à décliner. On devait être en milieu d'après-midi et le soldat n'était pas encore à mi-parcours. Lui et sa monture élégante ne faiblirent pas, restant toujours sur la même vitesse de déplacement. Le cavalier encourageait l'animal par des propos réconfortants à l'oreille et donnait des coups vifs à son ventre. Ils filèrent tous deux à l'unisson dans le vent.

À l'approche des champs et des prairies, Achille – oui c'était bien lui sur le cheval – calma les galops de sa monture qui se firent plus discrets et tira encore sur les rênes pour l'arrêter. Il le laissa souffler un moment et en profita pour admirer l'étendue des plaines. La forêt était derrière lui et il vit au loin ce qu'elle lui cachait, le soleil brillant et tapant dans toute sa splendeur. Il resta encore haut dans le ciel et le mousquetaire mit sa main en visière pour apercevoir au loin une forme indistincte, pourtant inhabituelle dans ce genre d'environnement, à l'entrée d'une autre forêt lointaine. Frappant sur ses étriers, il relança la course et la forme à laquelle il n'avait plus repensé se rapprocha dans sa vision. Étrangement, elle semblait être sur son chemin. Il accéléra sa monture et la forme, un carré, se fit de plus en plus distincte. Il freina l'animal en tirant sur les rênes quand il s'aperçut que c'était un carrosse couché sur le flanc de la route. Le cheval hennit à l'entrée d'un tunnel d'arbres et voulut faire demi-tour mais le mousquetaire le remit sur le droit chemin et s'avança doucement vers le carrosse. Qu'était-il arrivé ? Un accident ? Ou une embuscade ? La dernière option n'était guère envisageable car premièrement on était à l'entrée d'une forêt et non pas à l'intérieur – ce qui était souvent le cas –, puis deuxièmement il y avait cette pierre qui semblait être à l'origine de ce virage brutal sur le bas-côté.

Baissant la tête, le mousquetaire examina l'intérieur du carrosse, pas d'occupants en vue. Il était vide, malgré la présence de malles à l'arrière. Elles n'avaient pas été ouvertes, ni forcées donc l'accident ne datait que de quelques heures tout au plus. Il s'avança encore et vit que l'attache du carrosse avait été arrachée, signe que les chevaux qui l'accompagnaient étaient partis affolés pendant l'accident. Soudain il entendit une voix de femme venant de la forêt et la vit sortir en courant. Ses yeux s'ouvrirent plus quand il la reconnut. N'était-il pas en train de rêver ? Non en effet, une femme d'un âge mûr s'approcha de lui. Ninon de l'Enclos en personne. Une vilaine blessure lui barrait le front et son visage s'en retrouvait presque ensanglanté. Elle avait dû avoir un sacré choc lors de l'accident mais fort heureusement qu'elle tenait sur ses deux pieds et n'avait pas de vertiges. La blessure serait alors superficielle. Le mousquetaire qui craignait le pire pour la dame de l'Enclos put enfin souffler.

En même temps, il n'arrivait pas à croire qu'il venait de rencontrer la gente dame au bord de la route, surtout dans cet état. À Paris, dans les salons où Ninon était, il avait maintes fois essayé de lui parler mais sans succès. Il craignait de perdre la face face à cette grande dame de lettres qu'il admirait. En fait, il les admirait toutes mais elle était celle qu'il rêvait le plus à qui parler et de discuter de toutes sortes de choses, des sujets qui lui tenaient à cœur, mais l'occasion lui échappait toujours car soit il se défilait, soit il avait été empêché. La réputation de Ninon faisait peur à Achille à chaque fois qu'il venait tenter de lui parler. Cependant, ces jours étaient révolus et dorénavant, il avait cette nouvelle chance qui se présentait à lui puisqu'il se retrouvait seul avec la femme avec qui il n'osait pas parler. Le mousquetaire ne savait pas si elle le reconnaissait ou non, peut-être qu'elle ne faisait pas attention à tous les visages qu'elle croisait dans les salons. À la fois déboussolé et silencieux sur sa monture, il déglutit difficilement. Qui allait faire le premier pas ? Le jeune soldat se lança sans réfléchir avant qu'il ne change d'avis.
    ▬ Nom de Dieu, vous êtes bien Ninon de l'Enclos ? Que vous est-il arrivé ? Vous avez eu un accident ? Êtes-vous blessée ? enchaînait Achille sans jamais s'arrêter, sans doute dépassé par la situation, par le fait qu'il parlait à Ninon pour la première fois, ne se contenant plus face à la femme de lettres la plus courue des salons parisiens.
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Dim 24 Aoû - 20:51

Comme le temps paraissait interminable. Le soleil était très haut dans le ciel et se faisait sentir. Ninon commençait à souffrir de la chaleur et la soif commençait à se faire sentir. Chose incroyable, Ninon se mit à prier. Pourtant, cela faisait un petit moment qu’elle n’était plus vraiment croyante. Mais après tout ce qui venait de lui tomber sur le bout du nez, il n’y avait qu’un miracle qui pouvait la sortir de ce mauvais pas. Elle priait dans sa tête tout en disant à notre bon Seigneur que s’il l’aidait à se sortir de cette mauvaise passe, elle irait à la messe tous les dimanches et n’oublierait pas de se confesser le plus souvent possible comme le voulait la tradition. Ninon qui se confesse, ce serait du jamais vu à Paris. La dame de lettre ne put s’empêcher de sourire à l’ironie de la situation. Cette histoire serait sans le moindre doute la bienvenue à Paris et en ferait parler plus d’un. Ninon qui adorait être le centre d’attention serait donc servie. Elle serait montrée du doigt et pas de la façon qu’elle aimait temps. Elle serait donc la risée de toute la population. Même si elle irait se confesser de la manière la plus discrète du monde, elle savait très bien que ça finirait par se savoir. Oh mon Dieu mais qu’allait donc dire Madeleine de cette fâcheuse situation ? Madeleine Béjart était la meilleure et probablement la seule amie sincère que possédait Ninon sur cette terre.

Ninon ne put s’empêcher de sourire en imaginant la tête de Madeleine. Si une personne la croisait à cet instant, Ninon passerait très certainement pour une folle sur laquelle le soleil aurait probablement tapé un peu fort. Une fois toute l’histoire racontée à Madeleine, Ninon imagina ensuite ce que son amant penserait de tout ça. Ah une chose était certaine, le cocher allait vraiment payer très cher de l’avoir ainsi abandonné de la sorte. Non seulement il serait renvoyé avec une incroyable rapidité, mais le Marquis de Villarceaux ferait également en sorte de lui faire la plus mauvaise réputation que l’on puisse faire à quelqu’un. Et comme ce dernier est un homme qui a beaucoup d’influence, notre cher cocher avait donc du souci à se faire. Ninon garda son sourire en pensant à son amant. Cela faisait des heures qu’ils s’étaient séparé et il lui manquait déjà terriblement. Mais le sourire de notre Dame de lettre accidentée s’effaça rapidement et une mine toute triste pris la place du joli sourire. Et si elle ne le reverrait jamais ? Si personne ne venait la chercher ? Si elle était condamnée à mourir sur cette route perdue où personne ne passait jamais ? Et si…..

Ninon secoua la tête. Il fallait qu’elle arrête avec les et si car elle pourrait refaire le monde si elle continuait de penser. Elle passa sa main sur son front et se rendit compte que le sang qui avait coulé assez abondamment avait fini par sécher. Finalement, heureusement qu’elle n’avait pas de miroir avec elle car elle devait très probablement avoir une mine affreuse. Cela dit, elle s’en fichait un peu étant donné que la route était abandonnée et que l’on finirait par retrouver son squelette. Oh eh puis zut ! Ninon se dit qu’il valait mieux penser à quelque chose de plus joyeux qu’à sa mort éventuelle sur le bord de la route. Elle finit par s’assoupir un court instant. Dans son rêve, elle voyait un cheval sauvage qui galopait la crinière au vent. Il ne savait pas exactement où il allait mais il n’avait pas l’air de s’en inquiéter. Ninon était dans un demi-sommeil et trouvait étrange d’entendre vraiment un cheval au galop. Elle ouvrit les yeux et se retourna. Mais non elle ne rêvait pas, un cavalier arriva dans sa direction au grand galop ! Ce sauvetage était vraiment inespéré et Ninon regarda le ciel en se disant qu’elle devrait vraiment se rendre à l’église tous les dimanches. Mais pour le moment, il fallait qu’elle se sorte de là. Elle penserait au reste plus tard.

Mais Ninon se demandait si le cavalier était vrai ou s’il s’agissait là d’un mirage. Ce dernier s’arrêta à sa hauteur. A première vue, non seulement il était bel et bien réel, mais en plus il avait l’air de la connaître. Il la bombardait tellement de questions qu’elle ne réussit pas à retenir la moitié de ce qu’il lui demandait. Elle secoua la tête afin de se remettre les idées en place.

-Oui c’est moi… Et oui ça va enfin… Je…. Je crois…
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