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 Rendez-Vous Charmant feat. Joseph de Montavaux


Sam 26 Avr - 18:24



Rendez-vous Charmant
ft. Joseph et Stefano  


Le mois de janvier était bien installé sur le château de Saint Germain-En-Laye. Un lourd manteau neigeux recouvrait le paysage. A travers les fenêtres, on pouvait voir les traces de ceux qui avaient osé s’aventurer dans cette étendue blanche qui s’étalait à perte de vue. L’astre doré se couchait à l’ouest, au loin, donnant des teintes plus vives au ciel d’habitude bleu-gris. Le soleil s’était paré de son plus beau manteau d’or avant de se coucher, laissant sa place à la lune qui pointait déjà. Le Milanais se retournait de la fenêtre d’où il observait ce spectacle. Depuis tout petit il avait toujours été émerveillé par ce genre de choses simples. Il suffisait d’un paysage pour qu’il s’imagine se transformer en oiseau pour aller voler librement à l’air frais. Le danseur observa un instant l’armoire que son valet venait d’ouvrir, se frottant le menton en réfléchissant. Sa garde-robe avait tout à vouloir à celle d’un autre noble, ne serait-ce que par sa minceur inquiétante et son manque de diversité. Il grimaça devant le choix restreint qui s’offrait à lui.

- Mhh… Et dé quoi me vêtis-je moua ! Io né veux pas ressembler à oune bouffonne alors que ié mé rends à oune rendez-vous !

L’accent toujours marqué de Stefano retentit doucement dans la chambrette. D’un pas timide, le jeune homme qui servait l’Italien s’avança et observa les habits qui se trouvaient devant lui.

- Si je puis me le permettre Monsieur, vous pourriez envisager cette rhingrave sombre pour être dans les teintes imposées par le Prince, accompagnée par ces quelques rubans verts qui feraient ressortirent la couleur de vos yeux…

S’avançant alors en direction de l’armoire, Stefano laissa un petit sourire se dessiner sur ses lèvres qu’il graissait légèrement pour éviter les gerçures. Après avoir pris ses vêtements et ses accessoires, il se dirigea derrière le par-vent où il se changea pour se présenter à son domestique. Le sourire que fit ce dernier lorsqu’il le vit sortir le réconforta, au moins il ne paraitrait pas comme ce qu’il avait pensé.

- Grazzie moi coro ! Vos conseils sont toujours d’oro !

Son valet était d’une grande aide pour le jeune Sforza, des fois perdu dans la grandeur du château et de ses règles. Il ne mettait en doute que rarement ce qu’il lui disait. Le Français avait donné quelques conseils de bases à Stefano, comme s’habiller sombrement car le décès frais de la Reine-Mère avait entrainé Monsieur dans des jours sombres qui se reflétaient sur la mode à la Cour. Le chagrin du Duc d’Orléans était immense, le rongeant de l’intérieur comme une gangrène. Le danseur n’avait pas eu l’occasion de beaucoup revoir le frère du Roy, car il ne se rendait plus à la salle de répétitions où il le voyait fréquemment, préférant rester dans sa chambre seul avec son désespoir et son chagrin. Des rumeurs courraient comme quoi même son Chevalier n’arrivait pas à le consoler, mais même si le danseur était du genre participatif aux bruits de couloir, il ne jouait jamais avec ce genre de sentiment.

Après laissé son servant et lui avoir donné sa soirée et sa matinée du lendemain, Stefano délaissa ses appartements pour se rendre en direction du lieu de rendez-vous dont ils avaient convenu avec Joseph de Montavaux, sa chambrette, là où ils seraient caché des yeux de toutes et tous les curieux qui courraient dans les couloirs de Saint Germain. Ses talonnettes frappaient le sol régulièrement pendant qu’il longeait les différentes artères du château, saluant les visages qu’il reconnaissait par un signe de la tête, une petite courbette ou un baisemain comme sa mère le lui avait appris. Le jeune homme n’était pas un maniaque de l’étiquette, on pouvait même dire que ce n’était pas sa couleur de ruban préférée, mais il savait qu’il y avait des règles à suivre si on ne voulait pas se faire mal voir et avoir un semblant de réputation. Il ne tenait pas à devoir fuir une deuxième fois ! La première avait créé assez de dégâts en lui, laissant des cicatrices profondes qui n’allaient guérir que très lentement, à moins d’y trouver un remède…

Arrivé dans le couloir menant vers le salon où ils devaient se voir, Stefano sortit une petite fiole de parfum avec laquelle il se recouvra de son dernier habit : une douce odeur d’eau d’ange commandée chez son parfumeur à Paris. Ce dernier relevait légèrement l’odeur du musc sous la demande du jeune Sforza, ce qui accentuait la senteur au contact de sa peau légèrement acide. Il cacha habillement la fiole dans une de ses poches internes avant de prendre une grande respiration, une allure plus charmeuse et de sauter dans la gueule du loup. Le danseur sentit une dose d’adrénaline se répandre dans son corps, serrant doucement ses intestins, non qu’il ait peur du bel éphèbe qu’il allait rejoindre, mais même si les différentes mauvaises-langues s’amusaient à colporter sur ses habitudes envers ses amants, il ne restait pas moins sensible à ce genre de sentiment tout à fait humain, le stress. La porte passée, il remarqua une silhouette debout, devant un feu de cheminée. Il s’avança lentement cers cette dernière, et une fois qu’il fut à quelques mètres s’arrêta.
- Buonasera… euh, bon souar, Joseph ! I’espère qué vous ne m’avez pas trop attendu ?


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Dernière édition par Stefano Sforza le Dim 27 Avr - 19:53, édité 1 fois
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Sam 26 Avr - 19:25

Les soirées étaient rudes et les matinées plus encore. Ce satané soleil ne daignait se montrer que sous son éclat le plus terne, refusant d’apporter à la peau d’opale du bellâtre la chaleur qui épargnerait le froid et la rigidité de l’hiver à ses os. Les sourcils froncés, il observait les flammes avec l’intensité d’un homme au bord de l’action. Pourtant, appuyé sur sa canne, il n’était pas prêt de bouger, incapable de s’éloigner de l’âtre qui réchauffer sa carcasse épuisée par les températures hivernales. C’était un sommeil lourd qui tombait chaque soir, lorsqu’il sombrait sous ses draps, les pieds blottis contre une brique chaude enveloppée d’un drap. Joseph n’avait pas conscience de sa chance, il ne concevait pas la peine du peuple et en arrivait même parfois à se croire le sujet d’une injustice céleste. Pourquoi Dieu avait-il interdit aux mortels le plaisir de la chair de ceux du même sexe ? Pourquoi fallait-il qu’il ait froid la moitié d’une année ? Pourquoi devait-il toujours jouer de son charme pour échapper aux dettes ? L’homme croyait que le monde lui était dû, qu’il était le récipient d’un privilège de naissance qui aurait dû faire de sa vie une longue série de bonheurs de toutes sortes. Peu importe le péché capital qu’est la luxure, peu importe le péché originel, basta toutes ces notions sacrées, prestidigitation de hiérophantes ingrats qui faisaient payés à leurs semblables leur impotence et leur étroitesse d’esprit comme de colon.

Il serra le pommeau de son bâton ferré, ramenant ses coudes contre ses flancs, se blottissant lui-même de la façon la plus discrète possible, pour ne pas qu’un quelconque serviteur l’y trouve… Il les avait pourtant congédié, ces scélérats, ces colporteurs. Tous traîtres, qu’ils étaient. Tout ça pour pouvoir voir Stefano en privé, dans le confort et l’allégresse du boudoir, loin des regards, loin des mœurs du petit peuple, près du feu, près du corps, dans la chaleur humaine où il se réfugierait, loin de la neige, de la glace, des rudesses du monde. La douceur de sa peau, la fermeté de ses muscles de danseur et la tendresse de ses mots seraient une chrysalide où il abandonnerait toute difficulté, toute laideur pour s’épanouir et se métamorphoser. Stefano faisait de lui plus qu’un homme. Il faisait de lui un homme amoureux, embrasé, passionné, un brave, un empereur, un savant, un pape, un ange… Il lui apportait la lumière qui faisait briller son âme.

La voix, accentuée par le sud, la terre du soleil, l’ancien empire souverain, flotta dans l’air, balaya la salle de toute austérité frigide. L’or scintilla de nouveau, le cristal se para de milles éclats, la soie retrouva sa caresse apaisante et le monde revint à la vie. L’hiver était loin, chassé par les notes espiègles d’une vocalité italienne… Joseph n’avait pas entendu les talonnettes claquer contre le parquet, sans doute trop occuper à rêver d’une image sublimée d’un homme déjà charmant. Il releva la tête, les boucles blondes de sa perruque drapant son manteau rouge tel une écharpe d’or. Le noble éloigna enfin ses coudes de sa taille, pour paraître plus imposant encore que sa taille et ses bottes ne le laissaient déjà paraître. Il pivota pour dévoiler son visage maquillé à son visiteur et lui offrit un sourire élaboré. De Montavaux semblait heureux de recevoir son favori, mais il ne laissait pas toute sa joie s’exprimer, il n’était jamais bon de laisser un homme prendre conscience de l’importance qu’il pouvait avoir pour un partenaire. Joseph collectionnait assez d’amants crédules pour le savoir.

« N’ayez crainte, Stefano, votre retard ne fait qu’ajouter au plaisir de votre arrivée. » Joseph étendit sa main vers la large table dont il était le propriétaire, un meuble de bois sculpté sur lequel étaient réunis des mets simples aux yeux de la cour. Fruits confis, fruits secs, petit gâteaux, sucreries et même du chocolat ! Rien qui n’eut nécessité une cuisson récente, et donc nul besoin de supporter la présence du personnel de cuisine. Ils étaient deux, et deux ils resteraient pour la soirée et une moindre partie de la matinée. De toute façon, De Montavaux n’aimait pas trop manger avant une nuit de débauche, il ne lui plaisait que peu d’avoir un poids sur l’estomac lorsqu’il remuait les hanches.
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Dim 27 Avr - 22:29



Rendez-vous Charmant
ft. Joseph et Stefano  


L’hiver était rude en cette année. De longs pics de glace tombaient depuis le toit en direction du sol, créant comme une immense mâchoire. Stefano adorait cette saison pour deux grandes raisons : le soleil ne venait pas foncer sa peau déjà plus chocolat de par ses origines du sud et ce qui le fascinait le plus, c’était la nature qui était comme endormie, en paix. Le gel recouvrait les branches dénudées comme un collant, créant des statues de glace somptueuses. Cependant, il fallait avouer que la chaleur n’était pas des plus agréables ! Surtout que les immenses murs du château conservaient mal le chaud dans ces pièces aussi grandes que certaines maisons. Tout avait été fait dans la démesure, à la hauteur de la puissance de la famille royale du plus puissant et brillant empire. Le feu donnait au salon une température plus vivante, l’éclairant par sa chaleur et ses flammes. Stefano aurait pu reconnaitre cette ombre qui était celle de Joseph parmi des centaines ! Le bel Adonis français était le seul dans le cercle de connaissances du Milanais à utiliser une canne pour se déplacer, bien qu’il n’en ait pas besoin.

Un sourire se dessina sur les lèvres du danseur lorsqu’il entendit la douce voix de Joseph résonner dans la pièce. Stefano avait la fâcheuse habitude d’arriver en retard, en toutes situations… ce qui lui avait déjà valu quelques désagrément, notamment auprès du Prince qui le lui avait reproché lors de leurs entrainements. Le jeune Sforza aimait se faire désirer, pas longtemps car c’était une chose qui énervait facilement, lui le premier, mais juste de quoi jouer avec la patience et le désir. Un homme désirant est toujours plus heureux de recevoir son invité. Il s’avança vers l’amant dont il espérait plus alors que ce dernier lui révéla une belle table remplie de différents mets, dont du chocolat qui était le péché mignon du danseur. Il avait découvert ce délicieux ingrédient que dernièrement, lors d’un salon donné par son amie Ninon.
- Houeureux dé vous voir mio coro ! Vous m’avez manqué !
Ces mots sortirent alors qu’il le regardait droit dans les yeux, se perdant un instant dans ces iris d’un bleu splendide. La taille de Joseph était plus ou moins similaire à la sienne, ce qui l’avait surpris lors de leur première rencontre. Le Milanais avait l’habitude d’être plus grand que la majorité de la foule qui devait bien mesurer une tête de moins que lui et avoir trouvé une personne qui avait plus ou moins le même gabarit que lui était un réel plaisir même si ce n’était pas cela qui lui importait le plus. D’un mouvement de doigt agile, il déplaça une mèche de sa lourde perruque noire qu’il replaça en arrière avant d’aller voler un baiser chaste et tendre sur les douces lèvres du Marquis de Montavaux.
- Comment sé porte votre personne ?
Demanda-t-il en posant sa main sur le torse du Français délicatement. Stefano avait toujours été quelqu’un de très tactile, comme la majeure partie des Italiens. Il aimait simplement le contact humain, que ce soit passionnel ou amical et appréciait les personnes comme lui et c’était à ses yeux une façon de montrer son affection. Il n’aimait pas brimer son être intérieur et il le laissait s’exprimer sans aucune gêne. Bien sûr qu’il fallait être capable de sang-froid à l’intérieur de la Cour, cacher ce que l’on ressentait, mentir pour passer dans les normes, mais le rideau tombait souvent quand le jeune homme se retrouvait en compagnie d’une ou deux personnes lui étant proches.

Lorsqu’il regarda à nouveau la belle table qui se trouvait dans les appartements de Joseph, son ventre se mit à faire du bruit, ce qui le fit sourire. Cela était une chose naturelle chez lui, dès que son estomac était vide, il le faisait savoir ! Encore plus quand il se trouvait devant des plats joliment préparés. L’odeur du chocolat était des plus tentante, mais il réussit à se contrôler et Stefano descendit sa main vers la taille de son bel éphèbe, rejointe par la seconde qui saisit l’autre côté doucement.
- Vous joignez-vous à moua amore ? I’é voua qué vous avez fait appouhorter pleins de bounnes choses pour cette souarée !
Il se dirigea alors vers la table, sa main dans celle du beau Marquis et prit un fruit sec qu’il plaça entre ses lèvres avant de diriger son visage vers la bouche de son amant en lui adressant un sourire pour qu’il le croque. L'Italien était très joueur et avait gardé un petit côté enfant qui ressortait de temps à autre, lorsqu'il se sentait bien et en confiance, ce qui était actuellement le cas. Il adressa un regard de braise à Joseph pour s'assurer que celui-ci ne refuse pas le fruit et le baiser par la même occasion.



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Jeu 1 Mai - 19:41

Joseph sourit lorsqu’il entendit son tendre amant lui dire qu’il était heureux de le voir, ou plutôt « houeureux ». Ça restait, malgré le défaut de prononciation, mieux que son habitude de dire qu’il était « félicité », sans doute du fait d’un mot italien semblable. Non pas que le jeune danseur ait eu quelque problème pour comprendre ou se faire comprendre en français. Il avait simplement eu besoin de temps, comme tout le monde, pour « naturaliser » son parler en le confrontant à celui de natifs. De toute façon, De Montavaux savait parfaitement que ce n’était pas pour les mots qu’elle prononçait qu’il appréciait la langue de son partenaire. Ce sourire fut bientôt recouvert par les lèvres de son cher partenaire, et il l’aurait sans doute gardé s’il n’avait aimé cette chaleur contre la sienne, s’il n’avait pas voulu lui rendre ce délicat baiser. Chaste ? Sûrement pas. Bref. Furtif. Oui. Mais il n’y avait rien de chaste au sujet du Milanais, c’était d’ailleurs bien pour ça qu’il était son favori.

« Ma personne se porte au mieux, j’ose espérer qu’il en va de même pour la vôtre, Stefano. » Le français tentait toujours d’imiter l’intonation italienne au mieux lorsqu’il prononçait ce prénom, malheureusement il ne faisait pas toujours le meilleur effet. En vérité, la seule fois où il ait réellement accompli l’entreprise convenablement, le noble avait consommé une quantité non négligeable d’alcool de prune. L’homme simulait plus souvent l’ivresse qu’il ne la subissait, mais en présence du bel italien, il lui était arrivé plus d’une fois de se laisser aller à ce vice. Sans doute lui faisait-il plus confiance qu’il n’en avait envie. À moins que le beau brun ne lui ait toujours communiqué l’envie de se débaucher au mieux de ses capacités ? Un véritable incube homosexuel ! C’était là une pensée impie, mais follement excitante. Un peu comme cette main d’homme posée sur son torse : pas un comportement chrétien, mais un excellent stimulant.

La main gauche de Joseph se posa sur le coude de Stefano lorsque ce dernier pris ses hanches dans ses mains, et il le tira doucement vers lui. La canne claqua contre le dallage du salon alors que les doigts du Français se saisissaient de la fraise de son amant. Il plongea son regard couleur de ciel estival dans ceux, émeraude, du Milanais. « Je suis certain que vous n’avez pas oublié d’apporter quelques mets de votre cru, mon ami. » Des mots soupiraient d’une voix chaude, juste avant que leurs souffles ne s’embrasent dans un baiser qui convenait mieux aux habitudes de Joseph – qui l’aurait initié même si son partenaire n’avait pas tenu de fruit entre ses lèvres. Voilà quelques temps déjà qu’il remettait au lendemain ses besoins les plus naturels – quand bien même quelque imbécile aurait prétendu qu’un tel désir était contre-nature – il n’était pas vraiment d’humeur à jouer au chat et à la souris avec le danseur. Le froid de l’hiver fut expulsé du corps du noble en un instant, remplacé par un confort primaire bien qu’élégant. Oh, le ventre de Stefano n’allait pas être la seule chose qui allait grogner ce soir-là ! Ils connaîtraient tous deux une satiété qui irait bien au-delà du simple plaisir culinaire. Tout du moins, c’est ce que Joseph prévoyait.

Il savoura les arômes du fruit, fermant un instant les yeux tandis qu’il mangeait, puis finalement soupira de satisfaction, déposa un léger baiser dans le cou de son partenaire et s’écarta. Ouvrant à nouveau les paupières, il fit un petit sourire à l’Italien avant de réajuster le col qu’il avait froissé à l’instant précédent. Joseph jonglait souvent entre la passion et la candeur, une habitude qu’il avait sans doute cultivée dans l’espoir d’être imprévisible, et de ce fait moins aisé à manipuler. La vérité, c’est qu’il avait beaucoup plus de mal à garder son calme avec Stefano qu’avec la plupart des hommes. C’était à la fois ce qui lui faisait craindre cette relation et ce qui la rendait si attrayante. Le Français contourna alors le danseur, sa main jouant un peu avec les boucles de sa perruque avant de tirer une chaise. Ils n’avaient pas de domestiques à portée de main, il leur revenait donc d’accomplir ces basses tâches. Une honte face à quiconque d’autre que ce bellâtre ténébreux qui le ravissait temps. « Asseyez-vous. Il serait de mauvais ton de jouer avec la nourriture, ne pensez-vous pas ? »
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Lun 5 Mai - 19:24



Rendez-vous Charmant
ft. Joseph et Stefano  


Malgré les quelques mois déjà passé en France, le Milanais avait toujours un accent très marqué par sa langue maternelle. Cela était un sujet sensible car sa façon d’écorcher ou d’inverser les mots l’énervait au plus haut point, alors que d’autres – comme Joseph – trouvait cela drôle, mignon ou encore exotique. Certains de ses amants lui avaient clamé avoir trouvé le soleil du Sud dans son sourire et le chant des cigales dans sa voix, il ne les avait jamais contredis, mais sûrement ne savait-il pas à quoi Milan ressemblait… Le danseur ne venait pas à proprement parler du Sud. Ses origines étaient du nord de l’Italie, près de la frontière suisse et française. Son quotidien avait plus été montagne, forêt et rivière que sable chaud, mer et air salé. Jamais les cigales n’avaient bercé ses nuits. Maitriser une langue est une chose compliquée et comprendre toutes les futilités était encore plus ardu. Surtout quand cette langue était le français ! Même l’allemand était moins tordu à ses yeux… pour vous dire.

Stefano sourit aux bonnes nouvelles de son amant. Pour ce qui était de sa part, cela était une bonne question. Il ne voulait pas recommencer à parler de cette nostalgie qui rongeait son âme, il souhaitait profiter de ce Marquis, qui se trouvait être de bonne compagnie. L’Italien l’avait croisé dans un couloir par un jour de pluie alors que le bel Apollon encore inconnu à ses yeux se promenait seul avec sa canne. Il vit dans son regard un petit quelque chose s’allumer, une flamme, ce qui ne le laissa pas indifférent en cette météo morose. A chaque fois qu’il se perdait dans ses yeux bleus céruléens, il se sentait à l’abri de tout, oubliant ce qui rongeait son âme, ce qui le tracassait.
- Les dernières jours d’attente ont été d’oune longuoueur souffocantes, mais ma persouhonne sé pourte bien mieux dépouis quelqué minuti mio coro !
Le baiser que lui accorda son amant était bien moins chaste que celui qu’il venait de lui offrir. Les lèvres brûlantes du Français allumèrent le désir ardent du Milanais avant que leur langue s’adonnent à un ballet d’une sensualité et d’une complexité décadente sont seulement eux avaient le secret.

Si la table n’avait pas été si recouverte, le danseur aurait sûrement entrainé Joseph jusqu’à celle-ci dans un second baiser de flamme avant de se coucher dessus et d’enrouler ses jambes autour de la taille du Marquis de Montavaux d’une façon si lascive qu’elle ferait rougir les différents visage de peinture qui habillaient les murs de l’appartement de son bel éphèbe. Cependant, il fallait manger pour pouvoir se dépenser, et l’appel du ventre était pour l’instant plus fort que ses besoins charnels, même si Joseph avait créé les étincelles qui allaient allumer un brasier dans lequel ils allaient mélanger leur corps sensuellement et passionnément en un simple baiser. L’Italien regarda son amant manger la fraise d’une manière on ne peut plus suggestive, ce qui ne le laissa pas de marbre Stefano laissa s’échapper un gémissement lorsqu’il sentait le baiser de son tendre Marquis enflammer la peau de son cou que l’ont pourrait juger d’indécent. Les mains promeneuses du danseur descendirent sur le galbe des fesses du Français avant de lâcher les deux globes de chaire pour se diriger vers la table.

Lorsque son éphèbe lui tira sa chaise, le Milanais lui adressa un sourire sincère, avant de lui voler un baiser chaste et de s’asseoir. Il apprécia l’attention de Joseph à sa juste valeur car il n’était pas commun à cette époque qu’un noble tire la chaise à un autre, cette tâche étant d’habitude réservée aux domestiques qui se devaient de rendre la vie des gens de haute société plus facile, plus plaisante. En contre partie, ils recevaient certains privilèges, certains avantages que les simples gens du peuple ne pouvaient espérer, comme vivre parmi la plus grande cour d’Europe, du Monde et ses investigateurs.
- Grazzie moi coro !
Dit-il en observant le bel Adonis prendre place. Il savoura la table du regard en jouant avec une ou deux mèches de sa perruque. Stefano sourit aux dire de son amant car il avait exactement pensé l'inverse. Il lui adressa un petit sourire coquin avant de prendre une deuxième fraise et de croquer dedans d'une façon explicite.
- Io pense qué io pourrai vous faire découvérir plein dé choses qué l'on pouhorrai faire avec dé la nouhorriture mio coro... Lé plaisir n'a pouhint dé limite, no? Pourquoi s'arrêter à dou conventionnel?

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Sam 17 Mai - 11:42

« Vous ai-je déjà paru conventionnel ou limité ? » Le français n’alla pas trouver sa place face à l’italien ; pas tout de suite tout du moins. Il préféra rester debout derrière lui, avec sur les lèvres un sourire que le milanais ne pouvait malheureusement pas observer. Joseph se pencha en avant et attrapa une coupe de dates qu’il ramena vers son amant. « Goûtez ceci, mon bon. » Le marquis se redressa et posa ses mains sur les épaules du bellâtre qui lui tenait compagnie. Des épaules qui sans être ostensiblement larges restaient musclées par une pratique intensive de la danse. Cette fermeté était fort attractive. Joseph la mit à l’épreuve en resserrant sa prise, ses doigts plongeant dans l’étoffe, profitant de la douceur de la matière tout en cherchant la chaleur de la chair. Il massa le danseur sans délicatesse, mais avec un certain talent. Il avait toujours su apprécier les hommes forts et traiter leur force avec respect.

Oh, bien entendu, il ne s’agissait pas là d’un garçon d’écurie. L’italien n’était pas une brute faite de muscles. Il possédait une finesse plus attrayante. Sa force était agile et délicate. L’homme avait le sang chaud, mais n’était pas bas de plafond et sa connaissance des langues surpassait de loin celles de Joseph. L’homme était aimé. Les doigts du français se perdirent plus bas. Crochus, ils agressèrent le torse de Stefano de griffures aux allures de caresse. De Montavaux s’emportait souvent, et rapidement. Il exsudait de lui une chaleur tentatrice, un désir brûlant. Alors, brutalement, il retira ses mains et s’éloigna d’un pas, fit le tour de la table et s’assit, attrapa un bol de raisins secs et se sustenta.

Véhément, Joseph aimait assaillir son aimé et prendre retraite de lui à tour de rôle. Il y trouvait un certain contrôle, une sensation de maîtrise de soi comme de l’autre. Il avait du désir pour Stefano et le pouvoir de le lui refuser. Bien peu de choses en ce monde lui donnaient autant de satisfaction, sinon le sourire que Sforza pouvait avoir lorsqu’ils se retrouvaient seuls. L’ambition de Joseph ne s’arrêtait pas là, cependant. L’amour l’avait frappé et l’aveuglait sans doute lorsqu’il était question du milanais, mais il était loin de fermer les yeux sur le reste du monde. « Avez-vous vu le prince, dernièrement ? » demanda-t-il sur le ton de la conversation.
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Jeu 22 Mai - 20:55



Rendez-vous Charmant
ft. Joseph et Stefano  


Le Milanais sourit en entendant la question de son amant en retour à son interrogation. Il sentait le jeune Français de bonne humeur, heureux et taquin, ce qui lui faisait plaisir. Savoir qu’il faisait partie de cette joie était encore plus gratifiant. Cela rendait le sentiment plus fort. S’il y avait bien une chose que le danseur savait  c’était que la personne de Joseph était loin d’être limitée et conventionnelle. Le Marquis était vivace et rempli d’imagination pour toutes choses, aussi bien catholiques que pècheresses. Stefano avait déjà fait l’expérience de cette fougue, de cette créativité et cela l’attirait plus qu’autre chose. Même s’il avait déjà eu ses expériences, l’Italien apprenait à nouveau avec le jeune Apollon qui se trouvait encore derrière lui. Le bras de son amant passa près de son visage pour aller chercher un bol de dattes sur la table qu’il amena dans sa direction. Le jeune Sforza n’avait jamais goûté à ce fruit de sa vie. Il en avait eu l’occasion, mais il n’avait pas été tenté par son apparence. Cependant, maintenant qu’il était juste sous son nez, il sentit  cette douce odeur appétissante lui chatouiller les narines. Il prit alors un fruit entre ses doigts et l’amena à sa bouche. Après l’avoir avalé, il sourit et se détendit le cou.
- Vous choisissez vos frouits avec lé plou grande soin moi coro ! Jamais ié n’oserais prétendre cela angelo mio ! Votre présence est des plous agréablé et distrayante, io vous suggérais juste dé… vous faire découvrir oune nouvelle façon dé déguoster une aliment e la chair sour laquelle il est servi !
Alors qu’il était en train de lui répondre, le danseur sentit les mains agiles de Joseph le masser, ce qui le fit pousser un soupir d’aise qu’il ne cacha point. Les doigts experts du Marquis lui prodiguaient des massages intenses, profonds alors que Stefano avait eu un entrainement des plus épuisants le soir d’avant avec le Prince et sa troupe pour répéter des pas de danse. Les sens du Milanais se réveillèrent lorsqu’il sentit les mains de son tendre descendre le long de son torse, le griffant légèrement à travers ses habits, ce qui le fit basculer la tête en arrière, la bouche entrouverte laissant passer un petit grognement de plaisir. Le désir monta d’un coup sous l’agression tentatrice du Français. Il se pinça la lèvre inférieure sous le contact chaud du bel Adonis aux yeux bleus et ferma les yeux, se laissant imaginer des scènes torrides qui auraient fait fuir plus d’un prêtre s’il en avait eu la vision. Stefano se retint de grogner quand il sentit les mains se retirer sans prévenir. A la place, il afficha un sourire alors qu’il dévorait la silhouette de son amant des yeux sans le cacher. Il y avait des manières à ne pas avoir en publique, et celle-là en faisait partie, mais l’Italien s’en donnait à cœur ouvert lorsqu’ils n’étaient que les deux. Pourquoi se priver de savourer le corps splendide d’un jeune homme que l’on avait déjà vu aussi nu que le jour de sa naissance ? Stefano imaginait chaque courbe de cette statue grecque vivant, le dénudant du regard pour tenter de calmer son appétit charnel.

La voix du beau Français le ramena sur Terre alors qu’il s’était perdu dans les tréfonds de son imagination la moins catholique. Il lui sourit avant d’avancer sa chaise en direction de la table.
- Pas plous tard qué hier souar mio coro ! I’avais rendez-vous avec Monsieur por répéter oune chorégraphia nouvelle. Lé Prince avait l’air d’être dé bouhonne houmeur, peut-être parcé qué j’étais à l’heure ?
La main fine du danseur vint se poser contre sa bouche pour dissimuler un petit pouffement suite à sa blague. Il prit le verre de vin qui se trouvait devant lui et en bu quelques gorgées avant de le reposer sur la table délicatement et de s’humecter les lèvres discrètement.
- Io pense qué lé Douc d’Orléans sé pourte mieux depuis quélque temps. Lé chagrin qui s’est mis à lé pouhosséder à la mort de sa mère la Reine s’estompe petit à petit por lé laisser réprendre vie.
L’Italien enleva sa chaussure sans faire de bruit et se faire remarquer par Joseph. Son regard brillait d’envie et il était d’humeur joueuse. Un sourire coquin vint alors se dessiner sur ses lèvres lorsqu’il leva sa jambe pour placer son pied contre le membre viril du Marquis et qu’il se mit à le masser lentement et sensuellement.
- Certainement aurai-jeuh la chance dé vous montrer ces nouveaux pas dé danse qui sont bene mouhins tortourés et lents qué les précédents…
Il retira alors ses orteils de là où ils étaient.
- Mais io n’ai pas eu l’houhonneur dé pouvoir m’entréténir avec lui. Cependant lé Prince avait rendez-vous avec suo Chévalier, pouheut-être était-ce là la réelle raison dé son houmeur..

Le bol avec les noisettes attira son regard, sans attendre il le saisit et prit deux graines qu’il fit rouler dans sa main avant de les avaler.
- Et vous mon cœur… où en êtes-vous avec vos parents ?
Son ton était pareil à celui que le Français utilisait, dénué de perversité, bien que le corps et les gestes du Milanais mentaient et allaient à l’encontre de sa voie calme. Joseph avait lancé un jeu dans lequel Stefano était expert et l’italien avait hâte de voir où cela allait les mener…

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