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 Nuit de charme (ft. Louis-Victor de Mortemart)


Dim 4 Mai - 23:38

❝ louis-victor & catherine ❞

Les soirs où la Voisin faisait office de salon, elle fermait son cabinet et interdisait toute visite. Après avoir rappelé consciencieusement à la Vigoureux le message pourtant clair, elle lui laissa le soin de se charger d'éventuels importuns venus lui rendre visite. Toutefois en général les gens étaient prévenus donc personne ne venait pratiquement la voir. La Voisin avait établi un calendrier strict, il y avait des jours où elle ne recevait pas. L'organisation fut montrée fort utile à la jeune empoisonneuse car il avait tant de choses à faire qu'il fallait au mieux les planifier.
Aujourd'hui, la journée avait été étonnamment tranquille, le matin elle avait profité du peu de temps qu'elle avait avec sa fille, l'après-midi elle avait réceptionné les commandes et commencé les préparations d'onguents qui, finis, seraient mis en vente dans sa boutique d'apparat. Le soir, avant l'ouverture de son salon, elle était allée vérifier avec la Vigoureux les préparations de breuvages qu'elle avait effectué elle-même au cours de la journée, dans les cuisines du sous-sol. Puis elle avait envoyé un billet à la Lepère disant de s'occuper à sa place des avortements qui auraient lieu le lendemain. Ce fut une journée presque normale et c'était l'esprit léger qu'elle remonta le vermoulu escalier jusqu'au deuxième étage pour se changer avant l'arrivée des invités.

Parvenue au palier, elle accourut dans sa chambre et ouvrit un grand placard exceptionnellement aménagé en cet endroit. Presque toute sa garde-robe y était confinée. Le reste était enfermé dans des malles. Plongeant ses frêles mains dans la niche parmi les rubans et étoffes, la Voisin chercha entre deux cintres une jolie tenue que fièrement elle pourrait porter au salon. Elle cherchait quelque chose d'inédit, de nouveau, qui surprendrait presque tous ses convives. Elle souhaitait les éblouir, leur en mettre plein la vue. C'était le but des salons qu'elle organisait, faire venir du beau monde – pas n'importe qui, elle portait une attention particulière sur la liste des invités. Se faisant passer pour une veuve vivant des rentes de son mari, ancien financier selon elle, quelquefois elle accueillait en son salon des esprits illustres mais invitait surtout certains de ses plus fidèles clients. Ensemble ils parlaient de sujets touchant les arts ou la littérature, et même parfois des sciences.

Ce soir cependant, il y aurait une invitée d'exception : Ninon de l'Enclos. La dame de l'Enclos, rentrée il y a une semaine de Villarceaux après de longues heures dans la campagne en compagnie d'un mousquetaire, était venue raconter son périple. Cela s'annonçait palpitant et Catherine sentit qu'elle allait passer une agréable soirée. Peut-être qu'elle la finirait dans les bras d'un bel homme, qui sait ? Elle en rencontrait pas mal dans son salon, l'endroit où elle trouvait plus d'hommes à son goût.
Cette pensée lui procurait un bien-être indescriptible et lui en fit oublier la recherche de sa robe idéale. Se reprenant, elle continua à fouiller dans son trop grand armoire et lâcha un soupir de contentement lorsqu'elle trouva ce qu'elle cherchait. Elle décrocha la robe du cintre pour l'étendre sur le lit non sans oublier d'appeler en route une domestique. Cette dernière aida sa maîtresse à se changer mais rapidement, elle la congédia. S'approchant de son secrétaire, elle engagea une clé secrète dans une serrure et tira un long tiroir et fin où dedans s'entassait tous ses rapports. Elle sortit celui de ce matin, qui relatait tous les divers événements de la nuit passée. En bas, au premier étage, les domestiques s'affairaient pour rendre les pièces luxueuses impeccables et quelques minutes plus tard, Catherine entendit le premier invité arriver.
La demeure comptait deux entrées différentes, l'une secrète, par où entraient habituellement les visiteurs de la devineresse, et l'autre, publique, par où entraient les invités de ce soir. À l'achat, la Voisin avait trouvé la maison si bien agencée qu'elle l'avait prise. Et elle ne regrettait pas son choix, cette maison était tellement en raccord avec toutes les activités qu'elle entreprenait. Et puis, elle se situait dans un quartier tranquille, discret, l'endroit parfait pour elle.

Catherine se releva de sa chaise après avoir lu d'une traite le mince rapport, il ne s'était rien passé de particulier la nuit dernière. Elle le rangea dans le tiroir et le ferma avant de cacher la clé dans une cachette qu'elle seule connaissait. Puis, d'un pas lent, elle se traîna jusqu'au miroir. Dans la glace, elle s'admira et décocha un joyeux sourire à ses lèvres. Satisfaite de l'image que lui renvoie sa toilette, la Voisin s'attarda sur la blancheur quasi diaphane de sa peau laiteuse, sur les boucles noires arrangées à sa manière et le haut de son décolleté ovale. Sans pour être autant atteinte de narcissisme, l'empoisonneuse flatta son ego devant le miroir en se disant qu'elle avait de la chance de porter d'aussi belles soieries. Encore quelques secondes de contemplation et elle descendit avec prudence les marches. Avec les mules aux pieds c'était dangereux de descendre un escalier aussi branlant et vertigineux que celui-ci mais la Voisin savait où poser les pieds et descendait en toute douceur.
Elle se présenta, le sourire aux lèvres, aux invités avec une robe claire. Une étole foncée lui couvrait les bras et les épaules. S'engageant dans la mare des convives, elle salua avec un sourire Ninon de l'Enclos en pleine discussion avec l'un de ses commensaux qu'elle dévorait des yeux, la remercia d'être venue ce soir, puis servit à boire aux autres. Parmi les visages, elle en revit un qu'elle avait déjà repéré la dernière fois. Pourtant, lors de cette précédente soirée, elle ne se souvenait pas de l'avoir invité, il était venu à l'improvise. Sous l'invite d'un ami, un client de la Voisin.
La devineresse avait eu l'intention de le rayer de sa liste des clients mais s'était radoucie quand elle découvrit son identité. L'ami en question l'avait présenté à l'empoisonneuse qui n'avait pas manqué de remarquer son vif intérêt pour sa beauté, la complimentant à ce sujet. Elle l'avait remercié avec un beau sourire gracieux dont ses yeux ne semblaient plus vouloir se détacher, il paraissait sous son charme. Pour Catherine, cela avait fonctionné à merveille. Dès la première rencontre avec le plus proche ami du roi, chose qui n'était pas à négliger, elle l'avait caressé dans le sens du poil pour l'avoir entièrement à elle. De plus, il était le frère que parlaient sans cesse ses deux clientes, les deux sœurs Mortemart, surtout l'aînée Gabrielle.

Catherine n'était pas peu fière de son apparence qui faisait tourner la tête des hommes en ce monde. Elle savait que les nobles se lassaient de la pâleur repoussante de leurs épouses et choisissaient d'aller voir celles qui avaient une peau éblouissante, qui témoignait de leur joie de vivre. Moins ennuyeuses que ces dames pâlottes qui passaient leurs vies à broder et à prier, elles apportaient plus de fougue, plus de piquant dans leurs relations adultérines. Pauvre noblesse, pensait-elle.
Repérant au loin le duc de Vivonne, dans une autre pièce, la devineresse fit mine de ne pas l'apercevoir et s'assit tout en discutant avec un artiste du coin sur un riche canapé. Elle l'avait invité ce soir dans l'espoir que ses charmes opèrent toujours sur l'homme. Que ferait-elle de lui si elle réussissait ? Dans l'immédiat, elle n'eut pas d'idée et pour dissiper ses doutes, arrangea discrètement ses manchettes de dentelle. Écoutant d'une oreille discrète son interlocuteur, elle le gratifia d'interminables sourires. Mais celui-ci ne s'arrêtait pas, continuant encore son récit. Fort ennuyant ! La Voisin se demandait pourquoi elle l'avait invité, la prochaine fois elle ne penserait plus à le faire revenir.
Remarquable dans son jeu de veuve éplorée, elle se recouvrit de son étole et adopta passablement un air triste qui découragea son interlocuteur. La ruse avait fonctionné et la sorcière prit les mains de l'artiste pour le remercier avant de l'applaudir. Elle lui expliqua que son récit était tout à la fois larmoyant et passionnant. À dire vrai, elle ne savait plus de quoi il y était question mais peu importait, l'artiste avait été conquis par le charme naturel de la Voisin et se réjouissait davantage de ses faux compliments.

Avec grâce, Catherine se leva de son siège et abandonna son voisin sur le canapé, puis partit se resservir. Sur le chemin, elle croisa la route de Louis-Victor et, voyant sa mine réjouie, s'écria :
    ▬ Monsieur de Mortemart, quel heureux hasard de vous revoir ici ! Vous vous y plaisez j'espère ? Elle montra d'un signe de main Ninon de l'Enclos et rapprocha le duc du buffet à boissons. Qu'avez-vous bu, mon cher ?
La Voisin ne lui laissa pas le temps de répondre qu'elle lui tendit une nouvelle coupe de champagne, les yeux rieurs.


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Lun 5 Mai - 1:12

Quelques temps auparavant, un ami avait invité Vivonne a venir a un récent salon, plutôt discret mais fort agréable et, finalement, très sélect et Vivonne s’y était plus. Il avait remarqué que l’hôtesse était pleine d’esprit et comme elle était charmante, ça offrait un résultat des plus charmant dont Vivonne était fort Friant comme ses relation avec Madeleine Béjart et Ninon de l’Enclos le prouvait. Cette riche veuve intriguait le Duc qui, la connaissant peu, espérait bien la connaître un peu mieux. Mais pour l’instant, il savourait son retour a Paris, et prêtait une oreille attentive aux invités, afin d’apprendre ce qu’il s’était passé dans la Capitale pendant son séjour en mer. Et comme son amie Ninon, qu’il avait retrouvée quelques jours auparavant sans savoir que tous deux revenaient de voyage avant qu’elle le lui dise, était présente, il avait l’avantage de ne pas être trop questionné sur sa vie maritime et ses voyages devant un large comme c’était usuellement le cas . Mais il y avait tout de même deux femmes assises a côté de lui, et bien plus intéressées par la vie de marin que de raconter leur vie misérable. Une de ces femmes était jeune, naïve et Vivonne pouvait l’avoir dans son lit d’un claquement de doigt. L’autre était un peu plus âgée que Vivonne, et ils avaient tous deux couchés ensemble par le passé, y compris la veille des noces de la Dame qui avait confessé être enceinte avant que son époux ne la touche. Depuis elle se tenait a distance du Duc qui l’avait quasiment oubliée, mais là que son époux était pendu aux lèvres de Ninon, elle était suspendue aux lèvres de son ancien amant. Lassé de ce public, mais désireux de ne pas le montrer, il profita de la venue au buffet de Madame Montvoisin pour se lever et dire :

« Veuillez m’excuser mais je n’ai pu encore m’entretenir avec notre hôte en cette charmante soirée. »

Et après un baise main chacune, il les laissa dans le sofa et alla en direction de Catherine Montvoisin. Joliment coifée, la peau agréable a l’œil, le regard chaleureux et rieur, elle offrait un joli décolleté et une robe élégante qui révélait parfois de jolies mules. Clairement une femme au goût certain pour mettre son charme en valeur. Réjouit elle l’accueillit chaleureusement et lui mit un verre entre les mains. Souriant, il lui offrit un baise main plein de tendresse. Trop peut-être pour être considéré comme chaste.

«Madame Montvoisin, est-ce un heureux hasard quand vous m’invitez si chaleureusement à venir dans votre soirée ? «

Il sourit et trinqua avec son hôte avant de boire une gorgée. Il lui offrit ensuite son bras et posa une main sur celle de Catherine. Il adorait les mains de la belle brune.

« Mais rassurez vous, je me plait dans votre soirée. D’autant plus depuis que vous me tenez compagnie. Et votre champagne me plait. »

Regardant Catherine, il la mena légèrement à l’écart, derrière un paravent, et embrassa doucement la main de celle-ci.

« Je dois vous avouer Madame Montvoisin que j’aimerais faire plus amplement votre connaissance. Apprendre a vous connaître, échanger avec vous, en toute… Intimité.»

Le Duc avait envie de passer du temps avec Catherine, seuls. Oh pas forcément un moment charnel, bien qu’il ne dirait pas non, mais il ne voulait pas pouvoir être dérangé a l’improviste. Doucement, son pouce caressait les phalanges de la Montvoisin.
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Mar 6 Mai - 3:15

Guère étonnée, la Voisin glissa un malicieux sourire sur ses lèvres quand le duc de Mortemart lui prit délicatement la main en s'inclinant pour y déposer un baiser bien plus chaste qu'elle ne l'aurait cru. Ainsi donc, le duc fut charmé d'être aux côtés de la veuve Montvoisin, qui lui était pourtant inconnue mais qu'il trouvait fort à son goût, comme en témoignait cette langueur employée sur sa douce main. D'ailleurs la devineresse prêtait une attention particulière à ses mains, veillant toujours à ce qu'elles restent douces au toucher. Comme elle les utilisait régulièrement pour ses préparations ou autre, il fallait leur prodiguer les soins nécessaires. Pour cela, elle appliquait tous les soirs avant de se coucher une pommade faite maison, à partir d'une vieille recette de Violante, afin de les rendre douces. Cette pommade était une vraie merveille, corrigeant toutes les impuretés de la peau, y compris celle des mains.

Le visage de Catherine irradiait de bonheur lorsqu'elle sentit les lèvres du séduisant Mortemart rencontrer la peau frémissante de sa main tendue. Dieu qu'elle adorait cette coutume ! Grâce à cela, elle mettait facilement les hommes à ses pieds. Le fait qu'elle puisse les regarder de haut lui conférait une certaine puissance, une supériorité dont elle était avide. Et elle aimait ce sentiment. Elle se nourrissait de leurs désirs telle un succube.
Louis-Victor penché sur sa main, la devineresse en profita pour le détailler du regard. Joliment vêtu, il avait semblait-il sorti son plus beau costume ce soir et s'était coiffé comme un forcené. En effet, ses cheveux formaient un pêle-mêle sur sa tête, créant de jolies boucles de toutes parts. Lâchant un léger rire à la vue de tout ce fouillis, la Voisin vit que le duc avait levé ses deux yeux bleus sur son visage. Elle lui sourit tendrement et suivit son regard quand il se releva. Au fond d'elle-même, Catherine se retint de défaillir tellement il était beau et séduisant. S'il n'avait pas été l'ami du roi, elle aurait volontiers chuté dans ses bras.

Trinquant son verre contre le sien, elle le porta à la bouche et le goût acidulé du champagne lui fit un grand bien. Elle expira d'aise et revint vers le duc :
    ▬ Bien sûr que ça l'est ! Je n'ai jamais oublié votre audace de venir avec votre ami la dernière fois. D'où vous est-elle venue, je me demandais...
Catherine reprit encore un peu de champagne et ne décrocha pas son regard des yeux azurés de Vivonne. Dans son esprit se mêlaient les idées les plus folles malgré le naissant désir qui se répandait en elle. Elle tenta de le maîtriser le plus longtemps possible, ce Vivonne était trop beau pour être vrai. La méfiance était de mise, elle ne le connaissait pas parfaitement non plus.
Contenant ses pulsions avec aisance, l'empoisonneuse se concentra sur son objectif. Elle réfléchit à ce qu'elle pouvait faire de lui. Un nouvel amant ? Non trop facile, quelque chose de plus ambitieux cependant. La lumière se fit soudainement dans son esprit et la Voisin commença à entrevoir les prémices d'un plan ingénieux où elle pourrait se servir de Vivonne. Bien sûr, elle resta muette comme une carpe sur ce qu'elle avait en tête et répondit d'une voix suave au duc :
    ▬ Servez-vous en autant si le champagne vous plaît. Il y en aura d'autres, et bien encore. Elle rit au nez de Louis-Victor puis se reprit. Je suis heureuse de savoir... Elle lui frappa doucement à l'épaule. Que ma présence vous honore, mon cher.
La – joyeuse – veuve installa son bras sous celui de Vivonne et le suivit instantanément à part. Un peu surprise, la Voisin se demandait la raison de cette brusque mise à l'écart. Il l'avait entraîné derrière un paravent et parlait tout bas. De plus, il ne lâchait pas sa main, l'embrassant encore. C'était une première pour Catherine qu'un noble s'attache aussi vite à ses mains. Mais il faut retenir que chacun a ses propres envies et que celui de Louis-Victor à l'instant même était les doigts fuselés de la devineresse. Cette dernière le laissa faire et s'amusa à le comparer à un lapin goûtant ses belles carottes, se réservant les meilleures. Face à une telle obsession, elle laissa choir sur ses lèvres un sourire amusé et l'entraîna sans plus tarder dans un endroit où ils seraient tous deux plus tranquilles.
    ▬ Venez, dit Catherine en se glissant hors du paravent, je connais un endroit discret où nous pourrons faire plus ample connaissance. Personne ne viendrait nous chercher là où nous serons, venez !


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Mar 6 Mai - 16:26

Vivonne comprit sans soucis que Catherine et lui se plaisaient mutuellement. La question était donc de savoir à quelle vitesse ils avanceraient l’un vers l’autre…. Même si la douceur des mains de la jeune veuve donnait clairement envie de vérifier si le reste était aussi doux. Il se demanda d’ailleurs ou Catherine se procurait ses soins et si c’était les mêmes qu’utilisaient Madeleine et Ninon. Alors qu’il la regardait, il sourit en réponse au sourire qu’elle faisait. Si toutes les femmes étaient comédiennes sauf quelques actrices, il fallait avoir un talent certain pour simuler un sourire d’une telle tendresse. Ainsi elle le trouvait audacieux ? Amusant…

« Mais il faut de l’audace pour ne serait-ce que profiter de la vie, sans même parler de la réussir. »

Répondit-il alors amusé, souriant a la charmante brune aux yeux gris-bleu… Antoinette ferait certainement une crise si elle le voyait draguer une femme au physique pas si éloigné que cela de celui de son épouse… Quel en était l’intérêt ? Et bien Catherine n’était pas Antoinette et les ressemblances physiques ne font pas tout. Le Duc serait certainement ravis de prendre Catherine pour amante. Et puis elle était charmante et de bonne humeur, ça pouvait sembler inusuel de la part d’une veuve mais Vivonne savait que les veuves agissaient souvent ainsi lorsqu’un homme qui leur plaisait les courtisaient : veuve ou pas, elles restaient femme. Et visiblement elle aimait autant se faire embrasser les mains qu’il aimait les embrasser. Et il sourit, content, quand elle l’emmena dans une pièce tranquille. Il la suivit alors volontiers, se contentant pour toute réponse d’un :

« Parfait ! »

Elle le mena alors dans une pièce richement décorée avec un charmant lit bien large doté de baldaquins, des fauteuils et une méridienne. Souriant, il embrassa doucement une main de Catherine, encore une fois, et lui déclara :

« Charmante pièce que voilà très chère. »

Il avait parfaitement compris que la pièce était là pour les amants mais ne dit rien, et préféra guider la jeune femme à la méridienne ou il l’aida galamment à s’installer sur la méridienne, et il se permit de lui retirer ses jolies mules afin que les chaussures ne salissent pas la méridienne fort onéreuse.

« Depuis quand avez vous cette charmante demeure ? »

Demanda-t-il pour démarrer la conversation alors qu’il posait la dernière mule au sol.
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Jeu 15 Mai - 3:17

Les sens en éveil, Catherine regardait prudemment autour d'elle et tira Louis-Victor hors de leur cachette. Elle lui fit signe de la suivre mais s'esquiva rapidement parmi les invités. Devant l'air perdu du duc, la devineresse lui empoigna la main afin qu'il ne la perde pas à nouveau de vue et, de manière discrète, le conduisit entre ceux-ci qui bavardaient gaiement et buvaient sans compter jusqu'à une pièce adjacente à son cabinet. C'était la première chambre par laquelle on entrait si Catherine se trouvait dans son cabinet et qu'elle émettait l'envie de se lover dans un sofa aux tissus joliment damassés ou de lire un Nicomède face à la chaleur dormante de la cheminée.
Cette chambre, toujours aussi richement décorée que les autres pièces, ne fut cependant pas ouverte aux invités, sachant que de l'autre côté d'un mur se cachait le bruit ronronnant d'un poêle. Elle l'utilisait seulement pour y jeter les questions des clients et faire appel aux esprits qui, selon elle, lui parlaient. Grâce à d'habiles tours de passe-passe et de magie, tout dans cette mystique atmosphère avait été conçu pour surprendre les clients et les impressionner. Ils devaient croire à l'ambiance qui y régnait, une ambiance qu'ils ne pourraient remettre en question tellement ils n'en avaient pas le courage et qu'ils avaient en eux une infime part de crainte qui restait toujours enfermée. La Voisin leur inspirait cette peur et elle l'exploitait à merveille.

Fort heureusement, la devineresse avait par précaution pensé à verrouiller tout ce qui la liait à ses activités de second ordre, qui lui ramenaient néanmoins beaucoup plus de bénéfices que sa boutique d'apparat. Ainsi, si un invité se perdait, il trouverait la porte de son cabinet close et ignorerait ce qui se cachait derrière. Tant mieux, cet invité n'aurait aucun soupçon envers son hôte puisque certaines pièces étaient bien sûr interdites d'accès aux personnes qui n'habitaient pas la maison. Il se dirait à s'y méprendre que cette porte menait à ce qu'on nommait parties privées et ferait demi-tour. Dans la chambre il faisait noir mais une partie d'un volet laissait entrevoir sous la douce lumière lunaire la fameuse porte verrouillée. En la voyant se dessiner sur le mur, le coeur de la Voisin fit un bond dans la poitrine.
Quelqu'un avait eu la méprise d'oublier de refermer correctement le volet. Une seconde durant, Catherine crut se sentir trahie. Elle serra le collier qu'elle avait autour de son cou pour calmer ses nerfs. Soit c'était une domestique qui avait fait preuve de négligence, soit c'était un de ses invités qui avait voulu voir la Lune. Catherine ne put dire laquelle des deux suppositions dissimulait la vérité. Pour une fois dans sa vie, elle laissa passer cette histoire et espéra que le duc n'ait rien vu de son inquiétude. Pour la première fois, elle avait eu peur. Elle s'était bien rendue compte auparavant que ce n'était pas en gérant tout à la perfection que l'on devient intouchable, non mais c'était bien la première fois que cela lui arrivait.

La situation ne pouvait pas éternellement tourner à son avantage. La Voisin avait surmonté maintes imprévus et les avait tous surpassés. Ce n'était pas une histoire de volet indélibérément ouvert qui irait la renverser de son trône. Elle excusa Louis-Victor et s'avança au volet pour le fermer comme il le faut. À présent rassurée, elle revint sur ses pas avant de jeter un coup d'oeil rapide vers son cabinet. Il n'y avait pas de lumière qui filtrait à travers les fentes et le bas de la porte. Ouf ! Agrippant ses mains autour des bras du duc, elle le poussa vers la cheminée, alluma une bougie, puis actionna un mécanisme. Le bruit d'un engrenage se déclencha, s'élevant dans le silence de la pièce.
Quelque chose se décrocha soudain du mur avoisinant la cheminée et Catherine écarta la tenture, dévoilant une porte cachée, à demi entrouverte. La maîtresse des lieux l'ouvrit et y entra avec Vivonne, la bougie à la main. Rapidement, ils se retrouvèrent dans une pièce composée d'une unique fenêtre, ni trop grande ni trop petite, dans les proportions idéales d'une chambre où deux amants pouvaient laisser libre cours à leurs envies et désirs. Effectivement, cette pièce, peu de gens la connaissaient car elle n'y emmenait que ses amants. Cependant, la Vigoureux avait eu vent de cette chambre et seules deux domestiques étaient autorisées à y entrer pour l'entretenir. Le duc de Vivonne avait donc rejoint la liste exceptionnelle des hommes de la Voisin qui recevaient parfois l'autorisation de pénétrer dans son antre.

Aménagée dans les tons clairs, la pièce paraissait plus grande qu'elle en avait l'air. Un grand lit avait été installé, ainsi que des fauteuils tout autour, quelques-uns tout au plus. Une méridienne trônait près d'une coiffeuse. Comme Catherine connaissait du bout des doigts la pièce, elle partit donc sans réfléchir vers le candélabre le plus proche. Successivement, sa main sautait d'une bougie à une autre et l'imposant chandelier s'illumina, éclairant de ses vives flammes l'intime pièce. Ensuite, elle se retourna vers le duc et lui balança un franc sourire. Elle aimait cette pièce, Dieu savait combien elle y avait passé de délicieux moments. Rien que d'y repenser la faisait frémir. Aucunement gênée, elle le regarda avec des yeux flamboyants et perçants.
La Voisin connaissait le rôle de la séduction, en quoi cela consistait, etc. Elle savait y faire et le duc de Mortemart ne semblait être nullement embêté par le fait qu'elle fasse tout d'elle-même et qu'elle soit maître de leur relation. Et puis, il lui semblait bien voir que Vivonne ne parvenait plus à détacher ses yeux du corps sculpté de la devineresse, cette dernière avait ôté son voile noir, libérant encore plus la vue sur son décolleté. Il était complètement charmé et Catherine s'estima ravie de l'avoir conduit à cet endroit, propice à des instants passionnés et charnels. Mais l'empoisonneuse n'alla pas aussi vite qu'elle l'avait été avec les autres hommes, plus ou moins manipulables, elle préféra prendre son temps avec le duc afin de mieux le cerner et d'en tirer le meilleur profit.

Il était un atout et il ne fallait point le négliger, alors autant le contenir. Cela lui permettrait de mettre un frein à ses vives ardeurs et de se livrer complètement à elle. Si elle y arrivait ! Toute souriante, elle s'allongea docilement sur son lit et entretint ses charmes en parcourant de la main les lignes de son collier et de son cou. Elle se releva rapidement afin d'éviter qu'il ne la rejoigne dans le lit et l'invita à s'asseoir sur un des fauteuils. Tout en contemplant sa tenue, elle l'entendit faire des éloges de la pièce où il se trouvait. Un grand sourire étira les lèvres de Catherine et elle se pencha pour le remercier. Elle lui rendit également le plaisir qu'il avait d'embrasser ses mains.
    ▬ Ai-je bien raison de vous laisser me suivre, monsieur de Mortemart, jusqu'à cette pièce aussi discrète que charmante ?
Pour donner plus d'attirance chez le duc, elle continua ses jeux de séduction. Penchant brièvement la tête d'un côté, elle le fixa dans un sourire et s'aida de ses grandes mains pour se remettre debout. Tranquille, elle se laissa guider par celui-ci jusqu'à la méridienne. Elle s'y installa en même temps que Vivonne et lui rendit son sourire. Intérieurement, la Voisin était amusée par le fait que ce dernier lui lançait des expressions qui la firent rire. Bon, elle poussait un peu le bouchon loin afin qu'il se sente entièrement flatté par cette veuve qui l'avait invité ce soir. Louis-Victor devait se sentir comblé, il était seul avec la devineresse et espérait certainement partager des choses avec elle. Mais quoi ?
La Voisin voyait bien que ses yeux penchaient souvent sur son décolleté, signe qu'il souhaitait passer un bon, voire un excellent moment avec elle. Eh bien, elle irait tout faire pour mais tout en restant raisonnable, elle ne l'avait pas convié seulement pour qu'ils puissent passer un moment qu'elle avait avec d'autres hommes, non elle désirait faire bien plus avec ce Vivonne, l'ami du roi d'ailleurs ! La Voisin continuait avec excellence sa comédie et faisait l'effort d'être charmée sur les compliments que lui donnait Vivonne à propos de ses mules. Ah ? Catherine se retint de rire et exposa à la place de ses belles dents des lèvres closes. Elle s'intéressa sur son vif intérêt pour ses chaussures et l'interrogea alors :
    ▬ Expliquez à la pauvre femme que je suis, mon cher, l'attention que vous portez à mes mules ? Vous plaisent-elles énormément ?
Elle feignit l'étonnement quelques secondes puis se reprit en laissant ses mains aux douces attentions du duc de Mortemart. Soudain, il se glissa de la méridienne et se mit à genoux. La Voisin le suivit attentivement, n'ayant aucune idée de ses futures intentions. Enfin, sur le fait qu'il se soit baissé, elle n'ignorait pas qu'il rêvait sans doute de passer un mémorable moment avec la veuve. Sachant qu'il ne lui arriverait rien, Catherine s'affala sur le dossier de la méridienne et poussa un long soupir. Ses jambes flottaient dans les airs et elle sentit les mains de Vivonne lui ôter la première mule. Jamais précédemment un homme lui avait fait cela. Jamais !
Si attentionné qu'il était, la devineresse se dit que finalement cela allait être plus facile que prévu.
Ainsi, Vivonne serait facilement manipulable et Catherine se réjouit de cette idée. Avec un sourire réglé préalablement à l'avance, elle l'encouragea à poursuivre et la deuxième mule tomba sur le tapis persan. En noble gentleman, le duc s'intéressa également à la devineresse. Après tout, il lui avait émis l'envie de la connaître plus, d'où la venue dans cette chambre secrète. La Voisin eut un léger sourire quand il lui parla de sa demeure, pas mal comme début de conservation...
Elle redressa son buste et ses pieds touchèrent le sol avant qu'elle ne raconte son histoire.
    ▬ Cette maison, je l'ai achetée en 1664, quatre ans après la mort de mon mari. Avant je vivais au-dessus de ma boutique, je la gérais à temps plein et maintenant que j'ai des personne à mon service, j'y suis moins présente et j'ai voulu emménager dans un quartier tranquille, où je serai parfaitement à l'aise. Elle rapprocha son visage de celui de Louis-Victor et le transperça des yeux. Et j'y ai trouvé cette magnifique demeure.
Elle reposa son dos sur le moelleux dossier et fit remonter Vivonne à côté d'elle sans décoller ses mains. Elle les laissa encore un moment à l'assaut de ses baisers et en retira une, sur laquelle elle y apposa sa tête. À son tour de lui poser une question.
    ▬ Monsieur de Mortemart, dites-moi la raison pour laquelle vos intimes vous appellent Vivonne ?
Grâce aux espions qu'elle avait, la Voisin avait réuni après sa rencontre avec le duc un maximum d'informations sur lui. Elle savait presque tout sur sa vie, son mariage désastreux avec Antoinette, son goût pour les filles et les aventures, la raison de son amitié avec le roi, etc. Si jamais il lui demandait d'où elle avait entendu ce surnom qu'il réservait aux intimes, elle dirait qu'il était sorti de la bouche de Ninon. La Voisin vivait et survivait dans le mensonge, elle en était toujours parvenue. Esquissant un sourire, elle se releva péniblement – c'était fait exprès ! – et se rapprocha du duc.[b]- Que souhaitez-vous boire... Vivonne ?


Dernière édition par Catherine Montvoisin le Mer 2 Juil - 2:06, édité 4 fois
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Jeu 15 Mai - 3:56

Vivonne se lassait guider : la demeure était plus vaste qu’il ne l’avait cru et il y avait bien des pièces a parcourir dans la pénombre avant d’atteindre la confortable chambre ou La Voisin souhaitait emmener le Duc. Il ne vit pas le cabinet ou La Voisin recevait sa clientèle, et ne prêta pas attention au pourquoi du rayon de lune qui éclairait la pièce. Il préférait regarder la façon dont la lune éclairait le visage de Catherine. Était-ce seulement le charme de la jeune femme ou l’alcool aidait ? Il la trouvait magnifique dans tous les cas et la laissa donc s’excuser avant de la suivre jusqu’à la chambre aux tons clairs. Il laissa son hôte éclairer la pièce, puis savoura le franc sourire auquel il répondit d’un sourire qui se voulait charmeur mais se montra tendre, alors qu’elle semblait voir au plus profond de son âme de ses yeux perçants. Surpris il la vit aller sur le lit et parcourir quelques charmes de sa main, puis elle se releva et lui offrit deux charmantes mains a embrasser, chose qu’il fit avec le plus grand plaisir.

- Ai-je bien raison de vous laisser me suivre, monsieur de Mortemart, jusqu'à cette pièce aussi discrète que charmante ?

La phrase tira un nouveau sourire a Vivonne qui répondit :

-N’est-ce point moi qui vous ai suivis dans votre charmante tanière et me suis retrouvé a votre merci, Madame Montvoisin ?

Il était évident qu’elle cherchait a le séduire, Vivonne n’était pas assez alcoolisé pour ne pas remarquer les efforts de Catherine… Mais il désirait suffisamment la jeune veuve pour la laisser obtenir ce qu’elle voulait, maintenant qu’elle s’intéressait a lui.  Il la guida donc à la méridienne et l’aida a s’y installer, puis la déchaussa.

- Expliquez à la pauvre femme que je suis, mon cher, l'attention que vous portez à mes mules ? Vous plaisent-elles énormément ?

Il parcourut alors du regard et du doigt la mule en main et sourit, répondant pendant qu’il la posait au sol.

« C’est du bel ouvrage. Mais ce qui me plait énormément ce n’est point vos mules… Ce sont vos pieds. »

Et avec une sincère tendresse, il posa ses lèvres sur chaque pied, pieds qui avaient souffert malgré les mules à devoir piétiner toute la soirée. Il était certain que si Catherine désirait que Vivonne fasse quoique ce soit avec ses pieds, il le ferait sans hésiter. Il la laissa se redresser, et regarda les boucles brunes se déplacer, alors qu’elle racontait comment elle avait obtenu la charmante demeure. Et elle offrit de nouveau les mains a embrasser : les saisissant délicatement, il couvrit chaque phalange de multiples baisers, alors qu’elle l’interrogeait sur son surnom.

- Monsieur de Mortemart, dites-moi la raison pour laquelle vos intimes vous appellent Vivonne ?

-Vivonne est le nom d’une ville au sein des Terres familiales qui, bien souvent, donne son nom aux membres de ma famille. Notre Roi a choisis de me nommer ainsi depuis l’Enfance et le nom est resté. Utilisez le a votre guise, Ma Dame.

Répondit le Duc en offrant à l’Empoisonneuse la libre jouissance de ce surnom intime. Il ne demanda pas ou elle avait entendu le surnom car si seul les intimes le nommait ainsi, ils, et le Roi en premier lieu, en faisaient publiquement usage. Et elle se rapprocha de lui, offrant à boire, alors qu’il admirait ses traits et s’enivrait de son parfum.

« Faites moi découvrir votre boisson préférée. Et si vous le désirez, je pourrais peut-être masser vos pieds pendant que nous conversons. »


Il était rare que Vivonne offre si rapidement massages à une femme, il couchait même souvent avant de masser et avait toujours échangé un baiser au préalable… Mais Catherine n’était pas femme ordinaire.  Lorsque Catherine lui apporta un  verre, il le but entièrement, sans méfiance, puis poursuivit la conversation, de la façon désirée par Catherine, qu’elle inclue ou non un massage de pieds.


Dernière édition par Louis-Victor de Mortemart le Sam 7 Juin - 12:25, édité 1 fois
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Sam 7 Juin - 3:01

Catherine ne comprenait pas vraiment l’obsession de Vivonne chez les femmes : leurs pieds. Qu’avaient-ils de significatif pour le duc ? D’où la curiosité poussée de la devineresse à ce sujet, elle brûlait de connaître la ou les raisons de cette obsession. Toutefois les pieds n’avaient rien à envier aux mains des femmes, que le duc aimait tout autant que les pieds. Forte de son expérience des hommes, la Voisin savait qu’ils avaient des désirs plus ou moins bizarres, donc le simple fait que l’héritier des Mortemart puisse entretenir une fascination sans limites pour les pieds et mains féminines ne la surprenait pas plus que cela. Elle-même avait connu un homme qui n’avait d’yeux que pour son nombril et elle en riait toujours maintenant. Elle se souvint encore qu’il adorait entreposer des raisins sur son nombril pour les croquer ensuite.
Décidée à mettre un frein aux obsessions de Vivonne, elle retira délicatement ses pieds prisonniers de ses mains et lui sourit pour pardonner son geste. Replaçant ses pieds au sol, la Voisin put lestement se relever avant de se diriger, dans un léger froufrou produit par sa robe, vers un petit plateau garni de bouteilles. Elle en déboucha une et servit le contenu dans un verre qu’elle amena rapidement au duc. Avec un sourire montrant ses belles dents, elle le vit boire le verre d’une gorgée, le reprit, puis retourna au plateau pour en resservir un deuxième. D’un pas traînant, elle revint vers Vivonne le visage aguicheur et lui tendit le second verre, en expliquant bien sûr ce qu’il contenait.
    ▬ Une liqueur de fruits que j’ai réalisé moi-même. Goûtez et dites-moi ce que vous en pensez mon cher ?
Catherine se délectait de voir Vivonne multiplier les verres qu’elle lui apportait. Le but était d’amoindrir ses défenses afin de mieux le contrôler et l’alcool l’aidait dans ses plans, c’était une arme redoutable et l’amie des femmes, dans le cas de la Voisin. Cette dernière reprit sa place sur la méridienne, aux côtés du séduisant Mortemart, et le charma avec des mouvements de tête gracieux. Enfin elle le tira à elle et apposa son doigt sur la bouche fine du duc. Elle sourit en voyant sa réaction.
    ▬ Chut ! Restez là !, la devineresse voulut dire de laisser ses pieds tranquilles mais se résigna. C’est mignon Vivonne comme surnom, il vous sied à merveille, beau comme vous êtes.
Alors que son regard restait fixé sur ses lèvres, elle leva les yeux vers ses doux iris qui semblaient la dévorer. Restant à bonne distance de lui, Catherine rit de son ignorance derrière un visage charmeur. Puis soudain, elle s’écarta de lui et se redressa à nouveau, dans toute sa splendeur. Ravie d’avoir la mainmise sur Vivonne, elle cherchait à couper court à ses envies.
La devineresse en doutait fortement, Vivonne voulait ardemment la porter jusqu’à son lit afin d’en finir avec elle. Était-il le genre d’homme qui passait la nuit avec une fille pour finalement la jeter le lendemain ? La Voisin avait sa réponse, ses espions ne s’étaient pas attardés sur le sujet. Cependant, si elle exprimait l’envie de garder Vivonne longtemps à ses côtés, elle ferait tout pour y parvenir, vraiment tout. Ce soir, il n’y avait pas d’erreurs et elle allait poursuivre dans cette voie.

Maintenant debout, Catherine choisit le chemin de son paravent et en profita derrière pour remonter ses bas, descendus quand Vivonne massait ses pieds. Au même moment, elle eut une idée électrisante dans sa tête. Elle se regarda dans un miroir camouflé avec un sourire dissimulé, qui voulait tout dire pour elle. Très vite, elle fouilla dans son coffre et il en ressortit une robe bleu clair, très clair. La robe paraissait toute vaporeuse et elle l’enfila sans difficulté. N’entendant pas Louis-Victor, elle craignit l’espace d’une seconde qu’il s’ennuie sur la méridienne car elle tardait non pas qu'un peu derrière le paravent et haussa la voix pour le rassurer :
    ▬ Si mon absence vous chagrine, partez vous resservir de cette liqueur qui vous plaît tant.
Elle se changea aussi vite que le temps lui permit et réarrangea ses boucles noires sur le côté. Elle remit également des talons, chose qu’elle ne pouvait s’en séparer. Somme toute, quand le duc lui avait ôté ses mules, elle n’avait guère apprécié le moment car les talons lui donnaient une sensation de grandeur. Cette fois-ci, plus question de se laisser guider par les sentiments de l’autre. Dorénavant elle avait les choses en main, elle sortit donc du paravent et montra sa nouvelle tenue à Vivonne.
Toute souriante et fière, elle s’appuya à une colonne de son lit à baldaquin et prit une posture qui faisait ressortir ses seins. Elle rit presque de l’ignorance du duc de son manège et continua de prendre des poses toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Marchant vers le duc, elle adopta une démarche plus qu’exagérée, qui la faisait presque danser à chacun de ses pas. Puis, suffisamment proche de lui, elle se jeta à son cou. Elle se pinça la lèvre inférieure avec le doigt et redressa sans gêne le buste en direction de son visage. Mais elle se remit debout rapidement, contente.
    ▬ Vous avez perdu votre langue, monsieur de Mortemart ? dit-elle avec un sourire plein de malice.


Dernière édition par Catherine Montvoisin le Mer 11 Juin - 16:10, édité 2 fois
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Sam 7 Juin - 16:08

Vivonne souriait doucement, discutait et massait les pieds de Catherine tout en ignorant ce qu’elle pensait. Il la laissa se redresser, abandonnant les deux charmants petons et la suivit du regard. Quelle boisson allait-il boire ? Il se demandait quelle était cette boisson que Catherine appréciait. Curieux, il  suivait le pas trainant de la jeune femme, pris le verre, l’écouta annoncer la liqueur de fruit et il observa la boisson. Il regarda sa robe puis la goutta avant de sourire.

Vous avez raison, c’est délicieux cette liqueur. Vraiment délicieux. Mais je ne vais pas pouvoir tout boire. Cette bouteille est tout de même bien remplie.

Même si Vivonne avait bien bu et bu plusieurs verres, il ne boirait pas tout ce que Catherine offrait. Il avait déjà bien bu et n’avait pas envie de rouler sous la table, ivre. Il savait se tenir. Mais d’un doigt elle le contraignit au silence alors qu’elle le tirait a elle.  Il aurait bien embrassé le doigt mais elle préférait le complimenter sur son surnom, avant d’aller se changer.

Merci du compliment ma chère. Mais que me réservez vous donc ?

Demanda-t-il alors qu’elle s’éloignait.  En guise de réponse, elle l’incita à boire plus. Mais non, Vivonne ne voulait pas boire.  Et vu qu’on lui réservait une surprise, il n’était pas chagriné. Pas du tout.

Merci mais je crains de ne plus pouvoir profiter de votre conversation si j’abuse de votre délicieuse liqueur, très chère Dame.

Attendant, il regarda dans la direction. Le bruit des talons lui fit comprendre qu’elle s’était rechaussée.  Curieux, il la regarda sortir dans sa robe bleue vaporeuse. Surpris par la beauté de la jeune femme, il la regarda avec désir, muet, alors qu’elle venait contre son lit. Puis elle s’approcha, lui mettant sa poitrine sous le nez, mais d’un doigt le força à la regarder dans les yeux, avant de se redresser avant qu’il n’esquisse un baiser. Et elle le nargua d’un commentaire.

J’ai toujours ma langue, chère Catherine…. Ce sont les mots qui me manquent.

Il se leva alors, et s’approcha de la jeune femme qui, quelques instants plus tôt, se jetait a son cou. Il la contempla en connaisseur des toilettes féminines, conscient de la fortune que Catherine portait sur son dos.

Je pourrais vous qualifier de magnifique… Mais le mot me semble faible et je n’en vois pas de plus fort.

Dit-il alors, avec un sourire pour Catherine. Puisqu’il sentait qu’elle voulait diriger la soirée, il décida de lui laisser l’initiative. Qu’allait-elle faire ? En tout cas… Elle était des plus charmante.
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Dim 8 Juin - 0:55

La main apposée sur le ventre, la dame Montvoisin retenait son souffle. Elle se languissait des baisers passionnés du duc qui couraient le haut de sa jambe gauche. Réprimant un cri rauque qui témoignait son plaisir, elle balança la tête en arrière, toute haletante. Catherine sentit son pouls s’accélérer et suffoqua presque, proche de l’évanouissement. Son corset comprimait si fort sa poitrine alors qu’elle prenait de l’ampleur à chaque respiration saccadée. Elle se soulevait tout en luttant contre les baleines de son corset, en vain. Malgré cela, la Voisin se nourrissait de plaisir et continuait de pousser des râles significatifs. Elle exultait et s’accrochait au duc qui ne lésinait pas sur les moyens. Elle était tout à lui et partageait un moment savoureux avec lui. Ce dernier la porta au lit et rapidement elle monta sur lui pour finir ce qu’ils avaient commencé. Cela se termina par un cercle noir qui se refermait sur les deux amants en pleine débauche et il se rouvrit, plan par plan, sur un visage inquiet, celui de Vivonne.

Catherine cligna plusieurs fois les yeux avant de reprendre pleinement conscience. Elle eut la surprise de se retrouver dans son lit, elle ne se souvint pas d’y être remontée, et de découvrir le duc au-dessus d’elle. Les sourcils froncés, elle se demanda comment avait-elle pu s’égarer à un moment donné. Très vite, les derniers événements lui revinrent en mémoire. Pour échapper aux questions du duc, elle se faufila rapidement derrière le paravent et se regarda dans le miroir camouflé.
Lâchant un soupir, elle vit avec soulagement dans la glace que son visage était toujours intact et que le maquillage n’avait pas coulé. Elle vérifia également ses bas, les nœuds qui les retenaient n’avaient pas été délacés. Elle soupira encore une fois et dériva sur son reflet dans le mur. Tu as baissé ta garde ma pauvre et c’est pas bien, pensait-elle. Comment avait-elle pu se laisser aller, étant donné qu’elle faisait pourtant attention à tout.

Retrouvant son masque de comédie, de jeu, Catherine retourna auprès de Vivonne qui, visiblement, paraissait inquiet pour son état. Elle le rassura d’un revers de la main :
    ▬ Un moment de fatigue, mon cher. Toute cette soirée à organiser et à planifier dans les moindres détails, tout un travail épuisant pour la pauvre veuve que je suis, elle mentit très bien et ponctua sa phrase par un large sourire, mais plaisant si ce n’est que pour faire venir des hommes de votre botte, Louis-Victor.
Au final, le léger malaise de Catherine était pour ainsi dire passé inaperçu aux yeux du Mortemart. Elle le regardait avec une telle intensité que ce petit moment dérangeant où elle avait sombré dans le sommeil suite à un verre d’alcool trop fort avait comme disparu par magie. Elle se reprochait d’avoir choisi une boisson dont la teneur était forte en alcool car, pour que son plan marche à merveille, il ne fallait point éveiller les soupçons du duc qui cumulait les verres alors qu’elle non. Elle avait pris le risque de participer dans la manœuvre qui concernait Vivonne seulement. Une raclée, voilà ce qu’elle s’était prise. Quelle idiote de s’évanouir à cause d’un verre trop fort !
Plus déterminée que jamais, la Voisin décida d’accélérer le processus d’enrôler Vivonne parmi son tableau de chasse. De plus, son malaise avait clarifié une chose : elle avait rêvé de Vivonne, ce qui voulait dire qu’elle pensait à lui. D’ailleurs elle ne nia pas une attirance pour lui. Bel homme comme il est, la devineresse ne pouvait en aucun cas résister plus longtemps à un tombeur. Même si elle semblait bien remise de son malaise si soudain, elle ne l’était pas côté émotions. Elle avait encore en tête la scène qu’elle s'était imaginée et sa poitrine se soulevait à un rythme plus soutenu qu’auparavant. Elle repartit vers sa coiffeuse et se repoudra le haut de son décolleté. Plus à l’aise, elle retrouva Vivonne à présent assis sur un fauteuil près du lit et lui retira le verre – le quatrième – qu’il tenait dans sa main.
    ▬ Je crois que vous avez assez goûté cette liqueur, que pensez-vous de celle-là ?
Elle lui tendit un nouveau verre, contenant la boisson qu’elle avait bu la dernière fois et qui avait causé son malaise. Voulant tester les aptitudes du duc, sa force donc, face à l’alcool, elle avait préparé ce verre dans ce but. Avec un sourire non sincère, elle fit tourner le verre sous le nez de Vivonne afin qu’il s’enivre de son odeur avant de le boire. Peu importe la manière, elle aimerait bien voir comment réagirait-il à un alcool fort comme celui-ci. Patiente, la Voisin semblait distinguer dans les yeux de Vivonne une lueur d’envie, sans doute provoquée par la forte odeur qui s’émanait du verre. Elle eut un sourire amusé et tenta une autre approche, pour le persuader de boire négligemment ce verre.
Elle glissa le verre dans la main du duc et le fixant droit dans les yeux, fit des grimaces plus ou moins sensuels. Enfin elle se recula et s’affala dans son lit, sans le décrocher du regard. Consciente de l’importance de son geste, avec grâce elle remonta doucement la robe avec son talon, laissant découvrir petit à petit aux yeux exorbitants de Vivonne son bas de la jambe gauche. Elle s’arrêta à hauteur de la jambe et le questionna sur un sujet qui lui tenait à cœur.
    ▬ Vous me fascinez mon cher, vous savez ? La veuve en moi cherche à comprendre pourquoi vous vous délectez des pieds des femmes...
Elle laissa le talon retenir la robe sous le genou, dans l'espoir que le duc, face à cette scène qui devrait combler ses désirs, puisse aveuglément boire le verre reposant dans sa main.


Dernière édition par Catherine Montvoisin le Mer 11 Juin - 16:03, édité 1 fois
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Dim 8 Juin - 9:17

Vivonne fut surpris. Qu’arrivait-il à Catherine ? Il la saisit pendant qu’elle s’effondrait, alors qu’elle semblait respirer de plus en plus difficilement, de façon de plus en plus saccadée. La soulevant sans effort apparent, il la déposa sur le lit alors qu’elle faisait son malaise. C’était étrange, on aurait cru qu’elle vivait un moment d’une passionnante sensualité alors même que Vivonne lui tenait juste la main, inquiet. Quand elle rouvrit les yeux, il lui sourit doucement pour la rassurer, bien qu’une lueur inquiète ne quittait pas le regard du Duc. Mais avant qu’un mot soit échangé, voilà qu’elle se relevait et partait derrière son paravent, une deuxième fois. Et voilà qu’elle venait le rassurer. Il lui sourit, mit un genou à terre et lui baisa la main avec tendresse bien plus qu’avec politesse, une tendresse renouvelée et bien plus forte qu’avant le malaise:

« Si ce n’est que pour m’inviter, inutile de vous épuiser autant ma chère. Votre compagnie m’est si agréable que je viendrais a vous simplement si vous me le demandez gentiment. »

Se relevant, il la laissa lui mettre un verre dans les mains avant qu’elle aille se repoudrer. Il ne toucha pas au verre, trouvant qu’il avait bien trop bu. Il s’assit près du lit, et guetta le retour de Catherine…. Qui lui mit un autre verre en main dès son retour… Pourquoi désirait-elle le faire boire autant ? Cela était étrange…. Mais tout questionnement fut oublié lors du sensuel manège de Catherine sur le lit, alors qu’elle dévoilait une jambe joliment gainée de son bas, l’offrant au regard emplis de désirs du Duc.

« Et bien… J’ai toujours apprécié explorer le corps féminin en son intégralité… J’imagine que c’est un goût qui s’acquiert. Mais vos pieds sont particulièrement beaux.»

Dit-il en posant son verre, sans y avoir touché, et en se levant. Il vint jusqu’à Catherine et, à travers le bas, lui embrassa avec passion le baiser alors qu’il caressait la jambe. Exactement comme dans la vision de Catherine, mais ça il l’ignorait, ses baisers se mirent à courir le long de la jambe, remontant aussi haut que possible, alors que les mains retiraient le bas avec délicatesse. Lentement, avec une inépuisable passion, chaque pouce de peau dévoilé par le bas se retrouvait embrassé alors que les lèvres qui étaient remontées aussi haut que possible, repartaient en direction du pied. Lentement, il embrassa le genoux et retourna le long de la jambe jusqu’au talon, lentement il s’enivra de la douce peau, plus efficace que tout alcool, alors qu’il pouvait entendre Catherine réagir en respirant de façon encore plus saccadée que durant son évanouissement, véritablement haletante sous la double action des mains et des lèvres du Duc. Doucement, délicatement, la cheville fut embrassée de chaque côté, puis le talon. Le dessus du pied fut couvert de tendres baisers, puis chaque orteil, un à un, fut embrassé sur le dessus puis le dessous de celui-ci, et enfin Vivonne se mit à couvrir la voute plantaire de passionnés baisers, s’enivrant sans relâche de la douceur de la peau de Catherine et du parfum de son pied, n’attendant visiblement qu’une demande soupirée entre deux râles pour passer à la deuxième jambe…. Ou à plus d’intimité.
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Mer 11 Juin - 16:40

Crachant intérieurement sa défaite cuisante, la Voisin pencha la tête sur le côté et ferma les yeux pour ne pas se laisser ronger par la colère. Elle joua avec ses lèvres, cherchant à se calmer, mais l’image qu’elle renvoyait au duc était toute autre. Habilement elle passait ses doigts entre ses lèvres et montrait qu’elle partageait le même plaisir qu’il éprouvait quand il caressait sa jambe, recouverte d’un soyeux tissu qu’il entreprit lentement d’ôter, sans jamais stopper ses ardents baisers. Ceux-ci parcoururent chaque parcelle de la jambe, chaque recoin de la peau et les craintes de la devineresse se confirmèrent à la vue de cette scène, fort semblable à celle de sa vision. Désormais calmée, elle regarda Vivonne avec une passion dévorante et se mordit l’index. L’assaut des baisers du duc commençait à la faire frissonner de plaisir, admettant alors qu’elle n’y avait pas de déplaisir d’amener le séduisant garçon jusqu’à cette chambre, réservée exclusivement aux amants de la devineresse. Louis-Victor allait rejoindre ce cercle renfermé s’il continuait ainsi.

Ivre de désir, la Voisin commença à manifester des difficultés à lui résister. Irrésistible, voilà l’adjectif qu’elle donnerait à cet instant-là, ne pouvant plus contenir cette vague qui l’engloutissait. Mais il n’était pas premier homme à lui faire cet effet. D’autres s’y étaient frottés comme lui et avaient lamentablement échoué. D’une part, parce qu’ils étaient plus enclins que le duc aux verres que leur offrait la chiromancienne et d’autre, ils ignoraient qu’elle exerçait une certaine emprise sur eux, pouvoirs que tout Paris craignait.
Non pas qu’un peu fière de sa position, Catherine laissait étendre son influence sur le peuple parisien et sur les hommes qu’elle adorait par-dessus contrôler. Pourtant, le Mortemart ne remplissait pas les deux critères – seul un l’était. Les hommes répondant aux deux critères, Catherine les menait facilement par le bout du nez et d’une manière efficace d’ailleurs. Or le duc avait "réussi" à déjouer ses plans, la boisson et tout, pour ne penser qu’à elle ou aux femmes en général.

Ce détail, d’une importance notoire, n’avait pas échappé à Catherine connaissant déjà sa réputation de séducteur. Louis-Victor courait auprès de jolies filles, passait de moments jouissifs avec elles, puis retournait vaquer à ses obligations liées à son titre. La Voisin était admirative du cadre protocolaire de la Cour qui oppressait les courtisans et les fatiguait, les poussant à partir ailleurs lorsqu’ils se virent confier du temps libre. Dans des résidences secondaires ou en se reconcentrant entre eux dans les salons littéraires et maisons de passe de la capitale. Ils préféraient passer du bon temps, éloignés de leurs lassantes épouses.
Catherine retint de justesse un rire moqueur, elle les imaginait parfaitement dans leurs sombres demeures, attendant inlassablement le retour de leurs volages époux. Se comporter en digne épouse n’allait rien changer dans leurs histoires ; le mari, en homme assoiffé de désir, continuerait de sauter de plus belles femmes que leurs épouses sur la route qu’il croisait. Sur Terre, il existait des hommes bien pires que Louis-Victor, n’hésitant pas à violer de pauvres vierges en temps de guerre ou complètement sans défense dans les routes provinciales. Quel triste détail !

Qu’allait donc faire à présent la Voisin ? Un nouvel objectif en tête, elle se dit que si elle voulait l’avoir complètement à elle, dans sa manche, il fallait devoir prendre possession de lui. Un sourire carnassier se profila sur ses lèvres, derrière un visage empli de délice. Le duc ne la regardait pas, plutôt obnubilé par son pied qu’il n’arrêtait pas d’embrasser. Catherine serra les dents, signe qu’elle n’y était pas insensible. Il faisait un excellent amant, du moins c’est ce qu’elle en pensait. Elle n’avait vu jusque-là pas grand-chose. Normal, elle repoussait aisément chacune de ses avances mais sur ce coup-là, il lui semblait difficile de le repousser encore.
Elle avait chaud à présent. Elle suffoquait. Son corsage l’empêchait de reprendre un souffle normal et la robe lui collait à la peau. Elle avait grandement besoin d’air. Quelle issue choisir ? Repensant aux choses sérieuses, elle affirma l’idée où il était question de posséder Vivonne. Il fallait briser la barrière qui l’empêchait de tout faire sur lui et elle en était proche, très même. Laissant donc son pied aux multiples baisers de Vivonne, elle savoura longtemps le moment avant de se pencher vers le duc et lui souleva le menton.
    ▬ Vous êtes un vilain garnement Vivonne, me surprendre quand il ne faut pas, dit-elle d’un ton sarcastique. Je cite bien sûr votre talent pour les baisers que vous offrez à ma jambe.
Bien que veuve, la Voisin n’avait jamais repensé un jour à se remarier. Bon nombre de ses amies l’avaient fait et elle trouvait personnellement la chose inutile. À quoi bon si ce n’était que pour recevoir de nouveau des coups ou pour renouveler les disputes avec son conjoint. Non, la Voisin avait connu des jours difficiles avec son feu mari Antoine et estimait la vie de veuve bien meilleure. Elle n’avait personne juridiquement et civilement pour la contrôler. Libérée de toute contrainte sociale à sa mort, elle menait depuis une vie d’éternelle célibataire. Et elle ne regrettait nullement ce choix.
De son plein gré, malgré son veuvage, elle s’adonnait à des instants charnels avec des hommes. Non touchée par la mort de son mari, elle ne vivait pas dans une période où tout péché était absous et où le recueillement était nécessaire. Aux antipodes d’une bigote, elle cherchait ouvertement les plaisirs corporels en présence d’hommes qui lui plaisaient.

Le duc de Mortemart ne dérogeait pas à la règle, il était un de ces hommes plaisants et puissants que Catherine avait l’habitude de côtoyer. Il était beau, séduisant, charmant, à sa merci, que demande le peuple ?
Mettant en exécution son nouveau plan, la Voisin bougea sa jambe pour signifier l’arrêt instantané de baisers. Le visage malicieux, elle éloigna sa jambe du duc pour finalement plaquer son pied contre ses fesses. Elle eut un geste presque provoquant avec sa tête. Puis elle le remonta le long de ses côtes et le retira avant l’aisselle. Riant presque, elle redirigea son pied derrière la cuisse de Vivonne et le tira à elle avec. Satisfaite de son geste, elle avança son bassin, piégeant ainsi Vivonne avec l’autre jambe.
    ▬ Ne soyez guère étonné mon cher, je sais que vous m’enviez, ajouta-t-elle dans un sourire amusé.
Elle jouait avec lui, avec ses sentiments, et elle s’en frottait les mains. Pas question de laisser passer ce petit moment de possession, où la devineresse se sentait l'âme d'une victorieuse. Elle avait perdu une bataille mais ne perdrait pas la guerre.
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Jeu 12 Juin - 13:32

Vivonne passait un merveilleux moment. Ignorant que Catherine était bien plus préoccupée que lui, il se régalait de son doux pied aux traits délicat et au parfum entêtant. Il frissonnait de plaisir alors que la Veuve suivait son exemple. Catherine finit par craquer. Vivonne avait-il tout planifié ou avait-il un instinct aiguisé sachant naturellement comment faire craquer les femmes ? Quoiqu’il en soit, Catherine cessa de rester passive, au plus grand plaisir de Vivonne qui laissa volontiers le pied s’éloigner, et suivit le désir de la dame qui le regardait avec malice. Souriant, il frissonna sous le pied contre ses fesses. Il savait ce que ça signifiait et lentement il suivit l’action des mains et pieds de la jeune veuve qui l’amenèrent jusqu’à elle.

« Un vilain garnement ? Très certainement, un vilain garnement qui adore embrasser et n’hésitera pas à embrasser tout votre corps a l’image de cette jambe…. Il vous suffit de vous offrir… Et oui je vous désir. »

Il sourit alors amusé.

« Comment l’avez vous deviné ? Mais oui j’ai envie de vous.»

Et il embrassa avec passion l’Empoisonneuse, un long et passionné baiser qui ne fut interrompu que pour reprendre leur souffle et se sourire. Et sitôt le sourire offert, il entreprit de dévêtir la belle brune alors qu’il lui couvrait la gorge de baisers. Il est peu probable que Catherine Montvoisin ai été déjà déshabillé plus lentement par un autre homme que Vivonne. Patient et passionné, il embrassait chaque morceau de peau découvert, offert a ses lèvres, sans hésitation ni impatience, ayant clairement toute la nuit devant lui. Les mains et la bouche du Duc offrirent un doux et délicat plaisir a la belle brune qui se retrouva nue et explorée avec sensualité juste avant qu’il lui offre un plaisir rare que peu d’hommes daignaient offrir. Vivonne semblait décidé à offrir un magnifique souvenir à Catherine. Et il se régalait de ce corps jeune et soigneusement entretenu par l’Empoisonneuse. Quel serait la contre attaque de celle-ci ?
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Lun 30 Juin - 23:52

Après que la devineresse ait tiré dans cet instant de possession une grande fierté, Vivonne se jeta littéralement sur elle, qui se retrouva plaquée sur le lit en geignant, très surprise par la fougue soudaine du duc. Celui-ci arracha un succulent baiser sur ses lèvres et ne s’arrêta pas là, il poursuivit sa salve de baisers sur son délicat cou, puis sur le haut du décolleté. Par conséquent, le rythme cardiaque de Catherine en prit un sacré coup, suivant une courbe logarithmique. Elle essaya tant bien que mal de retrouver une stabilité dans son souffle mais les doux contacts de Vivonne sur sa poitrine la firent haleter de plus belle.
Le duc était incontestablement un fin connaisseur du corps féminin, avec les nombreuses conquêtes à son actif il serait illogique de s’y méprendre. Des doigts, il parcourut habilement les gracieuses courbes qui modelaient la silhouette de Catherine et lentement il commença à la dénuder. La tête sur le côté, noyée dans ses noires boucles et les draps soyeux, elle inspira et expira à grandes bouffées, contenant le plaisir qui emplissait en elle.
Vivonne avait dû être très patient avec elle pour laisser libre cours à ses envies sur le corps soigneusement entretenu de la Voisin. Catherine s’estima fière de sa performance ce soir, elle avait réussi à maintenir du doigt les désirs bouillants du duc qui manquaient de se déverser sur elle si jamais elle perdait le contrôle. Avec un sourire mi-figue mi-raisin, dissimulé par ses boucles, Catherine prépara mentalement l’aboutissement de son plan, si elle voulait pleinement avoir le contrôle sur Vivonne – ce qui n’était pas encore vraiment le cas, elle devrait complètement s’abandonner à lui afin de subtiliser sa confiance. Plus tôt dans la soirée, elle avait été amère sur le fait qu’il ne buvait pas tous les verres qu’elle lui transmettait.
    ▬ Êtes-vous tout à moi Vivonne ?
Le visage à découvert, le ton mielleux, elle le fixa à présent des yeux, plongeant profondément son regard dans le sien. Elle redressa brusquement le dos, résolue à prendre les choses en main, enveloppa ses bras autour du cou de Vivonne, dérobant un baiser à la volée, et arracha son pourpoint d’un coup sec en ricanant. Catherine entreprit de dévêtir le duc et, sans aucun retenue, l’installa sur le lit. Enfin elle se délivra à lui.

ooo

D’une main, la devineresse tamponna le front dégoulinant de sueur et ouvrit les yeux. À demi éveillée, elle tourna la tête vers l’homme endormi à ses côtés et constata avec soulagement qu’il dormait paisiblement. Sans bruit elle soupira. Repensant au moment qu’elle venait de vivre avec lui, une pincée d’orgueil orna son sourire, comblée. Elle avait remporté la guerre et sans qu’il ne se doute de quelque chose. Oui ! Catherine se pinça les lèvres, elle risquerait de réveiller le Mortemart si elle bougeait trop dans son lit. Afin de ne point alerter son voisin couché, elle se releva avec précaution pour calmer sa frénésie. Elle se pencha au-dessus de lui, vérifiant qu’il dormait toujours, avant de glisser subrepticement ses pieds hors du lit.
Debout, Catherine attrapa sa robe bleue traînant par terre et fila vers la coiffeuse en plaquant le tissu contre sa poitrine. Regardant l’heure, elle s’étonna que seulement deux heures se soient écoulées depuis qu'elle et Vivonne aient disparu de la soirée. Avec une maîtrise spectaculaire elle se remaquilla rapidement devant la glace, faisant néanmoins de courtes pauses pour se retourner et contempler son amant dans le lit. Tant qu’il ne s’éveillait pas, la Voisin se sentait tranquille, nullement dérangée. Le maquillage et la coiffure sitôt terminées, elle repartit derrière le paravent et en sortit toute parée de sa robe de soirée, la même qu’elle avait en entrant dans la chambre secrète.
Les pas pressants de Catherine furent heureusement étouffés par les épais tapis qu’elle avait apportés dans la chambre, cela permettait à toute personne venant de l’extérieur d’ignorer l’existence de cette pièce si occupants il y avait. La Voisin était ravie de son ingéniosité, ainsi elle pouvait passer inaperçue à tout moment. Sa robe voletant à chacun de ses pas produisait de faibles claquements avec l’air environnant, des sons qu’une oreille endormie ne puisse distinguer. Cependant, à chaque déplacement dans la pièce, elle garda un œil attentif sur le duc, veillant à ce qu'il reste endormi.

Prête à rejoindre les invités restants, Catherine fit toutefois une chose avant de sortir. Elle s’approcha d’un petit meuble pour sortir un petit papier, ainsi qu’une plume, et reprit place face à la coiffeuse. Plongeant la plume dans l’encrier, elle écrivit ce petit billet à l’intention de son amant :

❝ Monsieur mon cher,

Quelle exquise et inoubliable heure ai-je passé à vos côtés. D’avance je vous prie d’excuser le vide dont je vous ferai part à votre réveil, ma présence est largement recommandée pour des affaires urgentes. Je suis une femme très occupée voyez-vous et j’espère que vous ne serez point chagriné par ma non-présence. J’ai dans l’espoir que nous nous reverrons prochainement, mon ami.

Votre tendre Catherine. ❞

La Voisin relut la courte lettre et se félicita de la manière dont elle avait arrangé les mots. Si avec cette missive Vivonne revenait, cela confirmerait les pleins pouvoirs de Catherine sur cette tête hautement placée. Un sourire mesquin tira ses lèvres, la sorcière n’eut aucune pitié de jouer avec les mots. Vivonne serait bientôt à elle. Il fallait juste voir comment il réagirait quand il découvrirait le billet.
Ne voulant pas s’attarder dans la chambre, Catherine passa près du corps nu de Vivonne, le billet à la main. Avant de le déposer sur la petite table à côté de lui, elle le regarda un temps, se délectant une dernière fois de son dos nu, puis se dirigea vers la sortie. Entre-temps, elle ouvrit une porte dérobée, par où sortaient ses amants, et la laissa entrebâillée afin que Vivonne la remarque. En sortant, elle verrouilla la porte par laquelle elle était entrée avec le Mortemart et rejoignit ses invités, un sourire aux lèvres.

((hj : je te laisse clôturer le topic, le but de la première soirée est de gagner le coeur et la confiance de Vivonne, les expériences viendront plus tard =P))
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Mer 2 Juil - 1:28

Vivonne avait une réputation de merveilleux amant… Mais l’amour ça se fait à deux, et fort de sa grande expérience, le Duc était convaincu de l’influence plus que décisive des charmes de la partenaire et de ce qu’elle parvenait à inspirer. Elle était séduisante, plus que désirable, sensuelle, douce et il se régalait à la couvrir de caresses et baisers sans hésitation ni pensées mais avec pure passion et désir. Il l’écoutait soupirer et gémir et se délectait de chacun de ces encouragements à redoubler d’ardeur. Et Catherine finit par lui céder : elle lui sourit, et prit les choses en main, le déshabillant tout en l’interrogeant. Une petite question qui le fit sourire.  Était-il tout à elle ? Pour le moment oui mais il fallait répondre avec plus d’élégance et de politesse, ne pas froisser sa susceptibilité.  Ainsi la réponse ne devait comporter qu’un seul et unique mot :

« Oui »

Et pour donner plus de poids à ces trois lettres, un sourire ravi illumina le visage du Duc. Et les deux corps nus s’enlacèrent, s’aimèrent et se couvrirent de caresses et baisers avant de s’endormir l’un contre l’autre… Mais Catherine ne s’autorisa qu’une petite sieste alors que Vivonne dormait à poing fermé a cause de tout l’alcool bu … Et Catherine aurait aimé lui faire boire encore plus ? Ce n’est qu’au très petit matin, dans une demeure parfaitement silencieuse, qu’il revint à lui, le soleil le réveillant. Il ne s’étonna pas d’être nu dans un lit étranger, la chose était commune, mais d’être seul. Cependant en tant qu’hôtesse, Catherine ne pouvait pas s’absenter toute la soirée et il lui pardonnait donc ce départ précipité. Balayant la pièce du regard, il remarqua la porte et sourit : ainsi Catherine utilisait une porte dérobée pour que ses amants ne croisent jamais sa fille ? Ingénieux système. Sortant du lit, il parcourut la pièce et sourit tendrement en regardant les quelques vêtements brièvement portés par Catherine avant de finalement lire le billet…. Et sourire… Il alla alors prendre la plume et écrivit un petit billet :


" Ma Dame,

Cette soirée fut délicieuse et bien trop courte à mon goût. Notre Seigneur fut bien pingre sur la durée des nuits. Si votre non-présence me chagrine, n’ayez crainte je vous pardonne volontiers.  J’espère combler vos espoirs très prochainement, ma chère amie.

Votre dévoué Vivonne."



Il déposa le billet sur une des tenues portées par Catherine durant leur moment ensemble, puis alla se vêtir. Il sortit dans le jour naissant, utilisant la petite porte dérobée de La Voisin.  
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