Partagez | 

 Méfiez-vous du loup qui dort... {Louis-Victor de Mortemart}


Lun 2 Juin - 11:17

Paris le jour ou Paris la nuit, quelle différence y avait-il ? Les rues étaient sombres et crasseuses quoi qu'il arrive et peu importe le temps qu'il pouvait faire. Le soleil n'arrivait jamais à atteindre les petites ruelles bondées de monde, et où la jeune Zirrafon avait pour habitude de traîner. Ceci-dit, le soleil n'était pas plus présence dans les coins commerçants où bon nombre de nobles se rendaient. Au fur et à mesure qu'on y passait ses journées, on finissait par ne plus y faire attention. C'était quelque chose de normal, de tout à fait banal à laquelle on s'y faisait très vite. On finissait par apprécier ça... Toutefois, lorsqu'il commençait à pleuvoir, on commençait vite à haïr la boue s'accumulant sous les pieds pour faire de la rue un véritable marécage urbain. Parfois, on savait d'avance que cela n'était pas une bonne idée de sortir. Quand le ciel était noir et menaçant, il valait mieux ne pas pointer le bout de son nez dehors, au risque de voir s'abattre le déluge. Mais certains jours, le ciel pouvait être parfaitement bleu et se remplir sans prévenir de nuage menaçant, faisant tomber sur vous des litres et des litres d'eaux, vous trempant comme un linge venant tout juste d'être lavé. Ce n'était pas la sensation la plus désagréable qui existe, et Laura l'avait ressentit de nombreuses fois. À vrai dire, elle adorait sentir les gouttes d'eau couler le long de son corps, ses cheveux lui collant sur le visage et ses vêtements lui coller à peau. C'était un peu paradoxal, quand on savait à quel point la demoiselle ne supportait pas se glissait dans l'eau. Prendre un bain était bien la chose qu'elle supportait le moins au monde. En même temps, il y avait tellement de rumeur et de peur autour de l'eau se trouvant dans les fontaines et les coins isolés de la capitale, qu'elle s'en était imprégnée et peinait énormément ne serait-ce que pour y glisser un doigt. Elle ne voulait pas risquer de tomber malade, la crasse recouvrant ses bras était assez épaisse pour empêcher un quelconque microbe de l'atteindre. Peut-être que cet aspect sale avait de quoi repousser le premier venu, mais à vrai dire, elle s'en fichait complètement. La seule fois où elle se risquait à se débarrasser de toute cette saleté était quand elle n'arrivait plus à se regarder ou à se toucher sans être dégoûtée de sa personne. Ou tout simplement après un moment passé en compagnie de Grégoire, moment après lequel elle se sentait plus souillée que jamais...

C'est durant l'un de ces jours de déluge que Laura avait décidé de sortir dehors. Rester enfermé n'était pas son genre... Elle adorait vagabonder dans les rues de Paris, voir un peu comment se portait le monde, et voler ici et là quelques pièces d'argent. Son frère l'accompagnait toujours, mais aujourd'hui, il avait préféré rester chez eux à l'abri. Et il avait bien raison.

La pluie venait tout juste de s'arrêter quand la demoiselle pénétra dans la rue d'ordinaire la plus animée de la ville. Elle était cependant bien vide aujourd'hui... Seuls quelques commerçants avaient osés sortir leurs marchandises entre deux averses, et des nobles marchaient en haut des pavés. En vue de sa condition, Laura marchait au centre, là où l'eau coulait à flot. Sa robe et ses chaussures étaient trempées, mais peu lui importait. En marchant, elle réussit à subtiliser une bourse, ainsi qu'une pomme trempée, mais délicieuse à croquer. Tout doucement, le soleil recommençait à pointer le bout de son nez dans le ciel, au grand soulagement de la voleuse, qui ne comptait tout de même pas revenir chez elle trempée comme une soupe. Le chemin libéré, elle quitta un instant la pataugeoire pour marcher en zone sèche et vit devant elle un noble de dos, à l'arrêt. Un sourire aux lèvres, elle s'approcha de lui et commença à mettre une main dans sa poche pour lui subtiliser un bien quelconque.
avatar
Il faut manger pour vivre
&Voler pour manger
Il faut manger pour vivre  &Voler pour manger
Titre/Métier : Voleuse de son état, arnaqueuse et menteuse à temps partiel.
Billets envoyés : 370
Situation : Célibataire.

Voir le profil de l'utilisateur

Lun 2 Juin - 15:30

Il y avait des journées plus agréables que celle-ci… Mais Vivonne avait envie de se mêler aux Parisiens. Après tant de jours enfermé sur un bateau, se mêler a la population Parisienne faisait un bien fou. Bon dans quelques moi c’est avec plaisir qu’il retrouverait l’isolement maritime, mais au moins avec ce style de vie, il savourait chaque plaisir sans jamais saturer. Avançant sous la pluie, il visitait les commerçants, étudiant les nouvelles modes et renouvelant sa garde robe afin de ne pas paraître démodé a la Cour : il avait un rang à tenir, et l’apparat était utile. Il regardait une à une les vitrines. Et alors qu’il regardait une vitrine, il sentit une main se glisser dans sa poche. Saisissant le poignet, il pivota tout en attirant la personne. Il la saisit par le deuxième poignet et la poussa contre le mur. Avec surprise, il constata qu’il s’agissait d’une jeune femme trempée jusqu’à l’os… Et que cette averse semblait être sa conception de l’hygiène au vu de son aspect et de son odeur.

« Bonjour petite pie.»

Furent ses premiers mots, suggérant qu'il la qualifiait de pie voleuse. Il s’écarta d’un pas en arrière, sans la lâcher pour autant. Il ignorait si l’inconnue était ou non dangereuse et préférait ne pas prendre de risques.

« Maintenant j’imagine que vous allez essayer d’argumenter pour que je vous relâche. Alors allez y, dites moi pourquoi je devrais le faire. »

Il tenait fermement la femme et il y avait bien deux ou trois gardes qui étaient chargés de protéger une telle rue commerçante… Vivonne n’aurait aucun souci à les alerter. Le Duc n’avait cependant pas forcément envie de vider Paris d’une pauvresse… Peut-être pourrait-il faire preuve de cette charité chrétienne que le clergé exhortait toujours les nobles et le tiers état à pratiquer. Cela ne compenserait pas le péché de chaire commis a de trop nombreuses reprises pour qu’il aille au Paradis, mais la bonne humeur de Vivonne lui donnait envie de faire une bonne action, et cela pouvait se lire dans son regard : il n’était pas une menace pour Laura. Sauf si elle le forçait a agir ainsi.
avatar
Ex Scientia Tridens
Ex Scientia Tridens
Titre/Métier : Duc de Vivonne, Premier Gentilhomme
Billets envoyés : 787
Situation : Marié à Antoinette, 5 enfants légitimes

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 21 Nov - 21:11

La peur se lit instantanément dans les yeux de la jeune voleuse, ne s'attendant pas à se faire avoir aussi facilement. Elle n'était pas la chapardeuse la plus douée de tout Paris, mais elle pouvait affirmer sans grand mal être assez douée en la matières. Il faut dire que, jusqu'à maintenant, elle ne c'était jamais fait prendre la main dans la sac. Trop maligne. Trop discrète. Peu être un peu trop sûre d'elle, ce qui pourrait expliquer qu'elle se soit lamentablement fait avoir aujourd'hui ? Il devait y avoir quelque chose qui la perturbe, au contraire. Quelque chose qui la faisait trembler lorsqu'elle fouillait les poches des riches passant. Quelque chose qui la rendait nerveuse. Il faut avouer que les rues ne lui paraissait plus aussi sûres qu'autrefois... Rues dans lesquelles elle pouvait vagabonder tranquillement, avec comme seul sujet d'inquiétude de se faire prendre la main dans le sac avec un membre de l'autorité.

Alors oui, en croisant le regard de sa victime perdue, Laura trembla et son coeur fit un bond dans sa poitrine. Allait-il la vendre aux quelques soldats pavanant dans les rues ? Allait-il la laisser s'en aller ? Rien n'était moins sûr, mais il est évident qu'elle préférait la deuxième solution. Ses pensées se mélangèrent, tentant en vain de savoir que faire, pour cette situation complètement inédite et angoissante. Elle se racla la gorge, avala sa salive, et entreprit de se calmer pour remettre dans toute cette histoire. Il fallait d'abord qu'elle ralentisse sa respiration qui, sans qu'elle ne s'en rende compte, s'était accélérée. Ceci fait, la jeune femme pesa le pour et le contre. Quelles options avait-elle ? Très peu, malheureusement.


-J'ai rien pu vous prendre m'sieur ! Furent les seuls mots qui lui vinrent aux lèvres.

Son regard n'était pas suppliant envers le noble, et elle ne se débattait pas pour lui faire lâcher prise. Elle savait cela inutile, son sort dépendant totalement de son bon, vouloir. Il était néanmoins hors de question de baisser ses yeux, ce qui serait un parfait signe de soumission, et Laura ne se soumettait -presque- jamais. Ses yeux se baladait donc de parts et d'autres de la rue, voulant se rassurer en s'assurant qu'aucune autre menace n'était à l'horizon.
Le mur contre lequel l'inconnu la tenait était terriblement froide et humide à cause de la pluie s'étant abattu sur Paris quelques minutes plus tôt. La voleuse pouvait très nettement sentir les gouttes d'eau couler le long de son dos, en plus de ses cheveux trempés comme une serpillière.


-J'vous promet de pas m'enfuir si vous m'lâchez.

Info ou intox ?
avatar
Il faut manger pour vivre
&Voler pour manger
Il faut manger pour vivre  &Voler pour manger
Titre/Métier : Voleuse de son état, arnaqueuse et menteuse à temps partiel.
Billets envoyés : 370
Situation : Célibataire.

Voir le profil de l'utilisateur

Lun 23 Nov - 16:21

La peur dans le regard de la jeune femme ne pouvait échapper au Duc. Et le Duc devait reconnaître qu’il n’était pas insensible.

Il avait déjà eu les poches vidées par d’habiles pickpockets comme il en avait coincé et confié quelques uns à la garde. Mais jamais aucun pickpocket n’avait eu les charmes de Laura. La voir dans ses bras, plaquée contre le mur, regard apeurée, tremblotante, le Duc ressentit de la pitié. Etait-ce anormale de ressentir de la pitié pour une belle jeune femme démunie ? Non. Par contre laisser cette pitié dicter les actions qui suivraient serait stupide, a n’en pas douter.

Le Duc allait-il se montrer stupide ? La chapardeuse était capturée, a sa merci, et il suffisait d’élever la voix pour que deux gardes surgissent. Et elle était parfaitement consciente de cela, hésitante, se raclant la gorge quand enfin les mots sortirent. Le regard apeuré n’était pas suppliant, elle ne se débattait pas et soulignait n’avoir rien pu prendre. Cela fit sourire le Duc, l’amusant. C’était la dernière chose qu’il s’attendait a entendre. Et voila que Laura promettait de ne pas s’enfuir ? Etonnant. Son regard fuyait, mais passait souvent dans une certaine direction. D’un coup d’œil le Duc vit qu’il s’agissait de deux gardes qui s’approchaient lentement, suspectant une quelconque malversation. Que faire ? Leur donner l’inconnue ou aider celle-ci ?


« Faites moi confiance, je nous débarrasse d’eux. »

Et le Duc embrassa la pickpocket. Un baiser passionné, fougueux et emplis de désir. Etait-il sincère ? En tout cas les gardes cessèrent de se rapprocher et reprirent leur ronde… Un peu trop lentement au goût de la voleuse peut-être, qui pu les voir une fois le baiser rompue et son souffle repris. Pas de doute, le Duc savait embrasser. Mais les circonstances n’étaient pas appropriées pour en profiter.

« Bon... Toujours là… Continuons à passer pour un couple. Ne me faites pas regretter de vous aider s’il vous plait. »

Et le Duc passa un bras autour d’elle et l’emmena loin du mur, comme s’ils étaient un couple, dans la direction opposée des gardes, allant dissimuler son visage dans la brune crinière comme s’il l’embrassait dans le cou. Cela était toujours préférable au soupçon de vol.

« Avez-vous un endroit proche ou se rendre quelques temps ? Afin de laisser retomber l’attention que nous avons attirée. »

Murmura-t-il en faisant semblant de l’embrasser dans le cou. Malheureusement un marchand de fleur approcha d’eux afin de vendre une fleur au « charmant couple ». Etait-il dupe de la chose ou non ? Toujours est-il que le Duc se retrouva a offrir une fleur a celle qui avait essayé de lui faire les poches… Voila qui devait amuser.

« J’espère que ce cadeau vous plait ma douce amie. »

Dit-il aussi naturellement que possible en offrant la fleur à la brune, retenant un coup d’œil en direction des gardes, jugeant préférable de faire semblant de dévorer l’inconnue du regard afin de parfaire l’image qu’ils donnaient. Pourquoi le Duc avait-il jugé préférable de prendre la miss en pitié et de l’aider plutôt que de se retrouver à témoigner contre elle et l’envoyer dans les geôles de la ville ? Cette décision le mettait dans une situation on ne pouvait plus ridicule.
avatar
Ex Scientia Tridens
Ex Scientia Tridens
Titre/Métier : Duc de Vivonne, Premier Gentilhomme
Billets envoyés : 787
Situation : Marié à Antoinette, 5 enfants légitimes

Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé

Méfiez-vous du loup qui dort... {Louis-Victor de Mortemart}

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Méfiez-vous du loup qui dort... {Louis-Victor de Mortemart}
» Bill Clinton fighting Corruption: Méfiez-vous de son accolade qui dit tout
» Règle n°3 : méfiez-vous des toilettes ✗ le 24/02 vers 14h58
» Nuit de charme (ft. Louis-Victor de Mortemart)
» Louis-Victor de Mortemart

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vexilla Regis :: Le grand divertissement :: Anciens Rp-