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 Faillir à une promesse faite sous la contrainte, est-ce pécher? [Vivonne]


Lun 2 Juin - 16:15

La vie prenait parfois de drôles de sens. Alors que l'on sortait d'une embûche, une autre tombait à point nommé. Une fois l'affaire des lettres résolue, Athénaïs pensait qu'elle était tirée d'affaire, que sa vie allait pouvoir reprendre un cours normal. C'était sans compter cette Alix Albray qu'elle avait pris la main dans le sac en train de voler chez la reine. Et cette petite effrontée, au lieu de se repentir et promettre de ne jamais recommencer, comme l'aurait fait n'importe quelle écervelée de cette sorte, s'était plutôt avisée de menacer la vie de la marquise avec un tisonnier. Elle lui avait fait promettre de n'en toucher mot sans quoi elle s'en prendrait physiquement à elle. Sur le moment, la belle dame n'eut d'autre choix que d'obtempérer. A la seconde où elle avait donné sa parole, elle s'était maudite d'avoir fait cela. Avait-on déjà vu un Mortemart faiblir devant un roturier? Vraiment, elle se sentait la pire honte de sa famille. Si son père savait... que penserait-il d'elle?

C'est la tête submergée de pensées coléreuses envers elle-même que la marquise passa aux abord de l'hôtel familial, alors qu'elle repartait pour le palais royal après avoir fait une visite à ses enfants. Machinalement, elle s'arrêta devant la porte, se demandant si elle serait la bienvenue si un jour tout ce qu'elle avait fait de mal en si peu de temps venait aux oreilles de son père. Elle poussa un soupir et se décida finalement à entrer, sans trop savoir pourquoi.

Une fois à l'intérieur, une vague de chaleur l'envahit. Etait-ce le simple fait de se sentir chez soit, dans son foyer familial? Pourtant, elle le savait, ni ses parents ni ses soeurs n'étaient présents. Son frère tout au plus, et encore, ce n'était pas certain. Automatiquement, une domestique vint la saluer et la débarrasser de sa cape. Athénaïs était alors toujours perdue dans ses pensées et ne s'en aperçut qu'à peine. Soudain, elle réalisa la gravité de ce qui lui était arrivé. Et alors, le fait d'avoir cédé devant cette voleuse lui parut bien moins grave. Elle l'avait menacée, réellement! Avec une arme, ou du moins un objet qui pouvait s'avérer en être une. Qu'est-ce qui empêcherait Alix de la tuer, si elle décidait qu'un témoin était trop encombrant? C'est là qu'elle réalisa à quel point on était en sécurité nulle part. A part peut-être ici, chez son père?

Les larmes lui montèrent aux yeux, alors qu'elle était immobile au beau milieu du salon depuis déjà cinq bonnes minutes. La bonne avait disparu, voyant que la dame ne répondait pas à ses questions et, inquiète, elle était allée quérir Vivonne qui se trouvait à présent devant elle. Mais Athénaïs ne l'avait toujours pas remarqué. Les perles salines qui avait rendu ses yeux gris se mirent à rouler le long de ses joues qui avaient perdu tout leur rose, laissant place à une pâleur cadavérique. La jeune marquise avait l'impression d'étouffer, de manquer d'air, elle n'arrivait plus à respirer et se mit à suffoquer tant son angoisse se faisait grande. Bientôt, sa vision se troubla et des bourdonnements se firent entendre dans ses seules oreilles. Lorsqu'elle rouvrit les yeux à peine une ou deux secondes plus tard, elle était dans les bras de son frère.
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Lun 2 Juin - 17:26

Vivonne avait passé une excellente nuit. C’est donc de très bonne humeur qu’il était rentré dans l’Hôtel familial. Là il s’était rendu a son secrétaire ou il lisait le courrier et surveillait ses comptes. Un retour de mission signifiait toujours quelques jours de comptabilité.  Et alors qu’il était perdu dans les chiffres, une fidèle domestique entra :

« Sir, votre sœur, Madame de Montespan, est arrivée… Et elle semble de fort triste humeur. Je l’ai mise dans le salon.»

Vivonne se redressa, surpris. Il referma son livre de compte et le mis en sûreté puis alla rejoindre sa sœur d’un pas pressé. Surpris, il revint devant un miroir dans lequel un reflet l’avait interpellé. Un long et soyeux cheveu roux sur son épaule. Il le retira prestement et, n’en voyant pas d’autre, espéra qu’il n’y en avait pas plus. Il reprit alors sa marche vers le salon. Et au moment où il entrait, était livide, en larmes, et s’effondrait. Vivonne lâcha un cri de surprise alors qu’il se précipitait pour la rattraper. Soulevant sa sœur qui rouvrait faiblement les yeux, il la déposa délicatement sur un sofa. Était-elle souffrante ? Il posa une main sur le front mais elle ne semblait pas fiévreuse.  Si Athénaïs n’était pas malade, le souci devait donc être différent.

« Athénaïs vous avez fait un malaise…  dites moi ce qui ne va pas, êtes vous malade ? Où il y a un problème qui vous trouble ? »

Parfois les maladies ne laissaient pas de symptômes aussi visible qu’une fièvre. Mais les larmes d’Athénaïs qui avaient retirer le maquillage de la jeune marquise suggéraient que son trouble n’était pas du à une maladie mais à un terrible malheur dont la cause était très certainement humaine et non divine. Est-ce que le marquis de Montespan avait encore fait vivre le pire à la délicieuse et innocente Athénaïs ? Est-ce que, finalement, après toutes ces années, Vivonne avait eu raison à propos de ce mariage ? Où était-ce la faute d’autrui ? Dans les deux cas, quelqu’un subirait les foudres de Vivonne pour s’être attaqué à Athénaïs.
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Lun 2 Juin - 17:50

En un rien de temps, la jeune femme se retrouva sur le sofa, avec l’aide son frère qui l’avait empêchée, in extremis, d’heurter le sol. Elle ne s’était même pas aperçue de sa chute, ayant perdu connaissance avant. Athénaïs se sentait vide de toute énergie. Elle aurait été bien incapable de faire le moindre pas. Se souvenant soudain de ce qui l’avait mise en pareil état, elle se dit qu’il fallait bien qu’elle le cache. Que faire, Vivonne s’inquiétait de sa santé. Il ne fallait pas lui créer souci outre mesure. Se redressant difficilement, elle le regarda de ses yeux encore tout embrumés par les larmes.

-Vivonne… Merci. Ne vous inquiétez pas, je… je vais bien.

Il lui sembla alors qu’elle mobilisait tous les muscles de son visage pour tâcher de sourire à son frère, mais rien à faire, ses traits gardaient toujours la même expression vide d’émotion positive. Comment le rassurer alors, comment éviter qu’il ne pose trop de questions ?

-Je vous assure que je ne suis point souffrante, Victor. C’est promis.

Il était si charmant avec ses sœurs, il s’inquiétait toujours de leurs santés et leur bien-être. Cela lui fendait le cœur de lui dissimuler la vérité, alors que nul autre que lui n’était d’avantage digne de confiance. Peut-être qu’en gagnant du temps…

-Auriez-vous l’amabilité de m’apporter un verre d’eau ? demanda-t-elle d’une petite voix.

Cela ne suffirait sans doute pas à détourner son attention, mais tout du moins cela ferait gagner quelques secondes à la marquise pour trouver une excuse. Que pouvait-elle prétexter? Une trop grande chaleur, en cette sortie d'hiver, était une raison bien peu opportune. un excès de fatigue, une puissante migraine, voilà qui ferait d'avantage l'affaire. Cependant elle savait son frère intelligent, et digne d'une fouine, il irait chercher les moindres détails pour tirer le fin mot de l'histoire. Il faudrait la jouer fine. Après tout, le connaissant, si elle disait la vérité, il voudrait la venger, et alors Alix saurait que la marquise avait parlé, et ce serait sans doute dangereux pour elle, et peut-être même pour son frère ou d'autres membres de sa famille. Et cela, elle ne pouvait se le permettre! Rien que cette pensée la fit pâlir d'avantage.
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Mar 3 Juin - 0:02

Louis-Victor était inquiet. Il avait compris qu’elle n’était pas malade, il n’avait aucun doute sur ce point car il connaissait bien sa sœur et lui faisais confiance pour ne pas mentir sur un sujet de cette importance. Cependant…. Il y avait autre chose. Athénaïs était venue pleurer et s’effondrer dans le salon familial, c’était donc quelque chose de sérieux. Dispute conjugale ou sujet plus grave ? Ne pas savoir était incroyablement inquiétant. Prévenant et doux avec ses sœurs, Vivonne accepta d’apporter un verre d’eau pour sa sœur mais il n’était pas dupe : il savait qu’elle risquait de chercher une explication ou à tourner autour du pot. Il lui donna donc le verre puis prit une chaise et s’assit face à elle.

« Déjà une bonne nouvelle, si vous n’êtes pas souffrante. »

Dit-il sincèrement. Il n’y aurait pas de mensonges ou faux semblants de la part de Vivonne : la situation était sérieuse. Mais il fallait qu’Athénaïs se confie :

« Bon, vous allez chercher a m’épargner par le divers méthodes…. Mais vous êtes venues ici vous réfugier. Vous vous êtes effondrée a causes de ce qui vous arrive. Alors dites moi la vérité Athénaïs. »

Dit-il alors, d’un ton ferme et même paternaliste. Le père en Vivonne s’exprimait sur le ton qu’il prenait avec ses filles plus qu’avec son ton fraternel : devant la gravité de la situation, il ignorait ce qui se passait mais Athénaïs s’évanouissait en y pensant, le comportement de Vivonne s’adapait.

« Je ne sais pas vous mais j’ai tout mon temps et la chaise est fort confortable. J’ai passé une excellente nuit alors je ne m’endormirais pas et vous ne pourrez donc pas tromper ma vigilance. Alors confiez vous a votre frère qui vous aime tant et je vous aiderais a résoudre vos problèmes. »

Il croisa les bras, attendant qu’Athénaïs se confie. Effectivement il ne semblait pas pressé.
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Mar 3 Juin - 9:33


Détourner l'attention d'un frère, lui faire avaler des couleuvres, cela pouvait sembler chose aisée pour une petite soeur, mais un frère militaire à la vigilance aiguisée, c'était une autre paire de manches! Vivonne avait décidé qu'il ne bougerait pas de sa chaise tant que sa soeur n'avait pas avoué l'objet de ses préoccupations. Athénaïs, quelque peu gênée de se sentir revenir dix ans en arrière, comme si elle eut été sermonnée par son père pour une bêtise commise, détourna le regard un instant, plongeant ses yeux dans le verre d'eau qui lui avait été donné un peu plus tôt et dans le lequel elle avait plongé ses lèvres pour boire quelques gorgées. Cela lui avait redonné quelques couleurs.

Que faire, que lui dire? Pouvait-elle prendre le risque de dire la vérité? Ce n'était pas ne lui qu'elle n'avait pas confiance, mais en elle, cette vile domestique qui s'était permis, outre de voler la reine, de menacer sa vie. Rien que de repenser à cette scène, un frisson la parcourut. La marquise poussa un triste soupir et plongea à nouveau son regard bleuté dans celui tout assorti de son aîné.


-Pensez-vous que nous soyons en sécurité? Pensez-vous que nous puissions faire confiance aux domestiques du palais?

Il voulait l'aider, mais elle ne voyait vraiment pas comment il pourrait. C'était simple, Alix l'avait dit: si elle parlait, elle sévirait. Athénaïs n'avait nullement l'envie de se retrouver entre quatre planches si vite, ni encore d'assister à l'enterrement de son frère ou tout autre personne de sa famille. Ce serait une chose horrible que cela. Elle secoua la tête en le regardant d'un air désespéré.

-Détrompez-vous, Vivonne. Il se passe tant de choses... Je... Je voudrais tout vous dire mais...

Elle sentit les larmes lui embrumer de nouveau la vue et elle déposa d'une main tremblante le verre à présent vide sur la table basse.

-J'ai peur, Vivonne. On me menace... lâcha-t-elle dans un murmure.

Elle posa aussitôt ses mains toujours tremblantes sur les bras croisés de son frère, comme pour le supplier de ne pas en demander d'avantage. Mais elle le savait, il ne s'en tiendrait pas à cette information. Sachant cela, elle ferma ses paupières ce qui fit rouler quelques larmes sur ses joues.

-Ne dites rien à père, je vous en conjure...

Plus que Vivonne encore, le duc de Mortemart était extrêmement protecteur avec ses enfants, surtout Athénaïs qui était sa préférée. La famille était une chose primordiale.

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Mar 3 Juin - 14:16

Vivonne était inquiet et les hésitations d’Athénaïs n’avaient rien pour le calmer. Mais au moins avaient-elles pris des couleurs alors qu’elle commençait a parler. Ainsi elle avait peur de ne pas être en sécurité ? Cela glaça le sang de Vivonne alors qu’elle faisait part de sa défiance envers les domestiques. Ainsi des domestiques menaçaient sa sœur ? Quelle était la menace alors ? Qui la menaçait ? Mais Athénaïs ne dit rien de précis avant d’annoncer avoir peur car elle était menacée puis de réclamer le silence vis à vis de leur père… Prenant les mains d’Athénaïs entre les siennes, il la regarda et prit alors une voix douce pour la réconforter.

« Je ne dirais rien à Père… Nous allons régler ce problème ensemble. Dites moi tout ce qui ne va pas et ensuite nous déciderons de la conduite à tenir. Une fois que nous aurons décidé ensemble de ce qu’il faut faire, j’agirais et vous pourrez rester à l’écart, à l’abri. Et si vous n’avez pas confiance dans les domestiques, n’oubliez pas qu’il y a la Garde qui veille sur le Palais. Vous n’êtes jamais loin d’une aide entre ces murs.»

Il laissa alors Athénaïs digérer l’information. Elle était apeurée, mais il espérait qu’offrir ainsi un plan d’action en trois étapes rassurerait la jeune femme. Il quitta son fauteuil et vint sur le sofa, près de sa sœur, lui offrant une fraternelle étreinte, et la laissant reposer contre lui, un peu comme on câline un enfant.

« Commençons par le début Petite sœur. Qui vous a menacé, pourquoi cette personne vous a menacée, et quelle est la menace ? Racontez moi tout ce qui s’est passé. »

Il se faisait doux, protecteur, afin de rassurer la jeune femme. Il la protégerait comme leur père l’aurait fait. S’il fallait de la discrétion, il agirait en toute discrétion. Et s’il fallait que le sang d’un domestique coule, il coulerait. Si nécessaire, Vivonne trouverait allié parmi les forces de l’Ordre si nécessaire, en tant que militaire. Mais s’il pouvait agir en toute discrétion sans que ne coule une goutte de sang, il essayerait cette discrète méthode en priorité. On n’attaquait pas un Mortemart sans tous les attaquer.

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Mar 3 Juin - 16:35


Plus elle y pensait, plus elle se sentait honteuse. Comme son frère devait avoir pitié d'elle! Comme il la mépriserait s'il savait la vérité, s'il apprenait qu'elle avait cédé devant le menace d'une pauvre domestique. Et pis encore s'il savait le plan minable qu'elle avait mis au point avec Sforza. Mais cela, jamais personne d'autre ne le saurait. Concernant les menaces d'Alix, Athénaïs n'osait encore parler. Elle tremblait à présent de tout son corps alors que Vivonne s'était installé près d'elle et la serait doucement contre lui de la manière la plus affectueuse qui soit. Comment alors pouvait-elle briser cette relation fraternelle parfaite en avouant avoir été d'une lâcheté sans nom, indigne d'une Mortemart? Les larmes recommencèrent à couler de plus belle alors qu'elle sanglotait contre le torse du militaire.

-Oh Vivonne, si vous saviez, j'ai tellement honte de moi! articula-t-elle entre deux sanglots. Je ne puis vous dire cela, ce serait dangereux pour vous peut-être...

Athénaïs ne parvenait pas à se calmer. S'il arrivait malheur à son frère par sa faute, elle ne se le pardonnerait jamais. Lui ne cherchait qu'à l'aider, mais hors de question qu'il risque sa vie. La marquise n'avait aucune idée de jusqu'où cette Albray pouvait aller.

-Je en sais... vraiment... pas si je puis vous le dire. Vous me mépriserez lorsque vous saurez.

Elle n'osait à présent plus le regarder, ni même le toucher. Elle se détacha peu à peu de son étreinte et fixa le sol, sans relever les yeux.

-J'ai dû promettre le silence.

Elle le savait, il ne s'arrêterait pas à cela.

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Mar 3 Juin - 18:50

Athénaïs était effrayée. Mais en plus elle avait honte ? Mais de quoi ? Il fallait la rassurer afin de la faire parler… Et Vivonne s’y attellerait. Déjà il la sentait un peu mieux depuis qu’il la câlinait au lieu de rester sur la chaise. Et effectivement elle lui parlait bien plus. Mais ça n’était toujours pas suffisant, elle se lamentait et il fallait que cela cesse, sans la brusquer.

« Ma chère sœur, vous n’êtes pas une guerrière mais une mère, et on vous a menacé. Il est normal que pour vous protéger vous ayez accepté les conditions de ce malotru. Ce n’est pas un problème de mentir pour se protéger…. Si par contre vous teniez parole, en taisant les crimes et l’identité de cette personne qui vous a menacé… Là ce serait une mauvaise chose. Nous avons un devoir envers le Roi, le Royaume et notre sang qui nous oblige à dénoncer voir neutraliser ce genre de personnes."

Athénaïs s’était éloignée, visiblement honteuse… C’était un souci. Il fallait la réconforter.

« Aidez moi a punir cette personne qui vous a menacé et vous n’aurez plus rien à vous reprocher. Alors dites moi qui c’est et ce qu’elle vous a dit. »

Le ton paternaliste et chaleureux, Vivonne essayait de faire parler sa sœur… Mais elle s’inquiétait du danger ? Il lui fallait donc rassurer sa sœur :

« Sachez que la personne qui vous a menacé me craindra plus que je ne pourrais jamais la craindre : comment un domestique pourrait être plus dangereux qu’un anglais ou un pirate maure ? »

Il fit un sourire rassurant avant de redemander:

« Je résoudrais votre problème, mais dites moi quel est-il. Qui vous a menacé et qu’a dit cette personne. »

Il fallait qu’Athénaïs parle, si elle ne parlait pas, il pourrait peut-être perdre patience… Mais il avait confiance en Athénaïs pour faire preuve d’intelligence et tout lui dire.
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Mar 3 Juin - 21:06

Athénaïs le savait, la patience de Vivonne avait des limites. Il avait beau l'adorer, une telle situation d'urgence mettait ses nerfs à rude épreuve, il était inquiet et recevait les informations par bribes, ce qui n'aidait pas à apaiser ses inquiétudes. Il tâchait cependant de la rassurer, lui promettant qu'il ne dirait rien à leur père et qu'il trouverait comment lui venir en aide. Il affirma également que malgré sa parole donnée à une personne de peu de confiance, il était de son devoir de parler. Oui, il avait raison, la marquise hocha alors la tête en regardant son frère avec des yeux brillants.

-Vous avez raison. Je vais tout vous dire.

Elle soupira et prit une grande inspiration pour se donner du courage. Il lui en faudrait pour revivre en les relatant ces moments effrayants qu'elle avait vécu. Un nouveau frisson la parcourut, elle resserra un peu la main de son frère qui était restée dans la sienne, comme pour se donner d'avantage de courage.

-Voilà... J'étais chez la reine hier matin, comme chaque matin. Je suis arrivée en avance, et Sam Majesté était d'une humeur massacrante, me faisant faire moult allées et venues entre sa chambre et son salon...

Les larmes lui revinrent et se remirent à couler.

-C'est là que j'ai pris sur le fait une domestique de la Reine en train de voler un chandelier en argent. Je l'ai alors réprimandée, mais soudain celle-ci se saisit d'un tisonnier et me menaça avec. Elle me fit promettre le silence sans quoi elle m'ôtait la vie. Je n'avais pas le choix, Vivonne... sanglotta-t-elle. Elle me fit bien comprendre qu'elle n'avait rien à perdre.

Sanglotant de plus belle, elle vint se réfugier contre l'épaule forte et accueillante de son frère.

-J'en ai assez, Vivonne, je ne veux plus me sentir menacée, je ne veux pas qu'on attente à ma vie! Je ne veux plus voir des gens de cette sorte! Que dois-je faire? Dites-moi? Si je la dénonce auprès de la reine, j'ai peur qu'elle s'en prenne à moi, ou aux personnes auxquelles je tiens.

Elle le regardait à présent d'un air implorant, ses yeux brillants de larmes.
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Mar 3 Juin - 23:23

Athénaïs parlait, enfin !  Les propos n’étaient cependant pas source de soulagement. Alors qu’il laissait Athénaïs lui tenir une main et lui séchait ses larmes de l’autre, il enregistrait chaque propos. Ainsi une domestique volait ce qu’elle pouvait au Palais et, surprise par Athénaïs, avait menacé celle-ci.  Essayant de la consoler, il réfléchit aux propos… Il était soulagé que la menace vienne d’une domestique qui ne se baladait pas avec une lame sur elle. La situation restait délicate mais au moins c’était déjà plus gérable. Si une tueuse armée se baladait dans le Palais, il aurait du immédiatement avertir la garde et en parler au Roi…  Des gens avaient été embastillés pour moins que ça à certaines époques.

« Dites moi son nom ma sœur, sans ce nom je ne pourrais pas régler votre problème. »

Il attendit donc la réponse puis avec un sourire, il fit un baiser sur le front de sa sœur avant de lui dire :

« Bien, maintenant que je sais ce qui c’est passé, nous pouvons réfléchir à un moyen d’action.  J’avoue caresser l’idée  de faire embastiller cette malotrue mais si vous désirez que l’affaire soit menée avec discrétion, nous essayerons de mener l’affaire avec la plus extrême discrétion. »

Vivonne cligna des yeux et prit une mine pensive…

« Dites moi, que savez vous sur cette personne ? Savez vous des choses utiles sur elle ? Des choses qui pourraient nous offrir un moyen de pression peut-être ? »

Avant qu’elle ne dise rien savoir, Athénaïs se retrouva avec un index sur la bouche pour la contraindre au silence, lui déformant les lèvres de façon presque comique. Dans quelques siècles un réalisateur filmerait probablement cette pose, quoiqu’il en soit Vivonne se contenta de dire ceci  :

« Chuut, je sais vous pensez ne rien savoir d’utile sur cette femme, mais dites moi tout ce que vous savez sur elle, et nous aviserons s’il y a quelque chose d’utile ou non parmi vos propos. »

Et il retira alors le doigt. A Athénaïs de parler.


Dernière édition par Louis-Victor de Mortemart le Jeu 5 Juin - 13:08, édité 1 fois
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Mer 4 Juin - 11:10


A présent, il était trop tard pour reculer. Malgré la peur qui la tenaillait, la marquise allait tout avouer à son frère, le nom de cette personne, ce qu'elle faisait, etc. Si jamais la voleuse l'apprenait, Athénaïs passerait un sale quart d'heure, elle se ferait peut-être même tuer si Vivonne ne l'interceptait pas avant. Elle soupira de nouveau, regardant le mur en face d'elle.

-J'ignore son identité.

Il proposait d'agir en toute discrétion, et cette solution plut à la jeune femme. Avec ce qu'elle avait fait, inutile que l'attention soit portée sur elle au risque de peut-être se faire découvrir à son tour. D'autant qu'elle n'avait pas envie qu'on la prenne en pitié d'avoir été menacée par une domestique et d'avoir été obligée de demander de l'aide à son frère. Elle se sentait déjà suffisamment humiliée ainsi.

-Oui, soyez discret, je vous en prie. Oh Vivonne, j'ai eu si peur si vous saviez. Je me suis sentie bien démunie face à cette femme, vous auriez vu la rage dans ses yeux! Elle avait vraiment l'air d'être dangereuse.

On aurait dit qu'elle essayait de justifier ses craintes, et c'était un peu le cas. Il fallait maintenant qu'elle dise à Louis-Victor tout ce qu'elle savait sur elle. Que dire à part des banalités? Elle n'en savait guère beaucoup. On n'apprenait rarement des choses sur la vie des domestiques du palais.

-Eh bien... elle travaille chez la reine, c'est toujours là que je la croise. Je dois bien avouer qu'en général elle travaille fort bien et anticipe les choses... Ce n'est pas une employée à laquelle sa Majesté aurait des choses à reprocher, si ce n'est le vol dont , visiblement, je suis le seul témoin.

Cela suffirait-il à Vivonne pour pouvoir agir? Avait-elle eu tort de tout lui dire? la peur la rongeait d'autant plus, contrairement à ce qu'elle pensait, elle n'était pas soulagée d'avoir parlé. Qu'avait-elle fait? Athénaïs aurait-elle sans le vouloir, mis une terrible machine en route? L'inquiétude la gagnait d'avantage encore.

-Qu'allez-vous faire, mon frère?

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Jeu 5 Juin - 13:27

Bon…. Vivonne essaya de rester calme, mais pour la première fois il avait eu une bouffée de colère qui lui avait donné envie de secouer assez violemment sa sœur. Quelqu’un menace sa vie et elle ne sait même pas comment cette femme se nomme ? La perle des Mortemart faisait pourtant preuve de plus de bon sens habituellement. Mais il repoussa la bouffée de colère. La femme travaillait pour sa Majesté la Reine. Cette femme était compétente autant comme domestique que voleuse : elle donnait satisfaction et n’avait été découverte que par un manque de chance. Mais Athénaïs désirait la discrétion. Ce qui interdisait donc le meurtre ou la Bastille… Vivonne allait devoir parler à la Femme au lieu de simplement se débarrasser d’elle… Voilà qui compliquait la situation.

« Et bien vous en savez fort peu ma sœur. Il va falloir que je me renseigne sur son nom et sur ses faiblesses avant de lui parler… »

Le ton était moins aimable… Vivonne ne parvenait a cacher dans sa voix sa déception vis à vis de l’incapacité de sa sœur à lui donner un renseignement utile… Il y avait plus d’une domestique au service de la Reine.

« Dites moi a quoi cette femme ressemble, que je puisse la reconnaître à coup sûre. Ensuite je lui ferais comprendre quelle ferait mieux d’éviter de nous menacer… Quoiqu’il en soit, restez autant que vous voulez ici. Si vous voulez je veillerais sur vous en attendant de trouver la voleuse et de lui faire comprendre mon point de vue. »

Il offrit alors une étreinte a sa sœur pour la rassurer. En planifiant ses actions, il s'était calmé.

« Rien ne vous arrivera… Tout peux lui arriver. N’ayez crainte. Je vous protégerais.»

Et il lui offrit un baiser sur le front.

« Vous voulez que je demande à ce que l’on prépare votre chambre ? »

Demanda-t-il, au cas ou Athénaïs ne voudrait pas quitter la demeure familiale.
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Jeu 5 Juin - 13:45

Athénaïs sentait que Vivonne perdait patience. Mais que faire? Elle ne savait quasiment rien sur celle qui la menaçait. Pouvait-on la blâmer? Lui-même connaissait-il chaque détail e la vie des domestiques de ses supérieurs? Cela paraissait improbable. La jeune femme ne put s'empêcher de froncer légèrement les sourcils sur le ton un peu moins aimable de son aîné.

-Que voulez-vous que je vous dise? c'est une bonne, elle a l'allure de toutes les bonnes! Vêtue comme les autres, coiffée comme les autres, si ce n'est cette lueur machiavélique dans ses yeux. Elle m'a réellement fait peur, vous savez.

Essayait-elle de se disculper du peu qu'elle pouvait lui apporter? Sans doute. Mais le point de vue de Vivonne était tout aussi compréhensible, il voulait protéger sa cadette et celle-ci n'était pas en mesure de lui apporter grande information. D'une petite voix, et posant délicatement sa main sur celle de son frère, la marquise continua.

-Je vous remercie, mon frère. Je me sens déjà plus rassurée grâce à vous. Mais je vous en conjure, soyez prudent. Cette femme n'a rien à perdre, elle me l'a bien fait comprendre.

Mais hors de question de se cacher, de rester terrée chez son père. Il était de son devoir de retourner chaque jour auprès de la reine. Pour qui passerait-elle si elle désertait sans raison valable? Sa fierté avait déjà été bien asse bafouée, inutile d'en rajouter. Elle secoua la tête de gauche à droite, faisant virevolter ses bouclettes.

-Non Vivonne, je vais rentrer. Je ne compte pas me cacher. Je dois continuer à vivre normalement, sinon cela attirerait d'avantage de soupçons, ne pensez-vous pas?

Elle se leva, soudain bien décidée à ne pas laisser sa vie lui échapper. A présent, elle se sentait forte et soutenue par son frère protecteur. Ce faisant, elle tourna à nouveau la tête vers lui.

-Il me revient quelque chose. Elle a dit qu'elle avait, elle aussi, une famille. Sans doute un mari et des enfants. Je ne sais si cela peut vous aider dans votre enquête...

Mais il lui avait bien fait comprendre que toute information était bonne à prendre...
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Jeu 5 Juin - 14:37

Athénaïs  s’excusait, consciente du problème. Mais elle se ressaisit, refusant l’offre de rester près de lui, et donna ENFIN un détail intéressant a Vivonne… Ainsi cette femme avait bien un point de rupture.  A Vivonne de l’exploiter. Très bien. Athénaïs s’était ressaisie et il avait ses filets à lancer.  Et il devrait battre le rappel de ses marins les plus fidèles. Bien vite il saurait qui était cette femme, et il lui ferait comprendre à qui elle avait affaire. Mais avant il fallait dire au revoir à sa sœur.

« Et bien agissez comme si de rien n’était, faites votre devoir. Je m’occupe de tout. A partir de maintenant, nous ne parlerons plus de cette femme, considérez le problème comme réglé. »

Et il fit un troisième baiser sur le front de sa sœur afin de lui insuffler de la force. Puis il la laissa partir. Vivonne commença alors a contacter les personnes de confiance afin de recueillir un maximum de renseignement sur cette femme. Pour ça il avait un valet de confiance qui irait porter plusieurs lettres aux dites personnes. Il n’aurait nullement de quoi rivaliser avec l’Araignée ou autre mais il n’aurait aucun mal à découvrir l’identité de la folle qui menaçait Athénaïs. Le souci ne serait pas d’organiser la rencontre… mais de mener tout cela discrètement. Vivonne n’avait pas envie de nuire à toute une famille... Mais il ferait le nécessaire pour protéger Athénaïs. Cependant, il était conscient qu’il ne faudrait pas perdre le contrôle de la situation. Il lui faudrait planifier la situation, afin de dissuader la femme de toute velléité sans qu’elle ne panique pour autant, car la panique pourrait la pousser a commettre des actes irréparables. Dans l’idéal, il faudrait la pousser loin de Paris et d’Athénaïs, mais était-ce possible ? Trouver moyen d’imposer une trêve entre les deux femmes et s’assurer qu’elle connaisse les conséquences si jamais elle l’enfreignait en attaquant Athénaïs serait peut-être la seule solution.
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Faillir à une promesse faite sous la contrainte, est-ce pécher? [Vivonne]

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