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 Un rappel du bon vieux temps (ft. Alix)


Mer 11 Juin - 17:23

❝ alix & achille ❞

Cette journée d’avril promettait de belles éclaircies, il y avait à l’horizon très peu de nuages et le soleil, déjà haut dans le ciel, dardait ses rayons sur le royaume de France. Après un long hiver rigoureux et un mois de mars particulièrement désastreux, avril sonnait le glas d’une période endeuillée de la France, survenue après le décès de la reine mère. Le printemps annonçait un renouveau de la nature, tout semblait renaître sous les yeux de ces dames ou de ces messieurs qui arpentaient la grande Esplanade en ce début d'après-midi. Parmi les courtisans, un seul se détachait du lot, en raison de son pas rapide. En effet, il marchait à une allure démesurée par rapport aux autres nobles qui, eux, au contraire, traînaient le pas. En petits groupes, ils commentaient les fleurs nouvellement plantées dans les parterres, profitaient du beau temps et riaient même parfois bruyamment.

Parti du Château-Vieux, l’homme, mince et plutôt gaillard, avait accéléré le pas et son épée produisait un cliquetis insoutenable. Il avait une chose à régler avec ses camarades mais sans savoir quoi. S’approchant du Château-Neuf, il ralentit sa cadence et pénétra dans la cour quadrilobée mine de rien avant de s’arrêter net. Venait-il subitement d’avoir une vision ou n’était-ce qu’une simple ressemblance pourtant troublante ? Elle lui ressemblait tellement. À moins que ce ne soit elle. L’air ébahi, l’homme, un mousquetaire dont le nom ne vous est pas inconnu puisque c'est bien Achille que nous parlons, mit longtemps à comprendre qu’il ne rêvait pas. Elle était bien là, en chair et en os. Comme quoi le monde est petit !

Jamais Achille n’oublierait ce visage, autrefois enfoui dans les méandres de sa mémoire mais qui était ressorti du coup lorsqu’il l’avait revue, elle. Elle lui était réapparue soudainement, alors qu’il croyait ne plus la revoir. Forcément, cela lui avait fait un choc et il essayait à présent de se reprendre car si ses autres camarades le voyaient dans cet état, ils diraient qu’il avait croisé un fantôme. C’était en partie vrai car Alix, cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas vue. En même temps, il avait dû suivre son bataillon qui avait changé de camp, abandonnant alors la jeune femme, et puis leur idylle reposait uniquement sur les attirances physiques de l'un et l'autre. Même maintenant, il se souvint encore des moments fous qu'il avait passé chez la jeune femme.

Pour résumer, tout juste âgé de 19 ans et avant son entrée chez les mousquetaires, Achille s’était arrêté avec son bataillon dans un petit village près de Paris où habitait un jeune couple, les Albray. Le soldat avait été hébergé par ces derniers et il était rapidement tombé sous le charme d’Alix, la femme d’Albert Albray, qui travaillait comme domestique dans la maison du duc d’Orléans. Lorsqu’il partait travailler, Achille s’était rapproché d’Alix et n’étant pas à sa première expérience, avait conclu avec elle. Ils n'éprouvaient pas de sentiments pour l'un et l'autre malgré les longues heures passées ensemble à se batifoler, Alix ayant clairement expliqué au jeune soldat que bien qu’elle aime son mari, elle ne rejetait pas les plaisirs de la chair. Leur relation étant purement basée sur le physique, Achille ne fut pas trop triste de la quitter au bout de quelques jours, même s’il avait adoré chaque instant passé avec elle.

Mais là, rien de la revoir ici au château l’avait quelque peu ébranlé. Il ne s’attendait pas du tout à la retrouver, bien des années plus tard. Achille avait gagné en âge et en maturité et Alix également sans doute. Hésitant à se remettre en marche, il continua de fixer Alix qui le regardait aussi. Il se mordit la joue intérieure et attendit encore un peu. Puis il choisit un chemin différent de ce qu’il avait prévu de prendre et s’avança vers son ancienne amante de plusieurs nuits d’affilée. S’efforçant de rester calme, il marcha le plus naturellement possible et arrivé suffisamment près d’elle, lui offrit un sourire sincère et empreint de nostalgie. Il nota avec amusement que la jeune femme, malgré les années passées, n’avait point changé. Elle était restée la même, toute en beauté. Intimidé par les retrouvailles, Achille tarda à élever la voix.
    ▬ Alix ! Je ne m’attendais pas du tout à te revoir après tout ce temps, c’est… extraordinaire. Il rit, finalement gêné de la revoir.
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Ven 13 Juin - 22:50


Les joies de petite fille fondent comme neige au soleil dans les violentes bourrasques de l'adolescence et lorsque arrive l'automne de leur vie et que l'âge adulte engloutit les ruines de leurs vaines espérances, elles s'étiolent et fanent dans l'ombre de la mort, spectre imminent à la caresse glacée. Achille & Alix

Un rappel du bon vieux temps

La lettre était enfin arrivée. L'existence de son père s'était manifestée par une missive jaunie par le temps, apportée par un coursier crotté des bottes à la tête et dont la vue avait valu à Alix de réprimer une grimace de dégoût. Mais voilà, elle était enfin arrivée. Vêtue de sa robe de chambre, ses longs cheveux bruns tombant sur ses épaules, les paupières encore lourdes de sommeil après une nuit trop courte et trop intense, Alix avait déchiffré l'écriture fine de son père. Le courrier était daté de 1656. La lettre avait mis dix années à atteindre Paris et semblait avoir traversé toute l'Europe, de Londres à Moscou en passant par Madrid et Amsterdam. Son père s'adressait à elle comme à l'enfant de quatorze ans qu'elle était en 1656. Comment réagirait-il s'il voyait que sa fille unique était mariée et désormais mère de quatre enfants ? Alix se délecta à la lecture des aventures de son père en Louisiane, où tout semblait lui réussir. Elle s'étonna de découvrir un autre plis au papier plus récent et scellé du sceau du gouverneur de la Louisiane. La domestique le décacheta et lut avec angoisse. L'écriture administrative de l'expéditeur lui annonçait bien froidement le décès de feu Charles-Philippe Albray. Alix rapprocha la bougie, mit la lettre en feu et attendit qu'il n'en reste qu'un petit morceau entre ses mains pour jeter le reste dans le seau à ordures. Elle remonta dans la chambre et n'apporta aucune réponse au regard interrogateur d'Albert qui haussa les épaules et alla se préparer lui aussi.

Un bac à linge sur la hanche, pianotant sur le comptoir en bois et patientant que sa consœur lui remette les draps qu'elle devait remonter aux appartements de la reine, Alix tendit l'oreille vers les conversations des lavandières. Elles semblaient toutes, sans exception, pâlir de jalousie à la pensée que les nobles dames de la Cour obtenaient des sourires et des œillades des soldats du roi, tandis qu'elles n'avaient que rabrouement ou ignorance. Alix leva les yeux au ciel et sourit pour elle-même, se souvenant qu'elle avait déjà obtenu plus d'un sourire d'un soldat du roi. Cela faisait des années que la garnison s'était arrêtée dans le petit village où elle vivait, mais elle n'avait rien oublié – ni la douceur des lèvres du jeune homme, ni la saveur de sa peau, ni l'éclat de ses yeux. Oh certes il y avait Albert, mais il était alors en voyage à la capitale et Alix n'avait pas tergiversé longtemps à l'idée d'être l'amante d'un soldat. Ils s'étaient retrouvés plus d'une nuit, profitant d'un éclair de Lune, ou d'un rayon de Soleil pour veiller à leurs amours interdites. Mais désormais qu'Alix était à la Cour, elle avait offert son corps à d'autres hommes, notamment le roi. Et malgré la petite extraction de son mari et son maigre salaire de domestique de la maison d'Orléans, il l'emmenait si haut dans les sphères célestes, que le souverain de la France n'était plus qu'un minuscule petit homme sans pouvoir aucun.

Pestant contre la lenteur des domestiques, Alix arracha presque le tas de drap qu'on lui tendait et quitta la blanchisserie. Sifflotant un air guilleret tout en se remémorant les ébats de la nuit passée, elle traversa la Cour quadrilobée et stoppa nette. Bouche bée, elle se serait bien frotté les yeux si ses deux mains n'étaient agrippées au panier reposant sur ses hanches. Ébahie, la jeune femme cligna des yeux pour s'assurer qu'un coup de chaud ne lui jouait pas un mauvais tour. Mais non, il n'y avait rien de sorcier à la présence du jeune soldat de son passé en face d'elle. Comme quoi, la journée était pleine du retour des fantômes du passé. Il sembla se rappeler d'elle, car il s'avança pour venir à sa rencontre et Alix put admirer son bel uniforme de mousquetaire. Il avait fait du chemin, à n'en pas douter ! La jeune femme lui offrit son plus beau sourire.

« Achille, la surprise me rend muette » répondit-elle, ne sachant quoi dire. « Quel heureux hasard de te rencontrer ici ! Qui aurait cru que tu rejoindrais le service des mousquetaires. Tu as changé, depuis la dernière fois » finit-elle, repensant qu'elle avait alors tout juste vingt-deux ans et lui seulement dix-neuf.
(c) Bloody Storm

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