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 Qui du crapaud ou de la colombe ? + Vivonne


Dim 15 Juin - 18:22


Les joies de petite fille fondent comme neige au soleil dans les violentes bourrasques de l'adolescence et lorsque arrive l'automne de leur vie et que l'âge adulte engloutit les ruines de leurs vaines espérances, elles s'étiolent et fanent dans l'ombre de la mort, spectre imminent à la caresse glacée.  Louis-Victor & Alix

Qui du crapaud ou de la colombe?

Alix releva la tête et réclama le silence une seconde fois. Sa voix claqua dans l’air, clouant le caquet des quatre enfants qui jouaient, attablés à trois mètres d’elle. Claude, la petite fille d’un an, semblait au bord des larmes. Elle se mit à pleurer, arrachant un soupir de lassitude à sa mère. Alix reposa son couteau et son navet et se retourna pour mettre un soufflet à l’enfant. Avant qu’elle ne lève la main, son mari fit irruption dans la pièce et lança, jovial : « si nous allions faire un tour au marché ? » L’aîné de sept ans, Robin, lança un grand sourire à son père et prit Prune et Alban par la main, tandis qu’Albert sortait Claude de sa chaise haute. Il déposa un baiser sur le front d’Alix qui aurait bien aimé plus et quitta la petite maison.

La Poitevine s’assit sur l’un des bancs de bois et laissa sa tête reposer sur la table. Pourquoi était-elle incapable d’aimer ses enfants ? Son amie Catherine ne jurait que par sa propre fille. Tout son entourage voyait en leurs enfants l’assurance d’un bel avenir. A ses propres yeux, Robin, Prune, Alban et Claude n’étaient rien de plus que des boulets grevant les modestes revenus du ménage et déchirant l’amour passionnel qui l’unissait à son mari. Alix le savait, son comportement n’avait rien de commun. Lorsqu’elle avait menacé la Montespan, quelques temps auparavant, les yeux de sa victime s’étaient emplis d’une once de compassion lorsqu’Alix avait abordé qu’elle agissait ainsi pour assurer le vivre et le couvert à ses enfants. Même une femme de la Cour, qu’elle avait en horreur, était avant tout une mère. Alix était avant tout une femme et une épouse – certainement pas uniquement une mère. Elle n’avait pas connu sa propre mère. Il n’y avait eu personne pour lui apprendre ce rôle primordial dans la vie de tant de femmes. Elle n’avait eu qu’un père, parti trop tôt pour la Louisiane et dont elle avait récemment appris la mort. Alix était ce qu’on lui avait enseigné – une femme et une épouse dévouée. On ne lui avait pas appris à être mère.

La jeune femme retourna à son déjeuner, coupant navets et raves en petits morceaux pour la soupe. Elle repensa à ce matin-là, où elle avait menacé la marquise de Montespan avec un tisonnier. Un éclat de rire s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle revit l’air terrorisé  de la jeune noble. On frappa alors à la porte. S’essuyant les mains, Alix gagna le battant et le tira à elle. Un jeune homme élégamment vêtu lui faisait face. Ses vêtements n’allaient pas du tout avec le quartier des Albray. Peut-être était-il perdu ? « Puis-je vous aider, monsieur ? »  
(c) Bloody Storm

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Dim 15 Juin - 21:11

Vivonne était décidé à voir cette madame Albray. Athénaïs avait été menacée et effrayée…. Et avait peur que la situation soit révélée… Il faudrait donc agir en discrétion et parler à cette Albray qu’il avait enfin identifié grâce à des domestiques de confiance. Vêtu d’une tenue simple mais peut-être trop élégamment portée pour qu’on le confonde avec un bourgeois, il avança dans Paris, sans crainte d’agression car armé et n’étant pas seul. S’approchant de la cible entouré d’hommes de confiance ignorant tout de l’affaire, il observa le départ du père de famille et ses enfants… Bien personne ne jouerait au héros et ne découvrirait l’horrible vérité sur Alix Albray. Cela resterait entre Vivonne et la domestique. S’approchant de la porte sans attirer l’attention, alors que l’époux avait disparu, il frappa à la porte. Une jeune femme, clairement une domestique du palais au vu de sa propreté contrastant avec la pauvreté de sa tenue, vint lui ouvrir la porte. Quel âge pouvait-elle avoir ? Vingt-deux ? Vingt-quatre ans ? Quoiqu’il en soit, elle était plus jeune que lui.

« Oui Madame, vous pouvez m’aider. »

Il entra alors dans la pièce et referma la porte. Il offrit un baise main de pure politesse à la jeune femme surprise puis la guida sur une pièce. Ouvrant son manteau pour se mettre plus à l’aise, laissant ainsi voir son épée, il prit place face à elle, la regardant.

« Vous êtes madame Alix Albray, domestique auprès de Sa Majesté. Et ce n’est que la principale de vos activités. Malheureusement vous avez récemment commis deux erreurs. »

Il laissa Alix réfléchir aux erreurs mais, avant qu’elle ne proteste il continua :

« Vous avez attiré mon attention de la façon la plus désagréable qui soit, ce qui est bien dommage car dans d’autres circonstances nous ne nous serions soit jamais rencontré, soit eu une relation plus cordiale que celle-ci. Cependant vous pouvez remarquer que je fais des efforts de politesse, voir de galanterie… Je n’ai pas envie d’un conflit. Vous avez fait une erreur très grave… Mais j’ai promis de résoudre discrètement le problème que vous avez crée en manquant de compétence lorsque vous avez commis un délit. Je ne vous attaque pas pour ce délit, je ferme les yeux dessus mais vous conseil d’éviter à l’avenir d’en faire de nouveau dans l’enceinte du palais. Non, si je suis ici, c’est parce que vous avez menacé la vie d’autrui et crée un conflit potentiel…Mais vous tenez à vos enfants, je tiens à ma sœur, et nous ne voulons pas que vos enfants grandissent sans mère, et je ne désire pas voir quiconque toucher à ne serait-ce qu’un cheveu de ma sœur…. Nous allons donc essayer de résoudre ce conflit diplomatiquement. Qu’en dites vous ? Continuer à vivre comme si de rien n’était sans qu’il n’y ait aucune épée de Damoclès de part et d’autre par le biais d’un accord a l’amiable, vous ne pouvez espérer meilleure offre qu’une paix blanche. »

Vivonne attendait maintenant la réponse de la jeune femme. Oh elle pourrait se montrer violente mais dans ce cas là une épée maniée par un bretteur expérimenté ayant plus d’une fois combattu pour son Roi transpercerait son corps… Il était certain qu’elle chercherait à discuter.
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