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 INTRIGUE : Quand s'endort l'hiver [Tous]


Mer 25 Juin - 18:33

Quand s'endort l'hiver

fleurit le printemps



Le soleil est à nouveau brillant au dessus de la France, répandant une douce chaleur dans les rues de Paris qui semblent s'enfiévrer au fur et à mesure qu'on s'approche de la Cathédrale de Notre-Dame au pied de laquelle se trouve une animation impressionnante mais qu'on ne trouve ici qu'une fois à l'année et  où on brûlera bientôt le traditionnel mannequin, à l'occasion du quatrième dimanche du carême. Durant cette fête réunissant toute la capitale, on célèbre la fin des rudesses de l'hiver pour l'arrivée des douceurs du printemps. Certains nobles y assistent eux-même, bien qu'à distance, surtout qu'un certain vol au sein même de la Cour du Roi est encore frais à certaines mémoires dont celle des mousquetaires du Roi et des gardes suisses qui sont loin d'avoir dit leur dernier mot dans cette histoire. Aussi on-t-il décidé de se cacher dans l'assistance, se fondant dans cette effervescence incroyable et qui facilite le travail de certaines mains lestes.
Durant le bal organisé par le duc d'Orléans, une guerre avait-été déclarée, explosera-t-elle ?
C'est que les augures sont réunis pour une telle scène. Grégoire l'Araignée lui aussi ne compte pas en rester là. Pour montrer à tous qu'il est toujours le maître de Paris, le Grand Coësre a décidé de lancer une mission de grande envergure. Tous les truands de Paris ont été réquisitionnés pour voler le petit monde qui se réunira sur le parvis de Notre-Dame.




•Les participants•

Le peuple est le premier invité de cet événement auquel se joindront les truands. Les soldats seront eux également présents (bien que déguisés) tout comme la police de Paris ainsi que d'autres nobles ayant l'envie de s'y rendre et ne craignant pas ni pour sa bourse ni pour sa réputation.


Si vous n'êtes pas inscrits, faites le dans ce post : ICI


•Situation•

Niveau d'alerte 1 : La situation est à son point initiale. Il n'y a pas d'agitation particulière, les soldats surveillent les environs mais s'intéressent davantage aux festivités qu'aux passants.

♦ On s’apprête à enflammer le mannequin au milieu d'une foule grouillante et dissipée, joyeuse.
Les mousquetaires et les Suisses n'ont que de rares pistes concernant l'affaire du bal et espèrent bien profiter de l'occasion pour faire avancer leur enquête. Ils se sont donc déguisés pour passer inaperçus, aussi bien des truands que de la police de la Prévôté qui n'apprécie que moyennement de voir ses rivaux sur le terrain.
Les truands tentent de soulager quelques bourses sous l'ordre de Grégoire. Ils sont répartis en une équipe de détrousseur, une autre de guet et de diversion.


•Consignes•

Des missions vous ont été envoyées, confiées, nous vous demandons de bien vouloir en respecter les instructions pour le bon déroulement de l'intrigue. En cas de question, le staff pourra vous éclaircir sur votre mission.
♦ Chaque groupe possède des instructions particulières. Vous les avez toutes dans le sujet d'inscription mis à votre disposition ici[/b][/size] !
♦ Lisez les rp des autres pour savoir ce qu'il se passe dans la foule, faites attention aux post du MJ.
♦ La Police est sous pression, un niveau d'alerte sera posté à chaque message du MJ pour savoir si les policiers sont plus ou moins nerveux et alertes.
♦ Les 300 mots sont toujours demandés mais hormis votre rp d'ouverture évitez peut-être d'écrire plus d'une page word afin que le MJ (et les autres joueurs) puisse s'y retrouver facilement tout d'abord et ensuite pour permettre un rythme un peu plus rapide que le rythme d'un rp habituel, puisque nous sommes une dizaine de personnages.
♦ Amusez vous !

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Sam 28 Juin - 12:52

Ah le printemps ! Quelle merveilleuse saison ! La météo devenait plus clémente, les femmes commençaient à se vêtir plus légèrement et il y avait toute sorte de festivités. Ainsi pour le quatrième dimanche de carême, un mannequin serait brûlé par le peuple. Une festivité ! Vivonne pensait donc que c’était le moment parfait pour faire sortir Athénaïs de chez elle et de cette inquiétude qui la rongeait depuis qu’on l’avait menacée.  Mais comment convaincre une sœur aussi obtuse ? En jouant sur sa fierté Mortemart et sur un pari ! Pariant un bon dîner qu’elle n’oserait pas sortir et profiter des festivités jusqu’à leur conclusion, il avait convaincu sa sœur de le suivre. Il avait donné pour consigne de choisir des tenues discrètes et une cape sobre autant pour cacher leurs atours, et l’épée de Vivonne, que pour ne pas avoir froid car ça n’était jamais que le printemps et la sagesse populaire aimait a rappeler qu’en Avril il ne fallait point se découvrir d’un fil. C’est ainsi qu’il s’était rendu chez sa sœur… pour la trouver vêtue et chaussée de son cadeau ramené d’Italie. La robe et les souliers lui allaient à ravir, d’autant plus que c’était la couleur préférée d’Athénaïs, mais ça n’était clairement pas ce à quoi il pensait pour une tenue discrète.

« Ma sœur vous êtes magnifique mais je crains que nul ne soit en mesure de l’apprécier là ou nous irons.  Vous l’avez mise pour le repas que vous m’offrirez après avoir perdu notre petit pari ?»

Lui demanda-t-il avec le sourire, pour cacher son inquiétude, espérant que la cape serait suffisamment longue. Conscient qu’elle avait vêtu son cadeau pour lui faire plaisir, il n’avait cœur à critiquer le choix qu’elle avait fait. Enfilant sa cape, il attendit qu’Athénaïs fasse de même et lui offrit son bras :

« Allons nous encanailler avec le peuple, ma sœur. »

Et les deux Mortemart quittèrent le domicile des Montespan, direction Notre-Dame. Vivonne affichait une mine réjouie, comme tous les parisiens, mais il scrutait tout de même la foule, afin de veiller a la sécurité de sa sœur. Sa vigilance serait-elle satisfaisante ou détournée par le spectacle ?

Spoiler:
 
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Dim 29 Juin - 12:45

Les répétitions informelles allaient bon train et les progrès se faisaient sentir. A force de travail, grâce au talent et non sans devoir à une certaine force de caractère, Lina devenait chaque jour un peu plus convaincante. Evidemment tout n’était pas encore acquis. Bien sûr l’envie ardente de toujours se surpasser ne suffisait pas. Rien ne remplacerait la patience. Car lorsqu’on quittait la médiocrité seul le temps et la persévérance permettaient de franchir le cap de l’excellence. L’Italienne avait donc dépassé sans aucun mal le stade du passable, n’avait fait qu’effleurer le moyen et se situait à présent dans le bon, pour ne pas dire très bon. En toute objectivité, bien consciente qu’il lui restait encore beaucoup à apprendre mais qu’un bout de chemin honorable avait déjà été parcouru, Madeleine n’allait ainsi pas sans ressentir de la fierté pour son élève.
Cependant l’heure n’était pas aux félicitations. Avant de formuler clairement son contentement elle voulait s’assurer que Lina n’avait pas perdu de son audace et que les leçons prodiguées jusque lors n’avaient pas été simplement fantoches. Mais qu’elles s’attardent plus longtemps au théâtre et cette matinée serait à appeler « occasion manquée ».

La perspective d’assister et de prendre part à la ferveur populaire n’était pas tous les jours donnée, tant et si bien qu’il paraissait criminel d’en rater une. Et sans être la favorite de Madeleine, la fête du 4ème dimanche de Carême était tout à fait appréciable. Des semaines de privations valaient bien quelques heures d’euphorie. Car bien que rejetée par l’Eglise catholique, la comédienne observait –quoiqu’avec une rigueur bien moindre dont la cause était à chercher dans l’appréciation toute relative du dogmatisme religieux- le calendrier épiscopal. Tout omniprésent qu’il était dans la société, il aurait de toute façon, sauf cas d’ermitage, été difficile de faire autrement. Pour autant elle n’avait cette année pas à cœur de se mêler bêtement au cortège. Ainsi elle avait proposé, ou peut-être imposé, à Lina de profiter de l’occasion pour de démontrer l’étendue de ses compétences théâtrales. Captiver par la parole une foule pourtant à l’antipode de l’état d’esprit tragique : voilà qui serait beau. Un défi à la hauteur des espérances que la Béjart portait en l’Italienne.

- Dépêchons, dépêchons.

Refusant d’admettre que si elle n’avait pas été si butée dans le perfectionnisme cela ferait bien une demi-heure que les deux femmes seraient parties, Madeleine préférait blâmer le temps qui filait trop vite et tenter de le rattraper à renfort de grandes enjambées.
Sortie du théâtre et elle constatait que les rues étaient déjà désertes. Comme suspecté, tout le monde, à l’exception de quelques retardataires dont elles faisaient partie, était déjà campé sur l’île.

- Qu’ils sont horripilants à tous se trouver en avance, lança-t-elle en levant avec une feinte et comique exaspération les yeux au ciel. Mais ils se mordront les doigts en s’apercevant que, la faute à ce cruel manque de ponctualité, notre présence leur manque.  

L’instant de pédanterie sarcastique ne dura pas et la spontanéité reprit le dessus.
Attrapant Lina par la main pour s’assurer de ne pas prendre d’avance –laissons lui croire que la fringante jeune femme ne l’aurait pas rattrapé dans les vingt secondes-, elle se lança dans quelques pas de course. Evidemment l’élan fut également éphémère. Quelques centaines de mètres et, haletante, il lui fallait reprendre une marche plus tranquille au nom d’un âge trop avancé pour les trop longues et trop rapides distances.  
Heureusement, elles se trouvaient déjà à proximité d’un pont et apercevaient la foule qui s’amassait de l’autre côté. Au loin pas de fumé, les cris n’étaient pas au paroxysme de l’enthousiasme, tout indiquait donc qu’il était encore temps.
Avant de traverser la Seine et dire adieu à leur chère capacité à écarter les bras sans se heurter à quelqu’un, Madeleine lança un sourire bienveillant à son élève.  

- Si vous vous sentez prête : la scène est à vous.

D’un geste elle désigna la masse qui se dessinait sous leurs yeux, lui signifiant ainsi que tout reposait sur ses épaules. Du choix de l’endroit à la scène qu’elle déclamerait : Lina était libre de tout et ne pourrait compter sur Madeleine plus que lorsqu’il il s’agirait de critiquer.  Mais la jeune femme serait éblouissante. C’était pour la Béjart une évidence.

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QUELQUE CHOSE APPROCHANT COMME UNE TRAGÉDIE† Un spectacle ; en un mot, quatre mains de papier. J’attendrai là-dessus que le diable m’éveille.  (c) P!A
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Sam 23 Aoû - 1:14

En sortant de la Cour Neuve-Saint Sauveur, Erwan ne put s’empêcher de jeter un œil suspicieux autour de lui. Il n’aurait pas pensé se laisser aller à une méfiance aussi exacerbée suite aux événements de Février. Il faisait attention à ne pas avoir de comportement suspect, de ne pas être visiblement plus méfiant qu’à son habitude, mais tout de même, lui ça le travaillait bien plus qu’il n’aurait voulu l’admettre.
C’était trop facile.
Il ne s’en plaignait pas, pas vraiment– ce serait ingrat quand même –, et il ne souhaitait pas non plus voir arriver des complications qui mettrait en péril bien plus que son entreprise. Pourtant l’absence de poursuite ne cessait de le préoccuper.
Est-ce que c’était un piège ? Est-ce que Grégoire cherchait à l’assoupir, pour mieux le lapider ensuite par tous les autres ? Ou est-ce que tout simplement il prévoyait de le choper alors qu’il marchait dans les rues étroites et sales de la capitale. Enfin maintenant qu’il était de retour dans la rue Saint-Denis ce n’était pas le choix le plus judicieux pour le Grand Coësre. Il aurait eu beaucoup plus d’avantages de le faire dans les venelles sombres et étroites qui constituaient la plus grande Cour des miracles de Paris.
Il y en avait une douzaine disséminée dans la capitale, et toutes composées autour d’une cour qui datait le plus souvent du Moyen-âge ou de la Renaissance au mieux. Toutes avaient cet aspect vétuste, branlant et sale, cette architecture sans loi qui laissait les maisons s’entasser les unes sur les autres, là où il y avait de la place et construites avec ce qu’on trouvait. Le Nain avait souvent eu le sentiment qu’un coup de vent pouvait les faire s’écrouler à tout moment. Mais malgré la pluie, la neige, la grêle, les tempêtes, elles tenaient bon. Ou leur cadavre servait tout simplement à la reconstruction d’une nouvelle maison sur le même emplacement. Ainsi allait la cour des miracles.
Avant de vivre dans la rue du Bout du monde, Erwan avait longtemps vécu dans la cour Jussienne et savait bien ce que c’était que de vivre dans ces semblants de rues et ces semblants de maisons. Les enfants s’amusaient à des jeux cruels sans prêter la moindre intention aux immondices et la pauvreté qui constituaient leur univers. Malgré cette innocence, ce n’était assurément pas une vie. C’était pourtant sur ce royaume fermé, crotté, grotesque et brinquebalant, que régnait le Grand Coësre. Si les autres cours étaient dirigées par des Archi-suppôts, celle située derrière le couvent des Filles-Dieu, et qui se targuait d’être LA Cour des miracles, était le fief personnel du Roi Thunes. C’était là que l’Araignée avait réuni ses ouailles, qu’il avait harangué sa populace avec adresse et qu’il avait ainsi vérifié la loyauté de chacun.
Il avait eu un plan génial d’après lui. Il voulait faire une action d’éclat, montrer à tous que les vrais maîtres de Paris n’étaient pas la police et encore moins les mousquetaires ou n’importe quel autre chien du Roi qui ne venait que rarement dans la capitale. Les vrais maîtres de Paris c’était eux et personne d’autre !
Erwan s’était retenu de tout commentaire en écoutant la foule réagir avec des hurlements de défi et des cris enthousiastes. Il fallait quand même être assez aveugle pour voir que Grégoire ne voyait pas le maître de Paris comme une multitude, mais comme une seule et unique personne dont il n’était pas bien difficile de deviner l’identité.
Il fut bien mécontent de se voir attribuer un rôle dans ce foutoir. Voler ? Sérieusement ? Il n’était plus un voleur depuis plusieurs années déjà avait-il objecté, il utilisait ses doigts oui, mais autrement et pas que pour plaire aux filles.
Des sourires goguenards et moqueurs, comme il en affrontait souvent dans une population plus nombreuse et grande que lui, lui répondirent.

-T’espère pouvoir faire l’guet du haut d’tes 2 pommes Mi-Botte ? Tu s’ras foutrement efficace pour nous prévenir si les poulets nains nous attaquent pour sûr.


Il entendait encore les rires alors qu’il marchait vers la place de grève en traversant la rue de la Verrerie. Il volerait point. Disparaître ne devait pas être un problème pour lui alors autant qu’il soit vraiment utile.
Erwan supportait plutôt bien les quolibets. Il supportait difficilement qu’on profite d’une assemblée pour qu’on l’humilie aux yeux de tous. Une fierté mal placée peut-être, n’empêche qu’il serait les poings et les dents.

Il arriva sur la Place de du parvis de Notre-Dame en face de lui, le grand mannequin de bois et la Seine sur sa gauche à lui. Du moins pour le fleuve il ne pouvait que le supposer. Il y avait foule et les gens se bousculaient. Il allait de nouveau devoir faire des pieds et des mains, se glisser entre les jambes, pour se mouvoir là-dedans. Il retînt un soupir avant de se jeter dans la fosse. Grégoire avait bien dit d’attendre le début de l’opération au premier battement de cloche de Notre-Dame.
En attendant, il était monté sur des caisses et un tonneau pour voir un peu au-dessus des têtes, s’assurer que Melechia et Pia avait bien pris leur poste de guetteuse. Il ne les vit pas d’abord, vit en premier trois archers du guet en pleine conversation avec deux hommes de la maréchaussée…
Le nain pinça les lèvres, il allait falloir commencer de l’autre côté.
Descendant de son tonneau il tenta de mémoriser la direction qu’il fallait prendre en cas de pépin, histoire de ne pas se retrouver coincé comme un rat. Il avait aussi déjà repéré sa première victime. Ces bigots de protestants n’avaient pas de costumes très flamboyants, mais le nain ne s’y trompait pas. La qualité de l’habit indiquait un pigeon qui n’attendait que de se faire plumer.
Il le suivrait jusqu’à ce que… Il put entendre par-dessus le brouhaha le signe convenu par l’Araignée. Notre-Dame indiquait le début de la chasse.
Il se rapprocha de sa proie, se pressa contre lui comme s’il était bousculé par la foule, le visage dissimulé par une capuche sale. Son cœur battait comme s’il était un jeune Narquois.

Spoiler:
 

Certaines choses ne semblaient pourtant pas s’oublier. Mi-Botte avait été si proche du protestant qu’il avait pu sentir son parfum entêtant et beaucoup, beaucoup trop sucré. Ça lui piquait presque les yeux et l’embaumé avait de surcroît un mouchoir tout aussi puant sous le museau. Dedieu, le Nain était le premier à dire que Paris puait mais quand même… Ce gars-là n’aidait pas à la situation.
La main gourde du maître faussaire avait saisi prestement la bourse et en avait coupé les cordes avec une habileté qui le surprit. Un geste rapide et sûr, comme si sa mémoire se souvenait exactement de ce qu’il fallait faire sans qu’il n’ait à réfléchir. Un simple coup de vent et il pouvait sentir le poids des pièces qui tintèrent à peine dans sa main. Il laissa le pot-pourri poursuivre sa route sans se rendre compte d’avoir été soulagé d’une petite surcharge. La bourse avait déjà disparue dans le pourpoint miteux du nain et ne reparaîtrait plus.
Il retenait un sourire en s’éloignant.
Il avait été bon putain, par le diable si les autres l’avaient vu ils en auraient mené moins large.
Erwan se jetait des fleurs, pour un domaine dans lequel il n’était pas maître et qu’il n’avait pas mobilisé depuis un temps il se sentait outrageusement fier de lui.

Il tourna son regard trop bas pour tenter de repérer une autre victime et poursuivre sa mission.
Il se sentait chanceux et tenta de réfréner ses ardeurs parce qu’il savait que c’était toujours dans ces moments que l’on tombait douloureusement. Ça ne devait être qu’un coup de chance. Le gars devait être insensible et sourd… Être aussi bon du premier coup c’était pas de l’art c’était de la Providence. L’art ça serait la répétition du geste. Là oui ça serait du talent.
Il craignait d’être vite détrompé. Son regard frénétique se posa sur une jeune demoiselle aux dents trop longues, dansant avec une amie. Il l’avait déjà vue… Il savait qu’elle planquait son argent sous ce petit repli de tissu qui boursouflait discrètement sa robe. Une poche qu’elle avait cousue elle-même l’avait-il entendu caqueter fièrement, personne ne pourrait lui prendre son bien désormais.
Il avait bien envie de mettre cette poche à l’épreuve, grisé d’une manière par son succès.
Un regard circulaire lui permit de voir qu’il n’y avait pas de bas ni de chaussures de la maréchaussée ou d’un quelconque importun engalonné.
Spoiler:
 
L’approche fut rapide et discrète, la difficulté était que cette petite cache était légèrement plus haute que le Nain. Il lui fallait prendre un peu de hauteur. Ou qu’elle en perde
Il avait observé la danse, et voyait bien que chaque danseur devait passer près d’un recoin produit par des fagots. Il s’y dirigea rapidement, attendit patiemment. La danseuse s’approcha enfin de lui, sans vraiment voir celui qu’on prenait pour un enfant à cause de sa petite taille, sans vraiment voir non plus le long morceau de bois que le nain avait lentement glissé au sol sous le foin qui pavait la petite estrade de bois installée pour danser.
La baguette de bois fut efficace. D’un coup sec, sans la soulever du sol, Mi-Botte fit perdre l’équilibre de la pauvre demoiselle. Poussant un cri de surprise, elle tomba en arrière lourdement, interrompant les musiciens et ses compagnons de jeu, provoquant autour d’elle un attroupement inquiet.
Erwan s’en éloigna bientôt, une bourse s’étant ajoutée à la première sous le cuir du pourpoint.
Bordel de Dieu, sourit-il, il était doué en fait ….

A tous les joueurs !:
 
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Dim 24 Aoû - 19:41

Faucon sur sa falaise, elle scrutait la foule, invisible pour quiconque ne levait pas le nez.
Avec un total manque de gêne elle s’était faufilée dans une maison, glissée jusqu’au premier étage, assise sur le rebord de la fenêtre et ainsi surplombait la place de Grève.
Ses jambes se balançaient dans le vide alors qu’elle se demandait de façon très pragmatique s’il lui serait possible de sauter de cette hauteur sans se casser une patte. Très certainement. Quoi que ses chevilles le prendraient sans doute mal. Mais au fond la question, toute intelligente était-elle, ne se posait pas vraiment. Guetteuse de son état, en cas de problème on n’attendait pas d’elle une descente en flèche pour aller prévenir un à un les voleurs, mais simplement qu’elle agite un mouchoir rouge. Les passants -en supposant seulement qu’ils la remarquent, ce dont elle doutait sincèrement- n’y verrait qu’un signe d’enthousiasme quand les truands, qui se devaient de lui jeter régulièrement des coups d’œil, sauraient qu’il leur faudrait redoubler de prudence voire prendre la fuite.

Cependant, tout confortable qu’était son perchoir, à choisir elle ne se serait jamais trouvée là. Assise sur le rebord de sa fenêtre, surplombant la foule, Pia se sentait parfaitement en dehors des festivités. Elle ne pouvait rien apprécier car se trouvait contrainte de surveiller. Désagréable sentiment d’être spectatrice quand on voulait jouer. Plutôt que de prendre part à cette fête populaire qu’elle affectionnait tant, on la trouvait donc l’œil vif mais le sourire absent. Elle se sentait punie, gamine mise au coin quand tout le monde autour d’elle s’amusait. Cette grande opération lui apparaissait somme toute comme une corvée.
Le plan n’était pas mauvais. Mise sur pied par le tyran des bas fonds dans le but d’asseoir son pouvoir sur les parisiens, les gardes du roi, et par la même ce dernier, l’idée avait de bonnes chances d’être couronnée de succès. Mais pour ce faire il usait et abusait de sa cour, exploitait sans scrupule, usait encore et toujours de la peur pour s’assurer de la soumission de ses petites mains. Mais encore une fois Pia n’avait rien dit, pas même soupiré lorsqu’on lui avait annoncé qu’elle endosserait le rôle de guetteur. Car évidemment elle n’avait pas l’audace de contredire le tout-puissant Grégoire. La Gazza pensait beaucoup mais en présence des concernés se taisait docilement. Ainsi allait le monde, surtout et avant tout celui de la Cour des Miracles. Les faibles subissaient en attendant des jours meilleurs, le moment propice ou enfin ils auraient les moyens de s’affirmer. Autant dire que tous ou presque crèveraient dans la servilité.

En attendant Pia se trouvait là, place de Grève, assise sur le rebord de sa fenêtre, surplombant la foule.
Les yeux baladeurs filaient de droite à gauche, ne s’attardaient sur rien mais voyaient tout. Pour le moment tout allait pour le mieux. Pas de garde en vue, seulement des parisiens dont la bonne humeur faisait malgré tout plaisir à voir.
Un léger sourire s’esquissa à la vue d’un groupe de danseurs. De joyeux jeunes gens auxquels elle se serait volontiers mêlée. Quoique… Une gourdasse blonde venait, entre deux pas qu’elle maîtrisait vraisemblablement mal, de tomber à la renverse, ne manquant pas de faire cesser toute activité autour d’elle. Ce qui donnait une scène plutôt amusante, le genre dont on ne pouvait rire que si on n’y prenait pas part. La chose était d’autant plus amusante que la jeune femme apercevait, qui s’éloignait tranquillement, une silhouette courte dont elle suspectait qu’elle appartenait à Mi-Botte. Il ne devait pas être si mauvais le Nain. Et vraisemblablement capable de divertir autrement que par ce cynisme qu’on adorait du moment que la victime était un tiers.  
Mais pas le temps de lui prêtait une plus longue attention, il lui fallait trouver chacun des autres complices.

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Bella Ciao
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O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Il capo in piedi col suo bastone
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Situation : Mariée pour la forme

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Ven 12 Sep - 12:55

Revenu d'une longue permission qui l'avait conduit jusque ses lointaines terres de Gascogne, Laurent de Flone savait pertinemment que l'affaire qu'il avait quitté quelques semaines plus tôt ne serait toujours aucunement résolu. Mousquetaire du roi, on l'avait dès lors assigné à la surveillance des réjouissances désignant la fin du quatrième dimanche de carême, et d'Artagnan leur avait confié des ordres bien précis : ils devaient passer inaperçu et tenter de retrouver, dans le même temps, des indices concernant l'affaire des bijoux volés. Parce que non ! Le bras armé de la justice royale ne s'avouait pas vaincu, surtout que cela concernait monsieur le frère du roi. Ils avaient osé toucher aux biens de la famille royale. C'était une véritable crime de lèse-majesté ! On ne pouvait permettre que cela se reproduise.

Le jeune Gascon se trouvait donc dans l'assistance vêtu d'une manière plutôt commune, se fondant dans la masse comme il le pouvait malgré sa haute taille qui le distinguait de la plupart de ses congénères. Il gardait un contact visuel avec ceux qu'il se devait de superviser puisqu'il était d'un grade supérieur au leur en tant que brigadier. D'Artagnan lui avait donné certaines responsabilités depuis quelques mois maintenant dans l'espoir que son tempérament fougueux vienne à ce calmer. Restant attentif au moindre mouvement, son arme de bonne facture était dissimulée derrière une cape plutôt large afin de ne pas attirer l'attention. Cependant, l'assemblée semblait plus attentif au mannequin que l'on s'apprêtait à brûler plutôt qu'aux possible individu pouvant se dissimuler dans la foule. Le parvis de Notre-Dame était couvert de monde, ce ne serait pas simple de tout couvrir, en tout cas on ne pourrait pas arrêter tout les voleurs qui pouvaient s'y trouver. Laurent avait donc veillé à ce que sa bourse reste bien au chaud dans sa chambre du corps des gardes. Il ne pouvait se permettre de laisser sa concentration passer de sa bourse aux divers coins de la foule qui se faisait de plus en plus pressante.

Au fond de lui même il espérait que tout allait rester calme... Mais sa raison lui disait que mieux ne valait pas baisser la garde même si le spectacle promettait d'être mémorable... Mais ce n'était pas chose facile. La foule trop nombreuse commençait à réellement avaler Laurent qui ne pouvait même plus voir où se trouvait ses hommes.
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Dim 14 Sep - 19:08

Bien que sa concentration fut au maximum, la jeune italienne avait réussi à ôter de son visage cette grimace absurde des débuts qui ruinait ses premières répétitions, la faisant passer pour une enfant boudeuse à peine consciente de ce qui s'échappait de ses lèvres. Dans le regard de Madeleine, la jeune comédienne se sentait grandir, soutenue, pousser à bout parfois, mais toujours dans la bonne direction, Lina découvrait les joies d'être triste.
Il y avait en effet dans la tragédie, tant d'intensité, tant de violence que la blonde y découvrait sa moitié manquante. Celle qui faisait partie de tout être au même titre que la joie et le rire de la comédie. Cet équilibre parfait lui avait ouvert de nouveaux horizons.  
Cependant ce n'était pas aux extrêmes que le jeu était le plus fin. Il était facile de crier, de pleurer, de faire ressentir la rage d'un personnage prêt à tuer pour régner. Il était plus difficile de donner vie à ces zones floues de la joie laissant un homme à l'écart ou d'une femme que l'acharnement du sort finit par faire rire.
Elle chérissait ces entrainements qui rythmaient sa vie et ses nuits de longues lectures. Sa troupe avait bien essayé de la dissuader mais son talent et sa ponctualité étant toujours égaux, ils ne pouvaient rien lui reprocher, même s'ils craignaient secrètement la voir quitter leur bande. Il fallait dire qu'une conversation sur trois parlait directement de Madeleine Béjart et qu'au cours des deux autres, la comédienne de la troupe adverse était toujours brièvement évoquée.
Dire que la Béjart l'obsédait était peu dire, cette femme avait une telle influence sur elle que Lina avait attendu leur sixième rendez-vous pour enfin lui avouer qu'elle avait toujours détesté le thé et qu'il était donc inutile de lui en servir une tasse à chaque fin d'exercice. A présent que sa curiosité prenait le pas sur sa vénération, Lina commençait à s'informer sur son professeur, pas directement bien sûr, elle savait qu'elle n'aurait aucune réponse de cette manière, mais par des connaissances, des domestiques...
Mais peut-être grignoterait-elle quelques informations au cours de cet bel après-midi de carême! En effet, les deux comédiennes avaient prévu d’y aller ensemble, non sans quelques arrières pensées pour remuer un peu la populace parisienne.

L'exaltante précipitation qui émanait de Madeleine gagna rapidement Lina alors que les deux femmes dévalaient la ville en direction de l'île. La blonde vénitienne tira un rire charmé à Lina qui serra un peu plus la main de sa madone lorsqu’elle évoqua qu’une fête sans elles... et bien n’étaient tout simplement pas une fête.
Lorsqu'elles arrivèrent par l'un des ponts, Lina ne put s'empêcher d'admirer la cathédrale de Notre-Dame, avant que Madeleine ne lui rappelle le petit défi qu'elle lui avait concocté pour leur sortie.
Prévenue en avance, la jeune femme avait préparé son texte pendant une semaine.

«Souhaitez moi bonne chance !  »

Glissa Lina d’un ton ironique à son modèle avant de se fondre dans la foule. L’effervescence était palpable, et il était vrai que la jeune femme avait plus envie de rire et de s’amuser que de plomber l’ambiance en tirant des larmes aux spectateurs. Enfin, si spectateurs il y avait...
Remarque... il fallait parfois bousculer un peu pour troubler le cœur, et quand le rire substantait l’âme, les larmes la révélaient. Lina déambula parmi les gens sans se presser, sachant que cette attente serait d’autant plus appréciée par Madeleine. La jeune comédienne chercha des yeux l’estrade qui la ferait devenir reine... mais au fond n’était-ce pas tricher que de s’élever autrement que par la seule force de sa voix ? Son cœur raisonna contre ses côtes lorsqu’il sentit qu’elle était prête et que ses pas la menaient vers une simple petite place dégagée à côté d’une fontaine.

De quel malheur suis-je encore capable ?
Leur amour m' offense, leur amitié m' accable ;
et contre mes fureurs je trouve en mes deux fils
deux enfants révoltés et deux rivaux unis.
Quoi ? Sans émotion perdre trône et maîtresse !
Quel est ici ton charme, odieuse princesse ?
Et par quel privilège, allumant de tels feux,
peux-tu n' en prendre qu' un et m' ôter tous les deux ?
ACTE IV , SCENE VII . Rodogune, princesse des Parthes

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Jeu 25 Sep - 22:42


- et à ce moment là, il se mit à dire que…

- Mel, ta gueule !

Le furet leva les yeux au ciel en entendant la réplique de l’intolérant qui lui servait de meilleur ami. Il ne respectait absolument pas son droit le plus strict a savoir celui de s’exprimer et de donner son avis. À se demander pourquoi elle l’avait choisit pour ami alors qu’il passait son temps à contrarier son besoin maladif de remplir l’espace sonore avec les mots sans sens sortant de sa bouche. Elle voulut lui en faire la remarque et un coude s’enfonça dans ses côtes jusqu’à ce qu’elle n’ait plus assez d’air pour pouvoir articuler un mot. Elle le foudroya du regard et eut le droit à un sourire pour réponse avant que Gauthier aille se glisser dans la foule. Bientôt, elle ne distinguât plus que la chevelure blonde de son meilleur ami puis il disparu totalement. 
Elle se détourna et commença à évoluer parmi les passants. Bien malgré elle, elle se sentait envahie par l’énergie communicative de la foule. Le temps était au beau fixe, les gens plaisantaient et riaient et Paris semblait s’animer pour la première fois depuis une éternité. Mais aujourd’hui elle ne pouvait pas se contenter de rejoindre ses amis pour dépouiller quelques badauds. Excédé par le vol au Palais Royal, l’Araignée avait lancé une opération de grande ampleur. Opération à laquelle les membres de la cour des miracles étaient priés de participer s’ils ne voulaient pas avoir d’ennui. Et à la cour des miracles on ne plaisantait pas avec les ennuis.
Une méchante âme avait suggéré que Mel fasse le gué. Le travail naturel des lézard qui comme elle n’aspirait qu’à se glisser dans la foule pour observer ce qui se passait. Un travail exaltant pour quiconque qui comme elle avait la méchante tendance à se mêler de ce qui ne les regardait pas. Un travail ingrat aussi, demandez à un brigand de citer le nom de trois espions connus au sein de la cour des miracles, et vous verrez l’ingratitude des détrousseurs et des assassins. Il n’y pas grand chose de glorieux dans l’art subtil de singer ses victimes pour mieux les exploiter. Pas de grandes histoires à raconter. Pas de coups mythiques dont on peut faire les gorges chaudes. Et pourtant, et c’est là où se situe l’ingratitude de la chose lorsqu’un lézard fait mal son travail alors tout le monde en parle. On se gausse sans fin des imbéciles voulant infiltrer l’hôtel d’un noble et se faisant attraper comme des béjaunes. 
En ce beau jour, les truands ayant le mauvais goût de ne pas accomplir leur tâche à la perfection risquaient bien plus grave que les moqueries de leurs pairs. Grégoire avait été clair. L’opération foirait et les responsables verraient leur tête tomber. Mais qu’est ce qu’une mission sans une pointe de danger et frisson de l’échec potentielle.
Et tandis que ce frisson remontait sa colonne vertébrale la jeune fille arpentait la foule de long en large. Ses poings glissés dans les poches de son pantalon soigneux, elle souriait dans le vide et flânait sans but. On ne voyait en elle qu’un de ces domestiques qui tuaient le temps avant de retourner au service de leur maitre. De temps en temps un détail attirait son oeil que ce soit le vert vif d’une robe ou le sourire fanfarons d’un mercenaire venu chercher querelle sur le pavé parisien. Une scène la fit rire, une autre lui attira une moue pleine de mépris. Les voleurs, soigneusement sélectionnés, accomplissaient un bon travail pour autant qu’elle puisse en jauger. Elle distingua même son patron dans la foule. Son vrai patron celui avec le visage taillé avec des coups grossiers, des yeux perturbants et un corps difforme. Le mi-botte avait eut moins de chance qu’elle. Et il se retrouvait à devoir plumer, ou déplumer, les bourgeois comme le premier des débutants. Un retour de fortune qui attestait d’une baisse de faveur. Mel eut une moue moqueuse. Elle ne s’inquiétait pas pour Erwan. Son boss avait de très beaux jours devant lui et il fallait plus qu’une mission ayant la saveur âcre de l’humiliation pour diminuer son ambition. Elle tira un peu sur sa manche et retourna à son observation. L’excitation du début avait disparu et elle s’ennuyait guettant une menace ou une scène susceptible de faire naitre un nouveau sourire sur ses lèvres.
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Titre/Métier : furet, fléau humain
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Lun 29 Sep - 11:18

Nonchalamment assis en travers du large fauteuil de cuir brun de son cabinet, Ambroise somnolait. Son indolence le soustrayait pour un temps à la paix qui régnait dans la pièce malgré l’ordre presque chaotique qui semblait s’y être irrémédiablement établi, ce depuis bien des années déjà. S’il ne s’était abandonné à cet état transitoire entre l’éveil et la torpeur, le Montois aurait vu les rayons d’un soleil matinal caresser le verre des ventouses qu’il s’était attelé à désinfecter quelques minutes auparavant, et s’il n’avait eu à endurer deux heures durant l’état piteux des routes qui le conduisaient jusque chez la Vicomtesse de Verneuil, peut être même aurait il remarqué l’éclat de rubis si particulier de l’alcool mêlé de sang qui emplissait la vasque de son cabinet. Mais, en cette belle matinée d’avril 1666, Ambroise somnolait.
Et pourtant montaient de la rue les rumeurs d’une ville en effervescence : Paris s’éveillait, s’ébrouait, se débarrassait des lambeaux d’un hiver qui durait depuis bien trop longtemps déjà pour revêtir les couleurs vives d’une saison nouvelle. Les préparations des festivités de ce quatrième dimanche de carême occupaient la capitale depuis des jours déjà, et chacun savait que ce jour de célébration serait d’une ampleur rare : le tout Paris se masserait sur le parvis de Notre Dame pour voir se consumer les souvenir de ces derniers mois. Nobles, bourgeois, roturiers, jusqu’au peuple et à la vermine de la Cour des Miracles. Les honnêtes côtoieraient ce jour là les truands sans même s’en rendre compte ni même les reconnaître, et certains partageraient avec eux des rires et de franches accolades : quel jour délicieux et si plein d’extravagantes inepties… Dans son fauteuil de cuir tanné, le médecin avait rouvert ses yeux bleu sombres : Ambroise n’aurait manqué cela pour rien au monde.

Le jeune Montois n’eut aucune difficulté à se mêler à la foule joyeuse, bruyante et vibrante qui affluait, plus dense à chaque pas, de chacune des ruelles de la capitale et inondait les moindres voies conduisant à la cathédrale. Au cœur de ce flot de corps et de couleurs, Ambroise se sentait vivant. Son regard vif se posait sur des visages inconnus, mais tous illuminés d’une commune expression, celle de l’enthousiasme et de la joie sincère. Comme ces hommes étaient… Distrayants. Mais ce n’était point cette lueur qu’Ambroise s’efforçait de deviner dans la foule. Non. Le jeune médecin sondait la foule allègre à la recherche d’un éclat roux cuivré, ce roux fauve qui teintait de reflets flamboyants la chevelure de Théa, ou encore celle de Pia, cette jeune femme qui avait croisé sa route quelques jours auparavant, et qu’il, sans qu’il n’en sache exactement la raison, s’était promis de retrouver. Qui sait, peut être aurait il sa chance en ce jour saint, si Dieu était d’humeur à de nouveaux miracles. Mais l’heure n’était point à de telles considérations, car une clameur s’était élevée de la foule qui emportait Ambroise vers la place sur laquelle se dérouleraient les festivités.
La cathédrale se dressait, digne et majestueuse sous les yeux de milliers d’hommes et de femmes qui contemplaient ses tours auxquelles s’arrachaient encore quelques lambeaux de brume épars. Si le dévoyé médecin n’avait jamais accordé que peu de crédit à l’existence d’un être supérieur infiniment bon et régisseur de chaque chose, il ne pouvait toutefois demeurer impassible devant les splendeurs qu’érigeaient les hommes en l’honneur de leurs croyances. Il se devait bien de l’admettre : le spirituel inspirait les hommes et convoquait en certains d’entre eux ambition et génie, et Notre Dame de Paris en était l’un des plus remarquables exemples. Un joyau de pierre blanche au cœur d’une cité de vices et de souillures. Le médecin se fraya un chemin entre les corps massés sur la place, évitant de justesse de bousculer l’un des Suisses de sa majesté qui se dirigeait également vers la cathédrale : il lui fallut jouer des coudes pour enfin apercevoir, après quelques minutes de cette pénible progression, les couleurs vives de l’immense mannequin dressé en l’honneur de ce quatrième dimanche de carême. Et quelles couleurs… Les tailleurs qui avaient été chargé de revêtir cet homme de bois et de paille avaient fait des merveilles. Les étoffes chatoyantes captivaient les regards aussi bien que les flammes qui les dévoreraient quelques instants plus tard, et qui éparpilleraient ces velours et soieries devenus cendres au grès des brises qui caressaient la capitale.

Au cœur de la foule en liesse, Ambroise se prit à sourire. A cet instant précis, le médecin se serait presque senti en harmonie avec ces hommes qu’il avait usage de ne considérer jamais qu’avec une ombre de dédain dans le regard : la plupart d’entre eux se contentaient d’une vie fade et grisâtre, de convenance et de soumission à ce qui était établi comme l’ordre convenu de toute chose. Un ordre qui se voulait immuable. Foutaises… Le Montois considéra longuement l’homme qui se trouvait à sa gauche. Ce regard vide de toute trace d’intelligence quelque peu supérieure, ce pourpoint d’un mauve passé, ce sourire naïf… Ambroise préféra concentrer son attention sur un tout autre sujet d’étude. Située à quelques centimètres de lui, une jeune beauté offrait involontairement la blancheur de sa nuque au parfait professionnalisme de son regard bleu sombre. Sa longue chevelure brune soigneusement relevée laissait nue la peau immaculée de ses épaules qui disparaissaient avec une pudeur qu’Ambroise jugeait désolante dans l’orange pâle d’une robe de taffetas brodé. Quelle exquise créature. Et ce parfum… Un parfum fruité, la suave odeur des prunes gorgées de sucre que l’on ne retrouve qu’à l’automne… Quoi qu’il faille d’ordinaire un peu plus que le simple pressentiment d’un charme pour pousser le jeune médecin à l’action, la situation était incroyablement tentante et déjà ses doigts glissaient sur le tissus orangé… Pourtant, Ambroise interrompit son geste. Quelque chose avait attiré son attention.
Dans la foule, à quelques mètres de lui, se tenait un homme dont le regard pesait sur l’objet des convoitises du Montois. Un homme qu’Ambroise reconnut sans trop de peine malgré ses traits relativement communs : en effet, le médecin n’oubliait que rarement l’un de ses patients, en particulier si le dit patient proférait à son encontre des menaces on ne peut plus.. Colorées. Un sourire amusé étira un instant les lèvres du prétendu praticien. Monsieur Pontainier… L’affaire datait d’une dizaine de jours. Ambroise s’était rendu à son chevet afin de soulager le pauvre homme d’une occlusion intestinale persistante et qui l’empêchait d’exercer pleinement son activité de tisserand. Après un examen sommaire, le médecin parvenu lui avait prescrit un traitement à l’essence d’euphorbe, plante dont il avait expérimenté à de nombreuses reprises les vertus purgatives, et qui viendrait à bout du mal qui affectait le riche bourgeois si toutefois ce dernier daignait respecter les doses qui lui avaient été indiquées. Et si l’essence d’euphorbe ne se présentait pas sous sa forme la plus concentrée… Si ce détail avait échappé au Montois lorsqu’il avait remis la fiole de remède à son patient, il n’en n’avait guère été de même pour le tisserand qui avait été pris de coliques extrêmement violentes des jours durant et qui avait adressé au médecin de nombreuses lettres pleine d’une colère virulente et de menaces amères qu’il ne prenait guère la peine de dissimuler. Sacré Pontainier…
Ambroise ne portait pour dire vrai que peu de considérations aux véhémences du bourgeois, mais la journée était trop belle pour qu’il n’ait ni l’envie ni le courage d’entrer en conflit ouvert avec son ancien patient. Cette confrontation ne pouvait elle attendre quelques jours encore ? En ce dimanche saint, ne valait il mieux pas se mêler à la foule, s’y fondre, disparaître, et laisser la rancœur tenace du tisserand s’apaiser quelques belles heures de plus ? Pontainier n’était certes guère un homme à craindre, mais la réputation du tout nouveau médecin n’était encore guère solidement établie, et un mot déplacé de la part du bourgeois pourrait avoir l’effet d’une brise dans un château de carte s’il parvenait à l’oreille des bonnes personnes. Un jour, il faudrait bien qu’Ambroise règle cette histoire de problèmes digestifs, mais il ne le ferait pas en ce jour. En ce quatrième dimanche de carême, rien ne viendrait troubler la sérénité du jeune Montois. Du moins l’espérait il…

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Lun 29 Sep - 15:18


Rien de mieux qu'un simple pari basé sur la hardiesse pour pousser la belle Athénaïs à tenir tête à son frère. C'est ainsi qu'elle l'attendait, vêtu des merveilles que celui-ci avait ramenées de ses voyages, avant d'enfin pouvoir sortir et profiter des festivités données en ce grand jour dans la capitale.

-Mon cher Vivonne, ravalez votre fierté. Vous avez perdu d'avance, lança-t-elle, un sourire en coin en passant le seuil de la porte.

C'est ainsi que, bras-dessus bras-dessous, dissimulée sous une cape noire au tissu léger, les deux Mortemart pénétrèrent dans la foule de parisiens qui s'étaient tous retrouvés sur la place.
Un tel bruit assourdissant régnait qu'il fallait à présent hausser le ton pour s'entendre. Mais c'était joyeux, festif, coloré. La prudence était tout de même de mise, puisque nombre de manants étaient présents.
Voyant tout ce monde auquel ils se mêlaient peu à peu, la marquise accrocha d'avantage le bras de son frère, resserrant son étreinte. Bien que ce jour se veuille agréable, il n'était pas rare que des incidents se produisent, et Athénaïs l'avait appris, il ne fallait pas trop pousser sa chance.

Ses grands yeux bleus regardaient partout autour d'eux, emplis de curiosité. Les gens riaient, criaient, montraient... C'était impressionnant d'être au milieu de toute cette populace aussi vive. Son regard se posa enfin sur l'estrade, qui semblait si petite comparée à cette fourmilière qu'était devenue la place. Athénaïs était impatiente de voir ce qui se passerait, à présent. Vivonne semblait comme un poisson dans l'eau, alors qu'elle, curieuse mais inquiète, restait quasiment collée à lui, se faisant malgré tout un peu bousculer par moments. Mais il fallait s'y attendre.
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Mar 30 Sep - 21:02

Aujourd’hui était un jour de fête! La populace grouillante et puante de Paris s’excitait déjà à l’idée des festivités entourant le quatrième dimanche du carême. Cette masse nauséabonde allait fouler les rues, les places et se masser sur la place de Grève où serait brûlé un mannequin… Le genre somme toute de journée et de festivité que souhaitait éviter Richard Trois-Lames… Rien que l’idée de se faire absorber par la foule et de se faire pousser dans le dos, écraser contre une grosse bonne femme, bousculer par des ivrognes, piétiner un orteil, suffoquer de l’haleine de dents pourries, tirer sur l’habits par de gamins, se faire tripoter par une étrangeté ou plus inquiétant encore : se voir en danger et se faire reconnaître par des suisses, des mousquetaires, des maréchaux, des gardes, des amantes délaissées ou même par un curé, car ils sont bien étranges ceux-là, tout cela le répugnait au point de vouloir seulement s’enfermer dans un bordel, n’importe lequel, et y passer la journée… Mais non! Même les putes étaient de sortie pour l’occasion!

Il s’était donc résolu au fait qu’il ne pourrait soustraire cette journée à son existence et c’était donc convaincu qu’il valait mieux y mettre du sien et tenter de s’amuser un peu… S’amuser oui, mais de loin quand même! Pas question d’un bain de foule! De plus, il savait bien ce qui se tramait dans la masse de gens. L’araignée en avait appelé aux grands exploits dignes de la petite racaille… Est-ce que tous ces gens étaient insouciants au point de ne pas comprendre le danger que représentait Grégoire en ce jour? En ce jour, Richard n’aurait que pour seule richesse l’acier de ses lames au cas où… Sait-on jamais dans ce Paris grouillant! On ne sait jamais aussi quand le travail nous trouve et à peine avait-il fait dix pas hors de chez lui pour se diriger vers Notre-Dame qu’un homme le reconnu pour ce qu’il était. L’avait-il croisé dans une bagarre de taverne? Il n’aurait pu dire car comme bien souvent, si cet homme connaissait la nature de Trois-Lames, la réciprocité ne s’appliquait guère!

D’abord sur ses gardes, Richard l’écouta lui raconter son affaire… Un médecin avait tripoté d’un peu trop près sa femme et ce type était prêt à mettre une sacrée somme sur la table pour qu’à son tour il goûte la médecine de Richard; sans jeu de mots douteux bien sûr… Au final il n’avait pas grand-chose à faire… Son client lui avait déjà trouvé un lézard qui serait en mesure de reconnaître le médecin et lui n’aurait qu’à remettre ce dernier à sa place. Rien de plus facile! C’est ce qu’il croyait à prime abord mais lorsqu’un gamin de même pas dix ans vînt le trouver, il comprit que cette histoire avait le potentiel de tourner en un tas de problèmes! Le gamin l’informa que le satané médecin avait été vu à l’endroit exact où tout Paris se massait devant la majestueuse Cathédrale. Déjà ils allaient être chanceux de pouvoir le retrouver dans cette foule mouvante et ensemble Richard guidé par le gamin ne perdirent pas de temps à se diriger vers la place de Grève.

Une fois sur place, il ne fallut pas longtemps à Richard pour comprendre que le médecin avait changé d’endroit en voyant l’expression confuse sur le visage du jeune garçon. Bien sûr ça ne pouvait pas être facile pour une fois… D’une main ferme à son épaule Richard forçait le gamin vers l’avant à chercher encore… Ils se devaient de trouver ce médecin et le mercenaire se faisait un devoir de le rappeler de sa poigne chaque fois que le jeune voulait baisser les bras et abandonner.

- « Alors il est où c’conard? » s’impatientait Richard…

Déjà qu’il se devait de materner ce gamin pour ne pas qu’il se fasse écraser par la foule, celui-ci n’était pas foutu de l’aider dans sa quête. Le petit avait beau regarder dans tous les sens, s’étirer sur ses petites jambes et se tenir sur la pointe des pieds pour fouiner parmi la foule mais rien n’y faisait. Ils avaient perdu la trace de la cible et il fallait maintenant la retrouver. Alors que le Trois-Lames aurait eu besoin d’un vrai lézard pour cette opération, il avait à la place un gamin qui commençait à couiner pour seul espoir de localiser le médecin.

- " J’y vois rien avec tous ces gens!" se plaignait le petit et Richard se devait maintenant de trouver une solution pour ne pas foutre en l’air ce travail…

Le geste ne l’enchantait guère mais il se devait bien de résoudre ce casse-tête! Il empoigna le gamin et le jucha sur ses épaules. Avec une jambe de marmot près de chaque oreille, le mercenaire avait soudain l’air d’un grand frère permettant à son petit frère de voir quelque chose pendant les festivités. De là-haut, le regard du jeune garçon s’illuminait. Il pouvait y voir le dessus d’un millier de têtes sautillantes et les vives couleurs du mannequin sur l’estrade qui allait être sous peu brulé. Même les âmes les plus noires pouvaient ressentir l’euphorie de cette masse qui venait brouiller l’esprit aiguisé pour se laisser aller de bon cœur à la fête. Il en fallait par contre plus que ça pour que Richard oublie son sale boulot en cour et surtout la prime qu’il allait toucher. Ainsi, le bretteur s’assura que le jeune garçon partage son état d’esprit et qu’il reste bien aux aguets!

- « Hey là-haut! Ne te laisse pas distraire et souviens-toi pourquoi on est ici. » et afin de rajouter un peu de motivation au gamin, Richard rajouta froidement : « Et qui sait si on ne le retrouve pas sur qui je ferai passer mon envie de frapper! »
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Mar 7 Oct - 8:10


Les rues de Paris étaient bondées de monde pour ce fameux quatrième dimanche du Carême. C’était la fin de l’hiver, la fin de ces journées froides qui tuaient plus d’une personne dans la capitale française, la fin de ces jours plus courts que la nuit, de ce gel parterre qui valait des frayeurs et des accidents à tout être qui n’était pas attentif à ces pieds qui foulaient le sol. Contrairement aux Sudistes, l’Anglois n’avait pas spécialement peur de de cette poudre blanche qui tombaient du ciel, il la connaissait même plutôt bien car elle revêtait les pavés de Londres aussi. La nature se réveillait autour de la cité, les perce-neiges commençaient à pointer le bout de leur chapeau blanc et de leur tige verte. Le silence de l’hiver était remplacé par une douce introduction de roucoulements et de divers bruits alors que le manteau gelé entretenu par la saison froide commençait à se retirer lentement.

Cette foule était la proie rêvée pour aller cueillir quelques bourses bien remplies, Ian le savait, cependant il avait tout de même longtemps hésité à s’y rendre. L’Anglais s’était laissé dire que Grégoire y prendrait sûrement partie, et moins il le voyait, mieux il se portait ! Sa mission voulait qu’il soit assez proche de lui pour savoir ce qu’il complotait, cependant, elle ne le forçait pas à devenir ami avec lui et à lui lécher la peau des jumelles après utilisation pour lui faire sa toilette intime. Comme beaucoup de monde, il craignait l’Araignée, certes moins que les truands officiellement ligués contre lui vu qu’il était entré dans un cercle qui faisait que le Roi des Thunes l’appréciait bien, ou du moins n’avait rien à l’encontre de sa personne. Et il y avait aussi Laura… et son frère ! Depuis leur rencontre dans cette taverne. L’Anglois ne pouvait plus penser qu’à elle lorsqu’il couchait avec une autre femme. Quand il caressait les formes d’une femme, c’était les petits seins de la gueuse qu’il touchait. Quand il prenait l’une de ces bourges, c’était la chaleur de la jolie brune qu’il ressentait. Elle l’avait comme hypnotisé malgré son manque de connaissance et de savoir-faire. Cependant, elle l’avait prévenu de la jalousie de son frère et la présence de ce dernier le gênerait sûrement plus qu’autre chose.

Ce fut alors à travers ces rues qu’Ian se lança pour aller à la chasse aux pièces, espérant trouver le Saint Graal dans l’une des boursettes qu’il volera. Alors qu’il cherchait sa prochaine victime parmi les gens qui le bousculaient, il remarqua une noble qui était en train de nouer sa boursette qui avait l’air bien remplie autour de sa ceinture.

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'Sujet de Fortuna' : 9

C’est alors sans trop de difficulté que le Gueux s’approcha de la demoiselle et coupa le fil qui retenait la bourse qu’il avait maintenant en main pendant que la cruche gloussait avec un homme sans prendre attention à ce qu’il se passait du côté de son argent.

Content de sa première prise, il s'éloigna avant de choisir une nouvelle victime qui fut un homme d'une plus petite taille que lui. Il se baissa alors pour attraper la bourse qui lui semblait facile d'accès et pas trop difficile à attraper. Il commença à défaire le noeud que le damoiseau avait fait.
Deus ex Machina a écrit:
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'Sujet de Fortuna' : 19
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Mar 7 Oct - 17:39


Sous des habits crasseux, qu’un forgeron lui avait prêté, Achille de Montaron progressait sans trop mal dans la foule de gens qui affluait vers ce qui semblait être le cœur des festivités. En ce quatrième dimanche de Carême, jour de fête pour les Parisiens, les réjouissances allaient bon train. Les gens sortaient dans la rue fêter la fin des temps durs d’hiver, du froid qui les gelait jusqu’aux os pour ceux qui dormaient dehors sous la nuit glaciale.
Paris s’éveillait joyeusement avec le retour du soleil et des petits bourgeons qui commençaient à fleurir un peu partout, sur les branches nues des arbres qui ont vaillamment affronté l’hiver. Le printemps revenait et la nature plus clémente calmait les parties du corps meurtries par la rudesse du froid. C’était l’effervescence dans les rues parisiennes, de tous côtés les gens criaient et se massaient place de Grève, où un mannequin de paille serait brûlé.

Ceux-ci bousculaient sans gêne le mousquetaire. Ils ne se souciaient pas ou ne se doutaient pas de sa véritable identité puisque, complètement transformé, Achille se fondait dans la masse en devenant l’un d’eux. Il n’était qu’un guère paysan ou artisan à leurs yeux, ses longs cheveux et sa barbe qu’il avait laissé pousser exprès étaient trompeurs et le faisait passer pour quelqu’un d’autre. Il n’était plus le naïf mousquetaire souriant que l’on croisait naturellement dans les couloirs du château royal, son caractère s’était enflammé, un chouia au-dessus, et ses qualités reconnues par ses congénères.
D’Artagnan en personne l’avait missionné pour repérer des têtes connues des forces de l’ordre et pouvant être mêlés à l’affaire qu’ils étaient toujours en train d’élucider. Malheureusement elle atteignait son point de non-retour. Sans indice supplémentaire après cette journée riche en festivités, les bijoux volés risqueraient de ne jamais retrouver leurs propriétaires.
Triste sort pour ces pierres qui pleuraient leur histoire fort déjà mouvementée, passant de main en main baladeuses et pas des plus propres. Peut-être avaient-elles déjà été vendues et qu’ils ornaient d’autres parures. La pègre touchait même les hauts échelons du pouvoir, ainsi que les cours européennes. Bref, point de spéculations hâtives. L’heure n’était pas à la réflexion, ni aux hypothèses que l’on pouvait tirer de cette affaire. Il serait temps d’entrer en action.

Le pas agile, Achille se faufilait dans la foule, oubliant les mises en garde de son chef. Son allure contraire aux autres le trahissait et c’est tout essoufflé qu’il se cacha derrière une arcade. Tranquillement il essaya de se remémorer des consignes que lui avait donné D’Artagnan un jour plus tôt.
Il avait apprécié l’effort que le soldat apportait à son physique, il se transformait dans l’intention de tromper tout le monde ce dimanche de Carême, si personne ne le reconnaissait bien sûr. Bon Dieu, que cette journée pleine de réjouissances annonçait bien d’enivrantes péripéties. D’ordinaire habitué aux livres et au repos des sens, ce tumulte qui rendait la capitale fiévreuse l’inspirait soudain. Il se prenait au jeu, mais restait attentif aux agissements de chaque.
De crapuleux personnages guettaient plus ou moins sereinement dans l’ombre de la foule.

Sortant de sa cachette, après s’être ménagé l’esprit, le mousquetaire adopta un pas plus sûr. Au loin, il vit Laurent, un mousquetaire lui aussi, toutefois mis à rude épreuve car la foule le noyait. Achille fut tenté de partir à son secours mais ne le fit pas, rejetant les émotions qui le déviaient de son objectif. La résolution de cette affaire nécessitait des efforts, beaucoup d’efforts même et il ne faudrait pas les gaspiller.
Se raccrochant à sa quête du jour, le mousquetaire poursuivit sa route. Il se rapprocha sans le savoir d’un truand et se surprit de le voir faire demi-tour alors qu’à deux mètres se trouvaient Athénaïs de Montespan et son frère. Achille s’écarta sur le côté pour libérer le passage à l’étrange individu tandis qu’il revenait sur ses pas, dans la direction opposée que prenait la marquise.
Quel empoté celui-là ! pensait tout bas le mousquetaire. Malgré les capes qui protégeaient le frère et la sœur Mortemart, ils étaient facilement reconnaissables dans la foule.

L’œil aux aguets, Achille les évita soigneusement et emprunta une autre rue. Il la parcourut et s’aperçut qu’elle déboucha sur la fameuse place où se déroulait la majeure partie des festivités. Sa taille l’avantagea, il put voir en son centre le mannequin qui n’attendait qu’à être brûlé. Parcourant du regard les environs, il trouva rapidement un poste d’observation non négligeable près d’un étal de fruits.
L’arme, reposant dans son étui, restait sagement collée à sa cuisse, sous son pantalon. Sans, il serait jeté dans la gueule du loup.
Vigilant à son poste, il ne se douta pas la moindre seconde de la rousse tout au-dessus de lui, perchée à sa fenêtre, qui surveillait comme lui. Il paya la commerçante pour croquer une pomme. Tous les moyens étaient bons pour ne pas s’attirer l’attention et sur le coup, c’était plutôt efficace.

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Mer 8 Oct - 23:12

Debout parmi la foule, Aurore, les bras croisés contre sa poitrine parce qu'elle avait froid, laissait son regard errer sur les visages qui apparaissaient au hasard des déplacements. A côté d'elle, Alix, sa belle-sœur, se tenait debout, raide comme un manche à balai, frissonnant dans le froid. C'était la fin de l'hiver, et pourtant, la température restait basse. Aurore songea alors que la foule était une aubaine, finalement : rien ne valait la chaleur humaine pour résister au froid. Albert était parti voilà dix minutes pour leur acheter une brioche. Aurore lui avait assuré qu'elle n'avait besoin de rien - elle ne se souvenait que trop bien de la conversation musclée qu'elle avait eu avec Alix lorsque cette dernière lui avait reproché d'être un poids pour la maisonnée. Son frère n'avait rien voulu entendre. Ça lui faisait plaisir et c'était l'occasion ou jamais. La jeune fille s'était laissée fléchir.

- Il devrait être de retour, remarqua Alix, la mine sombre.

C'était vrai. Les boulangeries n'étaient pas ce qui manquaient, à Paris...


- Ne t'en fais pas, assura Aurore doucement, il y a du monde et, si ça se trouve, il a croisé une connaissance.

Mais Alix ne se satisfaisait pas de ce genre d'excuses. Déjà, son regard fouillait la populace, scrutant chaque silhouette, cherchant son mari. Aurore leva les yeux au ciel, agacée. N'empêche, elles n'avaient rien d'autre à faire et puis, la foule, c'était toujours des surprises. Les dames étaient endimanchées, les enfants jouaient entre les jambes des passants et les marchands ambulants proposaient toutes sortes d'objets truculents. Alors la domestique se dressa sur la pointe des pieds, dominant les premiers rangs des personnes qui étaient devant elle. Des chapeaux, des plumes, des pinces à cheveux richement travaillées, des casques, des chevelures grasses et pouilleuses, Aurore voyait tout ce que Paris contenait. Si elle levait les yeux, elle pouvait apercevoir des femmes et des enfants penchés aux fenêtres, saluant la foule, ou bien des chats, effrayés par les clameurs, bondir de toits en toits et gagner en quelques foulées une cachette bien à eux.

- Je ne le vois pas, dit-elle à Alix qui se mit à pester à voix basse.

Mais elle voyait autre chose. Non loin de là, elle voyait Alceste, leur voisin forgeron, plongé dans une discussion avec un autre type qu'Aurore n'avait jamais vu. Elle prévint Alix et rejoignit Alceste.


- Dis, tu n'aurais pas vu Albert ?

Le forgeron s'interrompit et, haussant les épaules avec une moue sincèrement désolée, l'informa qu'il ne l'avait pas vu mais que, s'il le croisait, il lui dirait qu'elle le cherchait. Aurore le remercia et regagna sa place aux côtés de Alix. Elle avait bougé de quelques mètres. La foule avait ses mouvements propre à elle, incontrôlables et aléatoires. Elle en fit la remarque à Alix.

- Si ça se trouve, dit sa belle-sœur, il nous attend ailleurs.

Aurore opina et se remit à fouiller la masse avec attention.


Deus ex Machina a écrit:
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'Pupille de Minerve' : 8

1 et 5 : Entre 1 et 5 rien ne t'échappe tu vois quelqu'un qui pourrait savoir où est Albert
De 6 à 10 : tu es aux aguets, tu crois voir cette personne.
Le reste : distraite ou absorbée par la foule

Le plus difficile, c'était de percevoir les détails au milieu de ce foisonnement de couleurs et de mouvements. La place grouillait de monde qui s'impatientait, qui bougeait et qui, parfois, dansait dans certains coins. Et là, fendant la foule, ce n'était pas...

- , s'exclama Aurore, je crois que je vois Dom ! Tu sais bien, le collègue d'Albert qui ne cesse de perdre ses affaires ! Il doit bien savoir où il est, non ?
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Lun 20 Oct - 0:56

Accrochée aux bras de ses deux amies, Juliette bavardait joyeusement avec Joséphine et Marie. Elles étaient toutes deux des jeunes filles cultivée et agréable. Elles s'étaient toutes trois connus il y a fort longtemps, bien avant que Juliette ne parte pour le couvent et qu'elle perde de vue ses amies. Bien sûr, elles s'étaient quelques fois envoyées des lettres mais les sœurs n'autorisaient pas une correspondance sur le long termes. A sa sortie du couvent, Juliette avait été surprise que les deux jeunes filles ne l'aient pas oubliée. Elle l'aurait aisément compris … Elle avait été si longtemps emprisonné dans une prison froide et rigide qu'elle n'aurait pas été étonnée de voir ses deux amies d'enfance s'éloigner d'elle … Et pourtant ! Bien vite, la jeune fille avait pu renouer le contact avec Joséphine, une belle blonde aux yeux bleus, et Marie une rouquine aux visage couvert de tâches de rousseurs. Toutes deux avaient un charme certain et une vraie aura de séduction … Ce que Juliette ne se trouvait pas.

Ennuyée, elle s'efforçait souvent de ne pas se trouver de défaut mais c'était plus fort qu'elle. Elle fut sortie de ses pensées par le rire de Joséphine qui était à sa droite. Celle-ci voyant le regard perdu de Juliette sourit et dit :

-Je vois que tu t'es encore perdu dans tes pensées, ma chère. Reste un peu avec nous, cela fais si longtemps que nous n'avons pas pu discuter comme cela !  

Juliette tapota la main de son amie et esquissa un sourire :

-En effet. Excusez-moi. Je suis toujours un peu rêveuse …  

Elles reprirent alors leur conversation  parlant de tout et de rien sauf du fiancé de Juliette. C'était un sujet qui, les deux amies de Juliette l'avaient compris, mettait mal à l'aise la jeune fille. Bien sûr, elles n'étaient au courant de rien concernant le viol ou la brutalité du comte mais … Elles sentaient bien quelque chose n'allait pas entre eux. Malgré cela, Juliette, pour rien au monde ne leur dirait ce qui était arrivé. Elle serait alors mis au ban de la société et serait jugée par tout le monde. A cette pensée un frisson la parcourut. Elle n'était pas prête à envisager l'avenir en tant que femme ruinée … Elle se devait d'attendre encore un peu avant de faire à son cousin de sa décision de rompre ses fiançailles …  

Une heure passa puis vint le temps de se dire au revoir. Les deux jeunes amies accompagnèrent Juliette jusqu'à l'endroit où devait se trouver son carrosse … Mais aucun signe de lui. Juliette haussa un sourcil regardant à droite et à gauche où pouvait bien se trouver son cocher. Joséphine et Marie eurent l'air aussi désappointées qu'elle et la jeune blonde finit par lui demander :  

-Tu es sûre de ne pas t'être trompé sur le lieu où il devait t'attendre ?

-Non ! Je lui avais bien dit face à la grande fontaine du parc … répliqua Juliette en affichant un air mortifié.  

Marie lui prit la main avec douceur.

-Ne t'en fais pas. Nous allons bien le retrouver. Cette ville est grande mais je la connais parfaitement.

Un peu rassurée, les trois jeunes femmes se mirent en route. Elles arrivèrent bien vite vers la place où se déroulait la fête qui honorait la fin de l'hiver. Une foule de gens grouillait tout autour d'un mannequin empaillait … Juliette observa d'un air fasciné les gens rires et danser … Ils étaient tellement … Libres. La jeune femme fut tirée de sa rêverie, encore une fois, par la voix de Marie s'exclamant :  

-Oh ! Je crois avoir aperçu ton carrosse là-bas !  



Deus ex Machina a écrit:
Le membre 'Juliette des Moneyroux' a effectué l'action suivante : Au gré du Hasard

'Sujet de Fortuna' : 1

Tournant son regard vers la direction que pointait le doigt de son amie, Juliette découvrit en effet, son carrosse à l'autre bout de la place … Elle entrouvrit les lèvres, effarée. Son cocher était-il idiot ou sourd ou bien les deux ? Comment avait-il pu se retrouver là bas ? Se retenant de taper du pied comme l'aurait fait une enfant, Juliette se précipita vivement vers la foule, suivie par ses deux amies.  

-Je ne vais pas attendre que cet idiot de cocher ne remarque mon absence ! Malheureusement, je vais devoir traverser la place pour le rejoindre.  

Mortifiées, les trois jeunes filles s'engouffrèrent dans la foule truffait de truands, de mousquetaires et du peuple parisien.
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Mer 29 Oct - 0:39

Vivonne/Athénaïs

Groupe : Noblesse

Mission: L'attention du fringant Duc de Vivonne papillonne autour de lui. La faute sans doute à l'excitation d'être au milieu de cette foule, car en effet sa vigilance laisse passer un mouvement de foule brusque provoqué par la chute d'une pauvre demoiselle depuis l'estrade où elle dansait peut être un peu trop joyeusement avec une amie. Sa chute rencontra donc les gens qui se trouvaient là. Parmi ces gens : la fratrie Mortemart. La jeune femme tomba contre un poissonnier ventripotent qui sous le choc chuta lui aussi en arrière, tombant contre la belle Athénaïs. Ce mouvement promet la belle à une rencontre douloureuse avec les pavés de Paris.

La suite des événements : En mettant à l'épreuve son adresse Vivonne peut tenter de rattraper sa sœur.
Athénaïs peut elle aussi tenter de se rattraper, la chute pourrait lui coûter une belle étoffe ou une blessure.


Laurent de Flones

Groupe : Noblesse

Mission: Le comportement observateur du mousquetaire interpelle des gardes non loin de lui. L'un d'eux le regarde d'une manière insistante et finit par s'approcher, le regard fatigué et irrité de devoir surveiller une foule en liesse.
-Monsieur... J'ai le sentiment de vous connaître...

La suite des événements : En mettant à l'épreuve sa mémoire Laurent peut tenter de se souvenir s'il a jamais rencontré cet homme. Il doit dans tous les cas tenter de se faire oublier en le persuadant ou en détournant son attention.


Ambroise Delacroix

Groupe : Savant

Mission:-Vous ! Vous espèces de chiure de pomme ! Raclure de bidet estropié et asthmatique ! Médecin à la manque et déjection d’Hippocrate ! Oui c’est à vous que je parle quelle est cette chose que vous m’avez prescrite ?
Le bourgeois saisit Ambroise par le dos de sa veste et le retourna brutalement. Le médecin se retrouva donc confronté au teint rougeaud et à l’haleine aigre et carié d’un bourgeois ventripotent qui lui postillonna à la figure tout son mépris en utilisant des figures colorées comme « chiure de mouche tombée dans de la merde de cheval diarrhéeux. » ou plus banale comme « médecin de mes deux à la manque ». Les petits poings dodus et bovin de l’homme serraient si fort les vêtements du médecin que la fuite était difficile.

La suite des événements :En mettant à l'épreuve son charisme, Ambroise peut tenter de tout d'abord calmer le patient lésé. S'il y parvient il peut alors mettre à l'épreuve sa persuasion.


Richard Morel

Groupe : Truand

Mission:Antoine posa ses mains sur la tête de Richard, le frappant très légèrement.
- J'suis pas distrait ! J'regarde pour voir le bonhomme !
L'enfant jetait des regards circulaire autour de lui. La foule les entourait et restait compacte autour d'eux.
Et puis il y eut un éclat de voix, Antoine plissa les yeux.
-Va par là ! fit-il en pointant la main soudainement vers la droite, manquant de perdre son équilibre à cause de son enthousiasme.
Il appréciait particulièrement de ne pas avoir à marcher et d'avoir ainsi sa propre monture.

La suite des événements :En mettant à l'épreuve sa détermination, Richard parviendra peut-être à traverser la foule suffisamment vite pour aller là où veut se rendre le petit Antoine.


Ian Wilhood

Groupe : Truand

Mission:Alors que tu allais enfin t'emparer de la bourse de l'homme ta main ripe et lui-même se tourne vers toi et remarque ta présence dans une position non équivoque. L'homme s'apprête hurle à plein poumons tout en tentant de te maitriser.

La suite des événements :Il ne reste plus qu'une seule solution la fuite. Fais vite avant qu'on ne t'attrape. Le niveau d'alerte augmente de 1 donc de 1.


Achille de Montaron

Groupe : Soldat

Mission:Alors que tu évolues dans la foule avec l’œil du faucon, la discrétion du renard, l’élégance du chat, et la hargne du chien de chasse famélique tu reconnais une silhouette familière. Tu reconnais, la gracile et fanée Estelle Mains-lestes, cette prostitué dont tu avais trouvé le nom et que Nicolas Douillet, l'un des voleurs du Palais-Royal, fréquentait assidument. Rien de très surprenant à la voir ici, mais... Elle semble avoir une attitude inquiète, anxieuse. Peut-être faudrait-il la suivre ?

La suite des événements :En mettant à l'épreuve ta discrétion peut-être arriveras-tu à la suivre et voir ce qui semble tant l'inquiéter.


Aurore Albray

Groupe : Domestique

Mission:
Toujours à la recherche de ton frère, tu avances vers son collègue. Ton pas est assuré, ton allure élégante pour une souillon (remercions ton si précieux et contesté sang bleu) et tu vas pouvoir te rapprocher de l’homme. Malheureuse ce dernier ignorant ton projet continue d’évoluer comme si de rien n’était. Parviendras-tu à le rejoindre ?

La suite des événements :En mettant à l'épreuve ta détermination peut-être arriveras-tu à le rattraper.



Juliette des Moneyroux

Groupe : Noblesse

Mission:
La traversée de la foule pour rejoindre ton carrosse se fait sans encombre et tu évolues élégamment au milieu des gueux et autres malgré la contrariété qu’a causé la stupidité du cocher. Tu es si déterminée que tu en es déjà à la moitié de ton chemin (2/4). Mais alors que tu t’apprêtes à mettre une fois de plus un pied devant l’autre tu distingues la silhouette d’Achille de Montaron.

La suite des événements :Tu peux choisir de le rejoindre pour lui demander de t’aider ou de continuer ta quête solitaire vers ton moyen de location. En mettant à l'épreuve ta détermination peut-être arriveras-tu à le rattraper.



Lina Romanelli

Groupe : Artiste

Mission:
Malheureusement tu ne produis pas l’émotion espérée sur la foule. Quelques personnes se sont bien retournées vers toi, mais l’attention ne semble pas retenue, sauf chez une poignée de spectateurs peu indulgents qui prennent à présent plaisir à se moquer de toi.
Un peu de soutien ne ferait donc pas de mal… Seulement les choses ne font qu’empirer. Non contente d’avoir disparu dans la foule, Madeleine a laissé sa place à ce cher Fiorilli, visiblement peu content de te trouver à tenter de tuer l’ambiance à coup de tragédie. Et bien décidé à venir te le faire comprendre !

La suite des événements :Tenter d’impressionner le maître, de l’embobiner avec une excuse improvisée, ou de te carapater dans la foule, voilà les trois possibilités qui s’offrent à toi.


Niveau d'Alerte à la fin de ce tour :

Niveau 2 : De l'agitation a été repérée mais on ne sait pas encore très bien ce qu'il en est. Les soldats se font lentement passer le mot. Au moindre mouvement suspect ils tentent d'enquêter et de s'approcher, (les voleurs et les soldats ont un malus de +1 sur leur lancer de dés ; les volés ont un bonus de -1)

Les guetteurs doivent faire un lancer de dés pour déterminer leur vigilance.

Pour tous:
 
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Mer 29 Oct - 22:04

Un sourire complice fut échangé entre le frère et la sœur alors qu’Athénaïs affirmait l’inéluctabilité de la défaite du Duc.

« Mais rien n’est inéluctable ma chère. Et heureusement, la vie serait triste autrement. »

Ensuite ils s’enfoncèrent dans la vie parisienne, avançant sans peur, pour Vivonne a minima, ni reproche, curieux, amusés et finalement fort aise. Et ce malgré l’inexpérience d’Athénaïs et la perte d’habitude de Vivonne, malgré son air blasé sur le visage.

Ayant perdu l’habitude de la vie parisienne lorsqu’il était en mer, l’attention de Vivonne ne cessait de papillonner entre les diverses distractions que proposaient les festivités. Les danses et la musique emplissaient l’air, alors que l’odeur de la foule chatouillait désagréablement les narines du marin au grand cœur. Il fallut une rousse crinière chère à son cœur pour captiver son attention. Et ainsi le Duc suivit du regard Madeleine Béjart et sa protégée, curieux de ce qui se passerait sur scène. Mais avec la foule, il était difficile d’entendre la jeune italienne, ce qui était bien dommage. Cela fit apparaître une expression de frustration sur les traits du Duc, alors qu’Athénaïs s’inquiétait des mouvements de foule. Ce manque d’attention de la part du Duc pour sa sœur était fort regrettable comme la suite allait le prouver.

La foule ne cessait de bouger, bousculant tout un chacun, alors que le Duc cherchait a se rapprocher de la scène, attirant Athénaïs qui se trouvait a son bras, désireux d’entendre Lina Romanelli, mais ce faisant, ils passèrent près d’un poissonnier. Comble de malchance, la chute d’une danseuse suffit à faire basculer le marchand ventripotent contre Athénaïs. Surpris, Vivonne se retourna et essaya de rattraper sa petite sœur.

Sa tentative fut des plus réussies étant donné qu’il avait été pris complètement par surprise, mais ça n’était tout de même pas parfais. Inquiet, le Duc dégagea sa sœur du poissonnier ventripotent et s’empressa de lui demander :

« Comment allez vous ma sœur ? »

Vivonne était sincèrement inquiet pour Athénaïs, il aurait fallu être aveugle pour ne pas pouvoir le lire sur son visage.

Spoiler:
 
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Mer 19 Nov - 18:32

Spoiler:
 

Tout semblait se dérouler au mieux. Ou du moins il n’y avait rien à signaler pour le moment. La foule était légèrement agitée certes, mais pas plus que de raison. Simple bonne humeur populaire, rien qui ne méritait de s’inquiéter. Les mains des truands pouvaient continuer de se balader, l’attention n’était pour le moment pas portée sur eux. Du moins Pia en était persuadée, scrutant oui, mais avec une attention qui demeurant relative. Persuadée d’effectuer un travail sérieux et exemplaire, les coins de lèvres de l’Italienne se relevaient pourtant doucement, sans qu’elle ne s’en rendre compte. Car après tout, le spectacle était assez distrayant, même plaisant, presque enclin à la distraire.
Laissant balayer ses yeux au hasard, son regard s’attacha soudain par hasard sur la silhouette d’une femme trop bien habillée pour être une simple petite bourgeoise. Et qui, ô comble de l’amusement, vint contre son gré à la rencontre d’un poissonnier qui devait être aussi puant que la dame respirait la délicatesse. Sans même voir le visage de la femme –si ça avait été le cas Pia serait sans doute tombée à la renverse de contentement-, la scène lui tira un retentissant éclat de rire. Cependant, subalterne correcte malgré la mauvaise volonté qu’elle était aujourd’hui, Pia ne s’attarda pas plus longtemps sur l’élément isolé, reprenant ainsi sa veille sans bien sûr manquer de soupirer. Maudite soit cette affaire, songea-t-elle en balançant vindicativement ses jambes dans l’air.
Enfin. Elles étaient au moins deux dans le même bateau. Car la demi-portion de Melechia avait également été recrutée pour jouer au guetteur. Une qui sillonnait la foule, l’autre qui la surveillait de haut, il y avait peut-être même moyen qu’elles fassent un duo convainquant. Quoique sans doute mal assorti malgré une langue commune. Entre le furet et la pie, il paraissait en effet que la différence était grande. Au demeurant, la vue de la gamine qui passait sous sa fenêtre du bas de son air éternellement nonchalant tira un nouveau sourire à Pia. Enfin quelqu’un à qui adresser la parole. Car elles avaient cela en commun, les deux Italiennes, quelques minutes sans parler –quoique niveau débit de parole Melechia remportait la palme haut la main- et l’ennui les guettait.

Ce fut donc en italien et d’une voix forte qu’elle interpella le furet. Une fois que la jeune truande eut levé les yeux vers elle, Pia lui adressa un signe de la main.  

- Les choses sont plus amusantes vues d’en bas ? Ici je m’ennuie autant qu’un Borgia sans son complot quotidien.

C’était trop injuste. Pourquoi l’avait-on relégué dans les hauteurs quand Mel avait au moins la possibilité de se dégourdir les jambes ? Evidemment elle n’avait pas la bonne foi de reconnaître simplement que Melechia arborait une dégaine plus passe partout. Au contraire, Pia avait décidé de considérer que la répartition des rôles relevait de le décision totalement arbitraire et ne se basait sur aucun argumentaire valable.

- Tu as repéré quelque chose ?

L’avantage de ne pas parler français était de pouvoir se permettre d’évoquer tout haut ce qui leur aurait fallu taire.

- Il n’y a aucun soldat, on perd notre temps !

Toute occasion était bonne lorsqu’il s’agissait de se plaindre, la règle était universelle. Quant aux soldats, elle se doutait bien qu’ils devaient y en avoir quelques-uns dispersés dans la foule, mais puisqu’ils se tenaient tranquilles autant considérer qu’ils n’existaient pas.

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Sam 29 Nov - 17:06

Alix haussa les épaules, ne croyant guère que Dom puisse les renseigner. Aurore était douchée. C'était sa belle-sœur qui râlait, et quand la domestique tentait une solution pour trouver Albert, la voilà qui ne semblait guère emballée. Aurore avait bien envie de lui faire remarquer sa mauvaise humeur, mais elle se contint - c'était le meilleur moyen d'attirer les foudres d'Alix. Ce n'était pas le moment.

En tout cas, moi, je vais le voir avant qu'il ne soit trop loin. Je suis sûre qu'il a des nouvelles d'Albert.

Et sans attendre la réponse d'Alix, Aurore s'évanouit dans la foule, après lui avoir lancé un "reste-là !" impératif. Se faufilant parmi les gens, Aurore ne cessait de s'excuser, prenant garde où elle mettait les pieds et s'effaçant aussi quelques fois pour laisser passer des personnes qui évoluaient à la file indienne, un sourire aux lèvres. Elle croisait de tout, ce jour là, des nobles, des soldats, des enfants, des ivrognes qui puaient, des prostituées qui démarchaient les hommes qui les entouraient.
Aurore avançait plutôt rapidement. Grande et gracieuse, si les gens n'allaient pas jusqu'à lui libérer le passage, ils avaient toutefois tendance à se presser contre les autres - ce qui l'aidait dans sa progression. Elle se hissa sur la pointe des pieds et vit avec découragement que Dom avançait plus vite qu'elle. Il était tout aussi loin que lorsqu'elle était près d'Alix.


Pardon, pardon, laissez-moi passer, disait Aurore en pressant le pas.

Si elle perdait Dom de vue, il lui faudrait revenir vers sa belle-soeur bredouille qui ne manquerait pas de souligner l'insuccès de son expédition. C'était par orgueil qu'Aurore, le menton levé, continuait à braver la populace.


Deus ex Machina a écrit:
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'Pupille de Minerve' : 17

Mais la foule avait, elle aussi, ses propres mouvements. Elle évoluait selon des lois imprévisibles. Dense et mouvante, elle ne laissait pas Aurore avancer comme elle le pouvait, surtout depuis que la jeune femme, qui se trouvait au cœur de la place, tentait de se défaire de masse compacte qui l'entourait. Elle ne pouvait plus demander aux gens de se pousser, car eux-même étaient empêtrés. Aurore était bloquée...
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Lun 1 Déc - 5:41

Ce que cette foule était compacte! Même un homme tel que Richard Morel, habitué de donner du coude et de s’imposer, peinait aujourd’hui à se frayer un chemin sans être perpétuellement obligé de dévier de direction. À chaque pas qu’il faisait en s’enfonçant parmi la foule les ouvertures entre les gens se refermaient par des épaules étrangères venant se serrer. Sur ses épaules à lui, un gamin de même pas dix ans nommé Antoine qui avait à son tour sur ses épaules la tâche de retrouver une cible pour le mercenaire. Le petit lui frappa l’arrière de la tête répliquant qu’il demeurait vigilent et à l’affût… Richard l’aurait balancé cul par-dessus tête au travers de cette masse de gens s’il n’en aurait pas eu autant besoin à cet instant. Ce petit était son seul espoir de retrouver sa cible; un médecin aux mains baladeuses qui allait en payer le prix d’une correction signée Trois-Lames.

Partout, des gens se piétinant pour avoir les meilleures places pour le spectacle à venir. Stupide mannequin enflammé source de l’attroupement. Richard de sa main ferme et de son expression assassine, parvenait encore à avancer tant bien que mal. Cet aura de confiance en soi impétueuse donnait la certitude aux étrangers qu’il valait mieux ne pas étirer le débat avec le bretteur pour une place perdue. Soudain sur la droite il y eu un éclat de voix. Allez savoir la cause, une bousculade, un vol perpétré par la bande à l’Araignée ou autre, qu’importe… À cet instant précis le gamin cru reconnaître le médecin recherché. Il leva le bras en direction de l’homme avec enthousiasme et Richard les sens vifs et décidés tourna brusquement vers sa droite manquant de peu de désarçonner le jeune garçon. Ce dernier c’était rattrapé de justesse en s’agrippant aux cheveux du mercenaire ce qui ne manqua pas de lui faire échapper un grognement à la frontière entre l’agacement et la douleur.

Le petit en rajoutait en lui tapotant sur le dessus de la tête de se dépêcher à avancer. En fait, il battait même des pieds contre son torse et se servait de son fessier derrière son cou pour le pousser de l’avant comme si ce gamin aurait été à dos de poney! Visiblement il prenait un malin plaisir du haut de sa position et l’embêtement de Richard commençait à vraiment l’amuser. « Va par-là!, Grouilles-toi! » et qu’est-ce qu’il croyait encore? Que le mercenaire s’apprêtait peut-être à prendre le thé?!

- Allez cramponnes-toi! Ça va secouer!

Spoiler:
 
Plaquant ses deux mains dans le front de Richard, le petit s’assurait de ne pas tomber de son podium. Trois-Lames quant à lui se lança dans la direction indiquée bousculant au passage les gens devant lui avec beaucoup moins de délicatesse que plus tôt. Avec le petit toujours sur ses épaules, il ne parvenait pas à se mouvoir comme il l’aurait souhaité. Ses mains habiles ouvraient un passage sur la droite et bien qu’il se déplaçait avec beaucoup plus d’aisance que la majorité des gens dans cette foule, son avancée n’était pas des plus rapides. Comble du malheur, les éclats de protestations venant des personnes bousculées ne manqueraient pas d’attirer l’attention sur eux… Au fond, avait-il d’autres choix?  C’est avec toute sa détermination, de ses mains, coudes et épaules qu’il allait devoir percer cette foule pour rattraper le dit médecin.

- Ne le perd pas des yeux! On s’approche!
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Mar 2 Déc - 17:19


Deus ex Machina a écrit:
Le membre 'Athénaïs de Montespan' a effectué l'action suivante : Au gré du Hasard

'Sujet de Fortuna' : 9


Athénaïs continuait d'évoluer prudemment au bras de son frère. Ce dernier semblait bien moins inquiet qu'elle quant aux manants qui piétinaient si près d'eux qu'on pouvait sentir jusqu'à leur haleine nauséabonde. Cependant, la marquise ne voulait pas se gâcher la journée avec une inquiétude persistante et des détails que Vivonne qualifierait d'insignifiant, comme les odeurs désagréables émanant du peuple de Paris, alors que les événements se voulaient festifs. En effet, il y avait de l'animation sur la scène qui avait été dressée spécialement pour l'occasion. Et la jeune femme pouvait reconnaître à présent la célèbre comédienne avec qui elle avait eu le bonheur de lier plus ample connaissance. Celle-ci était accompagnée. D'ailleurs, le regard de Vivonne semblait absorbé par l'image de cette belle femme mure. La marquise ne put s'empêcher de se demander si Madeleine Béjart faisait ou avait fait partie des nombreuses conquêtes du duc son frère. Un petit sourire orna ses lèvres quand ce dernier l'entraîna plus près encore de l'estrade. Il n'y avait nul doute que ce n'était pas son amour du théâtre qui l'y poussait, mais d'avantage le souhait d'admirer de plus près les comédiennes.

Une fois à distance respectable, Louis-Victor s'arrêta, et Athénaïs se retourna pour voir si sa cape, dont elle avait senti l'étoffe la retenir, n'avait pas été déchirée par un malotru qui aurait marché dessus. Constatant que son velours se portait plutôt bien malgré la crasse et quelques éclaboussures de boue qui étaient venues d'y coller, elle eut à peine le temps de se retourner qu'un homme, ou plutôt une montagne puant le poisson, s'écroula sur elle. Ayant à peine le temps d'attraper la main de son frère, la marquise disparut presqu'intégralement sous cet homme ventripotent. La seule chose qui empêcha la jolie tête bouclée de cogner contre le pavé fut son réflexe d'attraper la main de Vivonne, ce qui lui permit d'amortir sa chute. Et un son désagréable de "crac" se fit entendre. Cette fois, c'était certain, quelque chose s'était déchiré.

Sentant quelque chose, ou plutôt quelqu'un qui l'aidait à se relever, cette personne n'étant autre que Louis-Victor, Athénaïs entendit quelques rires. On se moquait à présent d'elle, à cause de cet imbécile qui, pour une raison qu'elle ignorait, était tombé sur elle. Une fois sur ses deux pieds, elle contempla l'étendue des dégâts, et ce n'était pas très joli à voir. Un vrai massacre à vrai dire: ses engageantes en dentelles étaient déchirées et pleine de boue. De la dentelle! La partie la plus onéreuse d'un vêtement. Et d'une robe si précieuse dont son frère lui avait fait cadeau. La colère monta en elle, et la jeune femme se sentit devenir écarlate sous la poudre qui unifiait le teint de son visage, et alors que le poissonnier se redressait, sans aide pour sa part, Athénaïs lui asséna une gifle de sa main gantée.

La furie s'estompa aussitôt, et revenant à la réalité, la jeune femme entendit la voix de son frère qui lui demandait comment elle se portait. Elle regretta immédiatement son geste, d'autant que cet homme, aussi puant fut-il, était aussi imposant qu'un montagne.

-Mieux à présent... balbutia-t-elle.

Elle se demanda alors si elle devait s'excuser, ou bien lui dire qu'il l'avait mérité et qu'il n'avait qu'à faire attention où il mettait les pieds. Toujours était-il qu'elle avait eu la peur de sa vie et que son coeur battait toujours la chamade.
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Mer 10 Déc - 10:30

Surveiller une foule était un exercice particulièrement long, pénible, et ennuyeux. Surtout ennuyeux. Mel avait l’impression d’être désormais en mesure de rédiger une thèse sur l’ennui et même de fabriquer là maintenant un ennuiomètre, sorte de machine qui aurait permit de mesurer son ennui. Le fait était que l’appareil se serait cassé de suite face à l’épreuve qu’elle vivait. Mais au moins inventer un tel appareil l’aurait occuper et elle aurait arrêter de s’ennuyer. Ce qui paradoxalement l’aurait rendu inutile. Mais sa lassitude pesait comme une chape de plomb sur son esprit embué et elle n’avait pas le temps de plus développer le concept avant de s’endormir. Le lecteur lui en sera reconnaissant.



Au lieu de chercher des potentiellement soldats méchants pas beaux qui n’existaient que dans l’esprit paranoïaque de Grégoire, elle entreprit de se curer les ongles en observant la foule à la recherche d’un divertissement. Parce que les seuls soldats qu’elle avait croisé étaient plus saoûls que des cochons et ne représentaient pas un grand danger. Et puis ! Baste ! Si jamais elle avait tort, elle pouvait bien récupérer le coup plus tard. Et puis elle n’aurait pas tort, voilà c’était dit.



Elle ricana joyeusement en voyant trois-lame transformé en monture malmené par un gamin morveux et puant, Antoine si ça mémoire était bonne. C’était décidément trop drôle, les cheveux du mercenaire servait de rênes et le gamin le talonnait avec un enthousiasme des plus jouissifs. Elle allait se faire un plaisir de raconter cette histoire, la déformant autant que faire ce peut. Les ragots qui allaient en découler la faisait saliver d’avance. Les pauvres débiles que Richard avait un jour étrillés seraient ravis de voir le redoutable mercenaire ravalé au statut de poney récalcitrant. Elle observa la course caracolante sans chercher à retenir son rire et aurait observé la scènette pendant un long moment si on ne l’avait pas interpelé.



Ravie d’entendre sa langue paternelle après un sevrage frustrant de plusieurs mois, elle leva les yeux pour voir Pia et lui adresser un sourire amical. Elle eut un grand geste fataliste des bras pour désigner la foule.



- Je me sens aussi désoeuvré qu’un Medicis sans orgie ! C’est dire



Elle soupira bruyamment.



- Sincèrement on a rien à faire là et je serais tellement mieux à boire dans un coin au lieu de surveiller des soldats fantômes dont personne n’a rien à foutre.


Au moins avec Pia, elle avait de la discussion mais le fait qu'elle ne se lance pas dans un tirade montrait que son ennuie l'avait tué.



- Et Andréa, il va venir haranguer la foule ou il méprise trop ce genre de divertissement? À moins qu’il ait la gueule de bois.



Non pas que l’italien l’intéresse vraiment mais elle avait pas grand chose de plus intéressant à faire actuellement. Ah mais ! Une pensée lui traversa l’esprit.



- Faudrait que je te demande un truc… On en reparle?
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Mer 10 Déc - 18:35


Pourquoi cette malchance ? Qu’avait-il fait au bon Dieu pour qu’il se retrouve dans cette situation ? C’était comme s’il avait jeté un putain de dés au mauvais moment et qu’il avait fait un mauvais résultat et qu’il payait pour cela. Alors qu’il tentait de défaire la boursette du type qu’il essayait de voler, cette dernière se mit à trembler et l’homme se retourna pour le fusiller du regard. Des yeux froids, non… gelé, des yeux de tueurs. Les sens du gueux étaient tout à coup aux aguets. Jamais il ne s’était raidit de la sorte, crispant tous les muscles de son corps. Un moins d’une seconde, il sentit l’adrénaline monter dans tout son corps et se répandre plus vite que n’importe quel poison aurait pu le faire. Tout passait au ralentit, les expressions du visage de l’homme en était que plus flippantes. Ces secondes semblaient être des heures mais quand tout redevint à la normal, les oreilles de l’Anglais furent assailles par la voix tonitruante de l’inconnue qui criait de tout son corps en commençant à essayer de lui chopper le bras d’une poigne volontaire. Ne voulant pas se laisser faire, Ian se débattit avant d’essayer de lui mettre un poing dans la tronche pour qu’il le lâche.

Fortuna:
 

Son poing partit tout droit dans sa mâchoire et se fracassa contre cette dernière avec un bruit qui ne fit pas beau à entendre. Un gros craquement bien sonore avant qu’il le voie basculer en arrière pour s’étaler sur une charrette remplie de pommes de terre qui tombèrent au milieu  du chemin.

S’il avait voulu faire moins discret… Il ne l’aurait pas pu ! Cependant, il profita du manque de réaction de gens pour courir et se faufiler dans la foule bien plus loin une fois d’être sûr de ne plus être suivi. Il s’arrêta pour reprendre son souffle et attendit un instant, cherchant quelqu’un qu’il connaissait dans la populace qui l’entourait.
Minerve:
 
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Mer 21 Jan - 11:03

Les lèvres du médecin s’étirèrent pour former un discret sourire. Il avait réussi. Aussi discrètement qu’une ombre, il avait mêlé le rouge-brun de son long manteau aux couleurs vives de la foule et disparu aux yeux de l’un des seuls hommes de Paris qui aurait pu lui causer du tort. Enfin si Ambroise décidait d’occulter ceux dont les femmes s’étaient offertes à lui durant ces quelques semaines passées à arpenter les rues de la capitale et les vallées accueillantes des Parisiennes... Le Montois réajusta le col de son pardessus et se glissa vers le parvis de la cathédrale après avoir jeté un dernier regard à la jouvencelle aux cheveux d’ébène. Quel dommage qu’il faille parfois sacrifier le plaisir à la tranquillité…  

« Vous ! Vous espèces de chiure de pomme ! Raclure de bidet estropié et asthmatique ! Médecin à la manque et déjection d’Hippocrate ! Oui c’est à vous que je parle ! Quelle est cette chose que vous m’avez prescrite ? »

Pour dire vrai, il arrivait qu’Ambroise se remémore les évènements de cette journée et qu’il se prenne à sourire en se rappelant des instants qui avaient suivi ce trait acerbe du tisserand. Mais le médecin devait avouer que malgré les réminiscences relativement précises qu’il conservait de ce jour, il n’était en revanche toujours pas en mesure de déterminer ce qui l’avait alors le plus surpris : le ton vindicatif du bourgeois ou la brutalité de son geste lorsque celui-ci avait lourdement abattu sa main épaisse sur le dos de son manteau pour lui faire effectuer un volte-face aussi brusque que discourtois.

« Apprenez, résidus de basse fosse, que vos foutues médications m’ont presque coûté la vie ! »

Le Montois fut prit d’un violent haut le cœur. Non pas qu’il ne soit guère habitué aux odeurs fétides de certains de ses patients, mais le bourgeois lui soufflait au visage une haleine âcre et faisandée que peu auraient été capables de supporter sans un incontrôlable spasme de dégout. Ne pouvait-il donc pas utiliser du musc ou des infusions de girofle pour combattre ce fléau ? En d’autres circonstances, le médecin se serait fait un plaisir, et un devoir, de lui prescrire de tels artifices, mais son instinct qui ne le trompait que rarement, lui recommandait la mesure et une certaine pratique du tact à laquelle il n’était que peu rompu.

- Monsieur Pontainier, je vous adresse mes excuses les plus sincères. Je n’ai fait que mon devoir de médecin en vous recommandant d’user de l’essence d’euphorbe afin de vous soulager des maux qui étaient les vôtres, et ma seule erreur fut de considérer votre mal bien plus important qu’il ne l’était. Je vous prie, Monsieur, d’accepter que je vous offre réparation pour le tort que je vous ai causé, et que faute de regagner votre confiance, je puisse au moins ne plus mériter votre haine et votre mépris.


Il ne restait plus à Ambroise qu’à espérer que ses paroles pleines de bonne volonté aient touché le bourgeois et qu’il se rende à la raison plutôt qu’à sa colère. La journée était douce, le ciel clair, la foule en liesse, et Pontainier loin d’être aussi imbécile qu’il n’y paraissait au premier abord. Ainsi, peut être le médecin pourrait il passer les belles heures de cette matinée de printemps à chercher dans la foule l’éclat roux qu’il espérait retrouver depuis des jours déjà…

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