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 Une bonne conscience serait-elle la seule à être un bon oreiller ? [PV.Lorraine]


Jeu 26 Juin - 23:03

Il se laissa retomber sur l'oreiller dans un soupir, ses lèvres souriantes, prêtes pour saisir un nouveau baiser. Sa poitrine glabre se soulevait sous sa respiration haletante, son cœur battant dans sa poitrine après une mort éphémère mais intense.
Il tourna son regard de nuit vers le corps qui était allongé près de lui et avec lequel il était toujours enlacé. Il laissa son regard glisser sur la peau nacrée, perlée de sueur donnant l'impression d'un voile d'argent.
Philippe leva sa main pour caresser l'épaule de son amant, l'effleurer. Il savait qu'il ne pouvait le briser d'une caresse, il était d'une matière plus dense qu'un marbre, aussi belle et élégante que cette pierre qui ornait les palais. Pourtant il trouvait chez lui, pour lui, une tendresse qui le faisait frémir.
On lui soufflait que cette tendresse était corrompue, intéressée. Sans doute, pourquoi non ? Philippe sentait pourtant une subtile sincérité lorsqu'il lui indiquait clairement qu'il n'avait pas agi comme il le voulait, lorsqu'il lui déplaisait. Monsieur le lui rendait bien, évidemment, mais ce n'était pas une chose courante parmi ses mignons. Il était un des rares à se permettre de dire la vérité au Prince.
D'autres murmuraient que Philippe de Lorraine ne disait que les vérités qui l'arrangeait.
Peut-être mais Monsieur ne voulait pas voir les défauts de son Chevalier. Du moins ne voulait pas s'y attarder
Il préférait voir son visage fin, son sourire de chat, ses yeux pétillants de vie, ou de malice pour certains. Il aimait le voir juger d'une proie, peser ses défauts et ses qualités, puis partir à l'assaut, cajoler l'animal ou l'abattre d'une voix souriante.
Le Prince n'était pas épargné.
Leurs échanges étaient un combat, il ne savait pas véritablement pourquoi. Chaque fois, peu ou prou, c'était un affrontement qui se terminait dans la douceur des draps. Comme aujourd'hui.
Il regarda vers la fenêtre. Le jour se levait, toujours plus tôt maintenant qu'ils étaient au mois d'Avril. Tant mieux, ainsi il pouvait voir le soleil glisser sur la peau de son amant et le parer d'or après d'argent.
Il eut un léger sourire en repensant au début de leur étreinte. Rentrés tard de l'Hôtel de Guise, ils avaient rejoints leur chambre en titubant. Puis il y eut un caprice, venu de l'un ou de l'autre, impossible de se rappeler, qui enclencha l'affrontement annonciateur d'une étreinte virile et drapée.
Le reste s'était enchaîné de lui-même et retrouvait un Duc d'Orléans essoufflé mais satisfait qui se laissait lentement tomber dans les bras de Morphée. Il luttait pourtant souhaitant savourer encore la présence de son amant à ses côtés. Encore prit par les effluves du vin Philippe avait l'impression que le lit tanguait au rythme des étreintes évanouies du Chevalier. Ça n'était pas désagréable... l'inconvénient était que cela le berçait presque.
Encore frémissant du plaisir qui s'évaporait avec une douce lenteur il soupira dans un sourire.

-Reste avec moi cette nuit, lâcha-t-il sans préambule.

Bien que le Chevalier sembla fort bien installé dans les magnifiques drap des appartements du Prince de France, Philippe connaissait suffisamment le caractère imprévisible de son amant pour ne pas considérer sa présence à ses côtés comme définitive ce soir.
Mais depuis quelques nuits le Prince refaisait ce cauchemar.
Il rêvait de son visage, avait imaginé le corps qui se décomposait lentement... dévoré de l'intérieur ; les yeux vides, d'un vert éclatant autrefois, désormais vitreux, fixés sur lui, quoi qu'il fasse. Il fermait les yeux il sentait son regard. Et sa voix, rauque, sépulcrale, s'éleva de sa poitrine comprimée par le cercueil de pierre froide. "Aide-moi, Philippe, je t'en prie, aide-moi j'ai mal, je souffre... Pour l'amour de Dieu, aide-moi !" Il avait secoué ses boucles noires, les yeux écarquillés, la peur lui nouant le ventre, les larmes coulant de ses joues, arrachées de ses yeux."Je ne peux pas, mère. Je ne peux rien pour vous. Je ne peux rien." Il avait gémi, il avait tenté de se justifier, il avait poussé des plaintes. Mais aucune ne semblait satisfaire le cadavre qui restait face à lui et qui l'appelait et qui pleurait, qui souffrait, qui partait en petits morceaux. Impuissant, Philippe avait recouvert ses oreilles de ses mains, ne voulant plus entendre. C'était intolérable. Les pleurs transperçaient douloureusement ses paumes, vrillaient ses tympans.
Puis il se réveillait.
Toujours le même, il n'en pouvait plus. Il ne voulait plus voir ce visage blanc, ce visage mort. Et les cris surtout. C'était surtout les cris qui le faisaient souffrir plus que tout le reste.
Aussi contrairement à son habitude de tourner ses phrases, de faire patienter... Le prince avait-il décidé de changer de tactique. Surprendre le Chevalier n'était pas une mauvaise chose, lorsqu'on s'y prenait bien on avait généralement droit à un retour tout aussi surprenant.
A voir si le Chevalier apprécierait ou non. Philippe pensait que Lorraine se ferait désirer et chercherait à savoir pourquoi il le voulait avec lui. Peut-être le Prince serait-il sincère cette fois, il n'avait pas vraiment réfléchi à vrai dire.
Il verrait selon la réponse de son ange, son sourire, son froncement de sourcil. Il verrait bien. Tant que cela ne le laissait pas seul au milieu de ses grands draps blancs.
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Mer 2 Juil - 20:21

    Lorraine savait aussi bien tirer des autres son propre plaisir qu'il s'amusait souvent à le leur rendre. Rares étaient ceux qui étaient capables de lui offrir plus qu'il ne pouvait prendre de lui-même, et parmi ceux-là, le Prince d'Orléans détenait la palme. Peut-être fallait-il y voir le résultat inévitable de presque dix ans de relations sans exclusivité. Cela n'empêchait guère le jeune homme de ressentir cette profonde gratitude de la chair satisfaite et repue, non à satiété mais à l'ivresse. Le bien-être lui fourmillait dans les veines du bout des pieds jusqu'à la racine des cheveux, régnant en maître paresseux, digne successeur d'un plaisir ardent conquérant et d'une jouissance intensément bacchique.
    Il était étendu sur les draps comme il s'y était laissé tomber, la tête dans le creux du coude, les jambes encore croisées avec celles de son amant, une main toujours posée sur cette taille dont il avait tant exigé. Une main plus abandonnée qu'entreprenante désormais. Toujours étourdi de plaisir, son regard vaquait sans but jusqu'à ce qu'une requête inattendue de simplicité ne l'oriente vers le visage du prince.

    De sous ses paupières mi-closes, il jeta un œil vers la fenêtre, puis inspira et expira lentement, profondément en s'étirant comme s'il se réveillait d'une déjà longue nuit. Son demi-sourire y était assorti.


    -Il semblerait que tes désirs aient déjà été prévenus, ton Altesse. La nuit est déjà passée.

    La plaisanterie légère lui laissait le temps du choix. S'il n'y avait eu cette demande les choses seraient allées d'elles-mêmes et il se serait laissé prendre par le sommeil sans lever la moindre défense. C'était la seule tactique valable lorsqu'on souhaitait ne pas dormir longtemps : il ne fallait pas lutter, simplement fermer les yeux en pensant fort qu'il faudrait se réveiller bientôt, absolument. Alors on finissait par s'éveiller en sursaut, peu de temps après. Venait le moment le plus difficile et le plus crucial:après le sursaut il fallait se lever vite et sans traîner sans quoi le sommeil vous rattrapait pour vous garder longtemps prisonnier. Une seule échappée était possible. Pas de seconde chance.
    Mais si vous résistiez dès le début, alors... Morphée vous faisait payer l'effort d'avoir dû vous vaincre en vous plongeant profondément dans le domaine du rêve où les heures s'écoulent sans qu'on ne les voit passer.
    Un joli paradoxe de plus. Accueillir le sommeil lorsqu'on savait devoir se lever vite, et lui résister lorsqu'on voulait dormir longtemps.
    Si Lorraine avait choisi la première option cette aube-là, c'était bien parce qu'il ne comptait pas profiter trop longtemps de la chaleur des draps. Il avait promis une première fois d'être à l'heure et au lieu dit à l'une des rares personnes qui comptaient. Il avait promis une deuxième fois face au regard dubitatif et contrarié qui avait répondu à la prime promesse. Et enfin il avait promis une troisième fois lorsqu'il était parti pour goûter aux réjouissances que lui promettaient la nuit, réponse à un regard qui n'exprimait plus cette fois que la résignation déçue.
    Trois fois. Il faudrait bien être là, sans quoi sa parole n'aurait plus aucune valeur. Il n'y aurait pas eu d'hésitation à avoir si, en dépit du sourire qu'on lui adressait, il n'y avait eu ces ombres par trop familières, là au fond de ces yeux déjà si noirs. Des ombres froides aux tonalités d'hiver, qui rappelaient des larmes et des portes closes, des souvenirs inquiets qu'on voulait effacer pour toujours. Parce qu'ils avaient été la preuve de cette erreur impardonnable : s'être fait prendre à son propre jeu, vaincu par des sentiments qu'il n'avait voulu que feints. Lorsque le monde orléanais allait son rythme ordinaire, entre les fêtes et les intrigues de coulisses, Lorraine en oubliait cet échec, trop pris par tout ce que la Cour avait à lui offrir. Chaque émotion pouvait alors avoir tant d'origines qu'il suffisait de ne s'y pas trop pencher pour éviter aisément les cas de conscience. Il pouvait même se mentir parfois, jouer avec l'idée que tout ceci n'avait été qu'une impression passagère, explicable par des raisons autrement plus rassurantes et libérées de tout altruisme. Mais quand ressurgissait cette méchante inquiétude... Il lui semblait entendre le rire moqueur d'un Cupidon plus diable que putti. Tsss...

    Pour une vie saine et sans nuage, on ne devrait jamais se soucier que de soi. Décidément il avait les dilemmes en horreur, mais il n'était pas question de commettre l'erreur d'un Pâris et il décida donc de couper la pomme en deux. Et d'une manière qui lui donnait l'impression de ne rien céder.
    Un compromis en quelque sorte.
    Sans enthousiasme le jeune homme se redressa. Puisqu'il faudrait lutter contre le sommeil en fin de compte, autant mettre toute chance de son côté. Le monde vacilla un peu lorsqu'il se retrouva assis, comme protestant contre ce changement de plan tout à fait irraisonnable. D'une main habituée il crocheta les mèches épaisses qui lui chauffaient trop la nuque, les maintenant relevées du bout des doigts comme la paume sous sa pommette se retrouvait chargée de soutenir une tête trop lourde. Et cet équilibre précaire reposait tout entier sur un coude posé sur le genou. Inconfortable, mais interdisant toute somnolence prolongée. Alors seulement il répondit :


    -Je resterai jusqu'à ce que vous dormiez. Et je vous ferai envoyer Pierre lorsque je partirai.

    Ca ne devrait pas être trop long. Il suffisait de se fier à la langueur qui lui engourdissait les idées et les membres pour parier sans trop risquer sur une victoire prochaine de Morphée. Quant à Pierre, le petit page saurait bien maintenir les draps confortablement chauds durant le sommeil du prince, rassurer par sa présence les songes trop agités.
    Sûrement Philippe d'Orléans ne pouvait demander plus. S'il n'y avait eu ce renoncement à une petite heure de sieste... Lorraine aurait alors estimé avoir proposé le mieux pour chacun. Las ! Force était de constater que deux personnes se trouvaient dans ses dettes pour cet effort que rien ne l'obligeait à faire !
    Ah décidément on ne devrait jamais se soucier que de soi-même... Si ça avait été le cas il n'aurait ressenti que la plaisante satisfaction d'avoir bien manipulé son monde, et non la désagréable sensation de s'être probablement fait floué.
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Mar 16 Sep - 2:23

Il était stupide. Quand on voulait quelque chose de Lorraine, lui en faire la demande directe était la solution la plus simple et la plus rapide pour être sûr de ne pas obtenir ce que l'on souhaitait.
Pourquoi avait-il demandé ? Pourquoi s'était-il laissé une telle liberté ?
Il l'aurait simplement gardé dans ses bras, aurait embrassé sa nuque, caressé son corps. Il lui aurait glissé des mots doux dans un sourire avant de le griffer de quelques remarques qu'il lui aurait sans doute renvoyées, les laissant finalement rire, puis sombrer délicieusement dans le sommeil. Ou qui sait recommencer leurs ébats...
Maintenant tout n'était qu'hypothèse, un rêve bien éloigné.
Philippe retînt un soupir, embrassa la peau à portée de ses lèvres. Il aurait voulu retenir sa stupidité. Il se sentait comme un jeune volcan ne pouvant retenir ses explosions soudaines. Il n'y avait que trois personnes capable de le retenir. Lorraine bien sûr, qui jouait si bien de ses émotions comme d'un instrument complexe mais dont il semblait ne plus avoir de secret. Philippe espérait pourtant en posséder encore pour son amant, souhaitait pouvoir le surprendre encore et autrement que par la richesse de ses présents. Louis était l'autre maître du Prince bien sûr. Et avant eux, sa mère qui n'était plus.
Il vit le petit sourire, suivit son regard vers la fenêtre. Ce n'était pas la réponse qu'il avait espéré mais comment aurait-il pu espérer autre chose de Sa part ?

-Comme je hais le soleil,
souffla-t-il sans y penser. Tant d'impatience à se montrer.

Moitié dit, moitié pensé. Il se laissa retomber contre l'oreiller, se lovant plus ou moins accidentellement contre le Chevalier. Ses yeux se fermaient d'eux-même mais il ne voulait pas dormir, pas encore, pas en ayant la peur de se réveiller seul dans ses draps blancs.
Cet avant goût de la mort ne lui plaisait pas, loin s'en faut et s'il pouvait par tous les moyens s'éviter une telle saveur en bouche il ne s'en priverait pas.
Mais il avait été si maladroit.
Il eut le sentiment que son coeur vacillait lorsque l'ange terrible se redressa sur son séant. L'instant d'après le Prince se demanda même s'il n'avait pas eu un regard de pitié dans ses prunelles noires, s'il n'avait pas senti une tension dans ses muscles pour le retenir contre lui. Il se méprisa aussitôt pour une telle faiblesse. Monsieur se devait d'être faible, il ne pouvait être plus puissant que son frère. Il y avait néanmoins une limite à cette faiblesse et Philippe avait le choix de se construire une autre force qui n'empiètait pas sur celle autoritaire et absolue du monarque. En privé il n'avait plus tant besoin de cette faiblesse de façade.Ce mouvement du coeur aurait démenti cette force dont il avait voulu s'affubler. Cela n'avait rien de surprenant en soi. Elle s'était brisé lorsqu'un coeur maternel s'était éteint.
Rester seul ainsi, là... Tout cela parce qu'il en avait fait la demande au lieu de laisser faire les choses. Dieu aurait tout arrangé pour lui. En voulant agir de lui-même il avait tout anéanti.
Il allait partir avec un sourire et un baiser, se moquer de lui et de ses peurs nocturnes. Il fallait bien que le Prince aima le Chevalier pour avoir tant peur de lui dans cet instant. Un amour biaisé peut-être ou loin de l'amour courtois des temps chevaleresques, de la fidélité dogmatique, de la tendresse rêvée.
En cet instant il n'aurait pu supporter un revers cynique. Il l'entendait déjà lui dire qu'il n'était pas un enfant et qu'il n'avait plus besoin d'avoir peur du noir puisque le soleil se levait pour dissiper l'obscurité qui l'inquiétait.
Il n'avait pu s'empêcher de se redresser légèrement à sa suite, s'appuyant sur son coude pour le regarder, sans prendre attention aux boucles noires qui glissèrent sur son dos. Il tentait d'être le plus nonchalant possible avec plus ou moins de succès, le plus étant attribué au crépuscule.
Hormis son corps engourdi, il ne frissonnait plus de délices disparates. Le sommeil l'avait quitté, il attendait.
Il s'attendait tant à un refus, qu'il avait déjà détourné le regard, les sourcils froncés, les doigts un peu trop refermés sur les draps.
Sa fatigue et sa surprise ne lui firent pas entendre ce qu'il aurait dû comprendre.

-Eh bien va puisque...


Il s'interrompit lorsque son esprit traduisit et transmit enfin la concession qui lui était donnée à contre-coeur. Le frère du Roi se redressa, la surprise se lisant sur son visage. Il restait ? Vraiment ?
Ce tourbillon soudain de joie rejoignant la peur s'insinuèrent étrangement dans ses membres et son esprit, le faisant taire un peu trop longtemps.
Secouant sa tête pour se reprendre, il passa une main sur son visage le regarda.

-Pourquoi partir tantôt ? Ne peux-tu rester avec moi jusqu'au moment de nous lever ?


Il caressa son bras, cherchant un contact, un moyen de s'assurer qu'il était toujours là.

-Tu as besoin de sommeil, bien plus que Pierre qui ne fait que dormir tout au long du jour. Laisse-le là où il est, crois-moi... Sans repos, ta vue en effrayerai plus d'un et c'est une terrible chute d'Adonis à Gorgô. Je t'en prie, reste. Tu ne me dérange point,
sourit-il doucement en retombant une nouvelle fois dans les oreillers sans le quitte des yeux.

Bien entendu qu'il aurait fallu des remerciements, un sourire, un baiser, un gloussement. Mais pourquoi devait-il partir ? Monsieur n'avait plus de prudence lorsqu'il manquait de sommeil, il se faisait plus audacieux, ce qui au demeurant semblait lui arriver régulièrement même lorsque l'astre du jour était à son plus haut. En ce moment il était néanmoins suffisamment conscient pour encore éviter l'ordre direct. Il n'avait pas la délicatesse de rester là où il aurait fallu qu'il reste. N'avait-il pas déjà obtenu une belle victoire en récompense de sa gaucherie flamboyante ? Philippe d'Orléans aimait le tout ou rien. Les miettes le répugnait, quant au néant... Il trouverait un moyen de s'en accommoder... Sans doute...


HJ : Écrit tard en dormant à moitié, du coup c'est sans doute pas clair et un peu nul aussi pardon mince Dis-moi si ça ne te conviens pas et je change!
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Dim 28 Sep - 18:53


    Seigneur ce qu'il devenait difficile de garder les yeux ouverts...
    C'était sans doute pour cela que le jeune homme ne s'étonna qu'à moitié de la réaction du prince, levant légèrement un sourcil interrogatif face à l'élan d'humeur inattendu puis au silence qui lui succéda. Le quiproquo fut balayé aussi vite qu'il s'était imposé et Lorraine sourit malicieusement face à la joie exprimée face à lui. Belle erreur... Digne d'un béjaune. Crier victoire trop vite était impardonnable et il allait s'en mordre les doigts.

    Car voilà que le duc d'Orléans demandait déjà plus. Qu'attendre d'autre d'une concession ? Il fallait toujours que l'autre tentât de pousser plus loin son avantage et c'était bien la confirmation qu'il valait mieux éviter certains compromis. Or en la circonstance, le problème était plus profond, ressenti brusquement en un frémissement, un hérissement invisible mais viscéral. C'était plus désagréable que d'être pris à rebrousse-poil : c'était aussi dangereux que de risquer à peu de chose près de se trouver pris au piège, une longe au cou. Il avait osé un pas en avant, s'était laissé touché par les tourments qu'il avait cru deviner. Et il se réalisait soudainement acculé. S'il ne faisait pas plus attention, s'il ne rappelait pas quelques limites tacites, alors c'en serait vite fini de sa liberté et de son statut. Tout prince qu'il était lui-même, il ne serait alors plus qu'un mignon parmi d'autres, tenu de se soumettre au moindre des caprices orléanais, valant à peine mieux qu'un de ces chiens de manchons dont les dames s'entichaient ! De cela il ne serait jamais question !
    C'était l'une des rares, très rares choses dont la fierté guisarde aurait pu rougir si elle avait jamais eu à s'y compromettre. Or jamais une déchéance n'avait aussi fermement refusée que celle-ci.
    Aussi fût-ce tout juste s'il prêta attention à quelques mots qu'il aurait pu prétendre prendre mal pour le plaisir d'un jeu espiègle. En revanche il entendit parfaitement la dernière phrase qui lui fut adressée dans un sourire qui, tout doux qu'il pût être, n'en restait pas moins beaucoup trop présomptueux.

    Cette pique, qu'elle eût été lancée tout exprès ou qu'elle ne fût qu'une maladresse innocente, atteignit sa cible avec assez d'impact pour qu'il ne put s'empêcher de décocher un regard aigu à l'auteur de la flèche de Parthes. Ne point déranger. Eh là.... Comme le vent tournait vite. A prié de rester il était déjà passé à présence tolérée.
    Il avait trop donné, trop vite d'évidence. Une erreur à mettre probablement au compte de cette malencontreuse faiblesse inquiète pour des ombres au fond de sombres prunelles, ombres qu'il avait d'ailleurs certainement imaginées. Il fallait donc reprendre sans tarder et rejoindre un terrain moins glissant au plus vite.
    A rebours de ce qui lui agitait les méninges, ce que le regard de Lorraine avait pu avoir d'aigu s'adoucit dans une expression de sphinx tandis qu'il levait la main vers le visage de son amant.


    -Toujours trop gourmand mon cœur, souffla-t-il presque pour lui-même tandis qu'il passait un index caressant sur l'arête d'un nez réputé depuis plusieurs générations et dont il aimait à sentir le profil sous ses doigts.

    Avec une spontanéité féline, il fondit sur ce sourire trop audacieux et s'en empara d'un baiser d'affamé, illustration en miroir de ce qu'il affirmait.
    Puis des lèvres il plongea au creux du cou ; inspira profondément. Vin, sueur, stupre, et un parfum féminin qui arrivait à lui faire systématiquement frémir les narines pour mieux goûter l'air à portée. Un mélange qui lui montait capiteusement à la tête. Il aurait pu s'endormir avec cette odeur.
    Mais non. Même un retard aurait été malvenu après ses promesses. Et désormais céder serait revenu à perdre une bataille cruciale. Il y risquait sa maîtrise du jeu, rien de moins.
    Sans prévenir il bascula sur le côté s'extrayant ainsi du lit, et dans le même geste tira à lui une couverture dont il se drapa comme d'un manteau contre l'hiver.


    -Néanmoins, reprit alors le jeune homme en se dirigeant vers une console près d'une fenêtre, ainsi que je l'ai dit : je resterai jusqu'à ce que le sommeil vous prenne.

    Il se servit l'eau d'une carafe luxueusement ouvragée dans un verre qui l'était tout autant, but une gorgée. Le vin n'était plus à boire à cette heure, ou bien il ne servirait de rien au matin sonné. Autant ne pas aller du tout plutôt que de devenir un poids mort.

    -A moins que vous ne trichiez, auquel cas je partirai quand bon me semblera.

    Sur quoi le jeune homme acheva le verre qu'il avait commencé et l'abandonna sans plus de cérémonie. En quelques pas, il rejoignit alors l'un des fauteuils près du feu encore ronflant, et s'y assit les jambes tendues et croisées devant lui, savourant la chaleur mouvante au travers de l'étoffe qui le protégeait contre les froideurs matinales. Dans un sourire en coin :


    -Et je suis assuré, ici, de ne pas déranger lorsque je m'en irai. Je m'en voudrais de troubler votre sommeil..., acheva-t-il dans une fausse moue contrite.

    La position était bien sûr moins confortable que dans la chaleur des draps de soie et oreillers de plumes. La situation moins douce que le peu de sommeil qu'il avait espéré. La proximité s'était évanouie avec la volupté et la langueur.
    Mais au moins désormais les choses étaient de nouveau en ordre, sa décision et sa volonté affirmées, et il risquait peu de même céder à la somnolence ou à de nouvelles faiblesses à l'égard du prince. Naturellement, il doutait que le-dit prince se contentât de ce qu'il avait désormais, renonçât si vite à ce qu'il avait cru pouvoir obtenir, mais le jeune Chevalier était prêt à défendre sa position sans prévoir aucun renoncement.
    A aucun moment il n'envisagea de justifier son départ : il allait bien de soi qu'un Lorraine n'avait pas à rendre de tels comptes.
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Mar 25 Nov - 17:25

Oh Dieu ! mais pourquoi était-il aussi fin qu'un paysan à peine dégourdi. Philippe se sentait s'insulter lui-même alors qu'il laissait glisser de la barrière de ses lèvres des phrases qui le faisait tiquer, sans qu'il ne puisse plus les récupérer. Cela lui ressemblait si peu. Dans tous les cas, il fallait dire que Monsieur ne se ressemblait guère depuis quelques mois. Il ne savait s'il était l'ombre de lui-même ou s'il était autre. S'il s'était détruit ou s'était déjà renouvelé. Peut-être était-il tout simplement anéanti et n'existait plus sans le savoir.
Ou bien se trouvait-il dans une phase étrange, un entre deux. Une forme hybride difficile à supporter.
Ce qu'il fit mine de supporter en revanche fut le regard inquisiteur de son amant. Façade bien entendu, car il voyait dans son regard toutes ses craintes de la nuit. La solitude, le rejet. Si Dante avait parlé de 9 cercles de l'enfer, il en avait oublié un. Nul besoin de se rendre dans le royaume du Malin pour connaître une souffrance éternelle. Le regard de Philippe sur le Prince était déjà une prison, un cercle à lui seul. Et Monsieur ne souhaitait pas y rester pour l'éternité.

-Est-ce donc à toi de me punir de ce péché ?
répondit-il avec un murmure d'angoisse et néanmoins un sourire qui voulait l'étouffer.

Il avait fermé les yeux sous sa caresse sous prétexte de la savourer. Il n'avait plus la force de supporter ce regard qui alourdissait son corps et son cœur. Son énergie lui était si précieuse dernièrement, cela l'affligeait. Il devait encore se forcer pour sortir de ce lit, pour retrouver la vie folle de la cour qui n'avait fait que s'intensifier.
Ce fut pourtant ce baisers, ces caresses qui furent soudainement plus intenses que sa vie ou son esprit embrumé. Il trembla de nouveau sous les lèvres douces et pernicieuses du Chevalier qui se plaisait à le dévorer. La présence de son corps si proche du sien réveilla les désirs et passions lascives du Prince qui porta sa main à la nuque de son amant et y serra ses doigts dans un soupir en lui offrant la peau de son cou. N'était-il qu'un pantin entre ses doigts qu'il s'en moquait. Il ne voulait que sentir sa présence, ses mains et ses lèvres sur sa peau, sentir leurs corps liés.
La rupture n'en fut que plus rude. Le froid de la chambre pénétra l'intérieur du lit à baldaquin au passage du Chevalier et rencontra avec violence la maigre chaleur de son cœur. Tout était si agressif soudainement. D'autant plus à ce soudain départ alors que Philippe rêvait déjà d'autres caresses et de retourner dans la douceur du lit, prêt à retenir Lorraine aussi longtemps que possible dans la nasse de ses bras et baisers. Il se moquait bien que le Guisard soit en retard à son fichu rendez-vous.Il le voulait avec lui. Les ombres de sa chambre dansaient frénétiquement sur les murs au rythme de ces flammes qui le captivèrent alors qu'elle ondulaient sur le corps... non la couverture de son amant. La couverture.
Il réalisa donc qu'il était nu sur le lit seul. Qu'il avait donc bien froid car les nuits étaient encore particulièrement fraiches... Ou bien craignait-il simplement les airs frais, lui pauvre petit corps fragile et malmené.
Philippe semblait donc largement abandonné alors que son esprit s'était un instant détaché de lui-même, dû à la fatigue. Sans doute. C'était cela, la faut à la fatigue.
Il revînt à la réalité par la faute d'un vile frisson qui le fit trembler et machinalement lever un bras contre sa poitrine, effleurant son opposé.

Le Frère du Roi regarda l'orgueilleux prince qui tirait de lui tant de sentiments contradictoire. Il parvînt à sourire. Toujours sourire, ne pas le faire aurait été un aveu. Un aveu consternant.

-Tricher... Voyons... Tu sais bien que jamais je n'oserai faire cela.


Ironie inutile. Monsieur adorait tricher en toutes sorte de circonstances et habituellement s'en cachait à peine. Philippe caressa les draps qui ne l'aiderait pas à dormir au chaud, silencieux alors qu'il écoutait Lorraine. Il haussa un sourcil, peu crédule.

-Comme la chose serait dommage oui...


On ne pouvait pas dire que Philippe se croyait véritablement au cœur des préoccupations de Lorraine. Il aimait le penser, mais ne pouvait oser y croire. Monsieur s'humecta les lèvres, tourna sa tête lourde de boucles noires, de ses pendants d'oreilles, de ses pensées avinées et sensuelles.

-Non vraiment, tu as raison, je serai aussi fort fâché que tu troubles mon sommeil. Quel manque absolu de savoir vivre. Et nous savons tous que tu es un exemple du genre, il ne faudrait pas que cette réputation s'écroule.


Il fut debout bien plus facilement qu'il ne l'aurait pensé. Il n'y avait que ces frissons qui le prenait et dont il préférait croire qu'ils étaient produits par un désir charnel plutôt que par le froid mordant de la pièce. Plus que le feu Monsieur était attiré par le Chevalier comme un papillon de nuit par la lumière. Il vînt devant lui, passa sa main sur sa joue.

-Aussi pour éviter cela, pour ne pas te contraindre ou prendre le risque que tu sois sujet de mon irritation... je ne dormirai pas.

Il s'assit sur les genoux du beau jeune homme, sur cette couverture qu'il lui avait retiré, sa main sur son torse, un sourire innocent aux lèvres. Il ne resterai pas seul dans le lit il en était hors de question, et Philippe prenait consciemment le risque de s'endormir dans les bras de Lorraine... Ce qui n'était pas pour lui déplaire bien entendu.

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Ven 5 Déc - 22:24


    La somnolence usait des mêmes stratagèmes que le Diable : elle se faisait discrète et faisait même parfois croire qu'elle n'était pas là.

    La fatigue, les dilutions de l'ivresse, la chaleur mouvante du feu. Tout cela lui plongeait irrémédiablement la tête dans un monde toujours plus lourd et cotonneux, vibrant au rythme d'une circulation paresseuse qui vous faisait ronronner les tempes et vous voilait le regard en vagues d'ombre qu'il ne croyait dues qu'aux flammes. Il n'y avait pas vraiment de fauteuil ni de couverture, seulement des sensations terriblement confortables et une volupté partout et en tout ce qui était sens. Hors les frissons nerveux envoyés d'une volonté tenace de ne pas dormir, peut-être. Mais le contraste met bien en valeur c'est connu.
    En serait-on resté là, ténacité ou pas, il aurait fini par s'endormir. Naturellement pourtant, et le jeune homme avait bien compté là-dessus, son mouvement hors du lit ne pouvait rester sans conséquence. Et cette conséquence, de quelque nature qu'elle serait, aurait naturellement de quoi tenir éveillé. Pas immédiatement et il y eut un court moment de doute dissimulé où il semblât que, peut-être, on irait pas plus loin qu'une conversation à distance. Auquel cas la situation aurait été bien plus à son désavantage. Mais comme le prince achevait de prouver qu'il maîtrisait parfaitement l'ironie même au petit matin après une nuit trop pleine, Lorraine ne put s'empêcher de sourire malicieusement en le voyant venir à lui.
    De la malice et de la tendresse, plus discrète mais bien présente, pour cette étonnante créature, si féminine dans ses manières, ses mouvements, ses affections, ses goûts et jusque dans certaines rondeurs du corps, au velours trop appuyé du regard, à la gourmandise de la bouche ; si masculin dans ses désirs, ses mélancolies, ses témérités et naturellement l'expression priapique de ses plaisirs ; si définitivement Autre.

    Il accueillit l'assertion du prince d'un rire silencieux, vite retenu des dents mordant la lèvre d'un sourire ambiguë. Ambigus les gestes aussi, d'accueil possessif sur les hanches et les rondeurs tout près, les prises affirmaient déjà leur emprise presque à faire mal. Le velours laissait passer les griffes.


    -Et déjà tu triches...

    Ne pas dormir... Un rêve en soi. Cela faisait trop longtemps qu'ils n'avaient ni l'un ni l'autre pris de repos digne de ce nom et loin de l'oisiveté passive et paresseuse que certains prêtaient aux membres de la Cour, leurs journées, leurs nuits, chaque heure était gourmande en énergie. Non la question n'était certainement pas de dormir ou non. Mais plutôt quand, où et comment.
    Lorraine haussa les épaules : il avait déjà renoncé à cette petite heure précieuse accordée à Morphée. Que le prince abandonna la sienne, ma foi... Ce ne serait pas ainsi néanmoins qu'il le détournerait de ses projets, surtout après avoir si éhontément méprisé le sacrifice qu'on lui avait fait. Oh non... On se tiendrait bien éveillé le temps restant et on partirait le moment venu. Comme prévu. Et pour cela quoi de mieux que...


    -A ta guise, joli prince. Mais si c'est ainsi...

    Une pensée fugace, instinctive, trancha un instant son humeur trop joueuse et épicurienne : qu'était-il sur le point de faire ? Quel besoin de négocier pour quelque chose qu'il pouvait prendre ? Pourquoi prendre le risque de jouer ? Au lieu de partir maintenant, raisonnablement.
    Elle fut avalée par les brumes suaves, éthyliques et lascives qui régnaient désormais sur lui.


    -Tu m'obliges à l'ultimatum. Ou bien tu pourrais accepter que ma présence ne vaut que pour quelques temps. Mais quelques temps dont tu pourrais profiter pleinement...

    Joignant le geste à la parole, l'une de ses mains s'employa dès lors à nourrir le désir naissant qu'on lui témoignait.
    Ce n'était plus des calculs à cette heure. C'était instinctif, spontané. Un désir irraisonnable de posséder corps et âme. Plus qu'un désir : une faim. Dont la satiété parfaite lui échappait toujours. Il ne lâchait pas du regard ces yeux sombres face à lui, comme s'il avait pu y plonger chercher le cœur dont il voulait définitivement s'emparer – il lui semblait, chaque fois qu'il croyait s'en être saisi, qu'une part infime lui échappât, filant dans quelque recoin d'âme qu'il n'arrivait pas à encore à atteindre –, en détournant la garde de sa proie par des caresses sans plus rien de leur ambiguïté passée et toutes en dextérité.


    -Ou bien tu me refuses toujours le départ de bonne grâce.

    Les flatteries cessèrent dès lors dans un brillement bref mais cruel des prunelles. Il savait pertinemment ce qu'avait de frustrant ce qu'il faisait, assumait joyeusement le plaisir entamé puis refusé et s'amusait de faire comme si de rien n'était, tandis qu'il se protégeait lui de tentation par le tissu épais qui le couvrait. Ce que la situation avait d'excitant en soi était encore aisément bridé par l'esprit du jeu. Le truc, c'était de ne pas essayer de résister ou de nier, mais simplement orienter.
    Bien sûr c'était jouer à Tantale. Mais après tout Orléans avait triché le premier.
    Les mains lorraines étaient toutes deux retournées sous la couverture, maintenant les pans bien fermement contre lui.


    -Et comme l'élégance m'interdit de vous donner le mauvais rôle,, poursuivit-il en repassant naturellement au vouvoiement, alors il m'en faudra endosser un plus vil. Et m'en aller sans vous rendre ces modestes hommages ni même me découvrir d'une once à vous saluer.

    Levant le bras il éleva le tissus jusque sous ses yeux, comme si la menace allait jusqu'à soustraire son visage à la vue du prince. Puis fronçant les sourcils de mécontentement feint, il ajouta sur le ton d'un enfant boudeur :


    -Vous ne souhaitez pas que nous nous quittions en froid, n'est-ce pas ?
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Une bonne conscience serait-elle la seule à être un bon oreiller ? [PV.Lorraine]

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