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 La cigogne est passée ☀ avec Louis-Victor de Mortemart


Ven 11 Juil - 1:08

Elise avait été seule toute la journée, à regarder par la fenêtre de la chambre de ses cousines, dans laquelle elle dormait depuis un temps, les gens défiler dans la rue. Encore faible de la grande fièvre qui avait manqué de peu l'emporter quelques jours plus tôt, elle n'avait pas le droit de quitter la chambre d'enfant. Quand la porte s'était ouverte un première fois, elle n'avait pas tourner la tête, laissant sa tante s'approcher d'elle pour lui tendre dans un sourire doux un verre de lait qu'elle but lentement après l'avoir remerciée. Mais la jeune femme n'était pas encore partie que la porte se rouvrit, attirant cette fois l'attention de la jeune fille vers laquelle sa mère s'avançait, la mine sombre. Elle demanda à sa sœur de les laisser un instant avant de s'asseoir sur le bord du lit.

« Ma chérie, viens s'il te plait... J'ai quelque chose à te dire. »

Curieuse de l'attitude de sa mère qui n'avait pas quitté avant l'aube de ce jour-ci son chevet depuis une semaine au moins, la jeune demoiselle s'approcha du lit et s'y assit, attendit que sa mère lui explique de quoi il en retournait.

« J'ai un aveu à te faire. Tu n'es pas la fille de Christophe, mais celle d'un noble que j'ai rencontré avant de le connaître lui. Il se nommait Louis-Victor de Mortemart et il usa de ma naïveté d'alors... Ma petite chérie, je ne peux plus m'occuper de toi, je ne peux plus veiller sur toi. Tu vas aller e trouve à la cour du Roy et j'espère qu'il acceptera de s'occuper de toi. Là-bas, tu ne manqueras de rien, tu auras tout ce que tu veux, de nouvelles robes qui ne te gratteront plus, un lit douillet et tu pourras avoir tous les soins dont tu pourrais avoir besoin si la fièvre revenait. »

La jeune fille n'avait jusque là pas cillé, ne réalisant pas tout à fait les mots de sa mère à cet instant précis. Aussi Julie Martin continua-t-elle :

« Monsieur Baussier te conduira à Saint-Germain-En-Laye dans trois jours puisqu'il devrat alors s'y rendre, il te mènera jusqu'à lui et alors, quand tu le verras, tu lui donneras cette lettre, il y est écrit que tu es sa fille et la mienne mais que je ne peux plus subvenir à ta survie. Il te demandera sans doute une preuve de ce qu'avancent ces mots, tu lui montreras alors cette bague... Il ne pourra alors que te croire... Et là... Advienne ce qu'il doit advenir... »

La jeune fille avait des larmes plein les yeux alors qu'elle comprenait peu à peu la situation, elle baissa le menton en opinant. Sa mère voulait l'abandonner, se débarrasser d'elle. Comprenant les pensées de sa fille en cette instant, Julie s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras, caressant ses cheveux.

« Je ne veux pas y aller, je veux rester avec toi... »

☀ ☀ ☀

D’une main douce, on essuya la lourde larme qui coulait le long de sa joue avant, avec un morceau de tissu, d’essuyer son œil humide et rouge de chagrin, tamponnant légèrement sa pommette couverte de tâches de rousseurs. Des lèvres vinrent se poser en un baiser maternel sur son front blanc. Finalement, de deux doigts qui relevèrent son menton rond, on la força à lever les yeux, à plonger son regard noisette dans celui rassurant d’une mère que le désespoir poussait à abandonner sa fille. Un sourire doux se dessina sur le visage de la femme qui embrassa une nouvelle fois son front en la prenant contre elle, caressant ses longs cheveux roux encore emmêlés. Un nouveau baiser se posa sur le haut de son crâne alors que la femme profita de cet instant pour laisser couler une larme qu’elle essuya discrètement d’un revers avant que sa fille ne la voit. Elle devait paraitre forte pour la petite perle qui était inconsolable pour sa part depuis déjà plusieurs jours. Mais aujourd’hui était le grand jour et la courte nuit de la petite lui faisait les traits tirés. Son visage enfantin avait perdu l’éclat du sourire qui lui était habituel, elle était plus blanche qu’à l’accoutumée, ses yeux étaient rouges et enfoncés, soulignés par de gros cernes noirs. Soupirant, Julie Martin dû la forcer à se lever et à ôter la chemise beaucoup trop grande dans laquelle elle avait dormi. Elle était maigre, ce qui était un signe de sa mauvaise santé, mais cela ne rendait que plus visibles les premières formes féminines qui marquaient peu à peu son corps blanc. L’habillant d’une robe simple quoi que propre et en bonne état contrairement à d’autre, elle ferma son corset d’un geste habile avant de s’emparer d’une brosse afin de démêler les cheveux de sa fille. Ils étaient roux, un roux toutefois clair qui tirait selon la luminosité sur le blond. Ils étaient longs, lui arrivant presque au bas du dos. Et ils étaient aussi fins que lisses, ce qui rendait plus aisée l’action quotidienne de la brosse. Une fois qu’il ne se trouva dans cette chevelure dense plus le moindre nœud, la femme les coiffa d’une tresse qu’elle releva en un chignon simple, dévoilant ainsi une gorge élancée. Finalement, lorsqu’elle fut prête, à défaut de posséder assez d’argent pour acheter des fards qui la rendrait plus présentable, elle embrassa une nouvelle fois son front, en la reprenant dans ses bras, il était temps et Elise, en le comprenant l’enlaça aussi fort qu’elle le put de ses bras fins. Elle murmura d’une voix faible et enrouée par quelques sanglots :

« Tu veux bien m’accompagner jusque chez Monsieur Baussier s’il-te-plait Maman ? »

Monsieur Baussier était un bourgeois de plus en plus influent à la cour. Une cour dont il revenait toujours l'esprit empli des rumeurs et des complots qu'on avait bien voulu lui apprendre. Il était perruquier et ce jour-ci, se rendait à la cour pour présenter ses produits à quelques uns de ses clients qui résidaient à Sint-Germain-En-Laye. Mais en ce jour, il ne se rendrait pas seul au palais, une de ses amies lui avait demandé d'y conduire sa fille. Aussi attendait-il la demoiselle qui commençait à se faire attendre quand sa mère la précéda à l'angle de la rue, tirant presque l'intéressée à sa suite, vision qui éveilla sa curiosité. Il avait pensé que comme d'autres, la jeune fille allait chercher à être employée au palais mais il s'agissait de bien plus que cela vraisemblablement. Quand elle fut arrivée à sa hauteur, Julie le salua et le remercia de lui rendre ce service qui lui évitait un voyage à pied jusqu'au château dans lequel résidait le roi et la cour. Elle se tourna ensuite vers sa fille, lissant un pan de sa robe et remettant en place une mèche de ses cheveux, embrassa son front dans un geste maternel pour l'attirer dans ses bras une dernière fois.

« Ce n'est qu'un au revoir ma chérie... Nous nous reverrons bientôt... »

Cela dit, avant que sa fille n'ait le temps de protester, elle l'aida à monter à bord de la charrette et s'en fut sous le regard d'une jeune fille ébranlée par un abandon qu'elle avait pourtant tenté d'éviter en se rendant plus indispensable que jamais ces derniers jours. Bien que sachant que c'était pour des raisons financières que sa mère l'envoyait chez cet inconnu, elle ne comprenait pas ce au elle avait fait pour qu'on la sacrifie de la sorte. Que tous ses nobles avaient de la chance sous leur perruque de ne pas connaître cela. Pourquoi ne partageaient ils pas un peu leur fortune afin de permettre à d'autre de survivre au moins. Elle ne demandait pas de vivre dans un château, mais seulement de rester avec la seule personne qui jusque-là avait prit soin d'elle. Elle se décala sur la banquette quand le perruquier y prit place, se mît à distance, silencieuse. Ses pleures durèrent tout le trajet bien que suffisamment silencieux pour ne pas dérangé André Baussier qui ne disait mot, comprenant que sa passagère ne voulait pas parler de ce qui la chagrinait ainsi. Toutefois, quand ils arrivèrent en vue du palais, il l'en informa, pensant que le paysage lui ferait oublier son chagrin ce qui marcha quelques instants. En approchant des grilles, voyant qu'elle tentait de se reprendre, il lui offrit un mouchoir avec lequel elle essuya ses larmes et épongea celles qui restaient dans ses yeux. Elle retournerai à Paris. Elle retrouverai sa mère. Elle ne resterait pas ici. Toutefois, André avait des instructions et il la conduisit donc bientôt jusqu'aux appartements de Louis-Victor de Mortemart. La laissant là devant cette porte si bien taillée à la peinture si propre, dans ce décor incroyable qui piquait sa curiosité débordante. Elle hésita longtemps dans le couloir avant de frapper doucement, timidement, tant et si bien qu'elle ne fut pas entendue et qu'elle dû donc frapper une nouvelle fois, plus efficacement.
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Ven 11 Juil - 1:20

Vivonne avait passé une nuit au château. Ce n’était pas l’endroit qu’il préférait, aucun lit ne lui plaisait autant que celui de la comédienne Madeleine Béjart, en grande partie parce que ladite comédienne était présente, mais il n’avait pas pour autant dormis seul. Une charmante domestique aimait aller et venir dans la couche du Noble. Et lorsqu’il s’agissait d’inviter femme dans son lit, Vivonne n’était pas très regardant sur la condition sociale mais plus sur les charmes et talents de ladite invitée. La nuit avait été folle, le réveil aussi et au final les deux amants étaient étendus sur le lit, somnolant. C’est à ce moment qu’un coup frappa à la porte. La domestique sursauta, s’éloignant de Vivonne comme s’il brûlait, alors qu’il se relevait lentement. Elle se vêtit en vitesse et Vivonne eu un peu plus de mal à se réveiller :

« Habillez vous, la personne insiste à la porte.
-Oui j’entends. Mais faites là donc entrer dans le salon. Vous êtes domestique, non ?
-Oui mais pas à votre service. Tout le château le saura si la personne me connaît. »


Le Duc poussa alors un soupir. Il se vêtit en vitesse, se débarbouilla et alla voler un baiser à la jeune femme. Il lui caressa la joue et déclara aussitôt :

« Reste ici, je guide la personne dans le salon, et tu pourras donc sortir discrètement. »

Lui dit-il alors. Propre et présentable, il se dirigea alors vers la porte et l’ouvrit au moment ou l’on allait à nouveau frapper. Mais c’était une enfant qui se tenait devant la porte. Une petite rousse, jolie comme un cœur et toute attendrissante avec son regard triste.

« Bonjour Mademoiselle. Ne restes donc pas dehors.»

Demanda-t-il aussitôt en prenant un ton paternaliste. Il la fit entrer et la guida vers le salon la faisant s’asseoir sur un sofa. Il prit place sur un fauteuil face à elle et lui sourit gentiment.

« Qui es-tu ? Et veux tu boire ou manger quelque-chose.»

Demanda-t-il aussitôt. Pourquoi une enfant venait le voir ? Quoiqu’il en soit, l’enfant étant petite et maigrichonne, il lui ferait servir ce qu’elle voudrait boire ou manger tout en écoutant la raison de sa présence. Lui avait-on confié une missive ? Un message à remettre en mains propres ?
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Ven 11 Juil - 2:20


Seule, dans un couloir encore peu emprunté en cette heure matinale, Elise ne savait trop que faire, peut-être n'y avait-il personne derrière cette porte. Elle regarda autour d'elle, tout été si beau, si grand, si élégant, comment allait-elle faire pour retrouver la sortie de ce lieu, serrant la bague et la lettre dans sa main, elle allait une nouvelle fois frapper afin de s'assurer que personne ne se trouvait là, quand la porte s'ouvrit sur un homme. Il était grand, impressionnant pour elle qui était petite pour son âge comme on le lui avait déjà dis. La jeune Martin ressemblait à sa mère c'était indéniable et personne ne disait le contraire de cela, toutefois, elle avait imaginé qu'elle reconnaîtrait son vrai père au premier coup d'œil, ce qui ne fut pas le cas. Était-ce lui ? Les questions commençaient à affluer à son esprit à ce sujet quand il l'invita à entrer, à sa plus grande surprise.
Toutefois, elle ne fit aucune histoire et passa la porte qu'il lui avait ouverte. Elise découvrit alors bientôt en le suivant une pièce richement meublée et qui semblait en tous points confortable, tant et si bien qu'elle se prit à rêver de s'endormir sur le sofa et d'essayer chaque fauteuil, comprenant alors mieux la mine encore endormie de l'inconnu qui ne s'était pas encore présenté. Choses qu'elle s'abstint de faire sans oser même s'asseoir quand on le lui proposa, et pour cause : sa robe était poussiéreuse en raison du voyage, elle allait salir le mobilier. Pourtant, l'homme insistant, elle prit le parti de ne pas lui déplaire, s'assit donc tout au bord du canapé, visiblement mal à l'aise. Lui pour sa part avait prit place face à elle, lui demandant qui elle était puis si elle voulait manger ou boire quelque chose.

« Je m'appelle Elise Martin monsieur... »

Elle était gênée et cela s'était senti dans sa voix. Il fallait dire que la nourriture ne tombait pas du ciel comme par miracle, c'était une denrée rare pour elle qui devait survivre malgré une dette qui pesait sur le dos de sa mère qui souvent ne trouver pas le sous pour la nourrir. Un simple quignon de pain était déjà un véritable festin pour la jeune fille et qu'on lui propose de la nourriture de cette manière l'avait hautement déstabilisée. Son estomac criait famine, pourtant, soucieuse de ruiner l'inconnu, elle préféra refuser sa proposition :

« Je n'ai ni faim ni soif monsieur je vous en remercie... »

Elle ne regardait pas l'homme et ne vit donc pas sa réaction, ses yeux déambulant autour d'elle, après un court instant, elle posa à nouveau ses yeux noisettes sur lui, il avait les cheveux bruns, ce qui aurait pu expliquer que ses cheveux soient plus foncés que ceux de sa mère, mais ses yeux étaient bleus et il n'avait pas la moindre tâche de rousseur. Était-ce lui son père ? Il ne ressemblait pas à ce qu'elle s'était imaginée, ce ne devait pas être lui, et pourtant, il semblait chez lui, tout à son aise dans ce salon, peut-être le partageait-il avec son père ? Ce devait en effet être cela car Monsieur Baussier l'avait bien conduite ici. C'est avec naïveté qu'elle demanda alors :

« Sauriez-vous où se trouve Monsieur de Mortemart monsieur ? Ma mère m'a chargée de lui remettre se courrier... »

Pour appuyer ses dires et désigner le papier plié en deux, elle l'avait levé vers le ciel. Regardant toujours l'inconnu sans plus rien dire, sage, silencieuse et immobile.
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Ven 11 Juil - 17:09

La petite fille semblait surprise par tout ce qu’elle voyait. C’était visiblement la première fois qu’elle était confrontée au train de vis fastueux de la noblesse de cours. Et cela la rendait extrêmement timide et gênée. Elle était tellement gênée qu’elle n’osait pas s’asseoir ! Avec un sourire chaleureux il la fit s’asseoir et lui dit :

« Voyons, assied toi, profite de ce confort ma petite. Tu t’appelles donc Élise ? C’est un joli prénom. »

Ce n’était pas tous les jours qu’une pauvre enfant venait ici et Vivonne en était surpris… Et il souhaitait au moins lui offrir un morceau à manger et le confort d’un sofa sans songer que cela pourrait susciter sa jalousie et son envie. Discrète et modeste elle refusa d’ailleurs son offre. Surpris, Vivonne leva un sourciL Mais il lui mettrait tout de même un repas entre les mains :

« Et bien moi je n’aime pas manger seul. Alors je vais commander un petit déjeuner et je t’invite à ma table pour m’y tenir compagnie. Tu n’auras qu’à manger et boire ce qui te fais envie même si ça n’est que pure gourmandise. »

Lui répondit-il. Il doutait fortement qu’elle n’ait pas faim, Une jeune femme aussi malingre, bien qu’elle ne soit pas crasseuse, on avait visiblement pris soin de son hygiène avant de la faire voyager. Quoiqu’il en soit il se leva et attrapa un domestique, par chance il en avait une dans la chambre, pour lui commander un petit déjeuner. Celui-ci arriverait prochainement. Alors qu’il revenait prendre place dans son fauteuil face à la petite enfant, elle lui demanda ou se trouvait Monsieur de Mortemart… Il la regarda avec surprise : il pensait que c’était évident puisqu’elle était chez lui et agissait en Maître de maison. Et qui était Madame Martin et quelle était sa lettre ? Surpris, il approcha et pris place sur le sofa à côté de l’enfant.

« Je suis Louis-Victor de Mortemart. Ta mère a un courrier pour moi ? Tu me le donnes ? »

Il tendit la main, afin qu’elle pose le papier plié en deux dedans. Il ne se souvenait pas d’une madame Martin. Et il voyait mal quand et pourquoi on le contactait… A moins que ce soit une de ces nombreuses histoires brèves. Si elle était ancienne et qu’il s’agissait d’une femme du peuple, il ne serait pas au courant de son mariage : ainsi ça pouvait être une ancienne amante, maintenant mariée au père d’Élise, qui lui envoyait un quelconque courrier afin de demander son aide. Quel était donc le nom de jeune fille de cette Madame Martin. Quand Élise lui mit le papier en main, il lui sourit et commença la lecture.
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Ven 11 Juil - 23:32


Elise était plongée dans la contemplation du lieux quand l'homme avait annoncé qu'elle mangerait avec lui puisqu'il n'aimait pas manger seul. Ce caprice la surpris, mais en même temps, elle même ne mangeait jamais seule et elle ignorait le sentiment qu'on pouvait éprouver seule devant une assiette vide, s'imaginant qu'on devait sans doute se dire qu'il ne faudrait pas se partager son contenu. Toutefois, n'ayant aucune preuve de ce qu'elle pouvait avancer à ce sujet, elle préféra garder pour elle son opinion et ne protesta pas. Surtout qu'elle avait faim en y pensant, vraiment très faim. Elle ne le retint donc pas, ce qu'elle ne se serait jamais permise de toute manière, quand il se leva pour aller comme il l'avait dit "commander un petit-déjeuner". L'idée était surprenante pour la toute jeune fille, on ne pouvait commander à la nourriture et cette dernière ne tombait pas du ciel ou sinon elle ne serait pas là car sa mère aurait eu de quoi la nourrir.
Il s'était rassis, la regardait, et quand elle avait posé sa question, il eut l'air si abasourdi qu'elle commença par rentrer sa tête entre ses épaules, avait-elle dit quelque chose de mal ? Elle l'avait suivit du regard, le regardant dans sa démarche tant gracieuse que martiale s'approcher du sofa sur lequel elle était assise, détourna le regard quand il s'assit à côté d'elle, inquiète quoi que son expression surprise ne semble pas laisser la place à la colère. Quand elle l'entendit, elle se figea, comprenant son erreur dans le même temps qu'elle se sentait traversée d'un léger frisson et que son sang se glaçait. Son regard noisette fut, bien malgré elle, attiré à nouveau vers lui, peut-être en effet avait-elle hérité de l'angle de sa mâchoire, ou de son nez ? Incapable de parlé, elle posa dans sa main, la lettre que lui avait confié sa mère. Le laissant l'ouvrir sans dire un mot, détournant son visage pour cacher sa confusion.

    Monsieur de Mortemart,
Peut-être avez vous souvenance d'une certaine Julie Renard que vous avez connue il y a une douzaine d'années. Elle fut après votre départ mariée pour cacher son déshonore et est aujourd'hui veuve, croulant sous les dettes de jeux laissées par son époux et devant élevée seule sa fille qui est aussi la votre. Tâche dont elle ne peut plus s'acquitter et l'enfant ayant besoin de plus d'un repas véritable repas par semaine, elle vous implore de prendre la relève afin de veiller à ce qu'elle ne manque plus de rien.
Face à vous en cet instant doit se trouver une petite fille rousse au visage couvert de nombreuses tâches de rousseur, il s'agit d'Elise Martin, votre fille. Elle porte avec elle la bague que vous aviez offert à sa mère. Prenez-en grand soin monsieur.

Julie Martin.



Elise était restée silencieuse durant l'intégralité de la lecture du noble, regardant autour d'elle en détaillant chaque recoin de la pièce, du sol au plafond.
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Sam 12 Juil - 1:54

La frêle petite main déposa un papier de très faible qualité dans la main du Duc. La jeune fille était songeuse et intimidée mais il cessa de lui prêter attention pour lire la missive. Après la première phrase il ferma brièvement les yeux… Julie Renard ? Il s’agissait d’une des nombreuses femmes abandonnées à la suite d’une campagne militaire… Vivonne n’arrivait pas à se souvenir de son visage…. Seulement de sa crinière rousse. Il reprit la lecture… Et trembla brièvement. Il ferma les yeux puis poussa un soupir, réfléchissant. Il n’avait jamais pensé, stupidement, que parmi les femmes qu’il avait abandonnées, certaines aient pu tomber enceintes et lui donner des enfants… Était-il à ce point insouciant pour abandonner des femmes qu’il avait séduites sans jamais s’en soucier à nouveau d’elles. Oh il n’abandonnait pas toutes ses amantes, mais il perdait souvent contact avec les femmes du peuple qu’il avait mis dans son lit. Julie Renard était de celles là… Et il ne comprenait pas qu’il lui ai offert une bague à même de l’identifier pour ensuite l’oublier… Et il ne pouvait même pas se cacher derrière un coup à la tête lui ayant fait perdre les souvenirs, il avait juste oublié. Un sentiment de culpabilité monta en Vivonne mais il le repoussa : il n’avait pour l’instant aucune preuve que Julie Martin disait vrai.

« Élise, as tu une bague sur toi ? »

Demanda-t-il doucement. Il y avait deux possibilités. Soit une femme essayait d’offrir une vie meilleure à sa fille en lui faisant croire qu’il était le père, soit il était réellement le père d’Élise Martin. Mais à partir du moment où il y avait cette bague… Il avait fait concevoir la bague, l’avait offerte, était partit à la guerre… Et n’était jamais revenu auprès de cette charmante et jeune petite rousse qu’il avait complètement oubliée. Quel irresponsable abruti il pouvait être ! Et le pire dans tout ça c’est qu’il n’était même pas certain que cette réflexion allait changer sa façon de vivre de façon durable. Écartant ses réflexions personelles, il regarda Élise et réfléchit : si la bague était la bonne, il avait en face de lui sa fille. Sa fille… Il déglutit, ému, alors qu’une domestique venait apporter le repas sur un guéridon du salon.

« Merci. Vous pouvez nous laisser.»

Dit-il par réflexe, avant de reporter son attention sur Élise… L’interruption l’aida à reprendre contenance alors qu’il pliait soigneusement la lettre et la conservait sur lui. Se levant, il prit Élise par la main. Et il ressentit quelque chose d’indescriptible.

« Allons… Mettons nous à table.»

Deux tasses fumantes de chocolat chaud accompagnées de nombreuses tartines recouvertes d’une confiture de fraise attendaient le père et la fille. Il la fit s’asseoir et se mit face à elle sur la petite table.

« Manges tout ce que tu veux. Pendant que tu manges je vais examiner la bague que tu portes, selon la lettre. »

Et il tendit la main, attendant patiemment : à Élise de lui confier la bague. Ce faisant il la regardait. Sa façon de bouger, son regard…. Il n’avait pas encore vu la moindre preuve matérielle mais, depuis qu’il l'avait touchée, lui avait pris la main pour faire quelques pas, chaque fibre de son être lui hurlait qu’Élise était sa fille. Il n’y avait aucune preuve, aucune logique, mais son cœur était déjà convaincu : l’aînée de ses enfants était sous ses yeux.
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Sam 12 Juil - 2:26


Il y a des enfants qui sont abandonnés par leurs parents et le comprennent et d'autres qui ne comprennent pas et prennent la décision de retrouver ceux qui les ont délaissés. Elise Martin était de ce second lot. Si elle avait réalisé que sa mère, ne l'envoyait pas simplement chez son géniteur mais l'abandonnait, elle ne comprenait pas les raisons de cette décision. Elle n'était pas des plus turbulentes ni des plus capricieuses et se contentait de ce qu'on lui donner sans se plaindre. Elle cherchait donc encore dans à mémoire la faute qui était la sienne. Et ne la trouvant pas, souhaitant rétablir l'injustice faite, elle voulait retourner chez elle. Seulement, si elle entrait les mains encore plus vides qu'elle n'était partie, ça ne marcherait pas. Il fallait qu'elle trouve de l'argent, assez d'argent pour aider sa maman. Et la bague qu'elle lui avait confié devait valoir beaucoup d'argent. Elle pourrait aisément lui trouver acheteur si elle le voulait et alors elle rentrerait les bras chargés de victuailles.
Cette bague était son seul espoir présent de retrouver la femme qui l'avait mise au monde, aussi, quand le duc s'adressa à elle pour la lui demander, elle se crispa, serra son poing autour de l'anneau en or qu'elle tenait dans sa petite main fine. Heureusement pour elle, une femme avait fait son entrée en portant un plateau, des mieux garnis qu'Elise avait vus, dans ses bras. Renvoyant la domestique, il avait plié la lettre et s'était levé, pour faire quelque chose qui surpris la jeune Martin, il prit sa main, un contact qui sembla foudroyer l'un et l'autre du père et de la fille alors que cette dernière levait les yeux vers lui en se levant. Légèrement tremblante sur ses jambes, elle suivit celui qui était d'après les dires de sa mère son père, s'assit comme il l'y invita. Elle regarda le contenu du plateau en silence, mal à l'aise, surprise, ne connaissant rien de ce qu'il s'y trouvait à l'exception du pain.
Son estomac se tordît en elle tant les bonnes odeurs emplissaient ses narines et lui mettaient l'eau à la bouche. Seulement, ne connaissant ni cette étrange substance rouge sur le pain ni cette boisson à la couleur étrange, elle n'osa rien prendre. Elle avait pourtant espéré que cette interruption ferait oublier la bague au noble. N'en avait-il pas plein d'autres ? Pourquoi devait-elle la lui donner ? Elle avait baissé les yeux pour ouvrir sa main sur l'anneau, il était fin, poli et sur son devant se trouvait un motif végétal rappelant une fleur, elle était simple mais magnifique et travaillée. Elise la pass distraitement à son doigt pour imaginer comment elle avait pu aller à sa mère quoi que sont doigt à elle soit bien trop fin pour l'anneau qu'elle posa doucement dans la main de son géniteur dans un soupire en murmurant :

« Vous me la rendrez n'est-ce pas ? »

Elle avait pourtant déjà abandonné le bijou dans la main de l'homme, question étant davantage une requête qu'une véritable question. Elle continuait de contempler les couleurs régnant sur le guéridon.
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Sam 12 Juil - 18:25

L’enfant semblait avoir réagis tout comme lui au contact. Mais elle prit place et resta interdite devant le repas. Toute aussi pensive que lui, à quoi pensait-elle ? , elle mit un peu de temps avant de lui confier la bague, après l’avoir essayée au doigt. Inquiète, elle lui demanda s’il rendrait la bague. Avec un sourire, il lui répondit :

« Oui je te la rendrais… Promet moi seulement de la garder… C’est un souvenir précieux. »

Dit-il alors en examinant la bague, sans dire pourquoi il était précieux. Il reconnaissait le motif et subit une poussée d’émotions. La bague lui rappela Julie Renard et les doux moments passés ensemble. Comment avait-il pu oublier ces moments et une femme avec qui il avait passé de si beaux moments qu’il lui avait offert un tel cadeau ? Et surtout, comment avait-il pu oublier si rapidement ? Mais dans sa jeunesse, Vivonne était encore plus volage qu’aujourd’hui ou certes il rencontrait charnellement de nouvelles dames chaque année mais revenait tout de même toujours auprès de Ninon et, depuis quelques mois, Madeleine, de façon plus que régulière. Et Vivonne ne se souvenait même pas pourquoi ils avaient rompu, pourquoi il avait abandonné celle qui, neuf mois plus tard, lui avait donné son premier enfant.

« Je suis ton père. »

Murmura-t-il doucement, la bague en main, les yeux humides.

« Cette bague… Est le rappel que tes parents, c’est à dire ta mère et moi, se sont aimés et que tu es née de cet Amour. »

Il prit alors la chaîne à son cou, y retira la croix et la passa dans la bague. Il vint ensuite la mettre autour du cou de l’enfant.

« Cette bague est précieuse. A mes yeux, comme a ceux de ta mère. Je te la confie. »

Il sourit alors et d’une main tendre et paternelle, caressa doucement la rousse chevelure.

« Ma pauvre Élise, tu n’as pas eu une vie facile... Mais je vais prendre soin de toi maintenant. Tu mangeras à ta faim maintenant. Et commence donc par ce repas.»

Il ignorait ce que sa mère lui avait dit… Il espérait qu’Élise connaissait les intentions de sa mère. Et, à vrai dire, Vivonne s’étonnait presque qu’elle ne soit pas venue : mais il était plus facile d’accepter la venue de sa fille et de la prendre sous son aile, que la venue de toute une famille. Et si Antoinette serait forcée d’accepter la présence d’Élise, il était évident qu’elle n’aurait jamais accepté la venue de Julie Martin, ou même simplement qu’il l’aide en lui trouvant un travail quelconque. Mais qui oserait dire non à une enfant comme Élise ? Le regard à la fois triste et tendre, il incita sa fille à manger.
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Sam 12 Juil - 23:03


Elise n'avait pu s'empêcher de guetter la réaction de l'homme quand elle lui avait donné la bague de sa mère. Il lui avait fait la promesse de la lui rendre et lui avait demandé de la garder mais si la première chose lui convenait à merveille, la seconde était loin de ses projets. Elle n'en avait pourtant rien dit, préférant ne pas le mettre en colère, se souvenant de la fureur de celui qu'elle avait considéré longtemps comme son pères pour la moindre petite contradiction. Elle avait à cela préféré l'observer et vit donc son trouble sur sa visage ainsi que son attendrissent dans son regard. Il se trouvait à présent devant elle tout à la fois ému et nostalgique tout en culpabilisant vraisemblablement, elle ignorait alors pourquoi. Sa voix avait été pleine d'émotions quand il avait murmuré être son père, comme si le bijou le lui avait chuchoté à l'oreille. Elle pouvait voir des larmes humidifier et faire briller à la lumière du jour son œil tandis qu'il lui disait qu'elle était le fruit d'un amour véritable et sincère, ce en quoi elle ne cru pas, l'amour se disait éternel et ne s'évanouissait pas un jour or il en parlait au passé. Elle baissa les yeux aussitôt qu'elle remarqua qu'il allait se lever. Ne le vit pas poser un médaillon en forme de croix sur la table, ni même glisser la bague une chaîne en or qu'il passa doucement à son cou. La chaîne était fine et légère mais, elle n'en doutait pas, en or et elle pourrait en obtenir bon prix autant que la bague si elle se rendait à la bonne adresse.
Pourtant les mots qu'il prononça alors firent vaciller sa détermination, sa mère tenait en effet à ce bijou pour l'avoir gardée alors qu'elle croulait sous les dettes. Le reste ne l'atteignait pas, elle ne connaissait pas cet homme qui se disait désormais son père et cette bague était précieuse car étant d'une grande valeur. Toutefois, sa mère pourrait être blessée qu'elle n'ait vendu cette bague et lui en vouloir au point de la renvoyer à nouveau chez elle, cette fois pour une autre raison que le besoin... Non. Sa maman l'aimait bien trop pour qu'une bague soit plus importante qu'elle. Encore une fois pourtant elle ne se fit pas farouche et opina calmement, silencieuse.
La jeune Martin fut surprise par sa caresse et ce qu'il lui dit alors, elle leva deux yeux brillants vers lui. Sa vie n'avait peut être pas été simple mais elle avait toutes ces années était avec sa mère, ce qui était bien mieux encore. De plus, elle ne voulait pas qu'il prenne soin d'elle, elle voulait juste quitter cette pièce et rentrer chez elle. Elle se moquait de manger un quignon de pain par semaine, c'était l'absence de la présence de sa mère qu'y lui serait fatale plus que la faim elle-même. Elle vit son regard encourageant afin qu'elle mange quelque chose, mais si l'invitation était accueillie par son estomac avec joie, le duc se heurta à la détermination de sa fille aînée.

« Je n'ai pas faim... »

La jeune bâtarde voulait rentrer à Paris... Seulement cela. Elle ne voulait nullement de la vie que lui avait, ici, promise sa mère. Elle ne voulait ni manger à sa faim, ni de nouvelles robes, ni d'un lit douillet et ni même des soins qui pourraient lui être nécessaires. Pas si cela signifiait qu'elle ne la reverrait plus.
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Dim 13 Juil - 10:38

Vivonne sentait que sa fille l’observait… Mais aussi qu’elle ne voulait pas être là, repoussant la nourriture alors qu’à cause de la lettre, il pensait qu’elle se jetterait dessus, affamée. Ainsi les soucis étaient plus forts que la faim. Alors que les deux chocolats refroidissaient lentement, Vivonne approchait doucement d’Élise.

« Je… Je crois que je comprends ce qui se passe dans ta belle petite tête, ma fille. »

Dit-il doucement. Il n’osait s’approcher trop près mais le père et la fille étaient proches, plus proches qu’ils ne l’avaient jamais été.

« Je suis un inconnu… Je ‘ai pas été là pendant les douze premières années de ta vie alors que j’aurais du… Mais j’ignorais jusqu’à ta naissance. Je comprends donc que tu te méfies de moi.»

La culpabilité se faisait entendre. Prenant les mains de sa fille, il soupira et essaya de lui expliquer:

«Ta mère m’a écrit un courrier. Elle m’explique avoir des problèmes et désirer que tu y échappes, elle veut t’en protéger. A cause de son époux, elle doit de l’argent à beaucoup de mondes et pense que, puisque je suis ton père, je prendrais soin de toi le temps qu’elle résolve ses problèmes et puisse venir te retrouver. Ta mère t’aime et est convaincue de faire ce qu’il y a de mieux pour toi. »

Posant sa main sur la joue, il la lui caressa, tout en commençant à parler :

« Je vais donc m’occuper de toi comme ta mère le demande. Tu es ma fille et je n’ai pas assumé mon rôle de père pendant douze ans, mais je te promets que ça n’arrivera plus jamais. Je prendrais soin de toi et quand ta mère reviendra, elle sera fière de nous deux. Parce que je me serais bien occupée de toi, et parce que tu auras été une courageuse jeune fille obéissante. Je ne peux imaginer ce que tu ressens, mais tu n’es pas obligée d’affronter seule l’épreuve qui vient, nous l’affronterons ensemble comme père et fille. »

Il se redressa alors et lui embrassa son front.

« Je comprends que tu n’ais pas d’appétit. Ce n’est pas grave. Je… je n’ai moi même plus très faim. Si tu désires me poser des questions, n’hésite pas. »

Dit-il alors en allant se rasseoir. Vivonne se sentait bizarre, perdu entre la culpabilité d’avoir abandonné Élise avant même sa naissance, sa joie de l’avoir découverte et l’inquiétude née du malaise d’Élise, qui souhaitait visiblement être ailleurs.
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Dim 13 Juil - 15:26


Elise avait sans doute sous estimé la patience de l'homme qui se trouvait à présent tout proche d'elle et qui loin de s'offusquer de son ton sévère sembla l'accepter, à son grand regret. Il commença alors un long monologue, lui exposant d'abord ce qu'il pensait qui faisait sa distance et son malaise. Il avait raison dans le fond, il était un inconnu dont elle n'avait jamais même entendu parlé en douze ans et qui surgissait aujourd'hui dans sa vie comme si de rien était. Il n'avait jamais été présent pour la protéger des coups ou de la famine. Oui elle se méfiait de lui, comme on se méfie d'une épidémie meurtrière. Pour avoir délivré la lettre, elle savait que sa mère lui avait écrit quoi qu'ignorant ce qu'elle y disait puisqu'elle ne savait ni lire ni écrire. Un contenu de la lettre qu'il lui expliqua sans rien lui apprendre pourtant. Elle était bien placée pour savoir l'état des finances familiale et ça ne changeait rien. Sa mère l'avait abandonnée. Elle se sentait sacrifiée sur l'autel de la finance et de sa justice en cela. Qu'ils étaient tous bien injustes de réclamer à ce qu'on leur rembourse des sommes que l'on avait jamais possédées et qui étaient ahurissantes. Qu'ils étaient injuste à obliger sa mère de se séparer d'elle.
Elise n'était pas née de la dernière pluie et il était dans son caractère d'être vive d'esprit autant que réaliste. Elle savait bien que jamais sa mère ne viendrait à bout de ses dettes. Et elle savait qu'à Paris, avoir de telles dettes était un danger, une épée de Damoclès planait au dessus de la tête de sa mère, pourrait à tout moment s'abattre sur elle. Jamais elle ne la reverrait, vivante du moins. En l'éloignant Julie Martin permettait juste à sa fille de ne pas hériter de ces dettes et l'en protéger. Mais l'avis de la jeune fille n'était pas celui de la femme qui l'avait mise au monde, elle ne voulait que rester avec cette dernière, prête pour cela à affronter le danger auquel sa mère était seule livrée.
L'homme lâcha une de ses mains qu'il avait prises un peu plus tôt dans les siennes pour venir caresser sa joue dans un geste apaisant. Lui disant qu'il prendrait soin d'elle, lui expliquant que sa mère, quand elle viendra la chercher sera fière d'elle, fière qu'elle ait été obéissante ; fière de lui, fière qu'il ait assumé son rôle de père. Mais avait-il conscience de la réalité ? Elle ne reviendra pas, jamais elle ne vivrait cette fierté. Non, il ne savait pas jusqu'où s'étendaient les dettes accumulées par celui qu'elle avait toujours jusque là pensé son père. Avait-il su ? Était-ce là la raison véritable de ses coups ? Quoi qu'il en soit, elle ne le saurait jamais. Il était mort. Son père était mort. Et elle serait seule, elle ne reverrait plus jamais sa mère. Sa mère l'avait abandonnée. Ce n'était pas qu'un au-revoir.
C'était le goût amer de la trahison qu'elle sentait pour la première fois sur son palais, un goût âcre, qui envahissait sa bouche. Elle ferma les yeux pour contenir des larmes tout aussi amères que sa bile. Le duc ne pourrait rien y changer. Elle avait fais le deuil de son père toute l'année qui venait de s'écouler, lui n'était qu'un inconnu qui lui avait ouvert sa porte. Même si il posait ses lèvres sur son front pale comme avait l'habitude de le faire ses parents lorsqu'ils la bordaient, comme le faisait si régulièrement sa mère pour disperser les nuages sur son esprit. Elle se laissa presque avoir à confondre la douceur de leurs lèvres à tous, mais fut rattrapée par la réalité alors qu'il s'écartait, lui n'avait plus faim. Elle baissa les yeux et prit alors doucement la parole.

« Elle ne reviendra pas. Maman ne viendra pas me chercher... Vous le savez n'est-ce pas ? Je ne la reverrai jamais... »

Sa voix se trouvait enrouait par les sanglots qui naissaient dans sa poitrine. Sa mère lui manquait déjà, et savoir qu'elle ne la reverrait jamais quand elle s'était retournée alors que la charrette s'ébranlait dans les rues parisiennes n'était pas le dire à voix haute, surtout que personne avant elle n'avait osé devant elle prononcer ces mots.

« Vous savez que jamais elle ne reviendra. Vous savez qu'elle ne veut plus de moi ! Et pourtant vous voulez comme les autres que j'accepte cette fatalité... Vous dites être mon père, comme elle me l'a dit. Mais je ne vous crois pas. »

Elle s'était levée pour marcher vers la porte, elle rentrerait à Paris avec Monsieur Baussier. Il fallait seulement qu'elle le retrouve.
Le monde autour d'elle se troublait alors qu'au coin de son œil se formaient de lourdes larmes qui glissaient sur ses joues, la réalité était là : elle ne rentrerait pas à Paris, elle le savait...
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Dim 13 Juil - 18:09

La vie était horrible avec Élise… Et naturellement elle réclamait sa maman comme tout enfant qui se retrouvait seul avec un inconnu, fut-ce son géniteur. Géniteur qui désirait plus que tout la confiance et l’affection de ses enfants, y compris sa petite bâtarde, il se demandait comment faire alors qu’Élise prenait la parole et se levait tout en s’agaçant.

« Élise je sais que ta mère à des soucis mais elle fera tout ce qu’elle peut pour venir te retrouver dès qu’elle aura résolu ses problèmes. Il faut que tu ais confiance en elle. J’ignore pourquoi elle ne me demande pas d’aide pour résoudre ce problème, mais il faut garder confiance. Je suis certain que ta mère à un plan et que si elle te met à l’écart c’est pour éviter que ses créanciers ne t’utilisent contre elle. »

L’enfant s’étant levée, Vivonne la suivit et il lui saisit le bras, sans force. Il la força alors a le regarder droit dans les yeux, sans brutalité.

« Élise, je te promet de m’occuper de toi. Tu auras un toit, le ventre plein et tu seras bien vêtue. Tu rencontreras tes tantes et, si tu le désires, tes demis sœurs et ton demi-frère.  Mais je ne peux malheureusement rien te promettre pour ta mère. Je peux demander à ce qu’on la recherche pour lui venir en aide face à ses créanciers mais c’est la seule chose que je peux faire pour elle.  Tu comprends ? »

Il n’était pas certain que l’enfant comprendrait, mais il ne pouvait malheureusement pas lui offrir plus. Doucement, il lui sécha ses larmes.  Il aurait tant aimé rencontrer Élise différemment, que Julie ose venir avec elle au lieu de chercher à résoudre seule des soucis visiblement énormes et effrayants. Mais la vie en avait décidé autrement, et il fallait faire avec. Il ignorait juste comment apporter un semblant de réconfort à une petite fille qui le fuyait et réclamait sa mère.
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Lun 14 Juil - 1:17


La curiosité est un vilain défaut autant qu'elle peut être une belle qualité mais qu'elle soit l'un ou l'autre chez Elise Martin, elle lui était en ces moments troubles bien pratique sans quoi elle aurait toujours attendu le retour impossible de sa mère. Mais elle savait que ce retour ne viendrait pas, elle savait qu'elle aurait beau l'attendre et prier Dieu, rien ne pourrait faire arranger la situation désespérée dans laquelle se trouvait actuellement sa mère. Une situation dont elle ignorait certes les détails mais dont elle connaissait les grandes lignes. Aussi alors qu'on lui tenait le bras et qu'elle avait baissé les yeux, qu'on essuyait ses larmes et qu'elle ravaler son chagrin visiblement incompris, elle fit l'effort d'articuler d'une petite voix faible quoi qu'audible.

« Hier soir, j'ai entendu maman parler à ma tante, celle qui nous hébergeait. Elle lui disait qu'en un an de travail acharné qui ne nous avait apporté qu'une plus grande misère, elle n'avait presque rien pu rembourser des dettes colossales de mon père... Enfin... Je veux dire... De son défunt époux... »

Elle était mal à l'aise, maladroite dans ses paroles mais pourtant tentait d'être le plus claire possible, savait qu'on risquait de lui reprocher d'avoir ainsi écouté aux portes, ce qu'elle n'avait pas vraiment fait puisqu'elle n'avait pas bougé de son lit. Seulement, les murs de la maison n'était pas bien épais et le parquet de l'étage laissait parvenir à ses oreilles de longues brides de conversations entre les ronflements de ses cousines. Elle avala difficilement sa salive avant de reprendre le fil de ses explications.

« Maman a dit qu'après que je soit partie, une fois que Monsieur Baussier lui ait confirmé que je sois bien arrivée et donc en sécurité, elle prendrait le peu qu'il lui restait et partirait, il fallait qu'elle trouve un moyen de gagner plus d'argent... Ou qu'elle affronte ceux qui la poursuivaient avec tant d'avarice... Elle ne reviendra pas, elle ne pourra jamais se défaire de ces dettes immenses qui, elle l'a dit un jour, devait être à elle toutes plus élevées que les trésors de la couronne ne pourraient rapporter en vente... Si elle ne vous l'a pas dit dans son courrier, moi je vous le dis... Elle ne reviendra pas. La chose est impossible, elle a elle même dit à ma tante qu'elle serait incapable de me dire la vérité, de me dire adieu... Que ça lui serait trop douloureux et que j'étais trop jeune pour comprendre... »

Mais elle avait très bien compris justement. Elle comprenait parfaitement qu'on veuille la protéger mais elle n'accepter pas la situation pour autant... Elle soupira, abandonnant l'idée de retrouver Monsieur Baussier, elle devait être ici depuis un temps et il avait du s'en retourner après avoir récolté quelques rumeurs comme à son habitude. Elle ne regagnerait pas Paris, elle ne reverrait jamais sa mère... Elle baissa le menton en restant immobile, ne disant plus un mot. Elle réfléchissait, réfléchissait à ce qu'elle devait faire... Finalement dans un léger soupire, elle murmura :

« Je vais rester... Mais je le reste m'est égal. »

Elle parlait là bien sur d'avoir un toit sur la tête, le ventre plein, d'être bien vêtue et de recevoir une quelconque éducation. Des choses qui étaient futiles à ses yeux et représentait une perte d'argent.
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Lun 14 Juil - 14:04

Faible, mal à l’aise, Élise n’avait guère d’espoir et se laissait aller à confesser l’horrible vérité à son père. Et par la même occasion souligna que toute attention paternelle était égale et futile à ses yeux. Que faire ? Avec ses autres enfants, en cas de chagrin, il leur offrait un câlin, mais puisqu’Élise le considérait comme un étranger, même si elle prenait maintenant garde à ne plus qualifier de père son beau père imbécile, il ignorait si elle l’apprécierait réellement. Et pourtant… Lorsqu’Élise finit son histoire, c’est lui qui en ressentit le besoin et il prit spontanément sa fille dans ses bras dans une paternelle étreinte, une main caressant la rousse crinière.

« Je… Je suis réellement désolé pour toi… je… Rien ni personne ne remplacera jamais ta mère mais, même si ça t’es égal aujourd’hui, je ferais en sorte que tu sois aussi heureuse que possible dans ces circonstances. »

Lui promit-il alors sans hésiter. Se redressant, et portant sans effort Élise, il lui déclara aussitôt :

« Je vais t’emmener chez moi. La Cour n’est pas un lieu pour une enfant. Tu auras une vie plus calme et plus de confort. Et tu seras chez nous, pas chez notre Roi. »

Il fit alors quelques pas mais la reposa au sol, Élise était il est vrai plus qu’assez âgée pour marcher toute seule. De plus elle était mal à l’aise alors même que Vivonne l’étreignait pour qu’elle se sente aimée et en sécurité, malgré l’absence de sa mère. Quoiqu’il le soit, il fit un sourire un peu timide mais très tendre à sa fille, avant de l’emmener hors de ses appartements, tout en donnant à une domestique une consigne. Bien vite un attelage emmena le père et la fille jusqu’au tout nouvel Hôtel Particulier de la Famille Mortemart. Élise allait découvrir sa nouvelle maison.
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La cigogne est passée ☀ avec Louis-Victor de Mortemart

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