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 Un secret dépoussiéré ~ Philippe de Lorraine


Ven 11 Juil - 15:49


Le Petit Marsan avait à peine quitté ses appartements depuis quelques minutes pour régler quelques affaires en ville, que déjà les domestiques avaient pris possession des lieux. Aurore, portant un seau, des serpillières, un balai et des brosses, traversait l'anti-chambre en suivant Lise, la gouvernante à qui la jeune fille donnait au moins 45 ans. Si le ménage était fait de façon méticuleuse chaque jour, ce Vendredi-là serait le théâtre d'un excès de zêle. Et pour cause : le Petit Marsan recevait et tout devait étinceler de mille feux. Aurore, dans toute cette précipitation, n'avait pas compris qui était attendu pour le dîner : probablement de la famille et des amis proches. Charles de Lorraine avait en tout cas exigé que la salle de jeu soit parée à recevoir une quinzaine d'invités. Lise avait aussi dit à Aurore que le boudoir devait également être parfait.
La horde de domestique s'attaqua aux festivités d'usage et disparut aussitôt dans la chambre du Maître, ouvrant grand les fenêtres pour aérer et faisant le lit au carré. Lise, qui faisait confiance à Aurore et à Delphine, une brune plus âgée que la première, les avait chargées de nettoyer le boudoir et la salle de Jeu. Delphine, sans même demander quoi que ce soit à Aurore, se chargea du boudoir. Aurore devait donc s'occuper du ménage de la salle de jeu.
Cette dernière était spacieuse, bien éclairée, grâce aux grandes fenêtres qui donnaient sur le Jardin de l'Hôtel de Guise, et les pas de la domestiques tintaient sur le parquet. Le centre de la pièce était dégagé et il n'y trônait qu'un petit jeu de Tric-trac adapté aux dimensions de la pièce. Contre les murs, des fauteuils, des chaises à médaillon et des petits guéridons encadraient des bibliothèques chargées d'ouvrages. Aurore, qui savait lire, se perdait parfois dans la contemplation des titres qu'elle lisait sur les tranches – des titres en français, en latin ou en allemand. Le Petit Marsan collectionnait aussi bien des romans, des recueils de poésie et de lettres, des mémoires et des ouvrages historiques que des essais scientifiques et religieux.

Aurore posa ses ustensiles de ménage sur le sol et circula dans la pièce pour relever ce qu'il lui faudrait faire : ouvrir les fenêtres, changer les fleurs, redonner forme aux cousins, faire les poussières et cirer le parquet. C'était beaucoup de travail et elle était seule. Ceci dit, cela lui convenait : elle était libre de faire comme bon lui semblait et pouvait chantonner ce qui lui plaisait. Aurore glissa ses mèches blondes derrières ses oreilles et se mit à l'ouvrage. Elle commença par ouvrir les fenêtres une à une pour laisser entrer dans la pièce la fraîcheur de la matinée, avant de s'attaquer aux différentes bibliothèques et à leur fine pellicule de poussière, un chiffon à la main. Elle en venait à la dernière étagère lorsqu'elle entendit quelqu'un faire irruption dans la pièce...



Dernière édition par Aurore Albray le Dim 10 Aoû - 12:13, édité 2 fois
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Mer 23 Juil - 19:45

  • Ils avaient commencé la nuit dans ce qui ressemblait à un bouge, mais n'en avait que l'apparence extérieure. N'entrait pas qui voulait dans cet étrange palais souterrain qui se voulait des airs orientaux. L'encens vous entêtait les sens sitôt que vous y pénétriez. Et qu'importait puisque c'était bien pour se les perdre, ces fameux sens, qu'on venait là. La Fare prétendait qu'on pouvait même y goûter de cet étrange produit qui donnait leur force aux légendaires assassins perses. Cela avait été d'ailleurs un grand sujet de déception pour le jeune Chevalier. Après les bouffées aspirées du bec de la petite pipe à eau, il s'était attendu à une conscience aiguisée, des sens développés, peut-être même une vigueur renouvelée, mais... Rien de tout cela ! Cela avait d'ailleurs fait beaucoup rire ses compagnons du soir. Beaucoup trop et beaucoup trop fort. Alors malgré le vin et les autres denrées exotiques, pas plus recommandées, sur lesquels il s'était rabattu, Lorraine s'était trouvé d'humeur exceptionnellement maussade.
    Sortir leur avait fait tourner la tête à tous, comme si leurs esprits n'étaient plus tout à fait capable d'assurer les transitions dans l'espace et le temps, le chaud et le froid. C'était plus aux quelques hommes de main qui les accompagnaient qu'ils devaient de ne pas s'être perdus dans le dédale parisien. Encore qu'au début, Lorraine aurait apprécié se perdre. Pour quelle raison, c'était sans doute une question superflue. A ce moment là, Paris semblait être aux frontières d'un autre monde plus sombre et baigné de brume et de lune, mais aussi plein de possibilités étranges, de rêves incarnés, d'absurdes inquiétantes beautés. Rentrer tout droit semblait devoir faire de vous le dernier des pusillanimes. Peuh !
    Le sang avait coulé à un moment. Dans des circonstances fort troubles d'ailleurs. Le jeune homme ne devait jamais vraiment se souvenir de ce qui avait bien pu se passer. Mais compte tenu de l'origine de sa précédente grande déception, de l'humeur grise qui s'en était suivie, et de la disparition de la dite humeur juste après l’événement, il était probable qu'il ait eu quelque chose à faire dans cette histoire.
    Sans importance.
    Sans importance, même s'il était entré à l'hôtel de Guise, toujours accompagné de la même petite bande, aussi joyeux qu'il avait quitté mécontent le faux bouge.
    La nuit s'était poursuivie sans les voir se coucher, l'aube poindre même sans qu'ils n'aient encore demandé grâce et pourtant... Pourtant certains avaient dû mélanger des denrées qui n'étaient pas faites pour s'associer. Vardes, passant de la mélancolie à la béatitude, et de l'emportement au chagrin, soliloquait des paroles sans queue ni tête. Personne n'y voyait du mal d'ailleurs, on y trouvait même matière à rire. Encore. Les deux seules femmes semblaient quant à elles se trouver des attirances l'une pour l'autre qu'elles ne se connaissaient pas. Pour quelque raison – un nouveau chagrin de Vardes sans doute - , Lorraine avait levé les yeux au ciel et s'était finalement plongé dans la contemplation du trop rare spectacle de carpes de gypse nageant langoureusement parmi les moulures mouvantes du plafond. Quand il avait constaté qu'il était seul bénéficiaire d'un si joli tableau, il lui était venu un de ses habituels sourires tout sinueux d'arrogance qui coupaient court à toute velléité de moquerie de la part de ses vis-à-vis. Après tout c'était eux qui étaient à plaindre, eux qui ne voyaient pas.
    Mordieu ce qu'il faisait chaud...
    La fin s'amorça lorsque les personnages d'ombre qui dansaient sur les tentures commencèrent de paraître tout aussi réels que ses compagnons de chair.
    Les souvenirs se brouillaient tout à fait après cela, devenaient épars, flammes évoquant une suite à mesure du commencement. On avait bien profité de tous les plaisirs du monde. Encore qu'on s'y fut plus abandonné qu'emparé cette fois-là. Humeur grise, humeur d'or et pour finir humeur d'éther et de langueur.

    S'il se réveilla dans son lit, Lorraine n'avait pas la moindre idée de la manière dont il s'y était échoué. Il était d'ailleurs fort peu probable qu'il s'y soit rendu tout seul, encore moins qu'il ait réussi à se débarrasser de ses vêtements pour en enfiler d'autres plus appropriés pour le sommeil. D'aucuns avaient dû se charger de cela et puisqu'ils l'avaient fort bien fait, la question était close.

    Une telle soirée avait néanmoins un prix : il avait dormi une journée entière et la nuit suivante sans interruption, mais d'un sommeil fiévreux et agité. Le bon côté des choses, c'était qu'à une journée aux idées troubles succédait une autre aux pensées fraîchement reposées, à laquelle on s'éveillait fort tôt et qui se prêtait donc bien à s'atteler aux affaires. Le jeune homme avait donc convoqué son intendant et venait de passer les dernières heures à régler les comptes et problèmes des terres dont il était le propriétaire, tout en avalant d'un appétit d'ogre le déjeuner qu'on lui servait. Une chose dont beaucoup auraient pu douter mais il s'astreignait à ce rituel fastidieux régulièrement. C'était, après tout, les seules sources de revenus réguliers qu'il eût en propre et elles n'étaient encore pas bien grandes. Mieux valait s'assurer qu'elles ne tarissent jamais. Quand on ne regarde pas à la dépense, il faut bien assurer des rentrées.
    Après avoir jonglé avec les chiffres et les aléas administratifs pourtant, et alors même qu'il venait de se garantir de nouveaux jolis jours dorés à venir, il ne se sentait jamais que terriblement frustré : le corps inutile pendant toutes ses heures de travail et de sommeil, et l'esprit uniquement occupé par des réflexions à rouages, il lui semblait avoir besoin de rattraper un temps volé. Aussi se fit-il aussitôt servir du vin et, toujours vêtu de simples chemise et hauts de chausse parcourut nonchalamment les couloirs, croisant des hordes de domestiques affairés à entretenir les lieux en l'absence de la majorité de leurs maîtres. Jusqu'à passer devant la salle de jeu et songer que peut-être ce serait là qu'il achèverait définitivement les plaisirs du matin. Une femme de chambre advint l'instant d'après, visiblement soucieuse de rejoindre sa consœur pour quelque obscure affaire de chiffon, mais elle fut arrêtée d'un regard. Si elle se mordit les lèvres d'hésitation, elle ne mit heureusement pas longtemps à quitter les lieux et il retourna à l'étude du menu qu'il se proposait de goûter.

    Appuyé au chambranle de la porte, il prit le temps d'envisager la chose, jauger les courbes, s'en pourlécher d'avance. A qui était-elle celle-là ? Probablement à Charles s'il se souvenait bien, mais il n'aurait pas pu en jurer. Quant à son nom s'il l'avait jamais entendu il l'avait oublié aussitôt. L'important étant qu'elle n'était pas à lui, d'abord, et ensuite qu'elle avait des airs tout à fait appétissants. Il fit un pas, et comme elle réalisait qu'elle n'était pas seule, il ferma négligemment la porte derrière lui, avant d'avancer avec une assurance fauve droit sur la jeune fille. Ah Diable... Il n'y avait pas besoin de s'embarrasser d'autant de manière qu'à l'accoutumée avec les servantes. Les charmes n'étaient plus que des courtoisies.
    En quelques grandes enjambées il était arrivé à elle. Lui soulevant le menton sans cérémonie, il évalua la seule chose dont il n'avait encore pas bien pu juger. Aucun regret à avoir : elle avait un fort joli minois, la mignonne, avec ses beaux yeux pervenche et ses joues toutes rondes qu'on ferait vite rougir comme de bonnes pommes...
    Dans un grand sourire de chat qui vient de coincer une rondelette petite souris, le jeune homme s'empara de la taille de la servante, la serrant contre lui aussi bien pour lui couper toute échappatoire que pour goûter avec le corps ce qu'il avait estimé des yeux. De l'autre main d'invitantes caresses étaient prodiguées. Des courtoisies vraiment. Mais infiniment plus entreprenantes que celles qu'on adressait aux dames. Et qui ne toléreraient pas de refus.


    -Inutile de jouer les effarouchées..., dit-il d'une voix cajoleuse. Il n'y a ici personne à impressionner par ta vertu.

    D'invitantes ses caresses se faisaient déjà plus... stimulantes.

    -Personne pour te reprocher les menus plaisirs qu'on voudrait t'interdire...




[H.R.P : Allez vas-y ! Fais plaisir à tout le monde ! Dis-lui non ! ^^]
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Dim 10 Aoû - 14:12


Aurore s'était lancée sans plus de cérémonie dans son grand ménage, nettoyant avec efficacité chaque centimètre carré de la pièce. Depuis le temps qu'elle était là, ses gestes étaient devenus précis et impitoyables contre les particules de poussières et les tâches. Habituée comme elle l'était, ses mains s'agitaient devant sans qu'elle n'eût à y songer, et Aurore avait donc tout le loisir pour laisser son esprit vagabonder. Ce matin-là, comme bien souvent, d'ailleurs, elle pensait à son père biologique. Celui dont le bouton doré était sagement caché dans la poche de son tablier.
Ces dernières semaines, Aurore avait eu comme une idée. Elle était devenue une habituée de la famille de Lorraine, clan phare du Paris mondain, connaissant leurs habitudes, leurs excentricités et leurs fréquentations. Son maître, le Petit Marsan, était un jeune homme plein d'entrain et de promesses, le dernier d'une fratrie d'héritiers. Voilà maintenant trois semaines, alors qu'elle avait participé au déménagement d'une pièce qui servait auparavant de débarras et qui allait être réaménagée par l'architecte commandé par la Duchesse de Guise, Aurore était tombé sur un portrait du Petit Marsan âgé d'à peine trois ans. Les cheveux blonds comme les blés, les joues généreuses et les yeux bleus comme un coin de ciel, le bambin débordait déjà d'énergie et de vitalité - et Aurore, bouleversée, crut voir dans ce portrait la preuve qu'elle cherchait depuis des années : Charles de Lorraine était son frère.
La ressemblance avec le portrait ne mentait pas ! Ce qui voulait signifier que son père n'était autre que le duc de Lorraine, c'est-à-dire un homme d'allure sévère, mais reconnu dans tout le royaume.

Bien-sûr, Aurore n'avait parlé de sa découverte à personne : elle voulait davantage de preuves, à commencer par savoir si le duc de Lorraine avait quelques affinités avec le duc de Lestang en Normandie et si, vingt ans plus tôt, il lui avait rendu visite. Néanmoins, Aurore croyait dur comme fer à cela : elle se voyait déjà débarrassée de sa condition de domestique.

Lorsque la porte de la salle de jeu s'ouvrit, Aurore se retourna légèrement, pensant qu'il s'agissait de Lise qui venait vérifier l'avancée du ménage. Or non. Elle découvrit Philippe de Lorraine, qui refermait nonchalamment le pan de bois. La jeune fille s'inclina avant de reprendre sa besogne. Mais à peine s'était-elle retournée qu'elle l'entendit fondre sur elle. Aurore se retourna complètement vers lui, prête à recevoir un quelconque ordre. Ce qui suivit dépassait tout ce dont son imagination était capable. Sans ménagement, le jeune homme lui saisit le menton et darda sur elle ses prunelles sombres qui détaillèrent chaque parcelle de son visage. Il eut une moue satisfaite et, attrapant la taille d'Aurore, il l'attira contre lui. Leurs corps se heurtèrent et la jeune domestique laissa choir son chiffon sur le sol, interdite. Son cœur fit une embardée avant de continuer à cogner avec frénésie. Par réflexe, Aurore avait posé sa main sur l'épaule du noble et tentait, le plus possible, de maintenir entre elle et lui une distance.
Mais son bras à lui s'était refermé sur elle comme un étau tandis que son autre main se baladait sur elle, caressa sa gorge, s'emmêlant dans ses cheveux, et ce avec une insistance qui s'accentuait toujours plus. Crispée, Aurore avait commencé à protester. Son esprit était comme déconnecté. elle n'était pas sans savoir ce qui allait suivre, tant les intentions de Lorraine étaient... évidentes. D'une voix sensuelle, il lui somma de se laisser faire, car ce qui allait se passer resterait entre ces quatre murs. Et voilà qu'il la collait davantage contre lui. Aurore se sentait mal et ne savait que faire. Philippe de Lorraine, dont la beauté était fidèle à sa réputation, n'avait pourtant jamais intéressé Aurore qui n'était guère intéressée par le commerce du corps. En même temps, elle se pouvait pas refuser de telles avances. Lorraine n'était pas son maître, mais il ne faisait pas moins partie des personnes que devait servir Aurore si jamais elles lui demandaient quelques choses. Peut-être que se laisser faire et se donner complètement faisait partie de ses devoirs de servantes. Après tout, n'était-ce pas ce qui était arrivé à sa mère ?

- Personne pour te reprocher les menus plaisirs qu'on voudrait t'interdire, souffla le jeune homme dans son oreille.

Aurore hoqueta de dégoût. Penser à sa mère lui avait remis les idées en place. Ses soupçons concernant les Guise lui revinrent en mémoire.


- Non, protesta-t-elle, nous ne pouvons pas.

Mais il ne l'écoutait pas. Ses bras à elle n'avait aucune force face à la détermination et au désir du noble. Aurore l'aurait bien frappé, mais sa présence d'esprit lui sommait de ne pas faire une chose pareille. Et pourtant, la situation devenait vraiment embarrassante : déjà, il avait remonté un de ses jupons et continuait son exploration à des endroits qui n'avaient encore jamais été traités de la sorte. Sa respiration s'était accélérée : Lorraine ne pouvait ignorer son désarroi et - même - sa peur. Aurore se sentait sur le point de défaillir. Ses forces la quittait. Résister ne lui servait à rien si ce n'est à risquer sa place à l'hôtel de Guise. Et puis... Tout ce qu'elle avait découvert... Tout ce qu'elle pensait savoir. Elle ne pouvait ignorer la petite voix qui lui parlait dans sa tête et qui lui disait que si Lorraine obtenait ce qu'il voulait ce serait un sacrilège.
Alors seulement, Aurore recommença à le repousser, arquant son corps vers l'arrière pour l'empêcher de faire quoi que ce soit. Non, non, non. Elle finit alors par s'exclamer :


- Non, arrêtez, je vous en prie...

Puis plus fort :


- Cessez ! Vous êtes mon frère !


Dernière édition par Aurore Albray le Mer 29 Oct - 13:24, édité 1 fois
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Lun 22 Sep - 19:09

    Comme il les aimait ces protestations...
    Oh il n'avait pas l'hypocrisie de croire qu'il s'agissait d'incitations déguisées. Comme il se fichait qu'elles fussent motivées par une inquiétude morale ou s'il se fût agi d'un refus plus légitime. L'un dans l'autre, l'esprit de prise, de victoire sur l'obstacle, était définitivement part du plaisir pris. Bien entendu on était loin d'une difficulté réelle : une servante sert. Les bonnes âmes qui prétendaient adoucir cet état de fait avaient des airs bien ridicules, en particulier lorsqu'elles se voyaient dédites par leurs propres intérêts. Tout n'était qu'affaire de goûts, simplement les plus communs avaient l'apparence de la respectabilité alors que les plus rares, comme toute chose étrangère, s'attiraient les réactions les plus négatives. Lorraine aimait beaucoup jouer de ce refus de voir les choses en face par ses contemporains. Il savait s'attirer ainsi bien des inimitiés mais s'en délectait : c'était aussi facile de se faire détester que de se faire aimer, alors à quoi bon y accorder de l'importance. Le vent tournait comme on soufflait dans un sens ou dans un autre. Et à défaut de ne pas pouvoir obtenir la plus brillante des places, il pouvait briguer son inverse.
    S'il ne pouvait être premier, il ne serait pas second pour autant. S'il ne pouvait être le maître, il refusait d'être serviteur. Si on l'obligeait à quelque chose alors il ferait en sorte d'en pervertir le résultat : l'amertume serait toujours le goût qu'aurait dans la bouche celui ou celle qui le contraignait. Question de principe. On y trouvait là une certaine libération, puisqu'on ne se souciait plus que de l'avis de ceux dont on voulait tirer quelque chose, et très rarement de ceux pour qui on éprouvait de l'affection. Cette liberté avait un prix en forme de spirale : à une frontière passée en succédait une autre qu'il fallait franchir aussi si l'on voulait vraiment s'assurer de l'absence de barreaux, de laisse, de frein. Il n'y avait guère de fin à cette quête là mais s'arrêter... ? A cette question-là ne répondait aucun mot, seulement une sensation si désagréable et poisseuse qu'on l'oubliait aussi vite. Niant de facto qu'elle était là précisément la barrière jamais franchie.

    Aussi point de scrupule et au contraire, saveur de l'interdit bafoué, rehaussé de la chaleur montante de la peau sous ses doigts, des mouvements vains, de la respiration qui s'emballe. Ces femmes pensaient-elles jamais à ce qu'elles faisaient en se débattant de cette manière ? Jouer les mortes froides et rigides aurait été infiniment plus efficace. Et en même temps... Le jeune homme s'était demandé parfois si, quand bien même on le leur aurait dit, elles auraient vraiment tenté cette stratégie-là : pour efficace qu'elle était, c'était se dévaloriser, n'est-ce-pas ? Tuer le désir après l'avoir fait naître, quel ego aimait cela ? Se résigner à l'inaction sans l'ombre d'une résistance, qui avait si peu de fierté pour cela ?
    Ah vraiment que d’hypocrisie...
    On y ajouterait pas sa part. Une faute est une faute : assumons-la joyeusement et goûtons au plaisir de la bonne chair.
    Elle céderait bientôt, sshhhhh....

    C'est quand on s'y attend le moins qu'on est le plus surpris. L'adage est connu et pourtant ne prépare pas pour autant à l’événement.
    L'énormité qu'elle prononça eut plus d'effet qu'une gifle. Ce n'était pas que les mots, c'était l'aplomb avec lesquels elle les avait prononcés, le même qu'il voyait désormais dans ces yeux pervenche.

    Un silence. Puis un rire. Sauf qu'un rire habituellement ne s'habille pas d'accents carnassiers. Celui-ci était de la même famille que ceux qui vous viennent aux mâchoires quand pris d'une mauvaise excitation : ces rires surprenants qui jaillissent au beau milieu d'un affrontement d'une intensité cinglée, ceux qui s'imposent face à l'absurdité d'un accident pour lequel on ne ressent pas la moindre empathie ou ceux qui éclatent face à la provocation qu'on se sait capable de rabattre.
    Ce qu'elle avait dit était à la fois parfaitement inattendu, grotesque et d'une arrogance impardonnable.


    -Ton frère... C'est d'une insolence si rare qu'elle en deviendrait presque admirable...

    A l'image du rire, en dépit de la douceur avec laquelle les mots avaient été prononcés, il aurait été difficile de ne pas y entendre les notes mordantes et dangereuses marquant ce que l'orgueil aristocrate pouvait avoir d'agressif après un sous-entendu aussi offensant. De caressantes ses prises s'étaient raffermies au songe d'une première gifle lancée pour remettre à sa place la petite impertinente. Ceci ne resta qu'un songe.
    Car en fin de compte, à quoi bon le nier ? Sa curiosité avait été piquée en même temps que sa fierté. Suffisamment pour qu'au lieu d'une juste punition, ou de la continuation immédiate des plaisirs entrepris – ou même encore d'une délicieuse union des deux possibilités – le jeune homme en posa une question.


    -Je me demande, est-ce quelque chaleur passagère qui t'aurait fait perdre la tête à te croire soudainement princesse, ou doit-on cette sortie à une divagation plus enracinée ?

    Il était bien évident que seule l'une ou l'autre option pouvait avoir fait dire une telle aberration à la jeune servante qu'il tenait toujours aussi fermement contre lui. Aucune ne pouvait être assez sotte pour braver ainsi l'un de ses maîtres. Ou bien elle n'avait pas su s'inventer meilleur argument pour protéger sa vertu. Ou bien elle était atteinte de quelque bizarrerie. Il en était ainsi parfois de certaines personnes dont la cervelle semblait avoir été conçue différemment de celles des autres. Pour certains le tort était si grand qu'on s'en débarrassait. Pour d'autres il était si petit qu'on s'accommodait des quelques étrangetés dont on était témoin. Il avait déjà vu le fils d'un maréchal-ferrant qui, simple d'esprit qu'il était, était persuadé de connaître le langage des chevaux et prétendait dur comme fer pouvoir converser avec eux. Pour peu que vous commettiez l'erreur de lui prêter attention, il vous assommait d'une tirade censée être traduite de la bouche même de votre monture. Peut-être la jolie servante était-elle de cette espèce-là : à défaut de parler à la gent équine, elle se croyait le sang bleu, héroïne d'une sorte de tragédie moderne peut-être ?
    Autrement comment aurait-elle pu affirmer aussi sérieusement une telle absurdité ?



    [HRP : mes plus plates excuses pour ce grand retard !! C'est entièrement ma faute, j'ai mal géré mon temps et je me suis trouvée trop prise pour répondre à temps. En tous cas j'espère que la réponse te plaira. Le personnage est certes plus odieux que jamais, mais je crois que ça donne justement de quoi s'amuser à répondre. Enfin j'espère ! Dis-moi si quoi que ce soit ne va pas ! Et encore désolée pour le retard.]
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Mer 29 Oct - 14:08

Aurore ne comprit qu'elle avait lâché le morceau que lorsqu'elle sentit que Philippe de Lorraine cessa ses caresses insistantes. La trêve qu'il semblait lui accorder lui permit de reprendre un peu son souffle, de s'armer de courage. Elle ne pouvait toutefois pas faire un geste - alors que ça aurait été le bon moment pour se dégager de son étreinte - ni même le regarder. Ses yeux fixait un point aléatoire du parquet. Aurore attendait une quelconque réaction, tout en ne parvenant pas à faire quoi que ce soit. Son cœur était le seul à cogner contre sa poitrine, comme s'il se rendait compte de l'inédit de la situation.
Inédit, en effet. Ce devait être une première pour le jeune noble que d'entendre dire qu'il était le frère d'une vulgaire servante de laquelle il essayait justement de tirer un plaisir des plus charnels. En tout cas, c'était une première pour la domestique qui n'avait encore jamais révélé à qui que ce soit - sauf aux Albray - le secret de son ascendance. En plus, ce qu'elle venait de dire était pire. Elle n'avait pas simplement lâché qu'elle avait du sang noble. Elle venait d'affirmer qu'elle était la sœur de Lorraine !

Ce n'était pas le genre de déclaration qui passait comme une lettre à la poste.
La jeune femme rougit. La situation devenait vraiment très embarrassante. Contre elle, Lorraine se mit à rire. Pouvait-elle s'attendre à une autre réaction qu'une moquerie ?
▬ Ton frère... C'est d'une insolence si rare qu'elle en deviendrait presque admirable...

De nouveau, Aurore s'interdit de regarder Lorraine. Elle avait été trop loin - jamais le jeune noble ne l'oublierait. Et si jamais il le répétait au Petit Marsan ? Elle deviendrait la risée de tout le monde qui gravitait autour de l'Hôtel de Guise, des autres domestiques compris. Si seulement elle avait pu disparaître, là, tout de suite, échapper aux mains de l'homme qui avait raffermi sa prise sur elle, ou remonter dans le temps et échanger sa place avec Delphine ! ce n'était guère chrétien, mais enfin, qu'est-ce que sa situation avait de chrétienne ?!

▬ Je me demande, ajouta le jeune homme. Est-ce quelque chaleur passagère qui t'aurait fait perdre la tête à te croire soudainement princesse, ou doit-on cette sortie à une divagation plus enracinée ?

Aurore releva légèrement la tête, pas assez pour croiser le regard de son vis-à-vis, mais suffisamment pour lui montrer un visage en proie à une grande incertitude. Devait-elle lui répondre ?
Elle se rendit compte alors qu'elle avait toujours sa main posée sur son épaule, les doigts perdus dans le tissu de sa chemise qu'elle avait agrippée pour tenter de l'éloigner d'elle, révélant un peu la peau de sa clavicule. Aussitôt, elle laissa retomber son bras. Tout cela était bien trop inconvenant... Elle rosit encore. Fichues joues !


Dois-je vraiment... commença-t-elle, la gorge sèche.

Mais elle s'interrompit, frappée par la bêtise de sa question. Évidemment qu'elle devait vraiment répondre ! De même que ses mains à lui ne la lâcheraient pas, Lorraine ne la lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas les réponses à ses questions. L'esprit d'Aurore fonctionnait à plein régime. Jamais elle n'avait été aussi proche d'un homme - jamais personne ne lui avait fait de telles avances et, tout autant que cela la dégoûtait, elle était troublée. Elle inspira profondément.


Je crains, Monsieur, qu'il ne s'agisse guère d'une divagation. Sauf votre respect, je maintiens ce que j'ai dit. Je... Enfin, vous êtes peut-être mon frère.

Peut-être. Aurore l'accentua volontairement, par mesure de prudence. Elle savait qu'elle révèlerait tôt ou tard toute son histoire - les certitudes tout comme les zones d'ombre. Maintenant qu'elle les formulait à voix haute, ses soupçons lui paraissaient vraiment stupides. Pourquoi ne pas dire, pendant qu'elle y était, qu'elle était la fille du Roi ?

Mon père, en tout cas, articula-t-elle, était un noble.
Spoiler:
 
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Sam 29 Nov - 21:47

    Que d'adorables rougissements... Ah s'il n'y avait pas eu cette curieuse et insolente assertion quelques instants plus tôt... Et qu'elle réaffirmait. Fermement d'abord et puis de manière moins assurée ensuite. Sur quoi devait-on mettre l'hésitation ? Un mensonge qu'elle réalisait ne pouvoir tenir ? La crainte d'une punition ? Il s'amusa sans y croire de l'hypothèse délicieusement perverse d'une nouvelle façon de jouer les ingénues tout en pimentant la chose d'un petit sacrilège de circonstance. Mais elle semblait bien trop naïve pour un tel tour. Dommage.
    Prudence de la part de la jeune femme alors ? Dans ce cas elle aurait dû se contenter de son "peut-être". Car la suite...
    Ah la suite... Comment pouvait-on décemment passer d'une prétention aussi osée que s'affirmer la fille d'Henri de Lorraine, laquelle avait au moins la vertu du panache et de l'insolence – ce qui était un argument en soi – à une ombre de provocation en se disant bâtarde d'un noble. "Un" noble... Mais combien de petits barons s'amusaient auprès des servantes ? Combien de hobereaux s'amourachaient de leur chambrière s'ils avaient jamais la chance d'en avoir une ? Combien de marquis, de comtes préféraient les bras, familiers et gratuits, de leurs cuisinières aux difficultés des dames et aux coûts des bordeaux ? Qui pouvait bien se soucier de la progéniture de ces accouplements ? Quelle espèce d'importance ?


    -Ton père était .. "un" noble...

    Les yeux du jeune homme brillaient désormais d'une lueur ombrageuse : celle de l'orgueil chatouillé. Comment pouvait-elle, elle qui vivait à Paris, elle qui servait au sein de l'Hôtel de Guise, elle qui servait son jeune frère le Chevalier de Marsan, oui comment pouvait-elle associer leur famille et leur père à... "un noble" ?! La différence était pourtant de taille et aurait dû être évidente. Aucun d'entre eux n'aurait pu être si simplement qualifié ainsi.

    -Monsieur "Mon" père est Henri de Lorraine, prince étranger, comte d'Harcourt, d'Armagnac et de Brionne, vicomte de Marsan, Grand Ecuyer de France, Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit et Sénéchal de Bourgogne ; vice-roi de Catalogne ; gouverneur de l'Alsace puis de l'Anjou. Surnommé Cadet la Perle par ses hommes après que la duchesse de Savoie ait constaté sa bravoure. Fils de Charles de Guise-Lorraine, duc d'Elboeuf et par là-même, digne représentant des familles souveraines de Lorraine et de Guise, elles-mêmes héritières en droite lignée de Lothaire, fils de Charlemagne, empereur des Français ; familles très catholiques favorisées par notre très saint Père le Pape. Monsieur "mon" père fut lieutenant-général des Mers du Levant, grand vainqueur des batailles de Casal, de Turin et victorieux pour le parti de la Reine-mère contre le prince de Condé en personne.

    Il en avait fait l'énumération avec un naturel empreint d'une fierté féroce et estimait pourtant avoir fait preuve de modestie en s'arrêtant là et en ne précisant même pas la longue liste des prestigieux aïeux dont leur généalogie s'enorgueillissait. Appartenir à leur descendance n'avait rien à voir avec l'héritage que transmettaient les autres familles.
    Une main quitta les rondeurs confortables pour saisir fermement le menton de la jeune domestique et la forcer à lever ses yeux vers lui.


    -Comment peux-tu prétendre partager notre sang ?

    Un instant, une seconde, la question fut tout à fait sérieuse. Un instant il avait oublié, mais le suivant il se rappelait. Ne s'était-elle pas quelque peu rétractée ? Sans perdre de leur scrutatrice insistance, les yeux du jeune homme reprirent des reflets gourmands comme une fossette se creusait d'un sourire en coin.

    -Ou bien n'es-tu que.. la fille d'"un" noble ? Mais si ce n'est que cela... Et si je ne suis pas ton frère...

    S'il plongea volontiers du nez et des lèvres vers la gorge de la fille, il y avait dans cet enthousiasme une bonne part de jeu théâtral tant il s'attendait, tant il attendait, qu'elle poussât à nouveau les hauts cris, tentât de nouveaux dégagements, et surtout, surtout, qu'elle lui servît enfin son histoire.
    Il doutait fort qu'elle fût satisfaisante, mais s'il voulait la connaître, alors il n'y avait pas d'autre moyen que de l'acculer sans jamais la briser. Il serait toujours temps, plus tard, si tout ceci n'avait été qu'une mauvaise excuse spontanée et mal montée, de consommer malgré tout ce qu'on prétendait lui refuser. Mais avant tout, il s'agissait d'étancher la soif de sa curiosité toute éveillée. L'excitation enfantine de l'imagination stimulée noyait pour le moment sans difficulté celle du corps.
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Mar 23 Déc - 22:29


La domestique ne savait comment sortir de cette situation très embarrassante. Elle voyait bien que Lorraine n'était guère convaincu par ses précisions - qui, il fallait le reconnaître, n'étaient pas très précises. Oui, "un noble".
Aurore eut honte. Son estomac se rétracta tandis qu'elle subissait le mépris du noble. Était-ce de sa faute si elle ignorait une partie de son ascendance et si elle était réduite à chercher son père parmi les visages des nobles de la cour ? Comme si ça l'amusait !

▬ Monsieur "Mon" père est Henri de Lorraine, récita Philippe de Lorraine en dardant sur elle des yeux moqueurs. Prince étranger, comte d'Harcourt, d'Armagnac et de Brionne, vicomte de Marsan, Grand Ecuyer de France, Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit et Sénéchal de Bourgogne ; vice-roi de Catalogne ; gouverneur de l'Alsace puis de l'Anjou. Surnommé Cadet la Perle par ses hommes après que la duchesse de Savoie ait constaté sa bravoure. Fils de Charles de Guise-Lorraine, duc d'Elboeuf et par là-même, digne représentant des familles souveraines de Lorraine et de Guise, elles-mêmes héritières en droite lignée de Lothaire, fils de Charlemagne, empereur des Français ; familles très catholiques favorisées par notre très saint Père le Pape.

Aurore baissa la tête, ne pouvant soutenir le regard de Lorraine. Elle était étourdie par la liste des titres et des noms qu'il énumérait et qui l'assommait plus que ne l'auraient fait de vigoureuses gifles. Elle se retenait de pleurer, mais ne pouvait empêcher ses yeux de se brouiller. C'était une torture que d'être retenue contre lui alors qu'il lui faisait subir une humiliation sans pareille. ll lui saisit le menton et lui fit lever la tête. C'était inutile de résister, alors Aurore se laissa faire.

▬ Comment peux-tu prétendre partager notre sang ?

Aurore déglutit. Elle était virée. C'était fini. Et après un tel traitement, elle se ferait tuer par Alix, sa belle-sœur, qui ne supporterait pas deux minutes qu'Aurore ne puisse plus rapporter de l'argent au foyer. Son frère Albert s'occuperait seul de ses obsèques... Surtout que ce n'était pas de la prétention, mais juste une supposition. Elle avait si honte qu'elle ne parvenait même pas à ouvrir la bouche.
Ils étaient là, presque immobiles, lui qui la bloquait avec un bras dans le dos, et elle qui se penchait encore en arrière.

▬ Ou bien n'es-tu que.. la fille d'"un" noble ? Mais si ce n'est que cela... Et si je ne suis pas ton frère, conclut-il malicieusement.

La jeune Albray eut un hoquet d'horreur en voyant que le noble revenait à son intention première. Déjà, il lui déposait un chapelet de baisers dans son cou, à la naissance de la gorge. Impossible de se défaire de son emprise, même si elle était tellement penchée en arrière qu'elle pesait de presque tout son poids sur les bras du jeune homme.


Je ne cherche pas à me moquer de vous, assura-t-elle lorsqu'elle le put. Je ne fais que vous dire la vérité - partielle, certes... Je vous en supplie.

Elle eut alors une idée. N'avait-elle pas toujours sur elle le bouton de son père, légué par sa mère ? Cette dernière lui avait dit dans sa lettre que ce bouton avait valeur de preuve. N'était-ce pas le moment de le vérifier ? Et pourtant, Aurore répugnait à lui montrer ce petit morceau de métal. Il allait une nouvelle fois se moquer d'elle.
Elle-même n'avait pas réussi à savoir à quel blason renvoyait les gravures. Elle n'avait jamais su s'il s'agissait d'un lion, ou d'un chien, ou même d'une belette, tellement il était usé. Philippe de Lorraine en saurait-il plus qu'elle ? Et si oui, pouvait-elle accorder crédit à ce qu'il lui dirait ?

En tout cas, elle n'avait pas le temps de cogiter davantage. Les caresses du noble devenaient plus pressantes, son souffle s'accélérait et elle savait qu'elle-même ne résisterait pas longtemps. Aurore parvint à glisser son bras entre eux, et à fureter dans son tablier pour saisir sa relique.


Regardez, je vous prie, fit-elle sur un ton presque triomphant, cela lui appartenait. C'est tout ce que j'ai de lui...
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Un secret dépoussiéré ~ Philippe de Lorraine

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