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 quand tombent les masques ► Liam


Dim 13 Juil - 18:05


Les secrets sont légions, ils sont ici, partout, dans chaque bouche, sur chaque langue qui ne veut pas se délier. Et ces oreilles qui perçoivent les chuchotements, elles n’en sont que plus nombreuses, toujours. Il paraît impossible de pouvoir cacher quoique ce soit dans cette société qui est avide de la moindre curiosité, de la moindre maladresse. Les murmures rythment sa vie. Il entend les autres domestiques, les voix basses et parfois, il est complice de leurs crimes. Pour répandre une rumeur, il faut l’énoncer vivement, et Albert n’échappe pas aux commérages. Sa femme connaît chaque secret, c’est son jeu favori que de dénicher les mensonges d’autrui mais cela ne l’intéresse pas. Albert fait son possible pour l’écouter dans ces instants mais il reconnaît que tout cela l’ennuie. Pourtant, n’est-il pas intéressant de savoir qu’untel est la maitresse de cet homme, ou encore que celle-ci a noyé son enfant ? Parfois, il aurait envie de tout écrire mais quel malheur apporterait cet ouvrage !

Cela fait trois jours qu’il a été témoin du mensonge le plus intéressant qu’on ait pu dissimuler. Le soldat qu’il avait été chargé de réveiller (alors que ceci n’était pas son rôle mais il s’était plié aux ordres supérieurs) n’était en rien l’homme qu’il/elle présentait au monde. Albert avait sommé l’homme de se réveiller, haussant un peu la voix et voyant que ceci n’était d’aucune utilité, il avait posé sa main sur l’épaule, secouant légèrement l’Endormi quand le drap avait glissé, dévoilant des attributs féminins. Le domestique s’était aussitôt reculé, confus, perdu, avait murmuré quelques paroles avant d’envisager la sortie rapide et surtout la fuite mais cela, c’était sans compter la rapidité du soldat qui l’avait immédiatement menacé, lui faisant jurer de ne rien révéler. Bon nombre se seraient empressés d’aller tout révéler, de colporter la nouvelle, d’émettre des jugements. Albray n’était pas de ces langues de vipères. Il s’était incliné, jurant qu’il garderait le secret.

La découverte n’a pas quitté son esprit. Il y repense depuis trois jours. C’est étonnant, fascinant et si curieux. Il n’est pas homme à penser que la femme devrait être cantonnée à des menus rôles. Pour autant, il ne voudrait pas leur octroyer certains métiers. Elles restent inférieures à ses yeux. Mais son passé jurait avec ses croyances. Cette suédoise qui avait embarqué sur l’Astrolabe, celle qui s’était montrée plus téméraire et courageuse que bien des hommes, celle qu’il avait aimé. Elle avait l’uniforme des hommes, leurs gestes, elle était parvenue à tromper le monde et voilà qu’il retrouvait une autre femme ayant ce curieux parcours. Jamais il n’aurait pu jurer y discerner une femme, malgré les traits fins et une carrure moins imposante que le corps d’armée. Et à présent qu’il avait compris la supercherie, il se demandait comment tous pouvaient encore y voir un homme et non pas la femme dissimulée.

Il est occupé à brosser le second cheval du Duc, une bête splendide qu’il jalouse atrocement. Albert n’a aucun droit de monter cet animal mais il se jure d’enfreindre le règlement, pas ce soir, ni demain mais plus tard car un bruit de sabot fracasse le silence de la cour, réveille les chevaux somnolents. Hennissements, sabots qui frappent au sol, ils reconnaissent l’un des leurs. Albert sort du box afin d’accueillir le cavalier nocturne. Il ne doit pas se trouver aux écuries la nuit venue mais ce soir était différent, un poulain est né, et sa présence était requise afin d’assister le médecin. Il est déjà tard, il devrait être rentré chez lui mais cette arrivée inopinée va l’obliger à y rester plus longtemps encore. Un soupir lui échappe tandis qu’il attrape l’une des lanternes, la soulevant au dessus de son visage afin de rencontrer le cavalier qui s’est arrêté devant lui. Sa tête s’incline légèrement face au soldat. « Pourriez-vous confier votre cheval au jeune palefrenier qui se trouve au fond de l’écurie ? » Il n’a pas à donner d’ordre, encore moins à refuser de s’occuper d’un animal mais Albert à l’espoir encore fugace de pouvoir rejoindre sa modeste demeure. Est-ce son impolitesse qui… ? Une lame est pointée dans sa direction, c’est un mouvement vif. Il n’ose pas reculer et cette faible lumière l’empêche de discerner le visage du soldat. « Bien. Je… je vais m’occuper de lui » L’assurance quitte ses mots, l’arrogance s’évapore. Il n’est pas homme à vouloir affronter la mort, pas ce soir…
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Jeu 7 Aoû - 16:38


Les secrets étaient monnaie courante dans une cour aussi fastueuse que celle de France et en général, il étaient bien mal gardés, tant et si bien qu'ils s'ébruitaient en de multiples murmures aux quatre coins du palais, puis de Paris et enfin de France, certains passant même les frontières du royaume. Entant que suisse, Lisabelle se devait d'écouter les rumeurs, de la plus inutile et puérile à la plus essentielle. Quoi qu'elle ne s'intéresse qu'au secondes qui pouvaient s'avérer utiles lors de certaines enquêtes. Toutefois, Lisabelle ne les rapportaient pas, elle les laisser continuer leur route comme si elle ne s'était jamais trouvé sur leur chemin, préférant que le monde ignore qu'elle en savait autant. La jeune femme n'était pas très bavarde déjà et elle aimait à mesurer chacune de ses paroles. C'était sans doute pour cela qu'elle avait réussit à garder aussi longtemps son secret, que ceux qui le connaissaient, respectaient et donc gardaient pour eux. Cette loyauté la sauvait et elle la rendait au centuple à chacun. Ou tout au moins, les respectait et leur était reconnaissante de cela. Il fallait dire que son visage fin l'aurait trahi si elle n'avait su se fabriquer une carrure carrée. Aussi, même peu impressionnante, elle paraissait carrée ce qui suffisait. De plus au service du roi mais dans l'entourage de Monsieur, on lui pardonnait ses traits efféminés.

Le matin n'était pas l'instant favori de la jeune suisse, elle détestait se réveiller. Surtout qu'elle avait pour habitude de veiller toute la nuit pour se rendre à Paris. C'était un de ses nombreux jours où pour la réveiller il fallait lui lancer un sot d'eau en pleine figure, sauf que pour une raison inconnue, plutôt que s'en charger, Alexandre Bontemps avait chargé de son réveil un homme travaillant aux écuries du duc d'Orléans. Le prince n'appréciait pas la jeune femme qui ne s'entendait pas du tout avec les mignons de ce dernier mais pourtant il lui fallait bien assurer la sécurité de ce personnage aux multiples facettes. L'homme était entré sans être entendu par l'endormie, et il avait beau l'appeler, cela n'y changer rien, le sommeil de plomb du soldat était bien connu même si heureusement, elle dormait peu. Toutefois, quand le froid mordant de cette fraîche matinée avait attaqué sa peau tandis qu'elle n'était vêtue que d'une simple chemise, elle ouvrit les yeux. En croisant le regard de l'inconnu, elle avait aussitôt compris qu'il avait percé son secret à jour. Cela ne lui plus pas et tout à fait réveillé, elle avait attrapé sa lame pour le menacer. Elle avait alors obtenu de lui la promesse qu'il ne dirait rien. Mais cela ne lui avait pas suffit, elle n'avait pas confiance en l'homme sur lequel elle s'était ces trois derniers jours renseigné de son mieux. Tiendrait-il parole ?

Toutefois, l'affaire du vol était bien plus importante que celle-ci et devant s'y consacrer, Lisabelle avait fini par oublier son réveil mouvementé. Laurent de Flone en permission, de ce bon tandem qu'ils formaient ensembles, ne restait qu'elle pour suivre une piste dangereuse qu'elle suivait tant à la cour le jour que dans un Paris nocturne qu'elle arpentait courageusement et discrètement. Elle était parvenue à se glisser dans la cour des miracles, en avait rencontrer des membres. Si elle avait par instants peur, elle n'en montrait rien et montrait un visage assuré au monde, chose qu'y risquait un jour de lui jouer des tours. Ce soir là, elle était parti avant même que le Soleil n'ait disparu au bout de l'horizon. Paris était tombé dans le noir de longues heures plus tard et le soldat y était resté encore un long moment avant de récupérer sa monture pour rentrer à Saint-Germain-en-Laye. L'écurie endormie sembla reprendre vie alors que les bruits des sabots de son étalons se rapprochaient, elle n'y prêta pourtant qu'une courte attention qu'en elle le vit. Cet homme qui savait qui elle était. Elle hésita, s'arrêta pourtant à sa hauteur. Il se faisait tard et le pauvre homme voulait sans doute gagner son lit, mais ce ne serait pas tout de suite. Elle ne confirait pas son cheval à l'écuyer occupé à allons savoir quelle tache. Mais il s'en occuperait. Elle l'avait visiblement mal compris, mais elle ne s'en posait pas encore la question quand sa lame s'était pour la deuxième fois de la semaine placée sous son menton. Il s'était immédiatement résigné. Aussi, après avoir rengainait son épée, elle descendit dans un mouvement souple, révélant enfin son visage à la lueur de la flamme qui dansa dans ses yeux gris et brillants comme l'était l'acier polie d'une arme.

« Bonsoir monsieur Albray. Il me semble que nous avons à parler. D'abord, permettez-moi de me présenter, je suis Liam de Saverne, suisse de sa Majesté. »

Elle avait su son nom au cour de ses recherches et n'avait pas cherché à lui cacher cette connaissance... A lui de comprendre ou d'ignorer qu'elle en savait encore bien plus sur lui qu'il ne l'aurait voulu. Elle lui tendit les rênes de l'étalon noir, sans dire un mot de plus.

Hors-jeu : Désolée pour le temps de réponse :/
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