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 *Les soirées de l'ambassadeur* (pv les Mortemart)


Mar 5 Aoû - 21:15

Devant son miroir en pied Niklaus se sentait grandement fier de lui.
Mais également fort heureux. Fier de l'image se reflétant juste devant lui.
N'avait il point belle allure? Tout de noir vêtue, de pieds en cape, comme tout bon protestant hollandais se respectant (vraiment). Avec sa chemise d'un blanc éclatant, venant opportunément contraster avec l'ensemble anthracite. De même que sa ceinture orange vive, couleur symbole de sa patrie. Patrie, la Hollande, qu'il escomptait représenter dignement et utilement, à la cour. Afin que la fragile alliance de circonstance unissant son pays au royaume de France soit affermie et consolidée. Liés par un traité depuis 1662, des tensions étaient apparut, l'année suivante, entre les deux nations. Surtout du fait de l'intransigeance du roi Louis...mais qu'importait le passé, même récent. Depuis, l'Angleterre (la perfide Albion!) se trouvait en guerre contre la France et les Provinces-Unies, et ce depuis une année. De quoi réactiver l'alliance objective entre Saint-Germain (en Laye) et La Haye (hj : rime!). Ce qui expliquait la présence de Van Haack au palais royal.

Ce qui motivait la réception de ce soir, l'invitation faite aux soeurs Mortemart, et à leur frère. Ceci et l'amitié (pensait il) l'unissant à cette chère marquise de Montespan. Dont il avait fait la connaissance en 1663, lors de son premier séjour en la cour de France. Celle ci avait facilité, discrètement mais efficacement, les démarches de l'ambassadeur auprès du roi. Van Haack avait été alors reçu par le souverain. Fraîchement. Toutefois l'essentiel fut préservé : les relations entre les deux pays se trouvaient toujours maintenues. Ce qui signifiait repousser le spectre hideux de la guerre contre la France, et donc le sinistre danger de la disparition de la Hollande...en tant que telle. Depuis, avec cette guerre commune à l'encontre de l'Angleterre, la situation actuelle semblait favorable à une union plus étroite. A une alliance plus formelle entre la Hollande et la France. Et une fois de plus Montespan serait certainement en mesure de faciliter les demandes d'audiences de son ami auprès du roi. Et encore une fois les cadeaux et autres produits des Indes que lui offrirait Niklaus (ou qu'il pourrait lui vendre à bas prix)...devraient faire leurs oeuvres, en motivant (quelque peu) l'intéressée. Ce à quoi dépendait les relations entre Etats!

Cependant tout n'étant pas affaire politique, les réceptions d'ordre diplomatique étaient également l'occasion d'échanges fort intéressants entre personnes de bonne compagnie. De conversations passionnantes partagées entre gens d'esprit, ou même de bons mots distillés ça et là, de part et d'autre. Ceci autour de succulents plats et autres boissons délicieuses. Quand l'art de vivre rejoint les arts de la table. De quoi renouer agréablement avec une amitié récente ou de faire d'autres connaissances, tout aussi enrichissantes. Avec les soeurs le hollandais parlerait tissus et bijoux, avec le frère armes et liqueurs fortes. Quelle merveilleuse soirée en perspective! Que devrait être ce souper organisé dans les appartements même de son excellence l'ambassadeur.

Qu'il était fier et heureux à cette grande idée! Devant les reflets que lui envoyait son miroir : la table de banquet, placée derrière lui. Et déjà couverte de mets fumants et autres carafes colorées. Tant les servants de Van Haack s'activaient énergiquement pour l'occasion. D'autres accrochaient, minutieusement, quelques toiles flamandes ou hollandaises sur les murs de cette pièce de réception. Ou disposaient plusieurs bustes que ces petites mains déposaient, avec d'infinies précautions, sur les commodes et consoles peuplant les lieux. Un clavecin fut même installé, ceci afin de ravir les ouïes des invités, au moment opportun. Tout était, donc, fin prêt. Pour ravir tous les sens et contenter tous les désirs.

Niklaus, fier, heureux et impatient...attendait ses convives.
Il ressert sa ceinture, puis ajuste l'épée d'apparat pendant(e) à celle ci...
Il se sourit à lui même.
Il est prêt.

La pendule retentit et sonne...
2O heures.


Dernière édition par Niklaus Van Haack le Mer 3 Juin - 5:07, édité 2 fois
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Mar 19 Aoû - 22:15

Vivonne se trouvait devant le miroir, s’habillant pour la soirée de l’Ambassadeur. Mais il n’avait pas la tête à ladite soirée. Il avait d’autres préoccupations. Sa fille bâtarde naturellement, mais aussi et avant tout son épouse. Il ne s’était pas attendu à sa venue à Paris et il en avait donc été des plus surpris. Naturellement elle lui battait toujours froid mais la situation était tout de même moins délicate qu’il ne l’avait craint. Cependant il était évident qu’Antoinette-Louise de Mortemart, née Mesmes, ne lui accordait plus sa confiance. Vivonne avait compris que si elle le laissait revenir dormir, et seulement dormir, dans le lit conjugal, c’était autant voir plus pour le surveiller qu’en prélue à des relations plus cordiales, bien que chastes pour un très long moment encore. A cette pensée il ne put retenir un sourire… Dormir de nouveau avec son épouse lui avait fait chaud au cœur. Si Vivonne était d’une nature polygame, ça ne l’empêchait pas d’avoir une certaine tendresse pour son épouse, au contraire. Se ressaisissant, il termina de se coiffer et alla rejoindre son épouse. S’ils faisaient lit à part, chacun se préparait encore séparément.

Lorsqu’il trouva Antoinette, elle lui tournait le dos, finissant de vérifier son maquillage. Il la contempla alors, parfaitement conscient qu’elle pouvait voir son reflet dans la glace. Le regard du Duc de Mortemart remonta lentement le long de la robe, des bras graciles, puis se perdit dans la magnifique chevelure. Malgré cinq grossesses, Antoinette était toujours une femme magnifique et elle continuait d’éveiller les désirs de son époux. Désirs contrariés par le conflit entre les deux époux… Conflit pour lequel Vivonne était entièrement fautif puisqu’il ne parvenait pas à ne pas désirer une autre que son épouse… Et assouvissait les désirs fautifs. Se raclant la gorge, Vivonne attira l’attention de son épouse qui se retourna. Il savait qu’elle l’avait vue, mais puisqu’elle le faisait poireauter, il agissait. Il fallait ne pas arriver trop en retard non plus !

« Ma chère, vous êtes magnifique. Je suis convaincu que vous attirerez tous les regards. »

Déclara-t-il, venant offrir un baise main à son épouse afin de ne pas abimer son maquillage, et pour ne pas être repoussé, avant de lui offrir son bras.

« Je suis certain que l’Ambassadeur n’aura d’yeux que pour les Mortemart ce soir, entre mes sœurs et vous. »

Déclara-t-il dans les couloirs de l’Hôtel alors qu’ils se dirigeaient vers l’équipage qui les attendait en livrée. Tout le monde était vêtu de sa plus belle toilette ce soir, en l’honneur de l’Ambassadeur.

Installés, ils roulèrent en silence dans Paris, atteignant la demeure de l’Ambassadeur alors que sonnait vingt heures. Le couple descendit alors, Vivonne aidant galamment son épouse, puis ils entrèrent chez l’Ambassadeur, qui attendait dressé comme un i et vêtu à la dernière mode, tout comme Vivonne. Un héraut annonça le Duc et la Duchesse de Mortemart alors qu’ils approchaient de l’Ambassadeur.

« Ambassadeur, merci pour votre invitation. Je vous présente mon épouse Antoinette-Louise. »

Déclara alors le Duc, souriant, visiblement ravis de l’invitation de l’Ambassadeur.
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Dim 2 Nov - 13:37

Marie-Madeleine lissa doucement, du plat de la main, une mèche de cheveux, et la repoussa derrière son oreille. Comme elle détestait tous ces dîners, réceptions et autres que son nom lui imposait, hors les murs de son couvent ! Elle s’arrangeait d’ordinaire pour les refuser. Poliment, aimablement, mais fermement. Elle n’aimait pas le décorum, et surtout considérait que son rôle n’était pas là.

Ce soir cependant il lui fallait faire une entorse à la ligne de conduite qu’elle-même s’était définie, et qu’elle avait jusque-là veillé à appliquer avec autant de scrupules et d’exactitude que la règle de son couvent. Après tout, si, de par sa naissance et les appuis que pouvaient lui procurer sa famille elle avait obtenu une permission de quelques semaines hors les murs, il n’était pas question pour elle s’en abuser. Il y aurait eu une injustice envers ses sœurs de voile… Et même en dehors du couvent, elle restait une religieuse !

Elle avait donc du faire une exception, et celui qui la motivait était l’ambassadeur des Provinces-Unies, Nikaus Van Haack. Il fallait bien cela pour lui faire contourner son devoir… Car en tant que diplomate, le sieur Van Haack était en droit de préttendre être bien traité, et qui sait ? Peut-être une absence l’aurait-elle froissée ? C’est son frère, Vivonne, qui l’avait poussée à ne pas décliner l’offre. Ce dernier se rendrait à la soirée, en compagnie d’Antoinette son épouse. Antoinette… Ce nom rappela à la jeune femme sa désagréable altercation avec Madeleine Béjart, et elle chassa, d’un revers agacé de la main, le souvenir opportun. Ses sœurs seraient là aussi, sans doute. Elle n’avait aucune idée de qui d’autre pourrait être présent.

Elle savait, toujours par Louis-Victor, que Françoise connaissait bien l’ambassadeur et que les Montespan avaient même œuvré en son sens auprès du Roi. Mais après tout, elle ignorait tout de lui… Les murs de son couvent la tenaient dans une ignorance relative du monde extérieur, et elle avait beau entretenir une correspondance fournie et s’informer tant qu’elle le pouvait (Madame de Montespan était sans conteste sa source d’informations la plus intarissable, et sur tous les sujets), il n’en demeurait pas moins qu’elle ignorait beaucoup de ce qui pouvait bien se passer à la Cour notamment.

Elle jeta un dernier coup d’œil, très rapide, au miroir de sa chambre. Sa tenue était sobre, les couleurs en étaient sombres, discrètes, effacées ; son visage, dégagé de ses cheveux, et elle avait fait le choix de n égliger, autant que faire ce peu, les cosmétiques, pour marquer la simplicité qui faisait partie de son vœu. Elle s’affirmait ainsi comme n’étant pas l’une de ces jeunes filles frivoles et très mondaines en dépit de leur prise de voile, que les décisions de leurs parents avaient enchaînées contre leur gré à une vie monacale dont elles ne voulaient pas. Satisfaite de son apparence, elle tourna les talons et descendit l’escalier principal de l’Hôtel Mortemart, où elle vivait durant son séjour parisien. Nul doute que ses sœurs seraint éclatantes, resplendissantes de beauté. Elle sourit, en s’imaginant ses aînées parées de belles robes, de bijoux, coiffées, poudrées, maquillées…. Indéniablement Madame de Thianges et Madame de Montespan savaient comment se mettre en valeur.

L’étage était silencieux ; nul doute, son frère et sa belle-sœur étaient déjà partis… A son tour elle monta dans une des voitures de la famille et se laissa emporter par les rues déjà sombres, écoutant leur murmure. Paris était tellement vivant… Et pourtant l’Abbaye-aux-Bois, qui se trouvait dans l’enceinte de la ville-capitale, était si sereine ! Il était assez incroyable de penser que de simples murs pouvaient tenir ainsi éloignée toute cette agitation. Rien –ou presque- ne venait jamais briser la quiétude et le silence pieux qui y régnaient.

En effet, à son arrivée à l’Hôtel de l’Ambassadeur, elle trouva son frère, déjà présent, et revêtu d’un habit à la toute dernière mode, et d’une grande richesse. Sa femme était à ses côtés, tout aussi rayonnante… Eclat de l’or et du faste. L’ambassadeur ne déparait pas ce tableau, car lui aussi portait beau : son habit aux couleurs de son pays, s’il était sobre et sévère n’en était pas moins d’une magnificence digne de son rang. Elle déparerait –et c’était très bien.

Elle s’inclina, silencieusement, et souhaita d’un signe de tête le bonsoir à son frère et à son épouse. Les présentations n’ayant pas été faites, elle attendait un mot de l’ambassadeur, ou bien de son aîné.
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Lun 1 Juin - 0:37

20 heures venaient à peine de sonner que la voix monocorde de l'un des servants de l'ambassadeur résonna presque à l'unisson.

-Votre excellence?
Mademoiselle De Mortemart, et Madame et Monsieur le duc de Vivonne!


Van Haack se retourna, vivement, pour faire face au serviteur et lui répondit par un simple signe de tête. Celui ci s'effaça aussitôt et les premiers convives firent leur apparition. Vivonne ouvrait la marche, aussi élégant dans sa mise que joviale dans son attitude. Son épouse, resplendissante, se tenait légèrement en retrait. De même que l'une des soeurs Mortemart, soeur à double titre, et donc faisant preuve d'une sobriété vestimentaire et d'une discrétion absolue. Ce qui n'en soulignait que davantage sa beauté, sa grâce naturelle, et son aura spirituelle. Ne manquait plus que la divine présence de la marquise De Montespan pour que cette, déjà, merveilleuse esquisse devienne un formidable tableau. Son titre? Dîner mondain entre gens de bonne compagnie. Ou l'ambassadeur, le libertin, sa femme, et sa sainte soeur. Sa sainte soeur et sa soeur divine, (Montespan), se faisant, présentement, sacrément désirer. Pour l'heure il s'agissait de faire un digne accueil aux invités arrivés. Vivonne adressa ses remerciements à Van Haack, puis lui présenta son épouse. Évidemment, le hollandais remarqua la présence de la jeune religieuse. Tout sourire, tout en courtoisie et amabilité, Niklaus salua du chef le duc avant de se tourner vers sa moitié.

-Enchanté chère madame.

Se fut ensuite à Marie-Madeleine d'être gratifiée d'un onctueux sourire de bienvenu.

-Demoiselle De Mortemart, je présume? Enchanté, ma soeur.

Ces dames dûment saluées, l'ambassadeur revint à Vivonne.

-Merci à vous, monsieur le Duc, d'avoir accepté mon invitation. C'est pour moi un grand honneur et une immense joie.

Et, balayant les trois personnes du regard.

-Merci à tous. Et bienvenu!

La suite s'avérait plus délicate. Ou comment faire patienter les présents dans l'attente du dernier convive en retard, et du dîner.
Le maître des lieux allait s'y employer de son mieux. Même si il n'eut, tout d'abord, qu'un mince rictus gêné à leur offrir. Pour ensuite désigner un petit salon attenant à la grande salle.

-Dans l'attente de madame la marquise, je vous invite à venir déguster quelques boissons tout à côté.

Là ou trônait une table basse jonchée de verres en cristal étincelant et de belles tasses en porcelaine. Autour, des canapés parfaitement adaptés à une agréable conversation d'avant souper. Tout proche, une sorte de commode ou avaient été disposés carafes colorées et bouilloires fumantes. Et se tenant non loin, quelques serviteurs fin prêts à officier. A la convenance des hôtes de ce jour. Les souverains de la soirée.


Dernière édition par Niklaus Van Haack le Dim 18 Oct - 0:31, édité 1 fois
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Sam 19 Sep - 9:48

Un léger retard… Qu’est-ce qu’un léger retard pour un diner chez un ambassadeur ? Probablement une chose très mal perçue… Ou peut-être serait-il amusé ? Et peut-être aussi que d’autres invités seraient tout autant, sinon plus, en retard qu’elle ?
La marquise de Montespan avait pour ainsi dire complètement oublié l’invitation de Niklaus Van Haack à ce diner où toute sa fratrie avait été conviée. Elle savait que même sa dévote sœur Marie-Madeleine serait présente, et comme la voir était un bonheur trop rare, elle s’était au final hâtée à sa préparation. Ce n’est en effet qu’après une journée fort longue, et rentrant en son appartement du palais royal, qu’Athénaïs se souvint de cette belle invitation : une toilette de réception avait été déposée en vue avec le petit billet. Au début, la marquise songea à une erreur, ces femmes de chambres pouvaient se montrer si sottes parfois… Mais en s’approchant de la robe –le superbe dernier présent de son frère, une tenue en soie verte brodée de fleur, une pure merveille- la dame de compagnie de la reine écarquilla les yeux. C’était donc ce soir, la réception chez l’ambassadeur !
Elle hurla littéralement pour faire venir les deux domestiques qui alors s’empressèrent de l’habiller, non sans se prendre un savon au préalable. C’est vrai quoi, l’une d’elles aurait pu la prévenir dès son réveil afin qu’elle n’oublie pas un événement de cette importance et qui avait été prévu de longue date !
Fin prête, la jeune marquise se rendit donc à l’appartement de l’ambassadeur, et une fois que le domestique lui avait ouvert, elle pouvait entendre le brouhaha de quelques conversations, signe que nombre des invités étaient déjà présents. Elle soupira, puis avança enfin à la vue de tous, après d’être faite annoncer. Son regard bleuté fit le tour de la pièce où se trouvaient les invités déjà présents : il y avait sa jeune sœur, à qui elle adressa un sourire chaleureux, et son frère ainé et son épouse, qui semblait la dévisager. Les Mortemart n’étaient pas en retard, du moins pas par hasard. S’ils l’étaient, c’était qu’il s’agissait d’une stratégie. Or là, Athénaïs avait simplement été écervelée, cela ne lui ressemblait pas, mais c’était un fait. Et il faudrait supporter sa belle-soeur qu’elle ne pouvait voir pas même en peinture.

Une fois face à face avec l’ambassadeur, la belle jeune femme fit une légère révérence, lui adressa son plus beau sourire et lui présenta des excuses.

-Monsieur l’ambassadeur, quelle magnifique réception vous nous avez organisée ! Je vous sais gré d’avoir eu la bonté de m’inviter, et je vous prie d’accepter mes plus plates excuses quant à ma présence quelque peu tardive.

Il n’aurait sans doute pas l’indélicatesse de lui faire une remarque à ce propos, mais mieux valait s’assurer qu’il n’en était pas froissé.
Marie-Madeleine était tout simplement magnifique, il était tellement rare de la voir en dehors de son couvent, cela faisait chaud au cœur, même si Athénaïs savait pertinemment qu’elle détestait les mondanités.
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Jeu 26 Nov - 12:24

Une soirée Mondaine avec sœurs et épouse. Ce ne serait pas une soirée de liberté pour le Duc mais Vivonne ne voyait pas une soirée chez un ambassadeur comme autre chose qu’une soirée politique. Arrivant en même temps que sa plus jeune sœur, le Duc se montra souriant et surpris alors qu’Antoinette faisait preuve de politesse envers l’Ambassadeur et sa belle sœur. Secrètement, elle devait être contente de ne pas avoir vu la Montespan en premier.

Les Dames présentées, l’Ambassadeur parla au Duc qui offrit un sourire en retour :


« Ambassadeur, c’est un plaisir qui est partagé. Je me réjouis de faire votre connaissance. »

La phrase était probablement sincère. En tout cas elle respirait la sincérité, même aux yeux d’un ambassadeur. Le Duc était toujours ravi de faire de nouvelles rencontres. On ne savait jamais quel serait le résultat : nouvel ami, nouvel allié ou vague connaissance ? Et un ambassadeur étranger était le genre de personne intéressante à avoir dans son carnet d’adresse. Dommage qu’Athénaïs se fasse déjà remarquer par son absence…

« Nous attendrons volontiers notre sœur avec un verre. »

Déclara le Duc, habitué de la chose. Antoinette semblait visiblement blasée mais préféra ne pas évoquer sa belle sœur et interroger l’Ambassadeur :

« Veuillez m’excuser Excellence mais vous nous avez accueilli seul alors je me demandais… Y-a-t-il une Madame van Haack quelque part ? »

Pendant ce temps, puisque son épouse parlait à l’Ambassadeur, le Duc se rapprocha de sa sœur qu’il salua :

« Ma chère Marie-Madeleine, vous voir ici me réjouis. J’ai eu peur que vous décliniez jusqu’à la dernière minute. »

Tout en s'approchant, le Duc avait détaillé la tenue de sa sœur : d’une étonnante beauté alors même qu’elle avait visé la plus absolue sobriété, désireuse de montrer à tous qu’elle était religieuse par choix. Vivonne n'avait plus l'habitude de la voir hors de son uniforme de religieuse et il était des plus ravis de voir qu'elle profitait de l'occasion pour étrenner son plus récent cadeau.

"Et il me semble reconnaître vos souliers. Ils complètent parfaitement votre tenue. Jamais religieuse n’a été aussi belle et resplendissante que vous."

Murmura-t-il avec de faux airs de comploteurs, ravi autant de la présence de Marie-Madeleine que du fait qu'elle portait son cadeau.
C’est à ce moment que la retardataire se fit remarquer en entrant comme si elle était chez elle. Antoinette lança un regard glacial à la Marquise pendant que le frère et les sœurs s’échangeaient des sourires. Athénais avait le chic pour la couper en pleine conversation.

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Sam 12 Déc - 21:52

Elle répondit d’un signe de tête au salut de l’ambassadeur, d’un doux sourire à celui de son frère. Au fond, elle était loin d’être ravie d’être ici ; d’abord, elle n’avait plus beaucoup l’habitude des mondanités pures, qui lui semblaient à la fois superficielles, et, en l’occurrence, et quels que soient les efforts de l’ambassadeur, ennuyeuses. Il n’y avait rien de vraiment agréable là-dedans. De plus, cette énième réception lui déplaisait très fortement : elle était fatiguée de toutes ces réceptions, ces mondanités, ces dîners, où on la traînait de plus ou moins bon gré, et où elle devait faire bonne figure, et oublier son rôle tout en le faisant garder en mémoire à ses interlocuteurs. Cette position, parce qu’elle confinait à l’hypocrisie, lui était détestable. Et il lui fallait bien de la diplomatie pour faire bonne figure…

Elle jeta un rapide regard à ses souliers, cadeau du duc son aîné, et sourit. Elle n’avait même pas fait exprès de choisir ces chaussures plus que d’autres, les ayant préférées simplement parce qu’elles étaient assez simples pour ne pas devenir trop ostentatoires.

« Ce qui prouve, mon frère, que vous avez toujours aussi bon goût. Ils s’accordent parfaitement à ma condition. »


Et c’était vrai : admirablement simples, ils étaient tout simplement parfaits pour n’être pas trop remarqués ; de facture impeccable, ils étaient parfaitement remarquables. Ce paradoxe les rendaient tout à fait adaptées à l’usage de la jeune femme, qui représentait à la fois son couvent et sa famille ; orgueil et humilité, richesse et sobriété.

Un rayon de lumière s’accrocha dans le cristal du verre qu’on lui tendait, mettant en relief les aspérités et les facettes taillées. Elle le prit en remerciant, parlant à peine assez haut pour que sa voix fût audible, regarda jouer les nuances souples et profondes du liquide qu’il contenait. Antoinette reçut également un verre, puis son frère et le diplomate leur hôte. Marie-Madeleine fit tourner doucement la boisson dans le verre, s’absorbant dans la contemplation de sa consistance chatoyante, s’amusant à éclaircir ou assombrir sa couleur aux lumières des bougies.

A peine les boissons distribuées, on annonça Athénaïs. Marie-Madeleine connaissait suffisamment son aînée pour penser que son arrivée en retard n’était pas le fruit du hasard : une femme comme sa sœur ne sacrifiait pas à la versatile fortuna des détails d’une importance telle que son entrée en scène. Avait-elle voulu éclipser sa belle-sœur ? Peut-être ; et si tel était le cas, elle avait réussi au-delà de toutes les espérances. Resplendissante, hâtive et charmante dans sa précipitation que l’on sentait maîtrisée parfaitement, la marquise, fidèle à elle-même, était tout simplement éblouissante. Marie-Madeleine sourit ; elle l’avait toujours admirée pour ce sens de sa propre mise en scène, que sa sœur possédait à un très haut point, et qui avait toujours joué en sa faveur. Athénaïs était une courtisane intelligente, et fine, bien plus fine que beaucoup des habituées des résidences royales.

A son aînée, elle s’autorisa de décerner son premier véritable et franc sourire de la soirée. La savoir présente la réjouissait ; non seulement elle égaierait, comme toujours, la soirée de ses remarques piquantes et particulièrement spirituelles, mais encore saurait-elle lui donner ce tour charmant qui n’appartenait qu’à elle. Et, accessoirement, distraire ces messieurs des intérêts purement –et ennuyeusement- tactiques, militaires ou politiques qui sans doute ne manqueraient pas de revenir en lice à un moment ou à un autre.

« Chère Françoise, c’est un réel plaisir de vous revoir… »

Elle baissa la voix, faisant des mines et des manières, comme si ce qu’elle avait à dire était purement confidentiel –et dans les faits, mieux valait peut-être qu’Antoinette n’entendît rien :

« Je vous félicite, même si je ne devrais pas encourager les divisions : votre petit effet de retard dans l’entrée était parfaitement étudié, le rendu est très naturel, et vous avez ébloui tout le monde, et renvoyé aux limbes notre belle-sœur…. Un petit chef-d’œuvre ! »
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