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 Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis. [ Ninon ] ~ TERMINE


Lun 25 Aoû - 12:08

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


Les regards curieux, jaloux et émerveillés à la fois tentent de dévorer le spectacle sans en perdre une seule miette. Il n’est pas rare qu’une voiture traverse cette avenue, les habitants ont l’habitude de se pencher aux fenêtres ou d’occuper le seuil en famille afin d’observer ceux qui empruntent leur allée. Ce passage est à eux, regarder le fiacre passer est une façon certaine de se montrer, de s’imposer. De rappeler à ces nobles dédaigneux que le chemin sous leur auguste fessier appartient au peuple.

Un rituel qui ressemble tant à une condamnation qu’à une fête. Les enfants rient et acclament les cavaliers, les femmes ne manquent rien des morceaux des somptueux vêtements qui apparaissent entre deux fenêtres tandis que les hommes, évidemment blessés dans leur orgueil, s’obligent à rester dignes, faisant comme si toute cette richesse ne les touchait pas.

Mais les repas sont parfois si maigres, les assiettes tellement vides et les enfants attablés trop nombreux. Les revenus permettent d’avoir un toit, mais certains mois, ces joyeux villageois surexcités sont une bande de crève la faim.

Placé sur la gauche du convoi, je fais avancer mon destrier à l’allure du fiacre que nous escortons. Nous sommes six. Je ne sais plus vraiment qui nous protégeons, mais j’exécute ma mission avec un sérieux irréprochable. Toute mon attention est focalisée sur le bon déroulement du trajet de ces privilégiés. J’étudie méticuleusement la foule pour repérer au plus vite les menaces.
Rien à signaler pour l’instant, mais j’ai appris à ne pas me fier à cette ambiance bon enfant. L’atmosphère légère n’est qu’un trompe l’œil. Un incident est vite arrivé. Il suffit d’une seconde, d’une lame dégainée brutalement ou d’un cri avant-coureur d’attaque.
Dès qu’une pulsion agressive se manifeste, nous devons tout faire pour intervenir avant qu’elle se réalise.

« Pourquoi avance-t-on si lentement ? Autant ouvrir les portes du fiacre aux assassins !!! »

Rouspète le Mousquetaire qui progresse juste devant moi. J’esquisse un sourire amusé puis hausse les épaules. Sa question n’attend de toute façon aucune réponse : ces gens là adorent être ovationnés. Ils se pensent hors de danger jusqu’à ce qu’un fou se jette sur eux !
Je ne peux m’empêcher d’ajouter, tout sourire :

« Cesse donc de te plaindre et profite un peu ! Les belles ont tout le loisir de t’admirer et tu peux aisément les repérer ! »

Ceci dit, j’offre un clin d’œil à une amie près de laquelle nous passons, et reviens à ma tâche principale. Il ne faut pas se laisser distraire. Je suis d'accord avec mon compagnon en ce qui concerne l’absurde comportement de ceux que nous escortons. Accélérer un peu l’allure empêche de profiter de l’euphorie, certes, mais la sécurité n’est pas à négliger !
De plus, les gens commencent à s’entasser devant la voiture. Les mouvements de masse peuvent s’avérer très dangereux, il ne faudrait pas qu’on se retrouve enfermé.

« Écartez-vous ! Laissez passer ! »

Deux autres soldats viennent me porter secours et nous crevons l’attroupement en sommant au cocher d’en profiter pour avancer.
Redoublant de vigilance, je reste en retrait, appréhendant tout comportement suspect… Malgré l’habitude et nos compétences, nous ne pouvons malheureusement pas tout voir.

Un cri, une ruade, les rires cessent.
La catastrophe tant redoutée met fin aux réjouissances.

Codes par Wild Hunger.


Dernière édition par Tiago Valdemar le Sam 4 Oct - 18:21, édité 3 fois
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Sam 30 Aoû - 14:42

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


L

a journée de Ninon promettait d’être plus que bien remplie. Notre dame de lettres était debout bien avant que le soleil ne pointe son premier rayon. Elle avait commencé par répondre à tout son courrier en retard. Puis, elle en avait profité pour envoyer une invitation à sa meilleure et plus fidèle amie, Madeleine Béjart. Cela faisait un moment que les deux femmes ne s’étaient vues et cette dernière manquait beaucoup à Ninon.  Elle décida donc de l’inviter pour le thé. Mais pour cela, Ninon irait en ville afin d’acheter elle-même les pâtisseries préférés de Madeleine.

Mais avant de pouvoir aller faire son petit tour en ville, Ninon devrait également s’occuper de payer toutes les dépenses de son salon.  Heureusement pour elle, elle tenait parfaitement ses comptes et elle ne  se laissait jamais dépassé. Ninon n’aimait pas vivre au-dessus de ses moyens. Il fallait dire qu’elle n’en avait pas besoin non plus, étant donné que ses nombreux amant s’occupaient de la gâté comme ils se devaient. Elle n’avait donc besoin de rien.

Elle pouvait donc utiliser une partie de sa fortune pour se consacrer uniquement à son salon. C’était un endroit très à la mode et fréquenter par la plus haute société. Une chose était certaine, Ninon adorait plus que tout recevoir et être le centre d’intérêt durant la soirée. Elle aimait voir ses invités pendu à ses lèvres, se nourrissant des potins dont elle était la seul à connaître la source exact.

Mais ce soir, tout devait être absolument parfait, car Ninon allait recevoir au sein de son salon, deux de ses plus précieux amis. Il s’agissait de Monsieur le Frère du Roy et de Jean-Baptiste Lully surintendant de la musique du Roy. Oh mais rassurez-vous, peut importe qui Ninon recevait, son salon était toujours sur son trente et un. Mais pour ses invités de marque, la décoration allait être encore plus grandiose que d’habitude, le vin ne serait que meilleur et la nourriture aussi. Une fois que ses comptes furent fait et ses factures payées, Ninon alla faire un tour dans son salon pour voir où en était son personnel. Elle scrutait chaque meuble et chaque bibelot à la recherche de la moindre petite poussière qui aurait pu être oubliée par l’inattention.  Les verres devaient briller ainsi que les plateaux en argent. Tout devait être absolument parfait. Ninon alla ainsi observer ses chandeliers un par un. Ces derniers n’avaient pas été nettoyés correctement. Ninon le garda donc à la main.

-Lucile ! Lucile mais où êtes-vous donc ??

Une suivante d’une vingtaine d’année arriva en courant et s’inclina devant Ninon.

-Je suis ici madame.

-Ah vous voilà. Regardez-moi l’état de ces chandeliers. Ils sont sales et il est hors de question qu’ils restent dans cet état. Soyez mignonne voulez-vous, je veux qu’ils brillent comme si je venais de faire leur acquisition.

La servante acquiesça et se mit rapidement au travail. Ninon alla chercher sa cape et demanda à ce que l’on prépare son carrosse. Une fois ce dernier prêt, elle y grimpa et partit en ville. Elle devait aller chercher des pâtisseries et quelques tissus pour faire des nappes et peut être une nouvelle robe par la même occasion. Les sabots du cheval raisonnèrent sur les pavés et Ninon regardait innocemment par la fenêtre. Tout d’un coup, le carrosse s’arrêta. Ninon passa la tête par la fenêtre.

-Mais enfin, que se passe-t-il ? Pourquoi sommes-nous arrêtés ?

Le cochet lui expliqua qu’un cortège était en train de traverser et que par conséquent il ne pouvait pas continuer. Ninon décida donc de continuer à pied. Elle descendit du carrosse et se mit en route. Mais plus elle avançait, plus la foule s’agrandissait. Elle se retrouva bientôt tellement serrée qu’elle ne pouvait plus marcher. En face d’elle un cavalier arriva qui lui aussi semblait gêné par la foule. Son cheval était effrayé et ce dernier n’était vraiment pas loin de Ninon. Soudain un mouvement de foule poussa Ninon d’avantage vers le cheval sans que cette dernière ne puisse faire quoi que ce soit. Le cheval prit peur et se cabra. Ninon se mit à hurler car elle faillit se prendre les sabots du cheval en plein visage. Elle eut tout juste le temps de se jeter sur le côté. Lorsqu’elle se releva, elle constata que les personnes autour d’elle criait et courrait dans tous les sens. Le cheval s’était enfuit comme il avait pu et son cavalier gisait au sol une balle en plein cœur. Ninon fit des yeux ronds. Elle constata qu’elle connaissait le cavalier. Il s’agissait de l’un de ses amants. Elle se jeta sur lui.

-Que l’on apporte de l’aide vite !!!!!

Mais elle ne savait pas qu’il était trop tard… Elle ne savait pas qu'il s'agissait d'un meurtre et que son amant venait d'être abattu de sang froid. Par qui et pour quelle raison? Est-ce que Ninon serait accusée de se meurtre? Tant de questions qui allaient sûrement trouver des réponses.
Codes par Wild Hunger.


Dernière édition par Ninon de l'Enclos le Dim 31 Aoû - 10:12, édité 1 fois
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Sam 30 Aoû - 19:10

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


La détonation me fait d’abord sursauter. Vient ensuite l’espérance, le vœu de ne retrouver aucun cadavre sur le sol et surtout de ne pas entendre d’autres coups de feu. Enfin, les réflexes prennent le dessus. Je quitte mon cheval pour traverser plus aisément la populace et me dirige, à toute vitesse, jusqu’au cavalier resté à terre.
Le pourpoint maculé de sang et les yeux ouverts, figés, ne présagent rien de bon. Je pousse un soupir à peine contrôlé, m’assure que les camarades se sont chargés de resserrer les rangs autour du carrosse puis se sont empressés de le faire avancer : je peux m’approcher de la dame penchée sur le corps inerte.
Penchée sur un des gardes qui étaient missionnés pour nous aider dans l’escorte.
Penchée sur un homme mort.

« Madame ! » Dis-je en m’agenouillant à ses côtés. Sans aucune information sur ce meurtre, je préfère ne pas laisser de potentielles victimes exposées aux risques. Tant pis pour la dépouille, j’attrape l’inconnue par les épaules, me faisant insistant. « S’il vous plait. Il est trop tard, venez. »

Avant toute chose : repérer le tireur et le neutraliser. Trois Mousquetaires se sont déjà lancés à la suite d’un type armé alors que le reste des soldats veillent à ce que personne d’autre n’ai été touchée. Le carrosse est déjà loin, le son des sabots ne nous parvient plus et la poussière soulevée sur son passage s'estompe lentement.
Le compte des effectifs restés près de l’escorte est vite effectué, j’en déduis qu’il me faut à présent soutenir les traqueurs. Surtout ne pas laisser le tireur s'échapper. Bloquer les issues, repérer les armes encore fumantes et s’opposer à toute résistance. Je me relève, estimant que le coupable s’est probablement éloigné de cet endroit grouillant de curieux, d’affolés et d’épéistes aguerris.  

« Valdemar ! Tu vas reconduire cette dame et assurer sa sécurité… »

Je n’ose contester. Hochant plusieurs fois la tête, je reviens à ladite dame.
S’il suppose qu’elle a besoin d’être protégée, soit, je suis son homme. Et puis, l’intérêt que lui porte étrangement mon supérieur n’est pas juste dû à son indéniable statut de noble. Puisqu’elle connaissait la victime, il est probable qu'elle détienne des informations susceptibles d’expliquer ce désordre.

Après une bonne inspiration pour affronter la pénible humeur que la mort a répandue dans la ruelle, je me décoiffe et me représente à elle, respectueusement.
Sans me montrer indiscret, je dois d’abord découvrir qui était ce soldat pour une femme aussi distinguée. Je ne suis guère pressé, la pauvre vient de perdre quelqu’un à qui elle tenait. Apparemment.

« Mes condoléances. Je ne voulais pas être impertinent, encore moins violent, mais vous étiez sans doute exposée aux mêmes risques. »

Déplaçant mon regard en direction de celui, sans vie, que l’on déplace péniblement, je laisse mes doigts gantés jouer nerveusement avec mon chapeau.
Pourvu qu’elle comprenne mon comportement et que le deuil ne vienne pas assombrir ses réactions. Esquissant un courtois sourire, je l’invite à me suivre. Nous passons devant deux collègues qui ne se privent pas de jaser, discrètement, en me voyant aux côtés de Ninon.

Je leur adresserai bien un sourire mais je dois avant tout mettre en confiance cette femme. Lui sembler insolent compromettrait toute tentative de renseignement.

« Laissez-moi vous raccompagner. Nous ignorons encore les intentions de cet assassin et vous pourrez peut être m’en dire plus…à l’abri. »

Raffiné, humble, prévenant ; je pense savoir ce qui touche ces Dames. Les détails sont souvent déterminants.
Il suffit d'un rien pour être haï, de si peu, pour être adoré.

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Sam 30 Aoû - 22:47

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


C a ne pouvait être qu’un cauchemar. Tout s’était passé très vite. Le cheval, le coup de feu, les cris, puis plus rien. De ses mains tremblantes, Ninon caressa le visage de celui qui avait été l’un de ses amants favoris.  Pleins de souvenirs étaient en train de remonter dans la mémoire de notre dame de lettres.  Elle se souvint de la première fois qu’il avait mis un pied dans son salon. Elle le connaissait depuis plus de 5 ans et elle avait passé de merveilleux moment avec lui.
Il était mari et père de famille comme la plupart des hommes de cette époque. Ninon n’était pas une briseuse de ménage. L’adultère était une chose courante à cette époque. Ils s’étaient plus et le reste s’était fait tout seul. De plus, Ninon devait le revoir. Elle avait prévu de faire une de ses fameuses soirées et elle l’avait invité. Ils ne s’étaient pas revus depuis un moment car ce dernier était parti en mission. Ninon resta à côté de lui. Elle ne voulait pas le laisser. Elle savait très bien que sa femme ne serait pas présente. Elle ne vivait pas à Paris et lui non plus. Il était en mission et Ninon le savait. Une larme coula sur sa joue. Elle avait aussi du sang sur ses mains mais elle n’y prêta pas attention.

Tout d’un coup, Ninon entendit une voix mais cette dernière lui parut vraiment très lointaine. C’était un peu comme si elle s’était réfugiée dans une bulle que rien ni personne ne pourrait éclater. Elle avait toujours sa main sur le torse de son amant et elle lui tenait la main. Mais sans comprendre pourquoi, elle se sentit soulevée et entrainée plus loin. Elle n’eut pas le temps ni la force de protester. Elle aurait encore voulu rester avec lui.

Dans sa tête, Ninon ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi ? Pourquoi l’avait on tué ? Pour quelle raison ? Est-ce qu’il savait quelque chose d’important ? Était-ce pour cette raison qu’on l’avait tué de sang-froid ? Pour être certains qu’il garderait le silence ? Des questions qui resteraient très probablement sans réponse. Ninon ignorait tout de ce que son amant faisait. Il savait qu’il était dans l’armée mais elle n’en savait pas plus. Il faut dire qu’ils ne parlaient pas de son travail quand ils étaient ensemble. Ninon se sentait étrange. Elle avait l’impression qu’elle avait totalement perdu l’usage de la parole. Elle était en état de choques.  Incapable de dire quoi que ce soit. Elle n’avait même par remarqué qu’elle était entourée de beaux militaires. Si les circonstances étaient autres, elle ne se serait pas gênée de les inviter dans son salon. Mais avec ce qu’il venait de se passer ce soir, elle n’était pas prête d’organiser d’autres soirées littéraire pour le moment. Elle avait l’impression qu’on venait de lui arracher un morceau de cœur.

Oh bien sûr, Ninon en avait une collection d’amants. Elle avait un peu tous les âges mais elle avait ses préférences. Et Charles de Machault faisait vraiment partie de ses préférences. Elle entendit qu’une personne donnait un ordre à quelqu’un. Cette fois, la voix se fit beaucoup plus claire. Elle allait se faire reconduire par quelqu’un. Ninon avait l’impression que ses jambes ne la portaient pas. Elle marchait mais elle ne savait pas vraiment comment cela pouvait être possible. Elle avait l’impression que ses jambes la faisaient marcher sans qu’elle n’ait besoin de leur dire quoi que ce soit. L’ambiance était étouffante. Les militaires avaient quand même réussi à remettre de l’ordre auprès de la population.

Ninon ne pouvait s’empêcher de rester le regard braqué sur le corps sans vie de Charles. Elle imaginait que ce dernier se relevait et venait vers elle avec son fameux sourire qui l’avait tellement fait craquer lors de leur première rencontre. Il lui disait que ça avait tout simplement été une mauvaise chute et qu’il était resté inconscient durant quelques instants. Soulagée, Ninon le prit par la main et ils rentrèrent chez elle. La fin était belle et tout est bien qui finit bien. Mais la réalité la rattrapa rapidement lorsqu’un militaire vint lui parler. Il la tira de sa rêverie pour la ramener à la dure réalité. Elle regarda l’homme qui lui parlait.

-Merci pour vos condoléances.  Je n’ai pas eu cette impression pour tout vous dire. J’ai tellement de peine à réaliser que Charles… Qu’il est….

Elle porta sa main à sa bouche. Elle n’avait pas le courage de terminer sa phrase, et fondit en larmes. Il était bel et bien mort. Elle reporta son regard sur le corps de Charles qu’on était en train d’emmener. Le militaire lui fit signe de le suivre et Ninon obéit. Elle jeta un regard froid et méchant aux collègues de ce dernier qui étaient en train de jaser. Elle venait de perdre quelqu’un qui lui était vraiment cher. Ce n’était donc pas le moment de se moquer d’elle.

Ninon les fixa donc jusqu’à ce qu’ils se sentent suffisamment mal à l’aise pour arrêter de parler et de la dévisager comme ils étaient en train de faire. Ses larmes coulaient sans s’arrêter et Ninon en était presque aveuglée.

-C’est gentil à vous.  Souhaitez-vous que nous terminions cette conversation chez moi, ou avez-vous un autre lieu à me proposer ?

Elle n’avait pas spécialement envie de rentrer chez elle car son salon allait être plein de souvenir mais s’il le fallait alors elle le ferait. Elle était prête à tout pour que l’on arrête cet assassin. Si ça se trouve, il allait peut être tué d’autre personne. Il fallait absolument éviter ça. Ninon était donc prête à dire tout ce qu’elle savait à l’homme qui allait l’escorter. Elle était gênée car elle ne savait pas son nom. Il avait très certainement dû le lui dire, mais dans l’état dans lequel elle était, elle ne s’en souvenait pas.

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Dim 31 Aoû - 0:55

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


Je ne connaissais pas ce Charles. Je l’ai probablement déjà croisé, mais hormis mes camarades mousquetaires et quelques pointures en escrime parmi les autres soldats, je ne prends pas soin de tous les identifier, de retenir les grades, les noms, ni même les visages. Ne me prenez pas pour un vulgaire égoïste tourné uniquement sur son régiment. Mais notre métier côtoie la mort, notre quotidien est sang et horreur. Entre autres. Je veux simplement éviter d’avoir la sensation de perdre un proche, lorsqu’un militaire décède.
Le paradoxe, c’est qu’on avance tous, hommes d’armes, côte à côte sur les dangereux sentiers du danger. Sans se connaitre, sans avoir besoin des présentations formelles et communes, nous sommes liés.
Quand une recrue meurt, c’est un frère que nous perdons tous.

N’osant poser ma main sur l’épaule de la dame que je suis chargé d’escorter, je reste au plus près. Comment se tenir devant pareille tristesse ? De quelle façon être utile et poli sans tomber dans l’indélicatesse ?
Sa question me laisse silencieux un instant. Il serait préférable, pour l’enquête, de poursuivre la discussion chez elle. Mais je ne la brusquerai pas. Je sens, dans l’intonation de sa voix meurtrie, une appréhension à retourner à son domicile. Ce qui se comprend. Aussi, je tâche de me faire conciliant.

Je ne suis pas son ennemi et puisque l’on m’a donné un ordre, je vais l’exécuter avec le plus d’application possible. Quitte à laisser la pression retomber, permettre à la belle de surmonter l’épreuve.

« Puis-je vous offrir un moment de répit à la terrasse d’une auberge discrète mais honorable ? »

Ninon de l'Enclos, dont j’ignore encore le nom, est bouleversée. Lui faire quitter les routes pour l’entrainer dans un établissement public n’est surement pas le plus judicieux. Mais je sens bien qu’il est trop tôt pour la reconduire chez elle. Ce malaise confirme un peu plus mes soupçons sur la relation qu’elle entretenait avec le soldat Charles. Des amants mordus, transis ? Je ne m’hasarderai certainement pas sur la voie du jugement. De toute façon, je prône ce genre de liberté, d’autant plus quand une sincère amitié se mêle au sensuel.
Mais après ? Savoir que le mort avait une amante ne m’aide en rien. J’aurai aussi bien pu l’affirmer sans preuve.

Pourquoi tuer un garde ? Pourquoi durant le déplacement d’une voiture importante ? S’il s’agissait d’une embuscade pour s’en prendre aux nobles confinés dans l’habitacle du véhicule, d’autres tirs auraient été essuyés. Les soldats auraient été ciblés en groupe pour rendre la proie plus accessible ! Un tir isolé comme celui qui a achevé Charles de Machault n’est en rien comparable avec ce que j’ai vu depuis que je suis mousquetaire.
Inutile de tergiverser avec si peu de matière. Je profite – à peine – du trouble de l’amante en deuil pour la conduire au lieu susnommé sans qu’elle n’ait vraiment l’occasion d’évoquer un refus.

...
Après quelques pas, je pousse la porte de l'établissement dont je suis un habitué.

« Bonjour Oriane, peux-tu nous avoir la table du fond ? S’il te plait…c’est important. »

La jeune et naïve Oriane cède sans le moindre mal à mon caprice. Ses joues rosées remontent jusqu’à ses beaux yeux alors que je lui souris pour la remercier, un regard plein de promesses espiègles.
Rapidement, j’installe Ninon à l’abri des indiscrets, sous la toiture raffinée d’une cour chaleureuse. Un des plus brillants ébénistes de la ville à offert ses services au couple d’hôteliers, gage d’amitié, de respect et d’encouragement pour leur brave activité.
Des gens bien dans un commerce honnête, que je préfère à toutes les arrogantes enseignes.

« …Pour commencer, je suis Tiago Valdemar, des mousquetaires du Roi. Enchanté.» Léger hochement de tête. « Je vais m’assurer que vous êtes en sécurité. Cependant, pour vous garantir la meilleure des protections, vous devez me dire tout ce que vous saviez de Charles. »

Les habitudes professionnelles empiètent bien souvent sur la tendresse. Mais je veux y mettre les formes. Les choses doivent être claires : je ferai mon possible pour éluder le mystère de la disparition du garde. Je protégerai la dame tant que l’assassin ne sera pas arrêté. Je dois donc tout connaitre, ou du moins, autant qu’elle en sait elle-même.
Conscient de la dureté du protocole, je prends appuis dans le dossier de ma chaise, réclame qu’on nous serve à boire et souris légèrement.

« Quand vous en aurez la force, bien sûr. En attendant, si vous avez besoin d’une oreille amie, je peux faire semblant… »

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Dim 31 Aoû - 18:30

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


L a mort est une chose absolument horrible. Elle arrive sans crier gare et vous retire un être cher sans crier gare. Il était déjà arriver à Ninon de perdre des amis mais ce n’est pas une chose à laquelle on s’habitue forcément. La mort de Charles avait vraiment énormément secoué Ninon. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à la femme de ce dernier ainsi qu’à leurs enfants.  C’est quand même horrible de se dire que Ninon et lui parlaient autour d’une tasse de chocolat il y avait de cela quelques mois. C’était juste avant qu’il ne parte en mission pour un endroit étranger qu’il se devait de garder secret. Ninon n’en savait pas beaucoup sur lui, mais elle était certaine d’une chose, il adorait sa profession et il était très dévoué. Il était même arrivé quelques fois que Ninon constate plusieurs blessures sur son corps. Il se comportait en héro comme tous les militaires. C’était des hommes que Ninon admirait beaucoup. Ils quittaient leur famille voir même parfois leur pays pour des missions qui pouvaient s’avérer longues et dangereuses.  Notre dame de lettres ne pouvait pas s’empêcher de se faire du souci pour lui. Mais elle se consolait lorsque ce dernier lui écrivait pour lui dire que tout allait bien. Elle avait gardé toute leur correspondance bien au chaud dans un tiroir. Et lorsqu’elle s’ennuyait un peu trop, elle ressortait les lettres qu’elle préférait et les lisait encore et encore jusqu’ à ce que le sommeil vienne la chercher.

Ninon se sentait en sécurité avec Tiago. Il était jeune et il avait l’air d’avoir passablement d’expérience dans la profession.  Elle savait qu’il ne fallait pas se fier à l’âge, car les hommes sont envoyés à l’armée dès leur plus jeune âge. Elle constata dans son comportement qu’il avait envie de la réconforter d’avantage en lui prenant la main ou en posant délicatement sa main sur son épaule. Elle connaissait les hommes comme sa poche et savait parfaitement comment ces derniers fonctionnaient. Elle sourit intérieurement car elle trouvait ça adorable de sa part. Il avait l’air d’être encore un peu maladroit. Mais l’expérience allait encore lui apprendre pleins de choses.

Il fallait vraiment que Ninon se reprenne. Elle savait que Tiago allait lui poser pleins de questions. Elle ferait tout pour lui donner le plus d’informations qu’elle pourrait. Il fallait absolument qu’elle sache qui avait abattu Charles de cette manière ainsi que les raisons de ce meurtre horrible. Elle prit donc une grande inspiration et ferma les yeux un court instant. Tiago lui proposa d’aller dans une auberge. Sans toute cette histoire, elle se serait empressée de refuser. N’oublions pas que Ninon est connue comme le loup blanc. Mais en vue de ce qui venait de se passer, elle préférait accepter. Elle n’avait vraiment pas du tout envie de retourner chez elle.  C’était un peu comme si ce beau militaire avait réussi à lire dans ses pensées.

Mais Ninon n’eut pas le temps de répondre que Tiago l’entrainait vers un lieu qu’il avait l’air de bien connaître. Elle était soulagée de ne pas retourner chez elle car beaucoup de choses lui auraient rappelé Charles.  Mais elle se rendit compte que la situation allait tourner en sa défaveur. Oh certes, elle allait dire tout ce qu’elle savait. Mais elle serait obligée de dire que Charles et elle était amant. Cette information allait très certainement tomber dans les oreilles de la femme de ce dernier. Ninon ne voulait pas faire souffrir cette femme d’avantage. Elle ne savait pas si cette dernière savait que son mari la trompait ou si elle avait des doutes. Peut-être que Tiago pourrait éviter de dire qu’ils étaient amants.  Il pourrait simplement signaler que Charles aimait bien se rendre chez Ninon en tout bien tout honneur ? Non, cette phrase ne serait crédible aux yeux de personne. Ninon était bien trop connue et son salon bien trop à la mode pour que l’on fasse croire que Charles y venait tout simplement pour respirer un peu et boire un bon verre de vin. Il fallait qu’elle réfléchisse bien à tout ce qu’elle dirait.

Tout en marchant à côté de Tiago, Ninon se posait pleins de questions dans sa tête et elle se demandait comment elle allait faire pour que la relation qu’elle entretenait avec Charles passe pour une simple amitié. Mais elle se rendit bien vite compte que ça n’allait pas être possible. Lorsqu’elle avait accouru auprès du corps de Charles, elle s’était un peu voir même beaucoup donné en spectacle.  Elle avait pleuré comme s’il s’agissait de son mari. Ce qui pourtant, était très loin d’être le cas. Elle sortit de sa rêverie et leva les yeux. Ils étaient arrivés devant l’auberge en question. Ninon était déjà passée devant plusieurs fois, mais ce n’était pas vraiment le genre d’établissement qu’elle fréquentait. Ninon entra et regarda autour d’elle. L’établissement était joli et le bois avait bien été travaillé. Tout était fait main. Des joyeux lurons chantaient des chansons tout en buvant leur verre.

Sans quitter Tiago, Ninon vit qu’il appelait la serveuse. Il ne mentait donc pas lorsqu’il disait qu’il était un habitué des lieux. Elle constata que la serveuse n’était pas insensible au charme de Tiago. Qui ne le serait pas ? Toutes les femmes étaient folles des militaires, c’était bien connu. Mais Tiago avait vraiment tout pour plaire. Heureusement, il demanda une table à l’écart qu’Oriane s’empressa de lui donner. Ninon en fut soulagée car elle ne se serait pas sentie trop à l’aise de lui parler au milieu des autres clients qui étaient venu se détendre ou se restaurer.  Elle suivit donc les deux jeunes gens et Ninon découvrit la petite cour et la table qui était vraiment située très loin des regards indiscrets et des oreilles trop curieuses.  Elle prit donc place en face de Tiago. Afin d’être plus à l’aise, elle retira sa cape qu’elle posa à côté d’elle.

Tiago se présentait à elle. Elle aimait bien son prénom. Il sonnait étranger. Il avait aussi un petit accent que Ninon aimait bien. Il avait un très beau regard. Il plaisait aussi beaucoup à Ninon mais elle n’était pas là pour lui faire des avances. Heureusement pour elle, il n’avait pas l’air de la connaître, pour le moment en tout cas. Mais ça n’allait pas tarder et sa réputation allait très certainement la rattraper.

Il lui proposait une oreille attentive en tant qu’ami. Ninon appréciait mais elle n’y croyait pas trop. Il était là pour récolter un maximum d’information et non pas pour écouter ses états d’âmes. Mais elle aimait quand même sa proposition. On apporta les verres que Tiago avait commandés pour eux. Ninon prit son verre et but une gorgée. Le vin était excellent et elle sentit le liquide descendre dans sa gorge. Elle le reposa et regarda Tiago. Le vin allait lui donner le courage de dire tout ce qu’elle n’était pas capable en ce moment. Une sorte de petit coup de pouce.

-Je me présente à mon tour. Je suis Ninon de l’Enclos. Je suis la propriétaire du Salon littéraire. Salon dans lequel Monsieur de Machault venait régulièrement. En ce qui me concerne, je ne lui connaissais pas d’ennemis. Ou alors, ils se montraient vraiment très discrets. Il faut dire que je reçois beaucoup. Mais je connais pratiquement toutes les personnes qui mettent un pied dans mon salon. Je vous remercie pour tout ce que vous faîtes pour moi. Je n'aurais pas eu le courage de rentrer chez moi tout de suite.

Elle n’avait pas spécialement envie de lui dire d’entrée qu’elle est Charles étaient amants. Elle ne voulait pas salir la mémoire de son défunt amant. Elle allait donc voir si Tiago savait poser les bonnes questions.


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Dim 31 Aoû - 21:32

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


Ninon de l’Enclos. Ninon de l’Enclos. Ninon de l’Enclos… ce nom m’évoque bien quelques discussions arrosées, des ragots à deux sous que les ivres ont pu se narrer dans les tavernes que j’ai visitées, mais rien de très concluant. De plus, je ne vais bâtir mon jugement sur ce qui sort de la bouche des bons buveurs. A regarder ladite Ninon, elle mérite plus d’estime que cela.
J’incline légèrement le visage en gardant à l’esprit l’existence de ce Salon littéraire et les petits détails concernant le soldat prénommé Charles. Un habitué, visiblement correct et apprécié. Soit. Les informations larges et peu précises ne sont pas à négliger pour autant. Je laisse les témoignages s’assembler avec logique pour, d’ici une poignée de jours j’espère, visualiser un portrait net de l’homme décédé et de son existence.

Assez rapidement, la femme de lettres abandonne le sujet de conversation pour me faire ses remerciements. Modestement, je les décline de la main. Je ne fais que mon travail et ma présence à ses côtés est bien normale après ce qu’il s’est passé dans cette rue.
Néanmoins Ninon valide à haute voix ce que j’estimais : elle ne se sent pas prête à retourner chez elle, « tout de suite ». Pour sûr, elle a du vivre là-bas la plupart de ses rencontres avec le pauvre Charles et les souvenirs d’un disparu sont difficiles à accepter. Cependant, il va falloir que je visite le Salon littéraire et face le tour de sa propriété. Tant pour sa protection que pour l’avancée de l’enquête.
Encore un moment, je ne veux pas la hâter et risquer de la voir se braquer.

« Je suppose qu’il avait quelques amis, au Salon. Était-il bavard et ouvert ? Lui connaissiez-vous nombreux camarades de discussion ou était-il plutôt réservé…exclusif ? »

Pente glissante, mais inévitable. Ils étaient plus proches que ça et Ninon ne peut le cacher. Depuis qu’elle s’est jetée sur le cadavre de Charles de Machault, elle a irrémédiablement dévoilé un attachement certain.
Quel intérêt aurait-elle à nier, après tout ? Je ne suis pas ici pour la condamner et même si elle ignore tout de mon avis sur la question, elle se doute bien que j’ai besoin de savoir ceci, pour commencer.

« Quand est-il venu la dernière fois ? Avait-il des jours particuliers de visite, était-ce prévu ? Ou était-ce totalement aléatoire, en fonction de son humeur ? »

J’attrape mon verre pour avaler une gorgée, laissant le bon alcool chauffer ma gorge pour permettre à cette noble de réfléchir. De formuler sa réponse.
La douce Oriane passe près de notre table pour y déposer quelques gourmandises, cadeaux. Je hoche à peine le visage pour la remercier mais ne toucherai pas à ces bouchées. Ma discussion avec Ninon est sérieuse et ce qu’elle peut divulguer maintenant, quelques minutes à peine après le meurtre de son – je pense – amant, ne me sera peut être plus accessible par la suite. Lorsqu’elle aura reprit le dessus.
Sait-on jamais.

« Si vous étiez d’intimes amis, madame, j’ai besoin de savoir s’il vous a paru inquiet ces derniers temps, différent ? Même sans lui connaitre d’ennemis, peu d’hommes ici bas n’ont que des amis, vous en convenez. Essayez de vous rappeler… »

Il est possible qu’aucun détail de ce genre ne lui revienne. Il est possible qu’il n’ait jamais montré à Ninon ses angoisses, jamais évoqué ses troubles. Je sais à quel point la relation d’amants réguliers ouvre la porte du jardin secret, qu’on le veuille ou non, mais je n’ai pas encore la certitude qu’ils aient été aussi familiers.

Codes par Wild Hunger.
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Lun 1 Sep - 14:42

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


L es heures qui allaient suivre allaient très certainement être très difficile pour Ninon. Elle allait devoir se rappeler pleins de choses au sujet de son amant et tout allait être vraiment douloureux. Mais si c’était le prix à payer pour que son assassin soit arrêté, alors elle le ferait. Elle espérait connaître l’identité du meurtrier en question. Elle devrait probablement se retenir afin de ne pas l’étrangler, mais elle voulait surtout savoir qui avait fait ça mais surtout pourquoi ?
Elle était doucement en train de réaliser qu’elle ne le reverrait plus jamais. Elle allait devoir annoncer cette nouvelle aux autres habitués de son salon quand elle aurait le courage d’y retourner. Elle avait pleins de choses qui se bousculaient dans sa tête. Elle ne savait plus vraiment où elle en était. Il fallait qu’elle se calme et qu’elle parle calmement sans mélanger toutes les informations et les renseignements qu’elle allait devoir donner à Tiago. Elle venait de lui donner son nom et elle n’avait pas vu de réaction particulière. Il ne la connaissait donc probablement pas où il avait juste entendu parler d’elle. Dans tous les cas, Tiago n’était pas là pour lui faire la moral mais tout simplement pour élucider le meurtre de Charles.

Mais Ninon se doutait quand même que tôt ou tard elle allait devoir retourner chez elle. Tiago allait probablement fouiller un peu partout à la recherche d’indices. Il fallait que Ninon prévienne son personnel avant qu’il ne rentre. Car sans ça, il risquait de créer un mouvement de panique au sein du salon. Ninon allait donc rassurer tout le monde et les prévenir du meurtre de Charles. Ce dernier était bien connu du personnel pour être un habitué des lieux. Il était appréciait par tout le monde d’ailleurs. Cela ne faisait absolument aucun doute.
Mais notre dame de lettres préférait d’abord se détendre et se remettre les idées en place avant toute chose. Il valait mieux pour elle qu’elle boive encore une gorgée. Elle allait devoir se préparer à répondre à un tas de questions. Elle posa donc son verre et regarda Tiago.

-Oui, Charles avait beaucoup d’amis au sein de mon salon. Il n’était pas très bavard au sujet de sa profession. Mais pour le reste, il aimait parler avec tout le monde. Il adorait les jeux aussi. Il jouait beaucoup. Il ne perdait que rarement et il ne trichait pas.

Durant un moment, Ninon cessait de parler. Le jeu… Et si ce meurtre de sang-froid avait été commis sur une dette de jeux ? Ou une personne jalouse de son talent de gagneur ? Car une chose était certaine, Charles avait toujours eu énormément de chance. Il gagnait souvent et il ne trichait pas. Enfin, Ninon ne l’avait jamais vu tricher en tout cas. Il avait absolument horreur de la triche. Ou alors, c’est ce qu’il faisait croire à Ninon. Elle finissait par ne plus savoir quoi penser.

-La dernière fois qu’il est venue, ça date d’il y a deux mois environs. Il voulait me voir avant de partir en mission. Je savais qu’il partirait pour quelques moi. Ses venues dépendaient. Des fois il me prévenait et des fois il préférait me faire la surprise.


Ninon répondit sans réfléchir. Au moins. Tiago voyait qu’elle ne préparait pas ses réponses en avance mais qu’elle disait ce qu’elle avait vraiment sur le cœur. Elle sursautait au moment où Oriane posait les quelques pâtisseries généreusement offertes sur la table. Mais Ninon ne faisait que les regarder. Elle ne pouvait rien avaler. Elle avait cessait de parler lorsque Oriane avait posé les pâtisseries. Elle ne voulait pas que cette conversation soit entendue par qui que ce soit. Tiago avait donc deviné que Charles et elle était amants. C’était logique d’ailleurs en vue de la réaction qu’elle avait eu lorsqu’elle l’avait vu mort par terre. Elle décidait donc de jouer carte sur table.

-Non, il ne m’a pas paru inquiet ou préoccuper. Le souci avec Charles c’est qu’il ne montrait pas forcément ses états d’inquiétudes ou de stress. Je suis d’accord avec vous. Nous n’avons pas que des amis sur terre et je suis bien placée pour le savoir. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de moi. Dans les personnes qu’ils voyaient au salon je ne lui situe pas d’ennemis. En dehors de mes murs peut-être. Nous ne nous voyons qu’au sein de mon salon. Je ne peux donc pas vous aider pour le reste.

Pour le moment, rien de négatifs ne revenait à Ninon. Elle ne voulait peut-être inconsciemment se souvenir uniquement du positif afin d’avoir une bonne image de lui. Ou peut-être qu’à force de parler avec Tiago, des détails intéressant et importants allaient lui revenir sans crier gare. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais.


Codes par Wild Hunger.

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Lun 1 Sep - 20:57

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


Il jouait beaucoup.
Information importante, peut être capitale pour expliquer son meurtre. Peut être, seulement. Aucune donnée n’est à prendre à la légère, de même que rien ne doit sembler trop essentiel. Se focaliser sur un détail que l’on croit déterminant n’aide pas à envisager toutes les hypothèses, au contraire. Celui qui décide d’emprunter une voie sans avoir formellement réfuté les autres a de fortes chances de passer à côté de ce qu’il cherche. Même si la preuve qui le conduit lui parait claire.
Tant qu’une direction reste obscure, il faut l’envisager. Voilà pourquoi le travail est méticuleux. De plus, le moindre pas peut engendrer des réactions, des conséquences inattendues qui troublent un peu plus le déchiffrage déjà compliqué d’une telle affaire.

Ninon pense savoir que son amant ne trichait pas. Elle l’affirme, solide, sans doute fière d’avoir côtoyé un homme à l’allure irréprochable. Un homme qui joue, sans tricher, et qui gagne quand même la plupart du temps. Ça a de quoi agacer. Suffit qu’un peu d’alcool soit mêlé à la soirée pour embraser les colériques et autres mauvais perdants, le jeu pourrait être une raison.
J’enregistre ce qu’elle me dit, sans oublier d’attacher son joli visage à chaque détail ainsi récupéré. Ils sont un point de vue particulier, personnel. Ils sont importants, mais indéniablement influencés.

Deuxième point marquant : le soldat est parti en mission. Une mission qui l’a tenu éloigné de la femme de lettres durant deux mois, environ. A moins qu’il soit revenu entre temps et qu’il n’ait pas eu l’occasion – l’envie ? – de rejoindre son amante.
Une chose est sûre, il était rentré. Puisque c’est ici, à Paris, qu’il est décédé il n’y a pas une heure.

« Il ne vous a pas fait de surprise cette fois-ci en rentrant... » Dis-je avec un léger sentiment de malaise, incapable de ne pas souligner que Charles était revenu, sans donner de nouvelles à une Dame qui semble tenir énormément à lui.  « J’irai me renseigner sur la date de son retour à Paris. »

Pour terminer cette première description de la victime, Ninon de l’Enclos évoque un homme sans ennemi apparent. Elle reconnait néanmoins que l’existence d’un adversaire reste envisageable, après tout, elle ne le retrouvait que dans son Salon et le garde était apparemment assez réservé.

« Bien. Merci. »

Maigre résultat. Je n’en attendais pas plus mais la chance aurait pu me sourire. Elle n’a pas été indulgente avec le disparu et j’ai bien l’intention de comprendre pourquoi. Il faudrait que j’inspecte le fameux Salon. Inutile de m’imposer trop vite : ma mission est d’escorter Ninon chez elle. Elle ne pourra pas y échapper. Il me suffit d’attendre que le moment soit venu.

Je laisse mon regard glisser sur la poignée de clients qui vient d’entrer. Appelez ça de la paranoïa, mais je m’efforce de deviner ce qu’ils viennent de faire, là, juste avant de passer le seuil de l’auberge. Une demoiselle un peu forte s’endort d’ennui devant les propos de son mari, qui lui, surexcité, raconte ce qu’il a vu à l’extérieur. L’assassinat d’un soldat au milieu d'un convoi de nobles.
Mes sourcils se froncent, je récupère mon verre et bois un peu, comme pour mieux avaler les évènements de ce jour, et finis par poser mes yeux sombres sur un homme discrètement accoudé à sa table. Dans l’angle avant droit de la terrasse, parfait opposé de nous.

Il a l’air mal en point, presque tremblant. Son visage est à moitié dissimulé derrière un capuchon misérable. Ses doigts jouent nerveusement avec la table, entre eux, puis de nouveau sur le bois de la table. Aucun doute : il n’est pas bien. Anxieux, plein d’appréhensions.

Et si c’était si simple ? Si le coupable revenait sur ses pas, pour tromper davantage ses poursuivants ? Qui viendrait le chercher là où le drame s’est déroulé ? Qui aurait la logique de penser que, pour fuir, il revient se cacher dans une rue toute proche de celle ou le sang du militaire tâche encore le pavé ?
Nerveux et agité, je finis par vider mon verre, d’une traite, et me lève d’un bond pour venir me planter devant le suspect. Main sur la garde de ma rapière, je lui impose de rester calme et articule, doucement.

« Parlez monsieur. La culpabilité qui vous dévore est largement perceptible. Je ne vous laisserai pas sortir. Videz vos poches. »

Si c’est lui – ou s’il est auteur d’un autre délit – il est probable qu’il se soit débarrassé de son arme. Certes, ça protège, mais si elle est encore chaude il cumulerait les ennuis !
Se faisant obéissant, il trompe ma vigilance. Il se lève, lentement, écarte les pans de sa miteuse veste pour me prouver qu’il n’a rien sur lui, avant de se plier, toujours aussi lentement, pour sortir un couteau de sa poche. Je recule d’un pas, et, réflexe bête, je tends la main droite pour récupérer ce qu’il me tend.

Erreur.
Il profite de cette seconde d’inattention de ma part et plutôt que de me céder son couteau rouillé, le fait dangereusement passer à côté de mon visage. La pointe glisse sur ma moustache et remonte jusqu’à l’arcade sourcilière, laissant sur son passage une très fine trainée de sang. Le premier stupide réflexe fut heureusement suivi d’un mouvement qui m’évite une belle balafre.

Sans perdre une seconde et laissant Ninon seule, je me lance à la suite du fuyard. Il menace Oriane, renverse les chaises et déchaine sa main armée dans les airs pour m'inciter à reculer, sans que je parvienne à extraire ma lame de son fourreau. En effet, l’intérieur de l’auberge est rempli, je ne peux risquer de blesser quelqu’un.
Il quitte l'endroit.

Au moment où je passe la porte, le lâche m’attendait sur la gauche pour me planter son poignard entre les côtes.
Sauf que je m’y attendais. Encore un automatisme qui s’avère précieux. Je me décale pour laisser l’arme me passer à côté mais ne voit pas le poing armé se précipité sur mon visage.
Le choc est brutal, je m’affale contre le mur et échappe au coup de grâce car l’agitation a éveillé l’avenue. L’inconnu s’échappe sans demander son reste pour ne pas risquer d'être suivi. Oriane vient aussitôt prendre de mes nouvelles mais je l’ignore, avant de réaliser que j’ai bien perdu la trace du criminel.

Sonné, j’accepte un peu d’eau et m’approche de Ninon. Je n’aurai pas du le laisser filer. Même s’il n’est pas celui que nous cherchons, sa place est indiscutablement derrière des barreaux. Je me demande ce qu’il se reproche…

« …Aviez-vous déjà vu cet homme, madame ? »

Ce serait une excellente chose, si elle le connaissait.


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Sam 13 Sep - 14:12

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


L e jeux. Ça avait toujours été une chose que Ninon trouvait dangereuse. Il y en a deux sortes. Celui où l’on joue entre amis. C’est donc amical et c’est surtout pour passer un bon moment. Et puis, il y a aussi celui où les enjeux sont beaucoup plus importants. On peut y jouer ses propres bien. Et d’une fois qu’on les a perdu, on ne peut plus revenir en arrière. C’était ce genre de jeux que Charles adorait. Il aimait l’adrénaline qu’il ressentait lorsqu’il jouait gros. Mais Ninon ne pouvait rien lui dire. Elle n’était pas son épouse mais juste une personne avec qui il prenait du plaisir quand il en avait envie. Elle se retrouvait donc impuissante face à cette situation. Il lui était même arrivé parfois de payer des dettes de jeux à sa place. Elle l’avait donc sorti du pétrin mais elle lui avait dit qu’elle ne pourrait pas faire ça toutes les fois et qu’il fallait vraiment qu’il se calme.

Charles avait toujours été un bon perdant. Mais quand il avait vraiment fini par perdre gros, il n’avait pas pu s’empêcher de se réfugier dans l’alcool comme tout perdant digne de ce nom. Il ne s’était pas énervé et n’avait pas mis son poing sur la figure du gagnant. Il était vraiment rare que Charles perde. Ninon qui était toujours assise à côté de lui, avait d’ailleurs été surprise de toutes les parties que ce dernier avait gagnées sans la moindre difficulté. Elle lui avait souvent demandé qui lui avait appris à jouer si bien, mais il n’avait jamais voulu lui répondre. Elle n’avait donc pas insisté et elle était passée à autre chose. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de trouver ça intriguant.

Ninon ne savait pas qu’il était rentré. Sur la dernière lettre qu’elle avait reçue de lui, il lui avait dit qu’il rentrait « bientôt ». En général, quand Charles disait ça, ça signifiait qu’il lui ferait la surprise de frapper à sa porte sans que Ninon ne s’y attende. Elle se faisait donc belle tous les jours afin d’être prête à accueillir son amant dignement. Elle sursautait lorsqu’on lui rendait visite, mais sa joie redescendait rapidement car il ne se montra jamais.

-Non en effet, il ne m’a pas fait de surprise… Elle ne pouvait pas s’empêcher d’avoir des sanglots dans sa voix. Elle se retenait de pleurer. Elle aurait toute l’occasion de pleurer toutes les larmes de son corps une fois qu’elle serait chez elle. Elle acquiesça lorsque Tiago lui disait qu’il allait se renseigner sur la date de retour de Charles à Paris.

Ninon essayait de faire jouer sa mémoire. Elle essayait de se souvenir des soirées au salon qu’elle organisait lorsque Charles était là. Elle ne le voyait pas souvent parler aux personnes qui étaient présente. Sauf à celles que ce dernier connaissait. C’était un peu comme s’il avait peur de quelque chose. Mais la dame de lettre ne savait pas vraiment comment interpréter son comportement.

-Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider d’avantage.

Ninon avait un air désolé dans sa voix. Elle aurait vraiment voulu aider Tiago d’avantage, car tout comme lui, elle avait bien l’intention de livrer l’assassin de Charles à la justice. Mais elle était surtout très curieuse de savoir s’il s’agissait d’une personne qu’elle connaissait ou non. Il fallait dire que Ninon était très connue dans Paris. Son salon faisait vraiment venir énormément de monde.

Ninon ne pouvait s’empêcher de suivre le regard de Tiago. Des personnes venaient d’entrer. Ninon en regarda certaines. Il y’avait parmi eux, un jeune couple dont le jeune homme ne lui était pas inconnu. Il s’agissait là d’un jeune Duc qui était venu en son salon à plusieurs reprises. Il avait une jolie jeune femme à son bras. Ninon comprit tout de suite qu’il s’agissait de sa fiancée. Elle ne put s’empêcher de sourire car elle avait appris à ce jeune homme, certaines choses qui lui seraient très utile pour sa nuit de noce.
Elle lui lança un sourire avec un clin d’œil. Le jeune homme s’arrêta un instant, il fut surpris de voir Ninon dans un endroit comme celui-ci. Mais il se contenta de lui rendre son sourire et de vite reporter son regard et sa conversation sur sa jolie fiancée.

Ninon regarda Tiago et regarda dans la même direction que lui. Il fixait un homme qui avait l’air très nerveux. Son visage était tellement bien dissimulé sous sa capuche, que Ninon ne pouvait pas voir de qui il s’agissait.

Tiago termina son verre cul sec et se leva pour aller voir le suspect en question. Mais elle se dit que ce n’était pas une bonne idée. Elle ne savait pas se défendre contrairement à Tiago. Elle se contenta donc de rester assise sur sa chaise et elle joua nerveusement avec un morceau de pâtisserie. Et si l’homme qui se trouvait là était le meurtrier de Charles ?
Pleins de questions venaient de traverser l’esprit de Ninon. S’il s’agissait bien de lui, elle irait volontiers le gifler et lui demandait pourquoi il avait commis ce crime horrible ? Avait-il été payé pour ça ? Tiago pourrait peut-être obtenir ces réponses.

Au même moment, Oriane vint me demander à Ninon si elle voulait encore boire un verre de vin. Elle venait de se mettre devant la dame de lettre lui bouchant la vue. Sans lui parler, mais juste d’un signe de main, elle lui demandait de partir. Oriane avait dû la prendre pour une personne hautaine. Mais Ninon était tellement préoccupée, qu’elle n’avait même pas remarqué qu’elle avait été mal poile avec elle. Elle se demandait donc ce qu’elle venait de manquer. Elle vit simplement que l’homme était debout devant Tiago.

Mais Ninon sursauta, l’homme venait de sortir un couteau et se jeta sur Tiago. Heureusement, ce dernier réussi à éviter le coup. Ninon ne dit rien car elle était sous le choc. Elle était debout et regardait la scène avec des yeux ronds. Heureusement que Tiago avait de bons réflexes. Mais elle se doutait que l’homme n’allait pas en rester là.

Ensuite, tout se passa très vite, l’homme se mit à renverser diverses choses et prit Oriane en otage.Ninon vit enfin son visage, mais elle ne le connaissait pas. Il finit ensuite par s’enfuir. Tiago se lança immédiatement à sa poursuite. Ninon tenta de retrouver ses esprits. Elle vit Oriane partir en courant et la suivit. Une fois dehors, elle vit Tiago qui venait de se prendre un coup de poing. Le malfrat venait de filer. Oriane donna de l’eau à Tiago et il approcha de Ninon.

-Ça va Tiago ? Je suis vraiment désolée mais non… Je ne l’ai jamais vu. Je ne sais pas du tout de qui il s’agit. J’aimerais vraiment vous aider d’avantage, mais hélas….

Elle avait beau faire jouer sa mémoire, elle ne voyait vraiment pas qui il était. Elle l’avait peut-être déjà croisé dans une fête, mais si c’était le cas, elle n’avait pas fait attention à lui, Les hommes aidèrent l’aubergiste à ramasser les chaises et les tables qui étaient au sol. La femme de l’aubergiste ramassa ce qui était cassé. Elle se demandait ce qu’ils allaient faire à présent. Tiago voulait peut être partir à sa poursuite ? Mais l’homme serait déjà loin à l’heure qu’il était.


Codes par Wild Hunger.

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Sam 20 Sep - 20:37

Tiago & Ninon
Ah, Paris. Cité des rêves et des ennuis.


Ça va Tiago ? Je suis vraiment désolée mais non… Je ne l’ai jamais vu. Je ne sais pas du tout de qui il s’agit. J’aimerais vraiment vous aider d’avantage, mais hélas….

Hélas nous n'avançons pas du tout. Je grimace, contrarié d'avoir si lamentablement échoué. Inutile de refaire le match, j'ai laissé un coupable s'échapper et la déception qui s'empare de moi ne risque pas de se retirer tout de suite. Non seulement j'ai troublé le calme qui régnait dans cet établissement, mais j'ai aussi permis à un type dangereux d'être encore libre aujourd'hui.
Il y a pire que ça : mon orgueil vit très mal l'échec. Devant Ninon, j'ai été ridiculisé. Le terme est probablement fort, mais je déteste ces situations qui font de moi un abruti. L'homme était seul, et je suis un mousquetaire bordel !

Il faut passer à autre chose. Ce gars ne perd rien pour attendre. Je dois pour l'heure assurer la protection de Ninon de l'Enclos et mon impulsivité aurait pu lui être fatale. Je ne la laisserai plus seule. Aussi, je lui fais face et tente un sourire réconfortant. Il est clair que je suis le plus frustré des deux mais n'allez pas remuer le couteau dans la plaie.
La Femme de lettres est en deuil, je dois non seulement la soutenir mais également faire avancer l'enquête.

Son amant, ami, un véritable joueur, a été assassiné. Le meurtrier a agit durant le déplacement d'un convoi de nobles, au milieu d'une foule de citadins ! Estimons-nous heureux qu'aucune autre victime ne soit à déplorer...Si Charles était bien la cible, alors le chasseur a fait mouche. En un seul coup de feu.
Et il reste introuvable.

« Ne soyez pas si dure avec vous-même, madame. J'aurai aimé attraper ce lascar et qu'il avoue le crime de votre regretté amant. Malheureusement ce n'est pas si facile et rien ne nous prouve qu'il s'agissait bien du coupable. »

En rappelant ce douloureux spectacle à sa mémoire, une flamme de tristesse illumine le regard de la belle. Je me mords la lèvre, navré que ma présence ne serve qu'à la torturer de la sorte.

« Laissez-moi vous ramener. Je dois voir le Salon et je suis sûr que vous saurez trouver un peu de repos dans vos appartements. »

Une fois certain que l'ordre est à peu près revenu dans l'auberge, je prends un instant pour saluer Oriane qui ne se prive pas d'afficher sa déception, et j'entraine Ninon à l'extérieur. Le trajet se passe sans encombre, très silencieusement. Je n'ose pas prendre la parole de peur d'être maladroit. Je m'efforce alors de n'exprimer aucune pitrerie et suis ma protégée avec sérieux.

En arrivant, je refuse d'entrer immédiatement.

« Je vais m'assurer que nous n'avons pas été suivis. Entrez, je vous rejoins. »

Un coup d’œil au passant, je rebrousse chemin sur une centaine de mètres et inspecte méticuleusement les ruelles adjacentes. Rien à signaler - ce qui ne signifie pas qu'il n'y a aucun danger - je retourne devant la porte et frappe, sans cesser d'être attentif aux déplacements alentours.
Quand je suis invité à l'intérieur, je dissimule mes appréhensions et lui souris, à la fois curieux de découvrir ce Salon et pressé de faire avancer l'enquête.
Codes par Wild Hunger.
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