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 Savoir provoquer la chance. [Pv : Henriette]


Mar 9 Sep - 7:13



Savoir provoquer la chance.
Henriette & Tiago
.•°¤ Mags

C’est d’un ennui déplorable, désastreux. C’est parfois soporifique - bien qu’une chute, à cheval qui plus est, n’est pas recommandée. Le côté rébarbatif des escortes peut cependant s’avérer supportable en fonction des cas. Si les camarades qui vous accompagnent font partie de vos amis, du moins de votre cercle de collègues appréciables, la tâche est moins complexe. Il faut aussi prendre en compte les personnes que l’on escorte. Si elles sont parfaitement intransigeantes et vous interdisent de discuter, autant dire que la journée s’annonce mortellement longue. Les visages fermés osent à peine se déplacer, seuls les regards, ternes et somnolents, font mine de surveiller les alentours. Le moral de chacun est descendu au fond des bottes et l’espoir de terminer sa journée sur une note positive ne tient qu’à une autorisation rarement donnée, ainsi qu’à l’existence d’une auberge à l’arrivée.

Ce ne fut pas le cas aujourd’hui. Pour moi.

Depuis que nous avons quitté Saint-Germain, je suis d’une humeur extrêmement joviale. Plus encore que d’habitude, j’agrémente notre parcours de réflexions amusantes et interventions divertissantes. Les autres mousquetaires voient ainsi le temps passer plus rapidement car aucune formelle interdiction ne nous empêche de parler. Il faut dire que tous les nobles ou membres de la famille royale ne sont pas exécrables.
Et certainement pas Henriette d’Angleterre.

Au détour d’un hameau, un peu plus tôt, je me suis rapproché du carrosse pour assurer une meilleure protection durant la traversée. Je déteste voir le public se laisser guider par la curiosité pour se retrouver, presque inconsciemment, le nez collé au véhicule. C’est déjà suffisamment stressant de repérer les fous furieux, si en plus le peuple joue les indiscrets, on ne pourra jamais s’en sortir.
C'est à ce moment que, privilégié, j'ai laissé un coup d'œil glisser sous les étoffes qui dissimulent les passagers.

Forte et fragile à la fois, Henriette m’inspire un tas d’émotions contradictoires. Je peine à cerner le personnage, suis évidemment impressionné par son statut mais pas moins charmé. Si elle ne démontre aucun intérêt particulier à mon égard, j’ai cru comprendre qu’elle irait se promener, loin des regards indiscrets, une fois arrivée à destination. Ce message ne concernait sans doute que la personne avec laquelle elle discute depuis des heures. Pourtant j’ai compris ce qui m’intéresse, obsédé par l’idée de pouvoir l’approcher plus librement.
Et après ? Est-ce vraiment risqué d’utiliser cette information pour tenter ma chance ?

Sans réflexion au préalable, j’élabore mon plan. Je ne sais ce que je dirai, je ne sais même pas le comportement à adopter si je parviens à m’isoler avec Henriette d’Angleterre, mais ma décision est prise : je serai à l’endroit indiqué, selon les informations qui ont été énoncées.
...

Poussiéreux, chevaux et cavaliers ralentissent la cadence et soupirent de soulagement. Nous arrivons. La fatigue n’épargne les traits d’aucun militaire, mais jusqu’au dernier instant, nous exécutons les ordres.
Puis vient le repos.
Le carrosse s'éloigne en entrainant les précieuses personnes à l’intérieur d’une cour, sous la protection des gardes du domaine.

L’escorte, épuisante, s’achève ici.

Mais je n’ai pas l’intention de m'arrêter. Sitôt à la caserne, je m'active.
Quelques démonstrations de loyauté et un bon débordement d’énergie me suffisent pour convaincre mon supérieur : un tour de garde près des jardins royaux n’est jamais de trop. Et puisque je suis l’unique volontaire pour prêter main forte aux soldats recrutés à cet effet, je suis assuré que personne ne viendra me demander des comptes. Très enthousiaste, je retourne au château et laisse mon cheval au palefrenier pour rejoindre les jardins.

L’air plus frais du début de soirée chasse pour un temps l’épuisement qui écrasera bientôt mon corps. Une bonne nuit de sommeil devrait pouvoir me remettre d’aplomb sans trop de problème, il s’agirait simplement de m’accorder une pareille nuit. Il faut dire que j’ai tendance à les passer ailleurs que dans mon lit, et bien que les paillasses que je côtoie sont agréables, elles ne me donnent pas vraiment de repos !
Après trois bon quarts d’heure de promenade plus que de surveillance, je finis par apercevoir sa silhouette.

D'un pas lent, contrôlé, elle se déplace gracieusement, souriant aux autres femmes présentes, un brin distraite. Elle me donne l'impression de subir cette conversation, de rester évasive dans ses réactions comme pour ne pas trop s'impliquer. Ses gestes discrets ne sont pas moins délicats, dégageant une troublante mélancolie.
A quoi pense Henriette d'Angleterre ? Comment occupe-t-elle ses pensées, là, au milieu d'une vie étouffée par les obligations de son rang ?

« Eh, le mousquetaire ! Tu t’occupes de ce carré ? »

L’intervention de la voix rauque met fin à la contemplation. Je lui lance un regard réprobateur, avant de m’adoucir, pour ne pas paraitre plus suspect. J’ai bien remarqué que ma présence dérange les soldats chargés de surveiller les jardins. Inutile donc de les provoquer ou les froisser. Je retiens un soupir et m’approche pour voir avec lui de quelle façon nous nous répartissons la surveillance.
Évidemment je fais en sorte d'obtenir ce côté des jardins afin de ne pas perdre de vue la dame qui est la raison de ma participation à la garde, souvenez-vous.

La voie enfin libre, je décide de prendre les devants. Je pourrai, sans problème, passer le reste de la soirée à admirer Henriette d'ici. Mais j’ai bien l’intention de défier les limites du convenable. Va-t-on m’interdire de lui adresser la parole ? J’esquisse un sourire suite à cette réflexion, alors que je pose mes yeux sombres sur les quelques innocentes dames qui entourent ma proie.

Quelques pas ingénus, je regarde ci et là, totalement invisible pour ces courtisanes pimbêches.
Elle, en revanche, attrape mon regard une fraction de seconde.
Je m’arrête et retire mon chapeau le temps de m'incliner :

« Mesdames. »

Est-il nécessaire de préciser qu’il n’y en a qu’une, que je regarde ?  Les autres d’ailleurs repartent dans leurs éclats de rire après m’avoir à peine calculé. Je m’esquive pour les laisser passer, me glissant aux côtés de la plus belle pour leur dérober.

« Quel heureux hasard d’effectuer cette ronde, ici, ce soir. » Ironie mise de côté, j’affiche un air plus aimable. « Le voyage s’est-il déroulé comme vous l’espériez ? »  

Subtilement, je l’entraine à l’écart sans que ces bavardes ne se rendent vraiment compte de sa soudaine disparition.

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Mar 16 Sep - 17:26



*****

HENRIETTE – Nous nous rendrons ensuite à pied au moins jusqu’au bout des Bas Jardins.
DEMOISELLE D'HONNEUR – Faut-il que nous allions si loin ?
HENRIETTE – Je le crains, ma chère. Et puis n’avez-vous pas comme moi envie de tranquillité ?  

*****

D’un geste elle indiqua la toilette violette, qu’on s’empressa de lui apporter. Peu fatiguée par ce voyage qu’elle jugeait très court –chose aisée quand le seul souci était de monter dans un carrosse-, Henriette avait immédiatement demandé à se rafraichir et se changer. A présent à Saint-Cloud, la tenue se faisait un peu plus légère, toujours élégante mais dont la richesse était moins apparente. Durant quelques jours le couple Orléans s’offrait une retraite à l’écart de la cour et, quoique tous leurs gens ou presque suivaient, tout paraissait ici moins pesant.
Par ailleurs nuançons tout de même l’idée de « couple » pour considérer simplement qu’ils venaient ensemble et comptaient bien s’ignorer.

Pressant ses dames afin qu’elles se hâtent de finir d’ajuster leurs cheveux, Henriette ne remarquait pas que dans son dos s’agitaient doublement encore les serviteurs, qui devaient s’assurer que tout serait près dès lors que Madame aurait posé un pied en dehors de ses appartements. Quand finalement elle descendit à petits pas les escaliers du vestibule et sortit vers les jardins, suivie de son plus proche entourage, l’attendait à la porte ombrelle et rafraichissements. Sans doute avait-on peur qu’elle ne risque l’insolation en parcourant la cinquantaine de mètres qui la séparaient de la table dressée pour un repas « champêtre ». Ce caprice lui faisait croire à la liberté, quand bien même gravitaient toujours autour ceux dont la charge consistait en résumé à ce qu’elle ne se fatigue jamais à tendre le bras. Outre pour donner une chemise à la reine, c’était un geste qui lui était pour ainsi dire inconnu.
Le déjeuner se déroula lentement, sereinement, et comble du bonheur ne fut à aucun moment interrompu par un mignon ou autre envoyé de Monsieur qui au quotidien prenaient plaisir à venir mettre leur nez là où on leur souhaitait au mieux de se le faire couper.
Les quelques sucreries picorées sonnèrent la fin du repas, et sans repasser par l’intérieur du château on s’en alla immédiatement à la promenade.

Car leur pas était lent, leur discussion légère et prenante, et que çà et là elles voulaient s’arrêter pour admirer les changements continuels du parc, il fallut au petit groupe de femmes pas moins d’une heure pour traverser en longueur les bas jardins.  

- Je dois lui reconnaître une chose : il n’a pas mauvais goût, annonça finalement Henriette alors qu’elle s’adossait à un tilleul.

Seul compliment qu’elle ferait jamais à son époux. Et bien évidemment, uniquement lorsqu’il se trouvait là où il n’en aurait jamais vent. Car un talent certain pour la création de merveilles tant architecturales que paysagères ne suffisait pour autant pas à le rendre attachant. Ou même agréable.
La remarque permit en outre de relancer la conversation, à laquelle Henriette se soustrait pourtant bien vite. Déjà elle n’écoutait plus et semblait chercher du regard quelque chose. Ou quelqu’un. Mais quel dommage, les minutes filaient et le champ de vision demeurait inchangé. Jusqu’au moment où enfin une silhouette s’approcha, accrochant au passage le regard qui de fugace devint presque soutenu.
La jeune femme se redressa un peu, sourit à peine et tourna les yeux vers ses compagnes pour ne pas donner à l’homme la sensation qu’il était attendu. Quoiqu’il s’agissait pourtant de cela. Mais l’ego voulait qu’elle se prétende de ces femmes qui n’espéraient jamais personne. Alors elle feignit une légère surprise lorsque le mousquetaire s’approcha, chapeau bas mais toujours l’air altier.

- Monsieur.
Elle hocha légèrement la tête et tendit sa main à Tiago. Un sourire complice échangé à la princesse de Monaco, seule à avoir prêté une réelle attention au jeune homme, et qui d’une anecdote s’assura de conserver l’attention des femmes qui l’entouraient. Dès lors Henriette pouvait se permettre de s’éloigner en compagnie du mousquetaire avec une sensation de transparence. Courtoise, Henriette posa une main sur le bras de Tiago et se laissa mener plus au calme.

- Une amusante coïncidence, en effet.

Mais pas plus que lui elle ne croyait au hasard. Pour autant aucun n’eut le mauvais goût de le mentionner, laissant pour la forme un caractère fortuit à la rencontre.
Elle sourit à la question polie dans la banalité. Et lui répondit sans le regarder, laissant volontairement traîner ses yeux de droite à gauche, faisant simplement mine d’admirer le cadre qui les entourait.

- Il se révéla moins ennuyeux que je ne l’avais prédit.
Elle se retint d’ajouter qu’elle en était par ailleurs très peu fatiguée, songeant au fait que le soldat avait pour sa part du effectuer le trajet à cheval et l’œil vif.
- Avant de partir nous avions, ma surintendante et moi, inventé un nouveau jeu, qui consistait à deviner le nombre de fois où madame de Cheyennes répèterait à quel point les mousquetaires lui plaisaient. Sachez qu’elle a de loin surpassé les paris.
Une pause de quelques secondes et elle se tourna vers Tiago pour lui adresser un regard amusé.
- Il est d’ailleurs fâcheux qu’elle n’ait pu venir ce soir, votre présence l’aurait réjouie.

Pour autant l’absence de la comtesse ne déplaisait pas à Madame, qui n’avait jamais eu comme projet de partager la compagnie du mousquetaire. C’était en effet pour son bon plaisir, et uniquement son propre plaisir, qu’elle avait tout à l’heure lancé en passant devant Tiago comme une invitation. Ou au moins une suggestion.

- Au demeurant je suis étonnée de vous voir ici. J’aurai pensé que l’on vous aurez accordé du repos.  

Mais s’il ne s’était pas montré sans doute se serait-elle vexée. Blessée dans son ego, mais également déçue. Car au fond, et quoiqu’elle ne le connaissait que trop peu, le mousquetaire ne lui déplaisait pas. Loin de là, sa présence régulière lors de déplacements apparaissait comme une raison d’aimer l’itinérance. Et surtout son charisme naturel lui donnait l’irrésistible envie de lui sourire en retour. Chose qu’elle se gardait habituellement de faire tant elle se savait épiée, mais qu’aujourd’hui elle se permettait comme une fantaisie.  
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Mer 24 Sep - 18:24



Savoir provoquer la chance.
Henriette & Tiago
.•°¤ Mags

Madame de Cheyennes ? Je ne vois plus, je ne sais pas. À vrai dire, même l’existence de mes parents pourrait se retirer de mes souvenirs, ça n’aurait rien d’étonnant. Henriette d’Angleterre captive totalement mon attention, kidnappe mes pensées. Je lui souris, bête et conquis, accordant à ses propos toute la crédibilité qu’elle souhaite.  
De toute façon, quelle femme ne s’émoustille pas un minimum devant les mousquetaires ?
Je fais taire cet excès de fierté pour la jouer plus modeste et, tandis qu’elle m’explique que ma présence aurait enchantée cette madame de Cheyennes – dont vraiment, je ne me souviens pas – je me contente de reporter mes yeux à l’horizon, vaguement embarrassé. C’est du moins ce que j’essaye de feindre.
Madame de Cheyennes est-elle une jolie personne ? Aussi séduisante que la dame à mes côtés, cela m’étonnerait. De toute façon dans le doute et le contexte actuel : je me fiche pas mal d’être au goût de cette autre femme.
Henriette est là.

- Au demeurant je suis étonnée de vous voir ici. J’aurai pensé que l’on vous aurez accordé du repos.

« J’ai eu un moment de repos madame, je sais que je ne suis pas des plus soignés, mais il était nécessaire de prendre du temps pour bannir la poussière de mes effets et me rafraichir. »

De l’index, je viens lui montrer la – certes relative – propreté de mon manteau de cuir, puis mon visage et le contour élégant de mon rasage. S’ensuit une ébauche de sourire, moqueur, car je suis bien conscient d’être à des lieues de la coquetterie des hommes de son rang.

Pour autant, je fais quelques efforts. Par principe, par plaisir également. Il serait trop facile de se laisser sombrer dans la pure négligence.

Mais je ne suis pas tiré à quatre épingles : ma chemise, large, n’est pas correctement refermée sur mon torse. Mes cheveux dépassent ci et là sous mon feutre, désordonnés. Le baudrier auquel se balance, rebelle, ma chère rapière, est noué à une ceinture trop lâche. Enfin, mes gants comme mes bottes, d’une qualité certaine, portent malheureusement les marques des ans et des combats, tâchés des traces de la pénible vie Parisienne.
Un air désinvolte et négligé qui contrarie souvent mes adversaires avant même que je ne laisse mes répliques cinglantes les frapper.

Je crains le trop raisonnable, ce qui est froid et austère. Du moment que mon succès auprès de la gente féminine ne régresse pas : je me contente de ces soins mesurés.
Est-ce suffisant pour une dame si majestueuse ?

« Il se trouve que j'ai entendu dire, ce matin même, que les rencontres durant les rondes sont parfois étonnement agréables. »

Penchant lentement mon visage près du sien, je laisse le rebord de mon chapeau venir couver ses beaux yeux puis entrouvre les lèvres... mais une présence m'interrompt.

« …Veuillez m'excuser. »

Le ton change.
Je me redresse et la saisis - le plus délicatement possible - par le bras pour l'éloigner du passage. Un soldat - soit trop curieux soit simplement trop appliqué dans sa tâche - s'approche en tendant l'oreille. Je me presse contre Henriette, masquant le plaisir éprouvé, pour nous dissimuler derrière un bosquet.
Je la conjure d'entrer dans mon jeu d'un regard suppliant, espérant qu'elle ne brise pas le silence.
...

L'homme fini par secouer la tête, se croyant fou, puis se retire en direction du groupe de dames qui piaillent à l'autre bout du sentier.

Aucun mal à ce qu'on me trouve seul avec Henriette d'Angleterre. Je ne fais que mon travail et personne ne se risquerait à lancer de stupides rumeurs.
Mais il est tellement plus amusant de développer le côté interdit de cette entrevue privée ;

« Allez-vous me dénoncer pour enlèvement ? »

Jouer avec le feu, toute ma vie.

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Lun 13 Oct - 14:21


Précieuse réserve, l’éventail nouvellement sorti vint s’agiter lentement devant son visage. Du coin de l’œil elle l’observait, se refusant à tourner la tête pour ne pas démontrer de trop grand intérêt, pour autant se permettant de juger. Pas de richesse démesurée dans le vêtement du mousquetaire, pas même de soin trop apparent, au contraire le reflet d’une vie sans doute rude au quotidien. On trouvait même dans l’apparence de Tiago une certaine pointe de négligence, ou du moins de nonchalance. Tout ce qui déplaisait à Henriette, cette esthète de l’ornement vestimentaire et impitoyable juge lorsqu’il s’agissait du paraître. Mais dans le cas présent le regard qui aurait pu se faire dur se soustraie à la faveur d’un léger rictus. Car loin d’avoir l’air d’un manant le mousquetaire dégageait au contraire un charme particulier. Le beau visage couplé à l’attitude élégante donnait un tout agréable au regard. Et surtout, le jeune homme était d’une compagnie originale et plaisante. Contrairement à beaucoup trop de courtisans, il avait une présence rafraichissante. L’esprit ne semblait pas formaté dans l’objectif de plaire et les compliments sonnaient comme justes. A peine de flatterie, ou alors tournée à la femme et non à la fille de roi. Mais peu disposée à la recevoir simplement, elle minauda, prétextant se trouver un peu vexée.

- Ainsi c’est un don, chez vous autres mousquetaires, de ne pas faire dans le commun. Quel dommage, j’aurais voulu être unique.

Elle s’apprêtait à détourner le visage en voyant Tiago s’approcher, non pas dans le but délibéré de le rejeter, simplement car elle n’avait pas pour habitude qu’on se montre si familier. Non pas que la chose était déplaisante, simplement étonnante et peu commune. Mais Henriette n’eut pas le temps de se dérober qu’elle se faisait soudain entrainer un peu plus à l’écart. Surprise, la duchesse laissa échapper un cri, faible et aigu, qui attira encore un peu l’attention du soldat dont elle n’avait pas encore capté la présence. Sans comprendre pourquoi ni comment la voilà qui se trouvait à se terrer derrière un buisson, entrainée là par un quasi-inconnu qui pas même n’avait eu la décence de la prévenir. Et sa qualité de mousquetaire du roi ne justifiait pas une telle conduite. Aux yeux suppliants elle répondit par un regard sombre et accusateur, puis s’apprêta à se redresser afin de rejoindre le sentier d’où ils venaient. On ne bousculait pas ainsi une princesse du sang ! Cependant à peine se fut elle relevée qu’Henriette revint se glisser près de Tiago, ayant enfin aperçu l’homme qui passait par là. Et elle ne pouvait décemment pas être vue qui sortait d’un bosquet en si peu maritale compagnie.

- Je vous aurais plus volontiers excusé si dès le début vous m’aviez donné la cause, chuchota-t-elle.

Une fois que le soldat se fut éloigné Henriette reprit un pas lent, ne rejoignant cependant pas l’allée principale. Ce goût de presque interdit était finalement inédit et ne lui déplaisait pas. A la question du mousquetaire elle haussa les épaules sans se retourner immédiatement vers lui.

- Probablement. Il ne peut être sans conséquence de jeter la sœur du roi dans les buissons.

Le ton était légèrement hautain, presque sérieux. Mais derrière l’éventail elle souriait, au fond peu désireuse de causer le moindre ennui à Tiago. D’autant plus qu’Henriette n’avait pas à cœur que se dissipe le bruit qu’elle traînait dans les buissons avec un mousquetaire. Car il aurait été difficile de faire croire qu’elle s’était faite enlever à un groupe de dames duquel elle était pour ainsi dire le centre d’attention. Et en plus d’attiser la jalousie du mari, la colère du beau-frère et les moqueries des ennemis étaient à prévoir. Que de désagréments.
La menace était donc purement formelle, aucunement sérieuse.  

- Mais peut-être serai-je plus clémente si vous parvenez à me convaincre du bien-fondé de votre geste.

Volte-face et un sourire enfin franc lancé à Tiago. Il était amusant. La bousculait dans ses habitudes, mais l’amusait.
Elle avança sur quelques mètres encore avant de s’arrêter et de s’adosser à un chêne. De nouveau elle détailla le soldat des pieds à la tête et hocha légèrement la tête.
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