Partagez | 

 Stefano Germanotta Sforza ~Le Poulain muselé~


Mar 1 Mai - 21:15

Stefano(s) Sforza





Métier/Titre(s) : ici
Âge : 21
Origines : Italienne
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise (uniquement dans le cas de personnage parlant d'autre langue que le français): Italien Parfait, Espagnol et français Excellent, Latin Moyen et Allemand Médiocre
Orientation sexuelle : Homosexuelle
Situation: Célibataire
Date de naissance : 22 janvier 1644
Religion: Catholique puis Agnostique
Groupe : Noblesse
Personnage ayant existé?: Non
Avatar : Tomas Skoloudik


Le Miroir ...

Stefano vient de sortir du lit et se dirige dans sa salle de bains. Il va faire un tour dans sa baignoire pour se relaxer de sa soirée "mouvementée" et riche en émotions. Il sort de l'eau, prend une serviette qu'il attache autour de sa taille et se dirige vers son miroir. Il doit toujours se pencher pour se regarder dans la glace, ce qui le fit rire car il dépassait les normes de taille de l'époque. Le jeune chanteur devait faire plus d'un mètre quatre-vingt.

Ses yeux verts ressemblent à des émeraudes, ils sont contournés par des sourcils bien entretenus. Sous son nez droit et fin se situent ses lèvres, longues et fines. Quand il sourit, elles laissent entrevoir ses dents blanches. Son sourire est une de ses plus grandes armes de séduction. Sa bouche est entourée par une barbe de trois jours toujours délicatement rasée.

Ses cheveux sont bruns ambre et aussi plats que le plat national de son pays mais courts, et toujours relevés. Il ne les arborait pas de noeuds ou de rubans car ils formaient toujours une crête, comme celle de l'iguane. Il a le torse, les avant-bras et les jambes poilus, un peu trop à son goût mais ce qui lui donne un air viril.

Certe, il a une belle apparence, mais peu d'hommes veulent gaspiller le temps que Stefano met à se pouponner! Le jeune danseur peut passer toute une matinée pour avoir le visage qu'il souhaite.

Il cachait une grosse brûlure faite lors d'un combat, sur le pied et le tibia gauche. Les femmes tombent souvent sous son charme, mais sa plus grande force est le charisme qu'il dégage. Il possède une élégance qui sort du commun des mortels. Il ne prend que peu de temps pour se maquiller, juste pour cacher les imperfections de sa peau.

Le jeune homme porte toujours une bague fine, la chevalière de sa maison, à l'index de la main gauche et un collier avec une émeraude, entourée par un pendentif en argent formant le chiffre 9, cadeau de sa mère morte. Stefano porte toujours des habits de couleurs voyantes, car ils mettent son teint de peau en avant. Il apprécie surtout de porter des habits légers, qui ne l'embêtent pas dans ses mouvements.

Ses occupations sont la danse, le chant et la musique. Il voue un acharnement particulier à la première, n'hésitant pas à rester plusieurs heures sur la même chorégraphie pour atteindre son but. Cette pratique lui vaut un corps que beaucoup ont qualifié d'apollon, une musculature fine mais saillante. Il aime la nature, faire des balades à cheval puis se retrouver seul en face d'un paysage divin. Il pratique de temps en temps la lutte, ce qui lui a valu quelques blessures dont une cicatrice sur l'omoplate droite. Très peu purent voir la tâche de naissance qu'il possède sur le bas de sa fesse droite, mais les rumeurs qui courent à son sujet ne sont pas fausses...


... n'est pas le reflet de l'âme

Malgré son beau manteau d'Arlequin, Stefano est une âme déchirée par une enfance difficile, une adolescence remplie de questions et de choix qui l'ont fait souffrir mais surtout des parents absents. C'est un artiste à fleur de peau qui aurait voulu évoluer dans le milieu artistique mais son rang social l'en a empêché... Il doit alors se contenter de quelques présentations anonymes.

C'est un jeune homme distant avec les gens qu'il ne connait pas ou très peu car il a énormément souffert en perdant des proches et il ne veut pas retomber dans des périodes similaires. C'est pourquoi il ne se livre jamais complétement à une seule personne. Le danseur peut avoir l'air froid, mais dès qu'on le connait et qu'il s'ouvre, on découvre une autre facette de son identité beaucoup plus plaisante et amicale.

Le benjamin des Sforza a une personnalité très libertine, frivole tout comme le milieu dans lequel il a évolué ces derniers années... Il a enchaîné les conquêtes, cherchant l'âme soeur et quand enfin elle s'est présentée ils ont vécu les plus beaux mois de leur vie, mais l'élu s'est de suite retiré, appelé par son père dans leur royaume. Contrairement à son compagnon, Stefano vivait son homosexualité plus ou moins au grand jour, sans la cacher mais restant le minimum discret.

Ce dernier point avait été une tare dans sa courte vie. Il s'était toujours senti différent, mais jamais au point d'être exclu de la société. Quand il découvrit qu'il était touché par le vice allemand (nom donné au vice italien en Italie, et oui, il faut bien rejeter la faute sur quelqu'un d'autre...), sa vie avait basculé.

La seule chose qu'il est fier d'avoir gardé de sa famille c'est sa loyauté sans faille, tellement poussée qu'on pourrait la dire naïve. Quand il est ami avec quelqu'un il pourrait faire n'importe quoi dans presque toutes les situations pour rendre service à cette personne. Il s'est souvent fait manipuler par des "proches" ce qu'il fait qu'il donne sa confiance à très peu de personnes.

Sa recherche du plaisir est connue par toutes les personnes intéressées, et même plus.... Qui en douterait vu le séducteur qu'il est?  


Dernière édition par Stefano Sforza le Jeu 6 Sep - 0:50, édité 11 fois
avatar
Invité
Invité


Mar 1 Mai - 21:15

On naît tous un jour ...


Les flocons de neige tombaient d'un ciel gris, nuageux, tels des étoiles venues de l'espace. Ils s'écrasaient contre les tuiles d'un vieux château italien. Un fin manteau blanc commençait à recouvrir les plaques en terre cuite. La forêt entourant la bâtisse était silencieuse. Tous les arbres avaient perdu leurs feuilles, sauf les conifères. La neige était reine des lieux, s'étalant partout, cachant le moindre petit détail du paysage. Les épines des sapins se battaient pour rester visibles mais la pluie de gouttes glacées avait l'air d'être infinie. Le soleil transperçait de temps en temps les nuages, créant un halo de lumière dans cette vallée au couleurs ternes. Des vents violents tombaient et faisaient danser le givre.

Sa respiration était forte et saccadée. Cette nuit son sommeil avait été léger, trop. Elle s'était réveillée plusieurs fois, transpirante. Ses cauchemars avaient été horribles. Mais cette fois, le réveil fut plus douloureux. Les draps vers son bassin n'étaient plus blancs!
-A...a...angelo, sa...a va commen... Arghh...commencer, souffla Isabel. Aoutch, appelle les sage-femmes ... Aïiie...
Sa main droite s'était agrippée aux draps, alors que la gauche saisit le bras de son mari. Elle était couverte de sueur. Des douleurs affreuses étaient apparues au niveau de son bas-ventre, comme si on allait arracher sa peau. Angelo prit de quoi s'habiller et alla chercher l'équipe médicale.

Sept jeunes femmes rentrèrent dans la grande chambre. Elles étaient habillées d'un grand tablier blanc et d'une sorte de toque sur la tête pour retenir leurs cheveux. Elles marchaient rapidement, pour aller au bord du lit. Les infirmières s'activèrent dans la pièce, sortant pleins d'outils de leurs sacs: des serviettes, des pansements et des bandes de coton. L'une d'entre elles sortit un grand seau.
-Jianna, va le remplir d'eau chaude s'il te plaît, pour nettoyer le nourrisson, demanda-t-elle.
Celle qui semblait être la plus jeune sortit en direction du lavabo le plus proche pour remplir le récipient.
-Madame, nous allons vous placer pour vous faciliter l'accouchement. Laissez-vous faire et dites-nous si vous avez mal, dit une femme rousse.
Sur ce, deux sage-femmes prirent le temps de bien positionner le corps d'Isabel. Elle était au milieu du grand lit conjugal, deux jambes écartées. Son ventre était énorme. Il se passa un long moment où rien ne se passa à part d'atroces souffrances pour Isabel. Ses cris déchiraient le silence et dégageaient un mal inimaginable.
-Poussez Madame, poussez. C'est bien, respirez, expirez, lui disait une vieille femme. Plus facile à dire qu'à faire! pensa-t-elle. Le soleil était presqu'à son zénith quand tout s'activa. Le médecin occupa plus de place, même si la plus âgée des infirmières s'imposait toujours. Le troupeau tournait autour du lit tels des vautours autour d'un cadavre, les bras pleins de linges sales.
-Je vois la tête, c'est bientôt fini, susurra le médecin.
Un sourire se dessina sur le visage d'Isabel. Elle allait encore une fois réaliser son rêve: donner la vie. L'enfant sortit lentement, pourtant les sage-femmes s'étaient dépêchées car le cordon ombilical s'était enroulé autour du cou du bébé et celui-ci était en train de s'étrangler, il était quasiment violet. Elles coupèrent rapidement le lien qui unissait la mère à l'enfant.

-Félicitations, c'est un beau garçon, dit une des femmes.
-Donnez-le moi pour que je puisse le nettoyer! rajouta une autre
Tout commençait à tourner autour d'Isabel, et puis plus rien. Le néant. Elle se réveilla, son mari était à côté d'elle. Il avait des larmes aux yeux, son visage exprimait la tristesse et le mépris.
-Tu m'as encore donné un garçon, c'est le troisième! Je t'avais dis que je voulais une fille et pas un garçon! Déçu, encore déçu, pourquoi refuses-tu de me faire heureux?
-Mais, Angelo, je n'y peux rien, tu le...
-Tais-toi, je ne veux rien savoir! la coupa-t-il. En se dirigeant vers la porte Angelo tourna la tête. Il se nommera Stefano, comme son grand-père, mais il prendra le nom qu'il aurait dû prendre en tant que femme: Germanotta.
-Angelo, tu ne peux pas lui faire ça!supplia-t-elle malgré son manque d'énergie.
-Tais-toi, c'est moi l'homme ici, c'est moi qui choisit! Il s'appellera Stefano Germanotta Sforza.
Il saisit la poignée et s'en alla. Isabel resta là, sur son lit, blessée par son mari. Comment pouvait-il penser comme ça? Qu'y pouvait-elle, elle n'avait rien choisi, rien fait pour et on doit aimer son enfant, tout faire pour qu'il soit bien, même s'il ne correspond pas à ce que l'on souhaite. Pourquoi lui donner ce nom stupide? Il allait plus souffrir qu'autre chose! Ce petit être ne méritait pas ce qu'il lui arrivait. Elle allait le protéger, plus que ses deux autres frères, contre son père et les autres. Elle prit l'enfant dans ses bras, lui passa le coin d'une serviette sur son visage pour le nettoyer et lui baisa le front.

Isabel fit venir une nourrice au château, elle s'appelait Tania et était allemande. Cette jeune femme vint à Milan avec son fils qui devait avoir une année de plus que Stefano, mais elle le laissait à la voisine quand elle partait au travail. On lui avait prêté une petite maison accrochée à la forteresse. La Germaine venait s'occuper du petit Sforza quand Madame était absente. Au bout de quelques mois, les gens qui occupaient le château prirent l'habitude de la voir traîner dans les couloirs. La jeune femme aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus donnait autant d'amour à son fils qu'au petit Italien. Elle lui parlait en allemand quand personne n'était autour d'eux et lui chantait des berceuses de son pays avant de le coucher. Cristiano, le frère ainé, s'occupait aussi beaucoup du petit enfant, ce qui créa un lien fraternel très fort. Le jeune venait souvent quand Tania était là, ils s'appréciaient beaucoup... mais de peur qu'on les démasque, leur aventure fut courte. Mais cela n'empêchait pas l'aîné de Sforza de venir garder son frère. Il avait vu ses premiers pas et entendu ses premiers mots, contrairement à son père qui était trop occupé et ne voulait toujours pas entendre parler de cet enfant. Les progrès que faisait le bambin émerveillaient sa mère. En présence de son enfant, elle arborait un sourire resplendissant. Le plus jeune des Sforza passa son âge d'or bien entouré et protégé. Le seul point noir, dont il ne se souviendrait pas, avait été son baptême où son nom et son prénom avaient été scellés devant une trentaine de personnes.

En 1650, pour son sixième anniversaire, il reçut des cours de danse. Au début, l'idée ne lui plaisait pas, mais dès la fin du premier cours, il découvrit un univers qui lui plut. L'expression corporelle devint alors une priorité. A peine le cours finissait que Stefano voulait déjà être la semaine suivante pour recommencer. Le fait de pouvoir se dépenser sur de la musique lui plaisait. Cristiano le prenait deux à trois fois par semaine pour lui apprendre à lire, car comme son père lui avait enseigné: "plus tôt c'est fait, mieux c'est!" Mais en l'occurrence, son père n'allait pas prendre le temps de s'occuper de "son rejeton de fils...". Ces après-midis étaient des moments de pur bonheur. Quand il arriva à distinguer toutes les lettres et à lire plus ou moins distinctement, ils se mirent à l'écriture, que Stefano trouvait beaucoup plus difficile. Poser des lettres sur le papier et créer le bon son pour une lecture correcte était tout un art très difficile! Ses journées au château étaient remplies par l'éducation donnée par sa mère: comment se porter en société, les bonnes manières; ou il lisait avec son frère, Tania les écoutant conter une multitude d'histoires. Mais ce qu'il préférait, c'était les promenades dans la nature sur le dos d'un cheval dirigé par Cristiano. Il apprit à distinguer les traces d'animaux, leurs bruits, quels fruits sont comestibles ou toxiques. Il développa, pendant ces balades, un amour pour la nature. Stefano aimait s'y retrouver seul ou accompagné. Un jour, pendant qu'ils marchaient dans la forêt, côte à côte, son grand frère le fit s'asseoir.
-Stefano, il faut que je te parle de quelque chose, hésita-t-il.
-Vas-y, dit le petit garçon en chassant des insectes inconnus du regard,
-Bien... par où commencer!
-Par le plus simple, ou par le début, le coupa Stefano. Sa simplicité et sa franchise firent sourire Cristiano, mais un rire pincé, rempli de stress.
-Tu sais que père va bientôt partir en guerre, vu les tensions qui se font sentir autour de chez nous?
-Euhh, oui, maman m'a expliqué je crois..., pourquoi, ça ne change rien?
-Stef, tu as une vision trop avancée pour ton âge... il laissa un moment de silence. Ecoute, tu sais que je ne te veux pas de mal, mais il se peut que je doive y aller aussi...
-Où, avec père?
-Oui, je vais sûrement devoir aller affronter nos ennemis, dit-il gravement.
Des larmes leur montèrent aux yeux, le petit garçon nicha son visage rempli de tristesse dans l'épaule de son frère. Ils restèrent longtemps dans cette position. Le chagrin de Stefano ne semblait pas vouloir s'arrêter...

C'est par cet orageux matin d'octobre 1652 que tout allait changer...
-Stefano, debout, vite! susurra Tania à son oreille.
-Mmh... pas envie de me lever!
-Stef', c'est aujourd'hui...
-Quoi aujourd'hui?
-C'est le jour du départ! Ils sont en train de se préparer, lui dit-elle.
Ces mots l'arrachèrent de son lit. Il avait eu le temps de s'y préparer, mais c'est arrivé trop vite! A peine habillé qu'il fonçait déjà dans les couloirs. S'il s'était retrouvé seul, il n'aurait même pas pensé à enfiler quelque chose par dessus son accoutrement nocturne. Pendant qu'il longeait les longs chemins, une pensée lui apparut: ce n'est qu'un rêve, tout ceci est faux! Il s'arrêta et se pinça, la douleur était réelle.

Cela faisait deux semaines que la séparation s'était passée, mais Stefano était toujours autant inconsolable. Il était resté dans son lit pendant les jours qui suivirent le départ. Les deux premiers jours, il refusa presque de se nourrir. Le garçon n'arrivait pas à dormir, cauchemardant. La promesse et le départ de son frère lui tournait dans sa tête: Je reviendrai, je te le promets! En attendant, suis bien les cours et montre-toi à la hauteur des Sforza. Ne laisse jamais le hasard te guider. Je t'aime Stefano! Il baisa le front de son frère et monta sur sa selle. Il s'en alla au triple galop pour ne pas faire durer la douleur. Tout commençait à tourner autour de Stefano, tous ses membres devinrent légers, il s'effondra dans le néant...

Seule la présence de Tania réussissait à le calmer. Un matin, la jeune nourrice demanda à Isabel si elle pouvait amener son garçon pour essayer de les faire sympathiser. La matrone avait d'abord été contre, mais elle voulait le bien de son fils. Le lendemain, la servante vint avec son enfant, Audrik. Il était un peu plus maigrelet que Stefano, ses cheveux couleur blond ressemblaient à un champ de blé et ses yeux étaient autant bleus que l'océan.

Etonnamment, Stefano s'est rapidement ouvert, avec retenue, mais au fil des heures des progrès se sont faits sentir. Au bout du quatrième jour, ils sont même allés jouer dehors et après le premier mois, les rires de Stefano remplirent à nouveau le château. Les petits enfants devinrent vite très proches, inséparables. Le petit à la nourrice est même resté plusieurs nuits dormir, prenant le petit Sforza dans ses bras lors du réveil de ses cauchemars. C'était une sorte de frère pour lui, maintenant que son père et ses deux aînés étaient partis à la guerre.

Un jour de pluie d'automne, la famille a été chassée de leur château par la soeur jumelle d'Isabel: Isabella. Leur conflit avait toujours existé, mais depuis que l'aînée avait marié Angelo, elles s'étaient évitées. Leur exil les mena en France, à Annecy. Ils y sont restés quelques mois qui parurent une éternité, mais le jeune homme put y apprendre les bases du français. En plus d'avoir perdu son frère, Stefano subissait maintenant un arrachage de racines violent! Plus rien n'était pareil. Ils avaient été recueillis par un ami de sa mère, mais ne possédaient qu'une chambre. Isabel a dû aller faire la manche dans les rues froides et humides de cette ville, mais elle ne prit jamais son fils ou sa nourrice. Au bout d'une semaine, elle tomba malade et dut rester au lit et là se posa un dilemme: comment faire? Le garçon décida alors à son tour d'aller mendier dans les rues. Ses journées passées à demander de l'argent à des gens lui semblèrent éternelles. Il apprit à ravaler son égo et à survivre. Au bout d'une semaine et de saignées, Isabel alla mieux et ce fut au tour de Stefano de tomber dans les griffes de la maladie, fièvre, toux et mal de tête.

C'est aussi dans ces rues qu'il découvrit qu'il était victime du "vice italien". Il avait erré dans des recoins sombres quand un jeune français l'accosta. C'était la première fois qu'il ressentit de l'attirance pour quelqu'un. Ce jeune homme était magnifique. Ses cheveux blonds et ses yeux verts étaient attractifs, ses lèvres pulpeuses.
-Qu'est-ce que tu fais là mignon?
-Rien et toi?
-Je cherche de... l'amusement avec des hommes.
-Que veux-tu dire par amusement, demanda naïvement Stefano.
Le bel apollon se baissa et embrassa l'Italien. Ses mains se baladaient sur tout son corps, cheveux, côtes et dos. L'Italien était surpris, mais ce n'était pas désagréable, cette sensation de chaleur qui le remplit tout à coup était enivrante. Ce baiser fut son premier désir charnel. Son amant le plaqua contre le mur et commença à lui caresser le visage.
-Tu veux venir chez moi pour... continuer? proposa le jeune homme.
-Comme tu veux, répondit timidement Stef'.
Il le prit par la main et ils s'engouffrèrent dans une petite porte.

Il n'en revenait pas, on lui avait toujours dit que c'était mauvais, contre-nature, mais il ne se sentait pas pour autant envahi par un démon quelconque. Maintenant c'était trop tard pour revenir en arrière. Fallait-il oublier ce moment? Non, il allait être ce qu'il était vraiment et n'allait pas cacher ses préférences. Comme lui a dit son frère: sois fort et assume!

Ils reçurent une lettre avec l'insigne de Milan. Sa mère l'ouvrit avec peur. De quoi pouvait-elle douter? Mais vu le sourire qu'elle arbora quand elle la lut, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter!
-Venez tous, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer!
Les trois autres s'approchèrent et tendirent l'oreille.
-Notre château nous est rendu, Angelo est revenu de la guerre avec nos deux enfants. Ils ont chassé ma soeur, dit-elle avec une expression de joie. Il faut préparer les affaires et partir demain matin, le plus tôt possible!

Leur retour à Milan fut célébré par une fête impressionnante quelques jours avant l'anniversaire du jeune danseur. Le chemin avait été difficile pour Stefano qui était encore malade. Il l'avait fait quasiment seul à l'arrière d'une charrette pour ne contaminer personne. Aurlik venait parfois avec une sorte de tissu recouvrant sa bouche et son nez pour lui tenir compagnie ou le réconforter. A peine ils furent rentrés que Cristiano se précipita sur sa mère.
-Comment allez-vous, j'espère que cette peste d'Isabella ne vous a pas fait de mal!
-Bien, nous sommes allés en France chez un ami d'enfance, mais je suis tombée malade puis ce fut au tour de Stefano.
Le visage du jeune homme s'étira, ses yeux se remplirent de larmes.
-Où est-il, tu ne vas pas me dire que..., commença Cristiano.
-Non, ne t'inquiète pas, il est à l'arrière de la charrette mais encore malade, il a passé par le plus difficile mais il lui reste encore quelques jours avant d'être totalement guéri.
A la fin de cette phrase, il courut vers le char que sa mère avait mentionné et y trouva son petit frère en train de dormir, pâle. Il avait l'air fragile. Il prit son frère et l'amena dans sa chambre où il le posa sur son lit.

Le petit Sforza dormit une dizaine d'heures avant d'entrouvrir les yeux et voir son frère aîné à son côté. Cette douleur à la tête n'était plus présente et il se sentait mieux. Ses souvenirs du voyage étaient brefs: deux ou trois échanges avec Audrik et c'est tout! Le fait de voir Cristiano le remplit de bonheur. Les paupières de l'aîné de Sforza s'ouvrirent à leur tour.
-Tu es réveillé Stef? demanda-t-il.
-Mmh oui, je crois...
-Bon, on s'habille et on va descendre manger, tu dois avoir faim cela fait plus de quinze heures que tu n'as pas englouti quelque chose.
En effet, le ventre du garçon criait famine, ce qui les fit rire. ils se racontèrent tout ce qui s'était passé, chacun écoutant l'autre. les épreuves qu'avait dû traverser Cristiano impressionnait Stef' et le rendait encore plus admiratif de son aîné. La suite de la journée fut remplie. Stefano montra à son frère ses progrets en écriture et en lecture puis ils allèrent faire un tour dans la forêt. Ils s'arrêtèrent dans une petite clairière éclairée par un rayon de soleil. Les arbres recouverts de neige créaient une ambiance féerique. Les arbres dansaient au rythme de l'écho du vent qui sifflait entre les branches. Les deux frères s'assirent sur une couverture et s'allongèrent. La respiration de Cristiano reposait l'esprit du jeune garçon, elle était régulière.
-Cristiano, je peux te parler de quelque chose d'étrange?
-Tu sais que tu peux tout me dire..., lui répondit-il.
-Mais c'est quelque chose qui est difficile à accepter et je ne veux pas que notre fraternité se brise à cause de cela! Je tiens trop à toi, lui susurra-t-il. Il prit une grande respiration. Voilà, j'ai eu... une... expérience particulière quand j'étais en France avec mère, dans la rue. Un jeune homme m'a... abordé... et... et et puis
-Et puis..., reprit Cristiano.
-J'ai eu une relation avec un homme et ça m'a plu, maugréa-t-il dans la peur.
Les traits de Cristiano ne bougèrent pas, la seule expression qu'il eut fut un sourire. Puis il reprit:
-C'est mieux de savoir ce que l'on veut que de ne pas savoir. Si tu l'acceptes au fond de toi et que tu n'en as pas honte je ne peux être qu'heureux pour toi. C'est sûr que j'aurais préféré te savoir dans "la normalité" mais je t'apprécie comme tu es. Cependant, n'en parle à personne! Car les gens sont très fermés sur ce point, garde-le pour toi et n'en parle surtout pas à père, car il pourrait te bannir. Sur ce, ils remontèrent sur le cheval et ils se redirigèrent vers le château.

Les mois qui suivirent furent difficiles pour le danseur car il dut mettre une sourdine sur ce qu'il était vraiment. Il avait continué ses cours de danse, où il progressa énormément, et ses lectures avec son frère et la nourrice. Le fils de cette dernière l'attirait beaucoup car il ressemblait à son Français. Un beau jour, ils se promenèrent dans le domaine quand ils se retrouvèrent au bord du petit lac.
-Allez, viens, on va se baigner, cria Audrik.
Il enleva alors son haut et laissa apparaître une peau bronzée par le soleil et un ventre légèrement bombé par ses muscles abdominaux. Stefano ne put décrocher ses yeux de son ami.
-Pourquoi tu me regardes comme ça? me quémanda-t-il.
-Désolé, j'ai été... dans la lune, mentit le jeune Sforza.
-Menteur! Tu crois que je n'ai pas remarqué, dit son ami.
-De quoi tu parles?
Il s'avança vers lui jusqu'à ce que son souffle lui frôla les oreilles.
-Tu ne peux pas t'empêcher de dévisager les hommes, ça se voit, me glissa-t-il.
Il recula un peu son visage et le regarda droit dans les yeux. Ses lèvres s'avancèrent lentement de celles du jeune homme, puis elles s'arrêtèrent. Stefano dut faire le dernier bout pour les coller aux siennes. L'échange fut long et rempli de tendresse. Ils passèrent le reste de l'après-midi au milieu de la nature. Les mois qui suivirent furent intenses. Les deux jeunes hommes passèrent la plupart de leur temps ensemble. Il était devenu difficile de cacher leur relation alors ils en parlèrent d'abord à Cristiano et à Tania. L'ancienne nourrice ne le prit pas mal, mais le coup fut dur à encaisser. Ils cachèrent encore leur jeu à Isabel et à son mari, mais cette dernière le découvrit bientôt, pendant une promenade, où elle les croisa main dans la main, regard dans le regard. La duchesse s'enferma dans sa chambre pendant le reste de la journée.
-Stef', il faut aller voir ta mère pour lui parler, je crois que c'est le mieux à faire. lui susurra Audrik.

Le danseur traversa les salles qui le menait à la chambre de sa mère, la tête remplie de questions. Son ventre se nouait plus il s'approchait de la pièce. La longueur des couloirs lui semblait infinie, comme allongés par le temps. Il arriva devant la porte en bois et toqua.
-Mère, c'est moi, puis-je rentrer, je crois que ne devons nous parler, il prit un voix plus douce avant de rajouter, c'est important.
Un léger bruit se fit entendre, avant le cliquetis de la serrure, laissant apparaitre le visage de sa mère, larmoyant.
-Très bien, rentre mon petit.
-Je ne voulais pas que ça se passe comme cela et j'en suis désolé. Je n'ai pas osé vous en parler par peur de votre réaction, chuchota Stefano
-Mais que t'ai-je fait pour te rendre aussi craintif? Ai-je été une mauvaise mère, t'ai-je mal élevé?
-Non, vous n'y êtes pour rien! C'est une peur générale de l'acceptation des gens autour de ce sujet.
-Mais, mon chéri, tu es mon sang! Je t'aimerai toujours, même si, d'après moi tu ne fais pas les bons choix dans la vie, dit-elle entre deux larmes. C'est juste que ça me fait mal pour toi, le fardeau que tu as décidé de porter est lourd et je ne pense pas que ton choix est bon, mais je ne te demande pas de jouer la comédie pour moi, accepte-toi comme tu es, tant que tu es heureux, je le serai, même si, au fond de moi, mon estomac pourra se nouer.

Quand Stefano rentra, il fit un petit détour pour passer chez Audrik, mais dès qu'il arriva vers la fenêtre, il entendit la voix de son ami avec celle d'un autre homme.
-Quand vas-tu arrêter de le tromper et de te mentir Audrik? Il faut passer à quelque chose d'autre, dit froidement l'interlocuteur au fils de la nourrice.
-Je sais, mais ce n'est pas facile! Je ne veux pas le blesser, il ne le mérite pas.
Ces mots brisèrent celui qui venait de les entendre en secret. Ils rentrèrent dans sa conscience comme des lames aiguisées et ravagèrent tout son être. Qu'avait-il fait pour mériter ce châtiment? Son plus grand ami et son amant l'avait trahi, celui qui savait tout de lui, chaque partie. La blessure n'en fut que plus grande.
-Tu le trompes depuis le début, arrête de te voiler la face, tu n'es pas fait pour ce type de relation, pas encore. Amuse-toi, tu es jeune, prend ce qui est autour de toi, regarde, moi je suis là pour toi et il y en a tant d'autres. L'homme se pencha et l'embrassa, il commencèrent à se déshabiller quand le danseur partit. Il ne pouvait pas le supporter. Des larmes chaudes commencèrent à rouler sur ses joues, son coeur était en train de se fissurer pour se briser. Une partie de celui-ci se détacha et s'en alla. Ce jour, il la perdit pour toujours. Il resta cloîtré dans sa chambre. Après deux jours d'absence sa mère vint avec un domestique, elle avait eu peur car il n'avait laissé aucune nouvelle. Ils défoncèrent la porte et le retrouvèrent couché sur son lit, endormi. Il était en déshydratation, les yeux ouverts sur le vide, donnant l'impression que son âme l'avait quitté. Ses lèvres étaient maintenant sèches. On le réveilla en l'humidifiant avec des tissus humides.
-Non, je... je ne veux pas, ... laissez moi tranquille, seul, gémit-il.
-Inconscient, laisse moi m'occuper de toi, lui dit sa mère. Le reste de la semaine fut difficile car il refusait presque de se nourrir. Il était en plein dans une dépression mais il ne le montrait pas. Pour tenter de le guérir, Isabel appela Tania et lui expliqua qu'il fallait que son fils rentre en Allemagne pour une longue durée et que si elle voulait le suivre elle le pouvait car la duchesse ne voulait pas séparer une mère de son fils. La servante accepta et s'en alla le lendemain avec son fils.

Puis, avec l'aide de son frère, il recommença à sortir, faire des promenades. Les balades étaient silencieuses au début, mais les conversations recommencèrent petit à petit. Cristiano lui proposa quelque chose qui l'intrigua: essayer d'avoir une relation hétérosexuelle. Jamais cette idée ne lui avait frôlé l'esprit, mais peut-être étaient-elles moins frivoles! Cette expérience se fit rapidement et laissa le jeune danseur perplexe.

Il changeait de partenaire le plus souvent possible, hommes ou femmes. Puis, après une discussion très désagréable avec son père, il fut renvoyé de la maison. Les mots qu'il avait entendu résonnaient dans son esprit: malsain, enfant pas désiré, déchet de la famille et tant d'autres. Ces mots l'avaient blessé au plus profond de lui-même et avaient rouvertes des anciennes blessures. Maintenant, il était sur la route de Gênes, une des plus grandes villes. Il allait chez une amie qu'il avait connu quand elle était passée au château, partant pour une nouvelle vie qui allait se montrer difficile avec lui...



Dernière édition par Stefano Sforza le Jeu 6 Sep - 0:52, édité 30 fois
avatar
Invité
Invité


Mar 1 Mai - 21:16

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : Valentin† Âge : 19 ans † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? Par notre cher Sebastien Winkcomment trouvez-vous le forum ? Super bien fait! Bravo!!SmileLe code du règlement : OK by MonsieurUn dernier mot ? I will dance till the world ends! † test rp : (un minimum de 300 mots)
Spoiler:
 



Dernière édition par Stefano Sforza le Jeu 6 Sep - 0:55, édité 8 fois
avatar
Invité
Invité


Mer 2 Mai - 2:11

Bienvenue signor :3

Vivement la suite!! Very Happy
avatar

À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
Billets envoyés : 4140
Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

Voir le profil de l'utilisateur

Mer 2 Mai - 7:23

Benvenuto alla Corte, Signore Sforza ! Hâte de lire la suite de ta fiche ^^.
avatar
Invité
Invité


Mer 2 Mai - 23:32

Bienvenue bienvenue !! ^^
avatar
Compte Fonda

“Le règne la puissance
et la gloire”
Billets envoyés : 1390

Voir le profil de l'utilisateur http://vexilla-regis.activebb.net

Mar 22 Mai - 18:30

Enfin, après avoir fourche derrière cette prés' c'est enfin fini :DD :waaa:

Encore merci à Seb et à Monsieur!! Very Happy

Au temple de l'amour règne Aphrodite sur son trône d'étoiles
avatar
Invité
Invité


Mar 22 Mai - 18:57

TU ES VALIDÉ(E)



Enfiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin fan attitude

ahah il t'en auras fallu du temps Razz Mais ça en valait la peine ta fiche est superbe amour

Et comme tu as accepté toutes mes corrections progressives je n'ai donc déjà plus rien à dire c'est-y pas beau ça? Kyaa

J'espère simplement que ton bellâtre ne sera pas trop bellâtre, sinon Monsieur risque dangereusement de passer par là fourche

Allez tu es validé avec un grand plaisir

Merci de faire : Recenser ton avatar pour éviter l'invasion des clones - Fiche de Rp pour commencer à jouer - Fiche de lien pour se lier avec les autres membres
Les liens qui peuvent servir : Une petite faveur? maison, rang ou charge? - Les connaissances pour mieux savoir et ne pas être pris au dépourvu

Bon jeu sur Vexilla Regis!

avatar

À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
Billets envoyés : 4140
Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

Voir le profil de l'utilisateur

Mar 22 Mai - 20:31

Je vous conseille de faire attention à vous et à vos fréquentation Monsieur Sforza enfin qui suis-je pour le dire moi une petite patissière king powa

Félicitation pour ta validation en tous cas, ta fiche est très belle ^^

Je m'occupe de te faire un modèle de fiche de liens au plus vite ^^

Et j'archive ta fiche au passage pour achever la validation ^^

Encore bienvenue et j'espère que tu n'auras rien contre un lien avec une adorable petite pâtissière toute mimi et bien innocente contrairement à sa démoniaque joueuse (pauvre gosse ^^)
avatar
Compte Fonda

“Le règne la puissance
et la gloire”
Billets envoyés : 1390

Voir le profil de l'utilisateur http://vexilla-regis.activebb.net


Contenu sponsorisé

Stefano Germanotta Sforza ~Le Poulain muselé~

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Stefano Germanotta Sforza ~Le Poulain muselé~
» Kuijii : Le petit poulain
» Tour de San Luis (2.1) => Stefano Garzelli (Acqua) MAJ
» RP avec Bellina, magnifique jument et Kyoko, poulain imcompris
» De toi naîtra un poulain qui n'aurait jamais dut venir au monde... [PV Fouganzy] A archiver !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vexilla Regis :: Le grand divertissement :: Les Fiches de Présentation-